NEUROSCIENCES : 13 clés pour favoriser les apprentissages des enfants et adolescents 


NEUROSCIENCES : 13 clés pour favoriser les apprentissages des enfants et adolescents

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Grâce aux avancées des neurosciences, nous en savons long sur les conditions qui maximisent l’apprentissage et la mémoire. Dans son livre Apprendre !, Stanislas Dehaene propose 13 clés pour favoriser les apprentissages des enfants et adolescents.

1.Ne pas sous estimer les enfants

Les tout-petits sont plus intelligents qu’on ne le pensait avant l’avènement des neurosciences. Chaque enfant possède de riches noyaux de compétences : la connaissance des objets, le sens des nombres, le goût des langues, l’empathie…

Nous pouvons nous appuyer sur les intuitions précoces des enfants : chaque mot, chaque symbole doit venir se connecter à des connaissance préalables pour donner du sens aux informations nouvelles.

2.Profiter des périodes sensibles

Dans les premières années des enfants, des milliards de synapses se font et se défont chaque jour. Cette plasticité neuronale rend le cerveau particulièrement réceptif à certains apprentissages, en premier lieu des langues étrangères.

Stanislas Dehaene propose d’exposer les jeunes enfants, dans des interactions humaines, à une seconde langue. Pour autant, les apprentissages peuvent se faire en dehors des périodes sensibles (ils demanderont simplement plus d’efforts).

3.Enrichir l’environnement

Sur le plan de l’apprentissage, le cerveau de l’enfant demeure le plus puissant des superordinateurs. – Stanislas Dehaene

Ainsi, les enfants, dès leur plus jeune âge, doivent être traités avec sérieux : jeux de construction, jeux de mots, histoires, défis, casse tête, vocabulaire élaboré. Selon Dehaene, offrir à l’enfant un environnement riche en stimulations et en opportunités de jeu libre, c’est maximiser la croissance de son cerveau et préserver, le plus longtemps possible, sa plasticité juvénile.

4.Ne pas croire que tous les enfants sont différents

Stanislas Dehaene rappelle qu’il s’agit d’un neuromythe que de croire que nous avons tous un style d’apprentissage propre. Tous les humains possèdent des circuits et des règles d’apprentissage très semblables.

Les aires cérébrales responsables de la lecture, du calcul mental ou des mathématiques sont, à quelques millimètres près, les mêmes chez tous – y compris les enfants aveugles. – Stanislas Dehaene

Il existe cependant des différences dans les vitesses d’apprentissage et les goûts de chacun.

5.Faire attention à l’attention

L’attention est la porte d’entrée des apprentissages parce qu’une information ne sera pas mémorisée si elle n’a pas été amplifiée par l’attention auparavant.

Dehaene conseille d’éviter les manuels trop illustrés, les classes trop décorées ou encore les chiffres défigurés par des personnages.

6.Rendre l’enfant actif, curieux, engagé et autonome

Un élève passif n’apprend guère. Rendons-le plus actif. Sollicitons en permanence son intelligence afin que son esprit pétille de curiosité et génère en permanence des hypothèses nouvelles. – Stanislas Dehaene

Pour aller plus loin : 3 façons dont l’école peut tuer la curiosité (moteur de la motivation)

7.Faire de chaque jour d’école un plaisir

Stanislas Dehaene rappelle que le cerveau humain est sensible aux sourires et aux encouragements. Le sentiment d’être apprécié, mais aussi la conscience de progresser apportent leur propre récompense alors que le stress bloque les apprentissages.

8.Encourager les efforts

Il est utile de rappeler aux enfants et adolescents que ce sont précisément les efforts qui créent les apprentissages. Tout les humains progressent grâce aux efforts et au travail.

C’est tout l’enjeu de la théorie de l’état d’esprit de croissance (ou de développement) telle que développée par Carol Dweck : Etat d’esprit de développement et état d’esprit fixe : le premier amplifie les performances, le deuxième mène à l’abandon.

9.Aider les élèves à approfondir leur pensée

Le cerveau retient mieux les informations qu’il a traitées en profondeur. Cela suppose de faire des liens avec des connaissances antérieures, de trouver des exemples nombreux, de faire des liens entre les matières et les chapitres d’une même matière, de résoudre des exercices et problèmes sans relire la leçon auparavant, de créer des métaphores ou comparaisons, de reformuler avec ses propres mots…

10.Fixer des objectifs clairs à l’apprentissage

Dehaene estime que les élèves apprennent mieux quand l’enseignant leur énonce clairement le but de l’apprentissage et qu’ils peuvent constater que tout ce qui leur est proposé converge vers ce but. Les attentes finales doivent également être claires.

Ainsi, des fiches bilans qui explicitent ce qui est à comprendre (reformuler avec ses propres mots) et à apprendre par coeur en vue d’une évaluation aide beaucoup les élèves.

11.Accepter et corriger les erreurs 

Les erreurs sont les conditions même de l’apprentissage car les aires cérébrales échangent des messages d’erreur pour mettre à jour leurs modèles mentaux. Les erreurs sont donc à accepter et doivent faire l’objet d’un retour neutre, factuel sans jugement de valeur sur les capacités de l’élève ou de morale.

Lire aussi : Neurosciences : le cerveau apprend grâce à l’erreur

12.Réviser, encore et encore

Apprendre ne suffit pas : il faut consolider le contenu de l’apprentissage pour qu’il devienne automatique, inconscient et réflexe.

Seule l’automatisation libère le cortex préfrontal, qui devient ainsi disponible pour d’autres activités. – Stanislas Dehaene

La stratégie de consolidation la plus efficace est de distribuer les apprentissages (un peu tous les jours) et d’espacer progressivement les séances de révisions.

13.Laisser les enfants dormir

Une information très importante soulignée par les neurosciences est le rôle clé du sommeil dans l’algorithme d’apprentissage humain.

Dehaene avertit que chaque période de sommeil, y compris la sieste chez les jeunes enfants, comporte des bienfaits.

Pour tirer le maximum de bénéfices de la période nocturne de travail inconscient, réviser une leçon ou relire un problème juste avant de s’endormir est efficace.

Par ailleurs, la chronobiologie indique que les cycles de sommeil se décalent chez les adolescents : ces derniers gagneraient en qualité d’apprentissage s’ils commençaient les cours plus tard (et, par conséquent, se levaient plus tard le matin).

 

En parallèle, Stanislas Dehaene propose de passer quatre messages importants aux enfants et adolescents pour qu’ils gardent bien en tête les quatre piliers de l’apprentissage (attention, engagement actif, retour sur erreur, consolidation) :

  • Concentrez-vous totalement !
  • Participez en classe !
  • Faites des exercices d’entrainement !
  • Profitez de chaque jour et de chaque nuit !

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Source : Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene (éditions Odile Jacob). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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