10 stratégies pour une mémorisation efficace

10 stratégies pour une mémorisation efficace

10 stratégies pour une mémorisation efficace

La mémoire n’est pas un simple espace de stockage d’informations dans lequel il suffirait de puiser en cas de besoin. Dans leur livre Apprendre à mieux mémoriser – Collège, Jean-Luc Berthier et Frédéric Guilleray proposent un aperçu de différentes stratégies pour une mémorisation efficace.

1.Consolidation

Pour être mémorisé à long terme, une information a besoin d’être reprise plusieurs fois, et il est inefficace de se contenter d’une révision la veille d’un contrôle.

Conseil aux enseignants : donner seulement la date du contrôle (même à l’avance) ne suffit pas pour que les élèves effectuent un véritable travail de mémorisation.

Il paraît important d’amorcer le travail de révisions au moins dix jours avant le contrôle. Les enseignants peuvent alors proposer un planning de révisions :

  • en donnant les dates de travail à l’avance
  • à J-10, les élèves apprennent une première fois les essentiels
  • à J-7, les élèves reprennent les essentiels
  • idem à J-4 et J-1

2.Questionnement

Mémoriser, ce n’est pas relire, c’est se tester et se poser des questions.

Se poser une question est beaucoup plus efficace que de simplement (re)lire ou regarder/ écouter. La mémorisation active est plus efficace que la mémorisation passive. La mémorisation active, c’est transformer les éléments de savoir en questions (en opposition aux fiches de révision qui se contentent de présenter des informations résumées pour les relire et tenter de les retenir).

Jean-Luc Berthier encourage l’utilisation de fiches de mémorisation, d’auto-tests et logiciels de questionnement.

3.Compréhension

On mémoriser mieux quand on est en mesure d’expliquer avec ses propres mots les concepts. Connaître le sens des mots, faire des liens entre les éléments, utiliser des illustrations et des métaphores (“c’est comme…”) facilitent la mémorisation. Ainsi, mémorisation et compréhension sont des fonctions différentes qui se nourrissent l’une l’autre vertueusement.

Conseil aux enseignants : La compréhension n’est pas un processus binaire et il est inefficace de demander aux élèves : “As-tu compris ?” car cette question fermée n’ouvre pas de perspective autre que “oui” ou “non”. De même, demander “Qu’est-ce que tu n’as pas compris ?” n’est pas efficace pour améliorer la compréhension car les élèves sont peu capable de dire précisément ce qui leur manque. En disant “je ne comprends pas”, ils expriment qu’ils rencontrent un problème sans pouvoir préciser plus.

La meilleure question est alors : “Qu’as-tu compris ? Où en es-tu de ta compréhension ?” en laissant du temps à l’élève pour qu’il explique ce qu’il a compris avec ses propres mots et qu’il raconte ce qu’il a commencé à élaborer, à mettre en lien.

C’est à partir de ces éléments que l’enseignant pourra identifier les points de blocage :

  • problème de sens d’un mot utilisé inconnu ou polysémique
  • surcharge cognitive
  • mise en lien non pertinente ou fausse avec des informations déjà connue
  • manque de connaissances prérequises (définitions, concepts, règles…)
  • contre sens…

4.Feedback

Disposer d’un feedback proche dans le temps (retour de la part d’un enseignant, d’un camarde, d’une application…) permet de lever les flous et les erreurs. Un retour (ou feedback) positif est un retour sincère qui s’appuie sur des éléments factuels (ceux qu’une caméra pourrait filmer) et qui évacue les éléments de punition ou de critique. Quand la propre valeur de l’enfant ou ses propres capacités sont mises en cause, l’enfant se décourage et décroche (son attention se détourne de la tâche).

5.Traitement

Traiter une information, c’est la transformer. Pour traiter une information, on peut changer de support et convertir le contenu :

  • faire une fiche de révision avec les titres, sous titres et idées clés (organiser l’information),
  • concevoir un dessin ou un schéma,
  • créer une carte mentale ou autre outil de pensée visuelle (sketchnoting, carte conceptuelle),
  • constituer une feuille avec des indices récupérateurs (association d’idées, métaphores, astuces mnémotechniques, acronymes, exemples, modèles d’exercices…)
  • établir une liste de questions réponses (sous forme de flash cards ou encarts de mémorisation)
  • se faire interroger par une personne qui ne connait pas le cours et expliquer la leçon avec ses propres mots de manière à ce qu’elle comprenne parfaitement

6.Attention

Sans attention à ce qui est dit par l’enseignant, ce qui est lu, ce qui est écrit au tableau, il ne peut pas y avoir de mémorisation à long terme car les informations ne rentrent même pas dans la mémoire à court terme.

Plus les objectifs finaux et intermédiaires sont précisés, plus l’attention des enfants sera soutenue. Ainsi, derrière la consigne, “souligner les adjectifs en vert”, l’intention est de savoir reconnaître les adjectifs pour pouvoir les accorder en genre et en nombre avec le nom auxquels ils se rapportent. La finalité est de progresser en orthographe.

Pour aller plus loin : Le pense-bête de l’attention : 9 règles de l’attention à partager avec les élèves

7.Organisation des informations

Regrouper et ordonner les informations permet de les retrouver plus facilement en mémoire. Organiser les éléments, c’est les regrouper sous une même catégorie ou faire des listes.

Ces catégories peuvent prendre différentes formes :

  • même thème (exemple : les fruits d’un côté, les légumes de l’autre)
  • même première lettre (par exemple, tous les mots qui commencent par A d’un côté, ceux qui commencent par S de l’autre…)
  • même racine (exemple : les racines grecques d’un côté, les racines latines de l’autre)
  • même couleur

On pourra aussi travailler en “poupées russes” :

  • d’abord classer en plusieurs catégories (fruits et légumes)
  • puis subdiviser chaque catégorie en plusieurs autres catégories (parmi les fruits, les rouges, les jaunes, les verts, les oranges)
  • et ainsi de suite…

8.Liens entre elles

On mémorise mieux quand on on lie les informations à retenir à d’autres informations déjà en mémoire et maîtrisées. Créer des associations entre une information nouvelle et des informations déjà existantes (via des comparaisons, des métaphores, des rappels de liens logiques ou chronologiques…) va multiplier les indices qui permettront de se souvenir plus aisément de l’information stockée en mémoire.

9.Temps

Il est recommandé de jouer avec le temps par étalement des reprises (spaced learning). Deux points sont importants à conserver en tête quand on veut mémoriser efficacement :

  • Espacer les apprentissages sur plusieurs périodes intercalées de périodes de repos est plus efficace dans la durée que des apprentissages regroupés.
  • Agrandir progressivement l’écart entre les intervalles de répétition permet d’ancrer durablement un apprentissage : bien qu’il soit important de répéter rapidement un apprentissage avant qu’il soit rapidement oublié, une fois cela fait, l’espacement des répétitions suivantes peut augmenter progressivement dans le temps et c’est l’effort même pour rappeler l’information en mémoire juste avant qu’elle ne soit oubliée qui renforce la mémorisation à long terme.

10.Sommeil et émotions

Le fait d’être en bonne forme et d’éviter le stress favorise la mémorisation (dormir suffisamment et être dans une situation émotionnellement stable).

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Source : Apprendre à mieux mémoriser – Du labo à la classe – Collège de Jean-Luc Berthier et Frédéric Guilleray (éditions Nathan). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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