comprendre les fonctions exécutives

Neurosciences : comprendre les fonctions cognitives pour bien les exploiter

Neurosciences : comprendre les fonctions cognitives pour bien les exploiter

Dans nos vies, nous traitons tous une grande quantité d’information. Nous faisons tout un tas d’activités grâce à notre esprit (on voit, on mémorise, on bouge, on parle, etc.). La cognition humaine est notre « appareil à penser ». Cette cognition a différents rôles (mémoriser, parler, bouger, etc.) : ce sont les fonctions cognitives, c’est-à-dire les différents grands rôles de notre cognition. Cette cognition a pour fonction de percevoir, de prêter attention, de mémoriser, de raisonner, de produire des mouvements, de s’exprimer.

On a coutume de parler de :

  1. perception,
  2. attention,
  3. mémoire,
  4. motricité,
  5. langage,
  6. raisonnement (ou parfois nommé fonctions exécutives).

 

Les fonctions cognitives ce sont donc différentes facettes de la cognition (de la pensée humaine), qui ont chacune leur rôle, et qui nous permettent de réaliser toutes nos actions. Si j’ai un trouble du langage je deviens aphasique. Si j’ai un trouble moteur, du mouvement, je deviens apraxique. Si une fonction de peut pas se réaliser correctement j’ai donc un trouble d’une fonction cognitive, un trouble cognitif.

1. La perception (ou gnosie)

La gnosie recouvre ce que je reconnais, ce que je vois, ce sur quoi je mets du sens :

  • les capacités de reconnaissance et d’identification sensorielles (visuelles, auditives, tactiles, gustatives, olfactives);
  • le repérage dans l’espace de notre corps (où je suis, où sont les parties de mon corps…).

 

2. L’attention

L’attention est une fonction cognitive complexe mais primordiale dans les comportements humains. L’attention correspond à un processus de sélection d’un stimulus extérieur (son, image, odeur…) ou intérieur (pensée) et au maintien de ce stimulus à la conscience. L’attention mobilise tous les sens.

L’attention est sensible aux interférences et attendre une attention constante est impossible.

 

3. La mémoire

La mémoire est la capacité d’enregistrer et de retrouver des informations. La mémoire fonctionne par système : la mémoire à court terme, la mémoire de travail et la mémoire à long terme.

Il existe 2 types de mémoire :

La mémoire explicite (déclarative)

La mémoire explicite se souvient des informations exactes : l’apprentissage du « quoi » (verbalisation des événements, des procédures et des faits par des mots).

C’est une mémoire du contrôle des gestes : il faut penser à chaque étape. La mémoire explicite permet d’expliquer les connaissances et de les transmettre.

La mémoire explicite comporte :

  • la mémoire sémantique (le sens des choses, nos connaissances sur le monde) -> les mots, le vocabulaire
  • la mémoire épisodique (nos souvenirs personnels, la chronologie de notre histoire, les contextes affectifs et émotionnels dans lesquels se sont produits les événements) -> repères temporels, sensations

La mémoire implicite (non déclarative ou procédurale)

La mémoire implicite est l’apprentissage du « comment » : elle permet de mémoriser les savoir faire, les compétences automatisés et inconscients.

La mémoire implicite permet d’appliquer et de réitérer des procédures de manière automatique. C’est faire quelque chose d’utile des savoirs et connaissances.

Lire aussi : Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage

 

4. La motricité (ou praxie, la capacité à pratiquer des choses)

La praxie englobe ce que nous essayons de faire : les actions motrices que nous coordonnons dans un but intentionnel (comme l’utilisation d’objets courants telle que la brosse à dents ou le fait de marcher, de s’habiller…).

La praxie dépend de programmes complexes développées et appris.

 

5. Le langage (ou phasie)

La phasie est la capacité à communiquer à travers le langage (car nous sommes en “phase”). La phasie englobe les activités d’expression (parler) et de réception (entendre, décoder et comprendre).

C’est la raison pour laquelle on parle d’aphasie en cas de trouble du langage.

 

6. Le raisonnement (ou les fonctions exécutives)

Les fonctions exécutives sont plusieurs. Elles servent à nous adapter aux nombreuses variations de notre environnement.

Je dois retenir un numéro de téléphone ?

Je veux traverser la route mais une voiture déboule et je dois me retenir au dernier moment ?

Je fais volontairement l’effort de rester concentrer sur mon travail plutôt que de rêvasser ?

Voici des activités qui impliquent les fonctions exécutives. Elles permettent de contrôler nos actions.

Les fonctions exécutives (ou frontales) agissent comme des gestionnaires dont l’objectif serait d’utiliser toutes les autres fonctions supérieures du cerveau et de les mettre dans l’ordre en vue d’une bonne exécution. Par exemple, le fait d’envoyer une lettre nécessite de savoir quoi écrire et de garder en mémoire les idées à communiquer (mémoire et phasie), de savoir comment écrire à la main ou taper à l’ordinateur (praxie), trouver du papier et un crayon (mémoire et gnosie), savoir qu’une lettre s’envoie dans une enveloppe timbrée (mémoire et gnosie), coller le timbre (praxie), aller jusqu’à la Poste pour déposer la lettre dans une boîte aux lettres (praxie et gnosie).

Les fonctions exécutives recouvrent plusieurs compétences :

  • organiser
  • planifier
  • juger
  • faire preuve d’abstraction
  • être flexible
  • savoir inhiber ses émotions
  • être auto discipliné
  • tenir un raisonnement cohérent
  • faire preuve de créativité

Ce sont les fonctions exécutives qui sont développées le plus tard parmi les fonctions cognitives.

Pour aller plus loin : 11 manières de développer les fonctions exécutives des enfants

 

Fonctions cognitives et recueil des informations sensorielles

Il est important de garder en tête qu’une fonction supérieure est toujours dépendante d’une fonction de base (comme voir, entendre, toucher…). Nous avons d’abord besoin de percevoir à travers nos sens avant de contrôler nos perceptions. Pour penser, je dois d’abord recevoir l’information. Je pourrai ensuite contrôler comment je pense.

parole et pensée enfants

Le développement des zones du cerveau dépend de plusieurs facteurs :

  • la génétique,

  • la stimulation,

Lire cet article : Des pistes pour favoriser le développement de la pensée des enfants

  • l’adaptation.

Cette adaptation peut recouvrir plusieurs domaines : les styles d’apprentissage, les formes d’intelligence, les périodes sensibles, la préparation de l’environnement et de l’ambiance, la bienveillance et les encouragements des adultes encadrants, les relations sociales…

Enregistrer

neurosciences-memoriser-ecole

En quoi l’oubli touche-t-il ce que les enfants apprennent ? Quelles stratégies pour une consolidation mnésique efficace ?

En quoi l’oubli touche-t-il ce que les enfants apprennent ? Quelles stratégies pour une consolidation mnésique efficace ? 

Pourquoi exiger des élèves qu’ils retiennent des choses alors qu’on n’a rien fait pour les aider à mémoriser ? Comment “jouer” avec l’oubli ?

Expliquer aux élèves comment le cerveau et la mémoire fonctionnent

La mémoire (ou plutôt les mémoires) n’est pas un stock d’éléments pour se rappeler des souvenirs. Les neurosciences nous invitent à repenser cette définition car la mémoire est au cœur de toutes les activités scolaires.

Un souvenir est une agrégation d’éléments mémoriels de structures extrêmement différentes (sémantiques, émotionnels, visuels…). Les morceaux de souvenirs s’installent dans des zones différentes du cerveau. Comme les mémoires ont des fonctionnements indépendants, les “morceaux” sont biaisés lors du rappel car la reconstruction globale du souvenir est différente de la réalité.

Les différents types de mémoire

  • La mémoire à court terme

La mémoire à court terme à une capacité limitée : elle maintient en mémoire les informations disponiibles pour un traitement immédiat et est dépendante des capacités intentionnelles.

  • La mémoire de travail

La mémoire de travail a pour rôle de maintenir temporairement et de traiter les informations pendant la réalisation des tâches cognitives ‘je prends, je traite, j’essaie de faire sens sans essayer de garder l’information). Ses fonctions essentielles sont : le contrôle de l’attention, la coordination des informations, l’élaboration de stratégies, la planification des différentes étapes d’une action et l’inhibition des réponses jugées non pertinentes.

La mémoire de travail est quantitativement limitée : c’est l’empan mnésique (limite quantitative du nombre d’éléments qu’on est capable de retenir simultanément – on l’estime autour de 7 éléments).

  • La mémoire à long terme

Elle possède une capacité illimitée. C’est la partie inconsciente de la mémoire qui fournit les connaissances jugées utiles à la mémoire de travail. Elle conserve les connaissances dans différentes parties du cerveau (mémoire épisodique, mémoire sémantique, mémoire procédurale).

  • La mémoire explicite

La mémoire explicite est déclarative et consciente. Elle est constituée de la mémoire sémantique (gestion des connaissances, des concepts, des mots…) et épisodique (mémoire personnelle des événements de nos vies).

  • La mémoire implicite

La mémoire implicite est non déclarative et inconsciente. Elle comprend nos habitudes acquises, celles que nous mettons en place sans le vouloir. C’est une mémoire que nous ne perdons pas (sauf en cas d’accident ou de maladie) et qui est indissociable de l’action. On l’appelle aussi mémoire procédurale. Elle nécessite peu de ressources attentionnelles et permet de faire une autre tâche en même temps (par exemple, conduire et discuter avec des passagers).

 

A quoi la mémoire sert-elle ? 

  • Percevoir

Les signaux perçus arrivent dans un premier sas de perception. La perception est la transformation des stimuli externes en activation neuronale dans un premier “sas” (la mémoire lexicale) qui fait appel à la mémoire à long terme et qui lui demande : est-ce que tu connais ?

  • Comprendre

Comprendre, c’est mettre du sens derrière les signes perçus, créer des représentations mentales en fonction de situations connues. On a besoin de “briques” (situations de référence) sur lesquelles s’adosser pour comprendre.

Il faut du stock pour comprendre. On ne peut donc pas comprendre sans mémoire.

  • Traiter les informations

Il y a les opérations de traitement : analyser, résumer, hiérarchiser, identifier l’essentiel, décider… Le traitement est possible seulement si la mémoire de travail peut faire des liens avec ce qu’elle a “en stock”.

  • Reproduire

Dans la reproduction, j’appelle et je mobilise (réciter une poésie, donner une définition par coeur…).

  • Produire

A partir d’un certain nombre d’éléments, on produit quelque chose de nouveau en articulant des savoirs. On ne crée jamais ex nihilo. La création est une libération de l’inhibition. Imaginer est possible parce que l’humain a une capacité de mémoire.

  • Se construire une identité et se projeter

Il y a la construction identitaire de l’individu : nous savons qui nous sommes parce que nous avons un nom, une origine, une histoire… qui reposent sur des éléments mémoriels. La projection identitaire se base sur ces éléments.

 

Une bonne mémoire ?

On n’a pas “une” bonne mémoire parce qu’il y a plusieurs sortes de mémoire. On peut être doué dans un domaine mémoriel et moins dans un autre. Ainsi, il n’y a pas une mémoire des mathématiques : le processus de résolution d’un problème mobilise à la fois la mémoire verbale, sémantique, procédurale, l’inhibition… Dans une simple opérations, des dizaines de zones mémorielles sont mobilisées.

Toutes les mémoires sont reliées entre elles comme un système. Elles fonctionnent continuellement même si certaines sont plus mobilisées dans certaines activités que d’autres.

 

La nature veut qu’on oublie : on a besoin de mécanismes et d’outils pour contrer l’oubli car mémoire et oubli vont de paire !

 

De la trace à la consolidation

Quand on perçoit une information pour la première fois, on crée une trace dans le cerveau comme un sentier dans une forêt. De ce sentier, il faut en faire un chemin durable. Que faire pour transformer la trace initiale en chemin fiable et pérenne dans le temps ?

  • La mémoire fonctionne par résonnement (les informations résonnent dans la tête en faisant appel à des contenus anciens intégrés. Comme les informations sont traitées cognitivement en fonction de ce dont nous disposons déjà, cela explique en partie la répétition de nos erreurs);
  • Les pauses, les temps où l’on fait autre chose, jouent un rôle dans la consolidation (sommeil, activités simples comme le coloriage, les anagrammes, l’activité physique…);
  • Le cerveau est lent pour l’acquisition mémorielle et il faut lui donner le temps via des moments de ré apprentissage réguliers et espacés;
  • La mémorisation active (je me pose la question; je cherche la réponse à la question; je reconstruis la réponse) est plus efficace que la mémorisation passive (lire, relire) : la mémorisation passive (qu’on peut assimiler à du bachotage) fonctionne seulement sur le court terme.
  • Un cerveau entraîné est un cerveau où l’information circule vite grâce à la miellinisation de l’axone des neurones et à la connexion des neurones entre eux.
Source : Mieux comprendre le cerveau pour mieux enseigner (Steve Masson)
Source : Mieux comprendre le cerveau pour mieux enseigner (Steve Masson)

Des techniques basées sur les neurosciences cognitives appliquées à l’apprentissage

  • En classe, ménager des micros séquences de mémorisation pendant les cours ou à la fin du cours
  • Utiliser des logiciels de mémorisation pour les révisions – Anki à télécharger
  • Insérer des encarts de mémorisation via un jeu de questions/réponses à l’intérieur des cours : les enseignants aménagent des espaces dans les cours avec des questions à gauche et des réponses à droite pour provoquer l’effort de reconstruction (mémorisation active). Les élèves cachent les réponses pour s’auto interroger. Les encarts de mémorisation peuvent également être affichés en classe ou distribués sur une feuille à part.
    encarts-fiches-de-memorisation
    Source : http://sciences-cognitives.fr/memorisation-classe-facheux-oubli/

     

  • Réviser les encarts de mémorisation régulièrement (lire la question et retrouver la réponse)
  • Flécher les essentiels : hiérarchisation des priorités et fiches bilan
  • Le rituel du “sac à souvenirs” comme systèmes de réactivation. Le sac à souvenirs contient des flash cards qui reprennent les éléments essentiels à retenir au cours de l’année scolaire. Cette technique reprend le  principe de la réactivation répétée dans le temps nécessaire à la consolidation des connaissances à long terme. Par exemple, au début de chaque cours, les élèves sont interrogés sur deux ou trois cartes tirées au hasard par le professeur et écrivent la réponse sur une ardoise. On pourrait imaginer que le sac à souvenirs se baladent de classes en classes en collège et que les professeurs soient donc amenés à tirer des cartes qui ne concernent pas leur discipline.
  • Feedback immédiat : quand la réponse vient rapidement après s’être posé la question, l’effet est plus efficace. Ainsi les enseignants gagneraient à corriger les évaluations tout de suite après en classe (plutôt qu’attendre une semaine ou la remise des copies)
  • Faire fabriquer les questions autour des essentiels par les élèves (qui construisent leurs propres encarts de mémorisation)
  • Prendre des notes sur un livre sous forme d’encarts de mémorisation
  • Déterminer un calendrier de testing en fonction des échéances (examens, contrôles, évaluations, concours…)

Pour savoir si une information est utile et donc digne d’être conservée en mémoire, le cerveau fonctionne ainsi :

– je revois une information 2 fois (ou plus) dans les 24 heures, cette information est utile, je la conserve en mémoire 1 semaine

– je revois une information 2 fois (ou plus) au bout d’1 semaine, cette information est vraiment utile, je la conserve en mémoire 1 mois

– je revois une information 2 fois (ou plus) au bout d’1 mois, cette information est vraiment utile, je la conserve en mémoire 6 mois

Afin d’avoir moins d’efforts à faire pour récupérer une information en mémoire, il vaut donc mieux la relire dans les 24 heures.

Les méthodes de tesing pour rappeler à la conscience une information présente dans les réseaux de la mémoire peuvent prendre des formes variées :

– rappel libre (question globale qui nécessite de rappeler les informations, les référents, de les hiérarchiser, de les organiser)

– rappel par indices (photo…)

– rappel par reconnaissance (quizz, QCM…)

comment-memoriser-efficacement
Source : vidéo Planète conférences – Le cerveau pour allié en classe ? – Apprendre à l’horizon 2035

 

…………………………………………………………………………………………..

Sources : conférence de Jean-Luc Berthier et Apprendre avec les neurosciences (Pascale Toscani – éditions Chronique Sociale)

jeu-muscle-la-memoire

Tip Top Clap : un jeu qui muscle la mémoire

Tip Top Clap : un jeu qui muscle la mémoire

tip top clap

TIP TOP CLAP est un jeu de cartes Djeco à base de mémorisation et de mime.

Le principe est de reproduire dans le bon ordre une suite de cartes à mimer sans se tromper.

Les cartes s’accumulent au fur et à mesure du jeu et cela devient de plus en plus difficile de se souvenir de l’ensemble de la suite.

Pour pimenter le tout, les cartes sont colorées et amusantes : on doit mimer tour à tour un chat, un oiseau, un “prout” ou bien taper du pied, puis de la main, ou encore tirer la langue !

jeu tip top clap

Les enfants rigolent autant qu’ils font marcher leur mémoire… et les adultes pourront être surpris de ne pas avoir autant de mémoire qu’ils croyaient :). Ce jeu est d’autant plus intéressant pour des parties en groupe que les enfants et les adultes sont sur un pied d’égalité (j’avoue avoir perdu plus d’une partie !).

Tip Top Clap stimule tous les plans de la mémoire : auditif, visuel et corporel. C’est assez amusant de développer des stratégies pour pouvoir se rappeler le plus grand nombre possible de cartes à la suite… et de voir les autres développer leur propre stratégie de mémorisation.

Tip Top Clap se joue de 2 à 5 joueurs et on peut choisir la durée de chaque partie. Les cartes sont d’excellente qualité et l’étui pour les transporter est très pratique (il a déjà fait pas mal de kilomètres avec nous !).

Un jeu qui déclenchera des crises de fous rires chez les petits et les grands, à partir de 6 ans… mais attention, ne pas y jouer si vous êtes fatigués, vous serez sûrs de perdre car vous aurez besoin de toutes vos capacités mentales 🙂 !

jeu-muscle-la-memoire

………………………………………………………………………………………………………………………………..

Tip Top Clap (Djeco) est disponible en magasin de jouets, en ludothèque ou sur Internet.

Commander Tip Top Clap sur Amazon.

attention-des-eleves-a-lecoe

Comprendre les mécanismes de l’attention des enfants pour la renforcer en classe

Comprendre les mécanismes de l’attention des enfants pour la renforcer en classe

Une vidéo du module 4 du MOOC Bâtisseurs de possibles : https://batisseursdepossibles.moocit.fr

Les 3 réseaux attentionnels

1.Le réseau d’alerte

C’est la forme primitive de l’attention

2.Le réseau d’orientation

Il permet de traiter plusieurs informations parmi plusieurs en excluant les autres.

3.Le contrôle exécutif

Il permet de planifier et de prendre des décisions quand plusieurs tâches sont en concurrence. Le contrôle exécutif requiert beaucoup d’efforts et de ressources attentionnelles.

 

Des pistes pour entraîner l’attention des enfants en classe 

  • Acquérir des automatismes via l’entrainement et la répétition: c’est l’entrainement qui va permettre d’automatiser certaines tâches qui sollicitent le contrôle exécutif. L’acquisition des automatismes permet d’économiser de l’énergie mentale et de dégager des ressources pour d’autres activités
  • Proposer des ressources attrayantes mais non distrayantes
  • Eviter de proposer simultanément deux tâches qui ne sont pas encore automatisées (risque de surcharge cognitive et d’échec)
  • Développer capacité d’attention grâce à des exercices de pleine conscience

Des ressources :
Pleine conscience et apprentissage font bon ménage : 4 propositions au fil de la journée en classe
3 livres pour initier les enfants à la pleine conscience du primaire au lycée (et plus)

  • Donner des éléments de connaissances sur le fonctionnement du cerveau et de la mémoire

Des ressources :
Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage
Les neurosciences à l’école : 5 recommandations pour mieux apprendre

Hugo et les secrets de la mémoire (7 techniques de mémorisation présentées aux enfants)

Hugo et les secrets de la mémoire (7 techniques de mémorisation présentées aux enfants)

Présentation de l’éditeur

hugo-et-les-secrets-de-la-memoireFinis les trous de mémoire et l’angoisse avant les interrogations !
Voici une méthode révolutionnaire pour mémoriser facilement et durablement, qui réconciliera pour de bon votre enfant avec l’école.

Les péripéties d’Hugo se poursuivent en 2506, dans un monde futuriste où se côtoient voitures ultra connectées, tablettes savantes et i.cartables. Aidé de Samy, son ami robot, Hugo fait une incroyable découverte : Les mystères du chiffre 7, qui va changer le cours de sa vie.

Au fil de son aventure en 7 chapitres illustrés, Hugo apprend à relever les défis de la mémorisation et devient acteur de son apprentissage. Comme lui, votre enfant découvrira comment apprendre par cœur une leçon, un schéma ou une carte, mais aussi comment résumer un texte simplement ou encore organiser sa pensée grâce à une carte mentale spécifique. Des exercices ludiques lui permettront de vérifier sa progression et de reprendre confiance en lui.

Après sa méthode à succès pour ne plus faire de fautes d’orthographe, Hugo et les rois Être et Avoir, Anne-Marie Gaignard nous livre ici sa seconde guérison. Fruits de longues recherches sur les neuroapprentissages, ses outils pédagogiques ont fait leurs preuves auprès de milliers d’enfants et d’adultes. Ce livre est un message d’encouragement pour renouer avec le plaisir d’apprendre à tout âge. Elle y propose de nombreuses techniques ludiques et originales qui serviront d’appui pour mieux mémoriser, résumer, synthétiser et organiser la pensée… parce qu’apprendre peut être un plaisir !

 

Les points forts

Une mise en situation ludique pour planter un décor futuriste qui va entraîner les enfants à se doter d’outils pour apprendre, réviser et mémoriser. Hugo se pose beaucoup de questions (qu’est-ce que je vais devenir si je n’ai pas de bonnes notes, pourquoi est-ce que ma soeur a de meilleurs résultats que moi ?…) et les enfants pourront facilement s’identifier à lui et à son cheminement. Le décor de l’histoire est d’autant plus efficace que les enfants dans ce futur idéal sont dotés d’ordinateurs, de puces intégrées, de cartables électroniques… mais que cela ne résout pas leurs problèmes et ne les rend pas plus heureux non plus (au contraire, Hugo se sent enchaîné, prisonnier même parfois de toute cette technologie).

 

Chaque chapitre aborde une technique d’apprentissage sous forme d’histoire puis est suivi d’un exercice d’application :

  • apprendre une poésie facilement
  • mémoriser une leçon grâce à la fiche 7 cases (qui reprend le principe des flash cards)mémoriser efficacement

 

  • apprendre une carte géographique en tournant en rond dans le sens des aiguille d’une montresecret de la mémoire

 

  • résumer un texte avec la technique du chiffre 7
  • utiliser des questions clés pour comprendre
  • réaliser une carte mentale (ou Mind Map)

apprendre avec carte mentale

 

Les méthodes d’apprentissages sont expliquées pas à pas et facilement reproductibles et applicables par les enfants dès 8 ans.

Les exemples pris pour introduire les différentes techniques et méthodes correspondent à des sujets et leçons vus en classe par les enfants à partir du CE2 (nom des planètes, siècle des Lumières, carte de la France…)

L’histoire a un aspect mystérieux et secret : les enfants se sentiront valorisés et motivés d’être mis dans la confidence et de pouvoir découvrir les secrets du chiffre 7.

 

L’histoire peut paraître un peu compliquée pour certains enfants et on pourra passer directement aux fiches qui détaillent les techniques de mémorisation et aux exercices d’application pour les maîtriser.

…………………………………………………………………………………
Hugo et les secrets de la mémoire de Anne marie Gaignard (éditions Le Robert) est disponible en librairie, en centre culturel ou sur internet.

Commander Hugo et les secrets de la mémoire sur Amazon.

palais-de-memoire-mode-demploi

Un procédé mnémotechnique efficace : le palais de mémoire, mode d’emploi pour retenir des informations par coeur

Un procédé mnémotechnique efficace : le palais de mémoire, mode d’emploi pour retenir des informations par coeur

Hélène Weber, bloggeuse sur http://donnezdusens.fr, donne le mode d’emploi en vidéo pour créer un palais de mémoire. Le palais de mémoire (ou palais mental) est un procédé mnémothechnique efficace pour retenir plusieurs informations par coeur.

Cette technique s’appuie sur plusieurs principes de base :

  • donner du sens aux informations en les transformant en images,
  • associer de nouvelles informations à des informations que vous maîtrisez déjà et qui sont déjà inscrites dans votre mémoire à long terme,
  • réactiver les informations en parcourant ses palais plusieurs fois.

Du moment que vous respectez ces principes (qui exploitent le fonctionnement de la mémoire), vous obtiendrez de bons résultats. Pour ne pas mélanger les infos, il faut que vous repériez ce que chacune a de spécifique et que vous mettiez en évidence les différences (voire que vous les exagériez). Mais tout ce processus demande du travail, de l’imagination et de la réactivation pour être efficace.

Comment créer une image mémorable ?

  • exagérer la représentation (une plaquette de beurre qui fait une flaque immense…),
  • utiliser de la créativité : des couleurs (l’herbe sur canapé),
  • du mouvement et de l’action (les bouteilles qui dansent)

Comment transformer une notion abstraite en image mémorable ?

Vous avez en fait deux options :

  • soit vous déconnectez les processus de compréhension et de mémorisation,
  • soit vous approfondissez la compréhension de votre notion pour vous aider à la “visualiser”.

Comment mémoriser plusieurs informations différentes ?

Il faut utiliser des palais différents avec des chemins et des objets différents.

…………………………………………………………………………………………………………….

Hélène Weber est l’auteure du livre Objectif mémoire : Au lycée et à l’université, (re)trouvez le goût de travailler avec plaisir et efficacité (éditions Eyrolles). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander Objectif mémoire sur Amazon.

developper-le-sens-de-lobservation-des-enfants

L’importance de développer le sens de l’observation chez les enfants

L’importance de développer le sens de l’observation chez les enfants

Le sens de l’observation est essentiel sur plusieurs points :

  • Entrer dans la lecture

Certaines lettres de notre alphabet se ressemblent beaucoup : en écriture dite « script », seule la barre sur le côté distingue les lettres b, d, p, q. Les enfants doivent être capables de distinguer ces détails qui changent tout au niveau de la lecture et de l’écriture.

La discrimination visuelle s’appuie sur le sens de l’observation.

  • Trouver des informations dans des documents complexes

Beaucoup d’enfants n’accordent pas d’importance aux illustrations et graphiques présents dans les manuels (je le constate avec l’élève de 5° que j’accompagne).

Or ces illustrations sont de vraies sources d’informations, non seulement pour mieux comprendre une notion mais aussi pour répondre à des exercices.

Travailler le sens de l’observation avec les plus jeunes les aidera à trouver des infos complémentaires dans des illustrations ou des graphiques au cours de leur scolarité ultérieure.

  • Servir de socle à la pensée

Apprentissage, intelligence et observation sont liés et interdépendants :

« Dans la définition d’intelligence, il y a la capacité de discernement, et avant le discernement il y a l’observation. La pensée n’est rien si elle n’a pas d’observation à réfléchir ! » – Source : Educavox

 

Une sélection de 5 jeux pour développer le sens de l’observation des enfants

1. Clac Clac : un jeu d’observation et de rapidité (dès 4 ans)

Le jeu Clac Clac est un jeu d’observation fun et rapide, idéal dès 4 ans avec ses disques aimantés. On y passe des heures pour de bonnes parties de rigolade :-).

Chacun des 36 disques étalés sur la table combine 3 symboles reproduits dans 3 couleurs différentes. A chaque tour, on lance 2 dés qui indiquent quel symbole trouver et dans quelle couleur. Puis tous les joueurs tentent simultanément de s’emparer d’un maximum de disques reproduisant cette combinaison. Les disques sont aimantés : «Clac! Clac ! » ils s’empilent comme par magie, mais on ne peut utiliser qu’une seule main ! Il faut aller très vite pour les empiler sans se tromper, sinon gare aux pénalités..

règles du jeu clac clac

2. Torteliki : un jeu d’observation fine et de mémoire (dès 4 ans)

Dans ce jeu, il s’agit de retrouver les cartes correspondant aux couleurs des carapaces. Un joueur retourne une carte et la gagne si une torture a les mêmes couleurs que celles de la carte.

Dès 4 ans, Torteliki me plait car :

  • le sens de l’observation est beaucoup sollicité : les différences entre une carapace rouge et un corps jaune ou une carapace jaune et un corps rouge sont plutôt difficiles à concevoir pour les plus jeunes. Cela leur demande un vrai effort de concentration et d’observation;
  • c’est un excellent moyen de développer la mémoire, à la manière du mémory;
  • ma fille apprécie d’échanger les carapaces des tortues : j’adore la voir réfléchir pour trouver le moyen de changer les 3 carapaces sans retrouver la même combinaison que précédemment ! Elle aime bien aussi la manipulation en elle-même.

torteliki jeu mémoire et observation

3. Laoupala : observation et réflexion pour développer le vocabulaire (dès 8 ans)

Laoupala est un jeu de vocabulaire et de réflexion pour toute la famille qui fait travailler le sens de l’observation et la phonologie. Dès 8 ans.

6 cartes caractéristiques sont posées sur la table. Tous les joueurs, sans bouger de leurs places respectives, recherchent alors le plus vite possible dans leur environnement visuel immédiat un élément (objet, être vivant…), qui puisse remplir le plus grand nombre de caractéristiques. Commence alors pendant 1 minute une formidable course avec, à l’issue de celle-ci, une validation des affirmations du joueur le plus rapide.

laoupala jeu vocabulaire réflexion observation

4. Jeu de Kim : trouver quel objet a disparu (dès 5 ans)

jeu développer sens observation enfants
La méthode La Garanderie à la maison (éditions Eyrolles)

Ce jeu est idéal pour travailler l’attention et la mémorisation. Vous aurez besoin de plusieurs objets du quotidien (de 5 à 15 selon l’âge de l’enfant) : un jouet, une balle, un couvert, un stylo, un livre, une brosse à dent, une ampoule, un tournevis, une brosse…

Posez les objets sur une table et annoncez les consignes du jeu à l’enfant : un de ces objets disparaîtra et l’enfant devra retrouver lequel.

Bénédicte Denizot, auteur du livre Jeux pour apprendre d’après la pédagogie d’Antoine de la Garanderie, insiste sur les procédures mentales que les enfants devront déployer. Ces procédures sont les mêmes que celles que les enfants pourront utiliser plus tard pour apprendre des listes de vocabulaire, des noms de capitales ou des verbes irréguliers en anglais.

Elle conseille de dire à l’enfant de mettre les images des objets dans sa tête et de faire mémoriser d’abord deux objets puis d’en rajouter un par un. Demandez-lui de regarder deux objets, de fermer les yeux pour les voir dans sa tête. Une fois que l’enfant voit les deux objets en fermant les yeux, ajoutez un autre objet sur le même principe. L’enfant devra voir les trois objets dans sa tête en fermant les yeux.

Pour renforcer la mémorisation, vous pouvez recourir aux gestes : l’enfant pointe avec le doigt les objets en même temps qu’il les énumère, une fois les yeux ouverts puis les yeux fermés.

Demandez ensuite à l’enfant de se retourner, de fermer les yeux ou de quitter la pièce et enlevez un objet.

L’enfant devra retrouver l’objet manquant. Vous pouvez l’aider avec des indications du type : « Ferme les yeux et regarde dans ta tête les objets qui étaient sur la table, ensuite regarde lequel a disparu ». L’enfant a le droit de pointer les objets, de murmurer le nom des objets, de les compter (s’il leur avait attribué un numéro)…

Vous pourrez augmenter la difficulté du jeu en augmentant le nombre d’objets. Les enfants peuvent aussi jouer au jeu de Kim entre eux.

>>>Plus de jeux de Kim pour stimuler les 5 sens et l’observation : 5 jeux pour l’éducation sensorielles des enfants.

5. Caméléon : un petit jeu de cartes alliant mémorisation, observation et rapidité (dès 5 ans)

Ce jeu allie mémorisation, observation, logique et rapidité tout en ayant des règles ultra faciles et en restant intéressant pour tous les membres de la famille.

Les règles sont expliquées rapidement et les parties deviennent vite très amusantes ! On pourrait le comparer au Jungle Speed pour les petits.

Pour remporter une manche, il faut être le premier ou la première à obtenir les 3 cartes reconstituant la combinaison (chiffre, dessin, couleur) de la carte tirée au sort en début de manche.

Par exemple, un joueur a tiré la carte “8 poisson bleu”. Pour gagner, il doit récupérer une carte “8”, une carte “poisson” et une carte “fond bleu”.

cameleon-jeu-observation

Deux principes fondamentaux pour mieux étudier et réviser (examens, partiels, concours…)

Deux principes fondamentaux pour mieux étudier et réviser (examens, partiels, concours…)

1.Reconstruire l’information

Au lieu de revoir l’information, il faut plutôt la reconstruire. C’est en reconstruisant une information qu’on l’apprend. Étudier, ce n’est donc pas se mettre l’information dans la tête : étudier, c’est s’entrainer à reconstruire l’information !

Une mémorisation efficace peut passer par plusieurs techniques :

  • décrire la chose, l’événement, le processus, le théorème avec ses propres mots…
  • résumer en un mot ou un dessin un concept, une idée en rapport avec le chapitre/ la leçon
  • retourner au cours ou à la leçon pour vérifier la pertinence des informations retenues
  • s’aider d’indices récupérateurs pour bien reconstruire l’information (un mot clé, un dessin, un acronyme…) : ce ne sont pas des réponses mais des sortes de « béquilles » (plus ces indices sont personnels, humoristiques et exagérés, plus ils sont efficaces)
  • créer un support de révision à l’aide de ces indices (par exemple une Mind Map ou des indices dans la marge ou sur une feuille)
  • décrire à nouveau la chose, l’événement, le processus, le théorème… et s’aider des indices récupérateurs si besoin
  • prendre un temps de pause pour faire totalement autre chose (30 minutes minimum)
  • s’entrainer à nouveau à reconstruire l’information en essayant de se passer des indices récupérateurs (comme en situation réelle : en classe, lors de tests ou d’examens…). Cet entrainement peut se faire à l’aide de flash cards (ou cartes questions réponses) qui incitent à trouver des questions pertinentes et à y apporter des réponses.

 

2.Espacer la mémorisation dans le temps

Quand on s’entraîne à reconstruire l’information, nous devons laisser du temps entre les pratiques de reconstruction. Il faut que cela soit difficile de se souvenir d’une information, de la reconstruire.

Il vaut mieux éviter de concentrer en un bloc plusieurs techniques de mémorisation. Cela donne une impression de familiarité : comme on vient de voir le cours ou la leçon, on a des chances de se souvenir de certains éléments mais cela ne veut pas dire que nous avons appris et encore moins mémorisé à long terme. L’information est encore fraîche dans la mémoire à court terme.

La meilleure façon de réviser est d’espacer les temps d’étude : attendre plusieurs heures (24 heures idéalement) entre les révisions des notions mémorisées. C’est le même nombre de minutes ou d’heures passées sur les révisions, la seule différence est que les temps de mémorisation sont espacés par des intervalles de temps.

espacer les révisions
Source : Apprendre et réussir (3) : quand et où pratiquer sa mémoire (Mathieu Gagnon)

 

Le temps doit être assez long pour permettre d’oublier un peu : cela risque d’être difficile de reconstruire l’information et c’est justement à ce moment là qu’on est en train d’apprendre (quand on essaie de reconstruire l’information).

Si c’est trop difficile, on peut sortir la feuille d’indices récupérateurs pour reconstruire l’information.

Avec le temps et l’entrainement, cela deviendra de plus en plus facile de reconstruire l’information sans indice récupérateur.

L’oubli n’est pas l’inverse de l’apprentissage ! Pour bien apprendre, il faut se donner le temps d’oublier. Le principe d’espacement ne doit donc pas être négligé pour bien étudier et réviser.

……………………………………………………………………………………………….

Sources : vidéos 1,2 et 3 Apprendre et réussir de Mathieu Gagnon

les neurosiences au coeur de la clasee

Les neurosciences au coeur de la classe : éléments théoriques, outils et exemples pour les enseignants

Les neurosciences au coeur de la classe : éléments théoriques, outils et exemples pour les enseignants

 

Apprendre pour libérer. Apprendre pour humaniser. Apprendre pour développer les “intelligences multiples” que nos cerveaux nous offrent et apprendre pour développer notre intelligence collective, en donnant une grande place aux élèves dans la coconstruction du savoir et du développement cognitif. – Bruno della Chiesa

 

Présentation de l’ouvrage

les-neurosciences-au-coeur-de-la-classeLes neurosciences sont à la mode. Comme tout phénomène de mode, il présente des avantages et des inconvénients.
Les enseignants désespérément à la recherche de méthodes ou de recettes applicables sur le champ ne trouveront rien dans les neurosciences qui pourra les satisfaire dans l’immédiat. Ils seront peut-être même déçus. En effet les neurosciences ne sont ni une méthode, ni une recette. C’est un ensemble de disciplines qui participent à la connaissance de l’Homme, de son fonctionnement cognitif.
Aucun exercice “d’application des neurosciences” ne saurait être efficace si les élèves ne comprennent pas eux-mêmes l’enjeu de cette connaissance neurologique. Comprendre comment son cerveau fonctionne fait partie de ce que l’on pourrait appeler une “hygiène de vie cognitive”.
Un enfant peut comprendre pourquoi il est important de se nourrir, de prendre soin de son corps, d’apprendre, il est tout aussi important qu’il connaisse le fonctionnement de son cerveau pour étayer sa façon d’apprendre.
Nous devons cesser de regretter des élèves qui n’existent plus. Nous vivons une époque spectaculaire en termes d’évolution technologique et numérique. Les connaissances les plus extraordinaires sont à la portée d’un clic. Nos élèves aiment apprendre. Vivons avec eux l’expérience de modifier nos habitudes professionnelles et nos représentations. Ce sont eux qui construiront le monde de demain.
Faisons ensemble le chemin vers les neurosciences en transférant ce qu’elles nous apportent dans la pratique d’enseignement.
 Les neurosciences au coeur de la classe est un ouvrage collectif : tous les enseignants qui ont participé à son élaboration ont participé à un voyage de formation au Québec et en Finlande, ont suivi pendant deux ans des cours de psychologie cognitive, de psychologie clinique et de neurosciences, et ont été supervisés par Pascale Toscani, enseignante-chercheuse maître de conférences à l’Université catholique de l’Ouest.

J’ai aimé

Pascale Toscani contribue à la formation des enseignants. Elle estime que les enseignants n’ont pas à revoir leur copie faute de compétences : ils ont simplement à interroger leur pratique à la lumière des apports des neurosciences. Elle écrit :

Comment pouvoir nourrir l’estime de soi nécessaire à toute réussite si l’on reste dépendant de la profonde conviction que l’on n’est pas modifiable et si,de surcroit, les adultes le confirment ? Enseigner et grandir n’est possible que si l’on est animé par la foi en l’éducabilité de l’autre et de soi-même.

Les neurosciences au coeur de la classe propose de jeter des ponts entre les éclairages qu’apportent les neurosciences et la formation des enseignants et l’accompagnement des enfants en difficulté d’apprentissage.

neurosiences en classe

L’ouvrage s’articule autour de 5 piliers pour changer les pratiques en classe :

  1. Comprendre l’importance de la plasticité cérébrale (et son intérêt pour motiver les enfants)
  2. Utiliser la théorie des intelligences multiples (pour un autre regard sur l’intelligence)
  3. Comprendre la spirale du stress et s’outiller pour mieux le gérer
  4. Satisfaire les besoins du cerveau qui apprend (une question d’hygiène de vie)
  5. Comprendre le fonctionnement de la mémoire (et mieux mémoriser)

L’ouvrage présente de nombreuses fiches et exercices testés avec des classes pilotes et qui peuvent être proposés en classe. On y retrouve également des exemples de travaux réalisés par des élèves pour illustrer la démarche et les résultats obtenus dans les classes.

neurosiences à l'école

Par exemple, les enfants seront invités à déterminer leur profil d’intelligences multiples à travers des petits exercices de mise en situation et un questionnaire.

déterminer profil d'intelligences multiples

Ils sont également invités à réaliser une boite anti-stress avec tout ce qui les apaiserait dans une situation de stress et à mieux comprendre leur mémoire.

neurosiences à l'école

Les auteurs ont ajouté des “petits trucs” en rapport avec l’hygiène de vie des enfants et des ados (sur le sommeil, la nourriture, les écrans…)

sommeil apprentissage école

Les enseignants trouveront de nombreux dossiers qui les aideront concrètement à enrichir leurs pratiques pédagogiques avec les apports des neurosciences (par exemple, un parcours sur la mémoire avec les élèves en quatre séances de travail). Pour autant, il ne s’agit pas d’un programme linéaire à suivre dans l’ordre ou à appliquer à la lettre : les neurosciences proposent avant tout des connaissances à partager et à construire avec les enfants et les jeunes pour qu’ils se sentent armés, pour apprendre, comprendre, mémoriser, réussir et croire en eux-mêmes.

…………………………………………………………….

 Les neurosciences au coeur de la classe sous la direction de Pascale Toscani (éditions Chronique Sociale) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander  Les neurosciences au coeur de la classe sur Amazon.

neurosciences-a-lecole

Les neurosciences à l’école : 5 recommandations pour mieux apprendre

Les neurosciences à l’école : 5 recommandations pour mieux apprendre

apprendre-avec-les-neurosciencesPascale Toscani, enseignante-chercheuse et maitre de conférence, a travaillé avec des professeurs du secondaire pour proposer un programme “neurosciences au collège”. Ce programme a pour vocation d’introduire les connaissances liées aux neurosciences dans l’acte éducatif. Élèves et enseignants gagneraient à mieux comprendre le fonctionnement du cerveau afin que les apprentissages scolaires soient plus efficaces.

Le contenu du programme est basé sur 5 grandes thématiques. Il a été proposé à des élèves de 6ème à raison d’une heure par semaine sur l’heure d’ATP (Aide au Travail Personnel).

 

1.La plasticité cérébrale : modifier la représentation de l’intelligence

La plasticité cérébrale est un processus continu et dynamique de création, de renforcement et d’élimination de connexions synaptiques.

Beaucoup d’élèves pensent que l’intelligence est une donnée fixée à la naissance alors qu’elle s’acquière et se développe tout au long de la vie. Les élèves les plus en difficulté ont tendance à croire que la quantité d’intelligence est fixée à la naissance : on naîtrait intelligent ou bête et rien ne peut y changer.

Or cette croyance est un non sens scientifique. La vérité est que plus le cerveau est stimulé de manières différentes, plus il se développe. Il en résulte que beaucoup d’élèves se brident eux-mêmes alors que l’intelligence se développe, se travaille et a des formes multiples.

>>>Pour aller plus loin : Pourquoi est-il important d’expliquer la neuroplasticité aux enfants ?

 

2.Les intelligences multiples

Howard Gardner, professeur de psychologie à l’université de Harvard, parle d’intelligences multiples. La théorie des intelligences multiples est un modèle cognitif qui cherche à décrire comment les gens se servent de leur intelligence, pour résoudre des problèmes, pour concevoir, pour créer…

apprendre avec les intelligences multiples

Tout le monde dispose de ces 9 intelligences mais selon son environnement familial et son parcours personnel, chacun développe plus ou moins certaines de ses intelligences. On parle alors de “bouquet d’intelligences”.

Il est important que les enfants et les adolescents apprennent à comprendre et gérer les ressources de chacune de ces intelligences pour pouvoir toutes les développer et les faire interagir. C’est un enjeu non seulement de réussite scolaire mais aussi de développement personnel.

>>>Pour aller plus loin : Dossier spéciale intelligence : comment aider les enfants à connaître et cultiver leurs intelligences multiples ?

 

3.Les besoins du cerveau pour apprendre

Le cerveau a des besoins pour bien fonctionner :

  • une alimentation équilibrée

Le cerveau a besoin de protéines, de graisses, de fruits et légumes, d’hydrates de carbone et de sucres pour fonctionner correctement. Une alimentation trop riche en sucres et additifs entrave la concentration.

  • du sommeil suffisant

Le sommeil sert à consolider les informations dans la mémoire. Avant de dormir, il est important de ne pas boire des boissons excitantes (café, coca, thé…), de ne pas consommer des repas trop copieux, de pratiquer des activités relaxantes (comme la lecture ou écouter de la musique douce).

  • une bonne hydratation

Le cerveau a besoin d’être irrigué pour créer des connexions entre les neurones : boire de l’eau améliore les capacités d’apprentissages. La déshydratation entrave le bon fonctionnement du cerveau.

  • des activités physiques

Rester statique trop longtemps est également mauvais pour la concentration et les apprentissages

  • des besoins physiologiques comblés

La faim et la fatigue, les sensations thermiques (trop chaud ou trop froid) entravent la concentration et les apprentissages

>>>Pour aller plus loin : Ce que les enfants devraient apprendre sur leur cerveau à l’école

 

4.La gestion du stress

Il est important de connaître les facteurs de stress, de manière à avoir prise sur eux de garder seulement le bon stress (celui qui prépare à l’action).

spin-ton-stress

>>>Pour aller plus loin : SPIN ton stress : 4 ingrédients universels d’une situation stressante (et comment y faire face)

 

5.La mémoire et l’attention

Le cerveau va mémoriser quand il sait qu’une information va être utile pour le futur proche. Mais il a tendance à effacer rapidement des informations inutiles pour le futur proche.

Si on ne sait pas qu’une information donnée va être utile dans un futur proche, le cerveau ne va pas mémoriser. Il faut donc envoyer un message d’utilité au cerveau pour favoriser la mémorisation. Si on veut que l’interlocuteur mémorise quelque chose, il faut lui donner un objectif avant de le prévenir qu’il va devoir mémoriser pour atteindre cet objectif.
>>>Pour aller plus loin : Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage
…………………………………………………………………………………………………………..

Source : Apprendre avec les neurosciences, rien ne se joue avant 6 ans de Pascale Toscani (éditions Chronique Sociale).

Commander Apprendre avec les neurosciences sur Amazon.

Enregistrer

Enregistrer