Neurosciences : 5 déterminants d’apprentissages efficaces

Neurosciences : 5 déterminants d’apprentissages efficaces

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Il est possible d’apprendre plus efficacement grâce aux informations que nous procurent les neurosciences au sujet des mécanismes de l’apprentissage humain. Voici 5 stratégies pour mémoriser et étudier avec succès au collège et au lycée.

1. Retour (feedback) efficace 

Un retour (ou feedback) positif est un retour sincère qui s’appuie sur des éléments factuels (ceux qu’une caméra pourrait filmer) et qui évacue les éléments de punition ou de critique. Quand la propre valeur de l’enfant ou ses propres capacités sont mises en cause, l’enfant se décourage et décroche (son attention se détourne de la tâche).

Un retour positif peut prendre cette forme : “Tu n’as pas encore réussi mais tu es dans la bonne direction”, “c’est une bonne idée que tu as eue et tu peux la creuser encore”. Le retour positif est encore plus important chez les jeunes (moins de 10 ans).

 

2. Orienter l’attention 

Orienter l’attention, c’est se mettre en projet :

  • enseignant
    • à l’école, on vient pour…
    • en cours de maths, on vient pour…
    • voici ce qu’on va travailler, c’est pour…
  • élève
    • pourquoi est-ce que je suis là ?
    • quelles sont les informations auxquelles je dois faire attention ?

A l’école, orienter l’attention des élèves revient à coordonner le projet de l’adulte et celui de l’enfant.

Plus les objectifs finaux et intermédiaires sont précisés, plus l’attention des enfants sera soutenue. Ainsi, derrière la consigne, “souligner les adjectifs en vert”, l’intention est de savoir reconnaître les adjectifs pour pouvoir les accorder en genre et en nombre avec le nom auxquels ils se rapportent. La finalité est de progresser en orthographe.

 

3. Soulager la mémoire à court terme

La mémoire à court terme est la “petite” mémoire qui permet de stocker des informations temporairement. Aucune information ne peut passer directement de l’environnement extérieur à notre “boite noire” intérieure sans passer par la mémoire à court terme. La mémoire à court terme permet de garder une information quelques secondes, pas plus.

La mémoire à court terme est très sensible :

  • aux distractions
  • au stress

Même si nous ne pouvons pas accroître l’espace disponible dans notre mémoire de travail, nous pouvons réduire l’espace utilisé par les éléments que nous y glissons de deux façons différentes :

  1. en regroupant les informations pour qu’elles prennent moins de place dans la mémoire à court terme. On ne peut en effet maintenir dans la mémoire à court terme que + ou – 7 éléments à la fois. C’est pour cette raison qu’on regroupe les chiffres des numéros de téléphone pour les retenir par exemple.
  2. en automatisant le processus qui permet de faire glisser les informations de la mémoire de travail à la mémoire de long terme. L’entraînement a des effets positifs sur l’automatisation des processus mentaux, sur la durée du souvenir, le transfert de connaissances à des situations nouvelles.

Ainsi, il est important d’automatiser certaines procédures (lecture, tables de multiplication, certaine dates clés en histoire…) pour gagner en efficacité et en rapidité.  La seule manière d’automatiser les processus est de s’entraîner, de refaire des exercices, des gestes. L’entraînement ne sert pas seulement à aller plus vite mais également à rendre une action automatique de manière à libérer de l’espace dans la mémoire de travail.

Dans son livre Pourquoi les enfants n’aiment pas lire (éditions La librairie des écoles), Daniel T. Willingham propose 3 pistes pour tirer profit de l’entraînement sans trop s’ennuyer :

  • prioriser les processus mentaux qui doivent absolument devenir automatiques

Puisque la pratique rend les processus mentaux automatiques, il faut alors identifier ceux qui doivent le devenir : connaître par coeur les tables d’opération, les exceptions en grammaire,  les règles d’orthographe, les tableaux de conjugaison…

  • espacer les révisions et réactiver les connaissances régulièrement

Pour Daniel T. Willingham, il n’y a aucun gain à s’entraîner intensément sur une courte durée quel que soit le domaine. Quand les entraînements sont espacés, les élèves ont plus de temps pour réfléchir à la manière dont ils peuvent mettre en application ce qu’ils ont appris. Si les entraînements dans tel ou tel domaine sont trop regroupés et rapprochés, les élèves sauront que tous les problèmes qu’ils tentent de résoudre sont uniquement là pour illustrer la théorie qu’ils viennent d’apprendre. Mais si on inclut des informations qu’ils ont vues une semaine, un mois ou trois mois auparavant, les élèves vont devoir réfléchir et retrouver tous seuls les connaissances nécessaires pour résoudre le problème posé.

Il est donc toujours mieux de faire des révisions disséminées au cours de l’année que de travailler à fond un sujet puis de le laisser de côté jusqu’à l’année d’après.

  • proposer un contenu intéressant et varié 

L’entraînement n’a pas besoin de se faire au détriment d’un contexte intéressant. Tous les moyens imaginables d’entraîner les élèves sont bons en prendre. Ils sont encore plus efficaces quand les enfants y prennent du plaisir : les jeux sont d’excellents supports d’entraînement.

 

4. Activer la mémoire à long terme

Il existe des leviers de la mémoire à long terme :

  • Faire des liens

Pour mieux se souvenir d’une information, il faut la relier à tout ce qu’on a pu apprendre auparavant. C’est sur cet ensemble de connaissances que vont se greffer et s’organiser les nouvelles informations. Il se crée comme des fils à tirer dans la mémoire pour rappeler les souvenirs.

  • Organiser les éléments

Organiser les éléments, c’est les regrouper sous une même catégorie ou faire des listes.

Ces catégories peuvent prendre différentes formes :

  • même thème (exemple : les fruits d’un côté, les légumes de l’autre)
  • même première lettre (par exemple, tous les mots qui commencent par A d’un côté, ceux qui commencent par S de l’autre…)
  • même racine (exemple : les racines grecques d’un côté, les racines latines de l’autre)
  • même couleur

On pourra aussi travailler en “poupées russes” :

  • d’abord classer en plusieurs catégories (fruits et légumes)
  • puis subdiviser chaque catégorie en plusieurs autres catégories (parmi les fruits, les rouges, les jaunes, les verts, les oranges)
  • et ainsi de suite…
  • S’approprier le contenu

S’approprier le contenu, c’est le transformer, le travailler sous une autre forme (schéma, liste, carte mentale, sketchnote, carte conceptuelle…)

Pour aller plus loin : Comment faciliter la mémorisation ?

 

5. Travailler la souplesse des stratégies

Il est utile d’adapter les méthodes et outils de mémorisation à la nature des informations à retenir.

La mémoire humaine est complexe et qu’il ne peut donc pas y avoir de méthode unique pour mémoriser efficacement. Il écrit que les différentes mémoires sont en interaction mais que leurs mécanismes de fonctionnement différents les individualisent. La mémoire humaine étant si complexe, c’est une illusion de penser qu’une astuce mnémotechnique unique permettrait de tout retenir facilement et sans oubli au moment de récupérer les informations en mémoire.

Pour des mémoires multiples, il faut de multiples méthodes. – Alain Lieury (auteur de Mémoire d’éléphant ! éditions Dunod)

Je vous propose une carte mentale, basée sur les travaux de Lieury, qui résume les grands aspects de la mémoire et les méthodes de mémorisation qui semblent les plus appropriées.

méthodes de mémorisation

Télécharger au format PDF : méthode de mémorisation

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Pour aller plus loin : Pourquoi les enfants n’aiment pas lire de Daniel T. Willingham (éditions La librairie des écoles). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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