livre pour apprendre

LYCÉE ET PLUS : les 3 petits livres indispensables pour apprendre, réviser et réussir

LYCÉE ET PLUS : les 3 petits livres indispensables pour apprendre, réviser et réussir

Ces livres ont été coécrits par deux spécialistes de la pédagogie, André Giordan (docteur en sciences de l’éducation) et Jérôme Saltet (fondateur des éditions PlayBac). Ils proposent de faire le point sur les fondamentaux de l’apprentissage. J’apprécie beaucoup ces ouvrages car ils ont le mérite d’être à la fois courts, complets, sérieux et accessibles aussi bien en termes de contenu que de prix (3€ chacun).

1. Apprendre à apprendre

apprendre à apprendrePrésentation :

Apprendre efficacement et intelligemment, d’accord, mais comment s’y prend-on ?

Bien se connaître et tirer les enseignements de ses erreurs sont les deux préalables essentiels pour s’organiser et acquérir une méthode infaillible. II faut également savoir où l’on va, poser calmement les problèmes pour pouvoir les résoudre, et tenir compte de sa forme…

Grâce à de nombreux-exemples et conseils, enrichi de suppléments pour faire fructifier ses connaissances, mener des travaux de longue haleine et rebondir en cas de revers, ce guide permet de mieux appréhender ses études et de gagner bien du temps.

Un outil complet qui vous accompagnera lors de tous vos concours et de votre vie scolaire, indispensable à ceux qui veulent se donner les moyens de réussir.

apprendre à apprendre motivation

Des extraits : 

Les 11 erreurs les plus fréquentes à l’école (et comment les analyser et les dépasser)

 

2. Apprendre à réviser

apprendre à réviserPrésentation : 

«Prêt suivre le parcours intensif pour réussir l’épreuve haut la main ? Suivez le guide !».  Vous passez un examen ou un concourt, et vous vous retrouvez seul face à vos notes : comment faut-il s’y prendre pour réviser efficacement et intelligemment ?

Laissez-vous guider par deux spécialistes des sciences de l’éducation et de la pédagogie. Le préalable indispensable ? Bien connaître la nature des épreuves et se fixer des objectifs en amont.

Vous pouvez maintenant planifier vos révisions, calmement et progressivement, en apprenant à entraîner votre mémoire, faire les bons exercices, utiliser le numérique, mais aussi développer votre assurance et ménager votre corps.

Découvrez les conseils pratiques et les exemples concrets pour optimiser votre temps de révision et, ainsi, mieux réussir vos examens et vos concours. Et pour les retardataires, une session commando !

mind map pour apprendre

Des extraits :

Examens : comment se motiver pour réviser ?

3. Apprendre à réussir

apprendre à réussirPrésentation :

Comment mettre toutes les chances de son côté pour réussir un examen, un concours ou une épreuve à préparer très en amont ?

Comprendre les enjeux, connaître les particularités de chaque épreuve et discipline, avoir confiance en soi et s’organiser sont autant de clés pour donner le meilleur de soi-même.

De la mise en place d’un planning de travail aux techniques de gestion du stress, en passant par une prise de notes efficace et une organisation à toute épreuve, laissez-vous guider sur les chemins de la réussite.

Enrichi de nombreux conseils, de la préparation des oraux de concours aux réactions appropriées en cas de revers, ce petit guide n’oublie rien !

Des extraits :

RÉVISIONS : 12 trucs pour se détendre et booster l’efficacité des révisions

4 trucs à éviter de faire en période de révisions

neurosciences-memoriser-ecole

En quoi l’oubli touche-t-il ce que les enfants apprennent ? Quelles stratégies pour une consolidation mnésique efficace ?

En quoi l’oubli touche-t-il ce que les enfants apprennent ? Quelles stratégies pour une consolidation mnésique efficace ? 

Pourquoi exiger des élèves qu’ils retiennent des choses alors qu’on n’a rien fait pour les aider à mémoriser ? Comment “jouer” avec l’oubli ?

Expliquer aux élèves comment le cerveau et la mémoire fonctionnent

La mémoire (ou plutôt les mémoires) n’est pas un stock d’éléments pour se rappeler des souvenirs. Les neurosciences nous invitent à repenser cette définition car la mémoire est au cœur de toutes les activités scolaires.

Un souvenir est une agrégation d’éléments mémoriels de structures extrêmement différentes (sémantiques, émotionnels, visuels…). Les morceaux de souvenirs s’installent dans des zones différentes du cerveau. Comme les mémoires ont des fonctionnements indépendants, les “morceaux” sont biaisés lors du rappel car la reconstruction globale du souvenir est différente de la réalité.

Les différents types de mémoire

  • La mémoire à court terme

La mémoire à court terme à une capacité limitée : elle maintient en mémoire les informations disponiibles pour un traitement immédiat et est dépendante des capacités intentionnelles.

  • La mémoire de travail

La mémoire de travail a pour rôle de maintenir temporairement et de traiter les informations pendant la réalisation des tâches cognitives ‘je prends, je traite, j’essaie de faire sens sans essayer de garder l’information). Ses fonctions essentielles sont : le contrôle de l’attention, la coordination des informations, l’élaboration de stratégies, la planification des différentes étapes d’une action et l’inhibition des réponses jugées non pertinentes.

La mémoire de travail est quantitativement limitée : c’est l’empan mnésique (limite quantitative du nombre d’éléments qu’on est capable de retenir simultanément – on l’estime autour de 7 éléments).

  • La mémoire à long terme

Elle possède une capacité illimitée. C’est la partie inconsciente de la mémoire qui fournit les connaissances jugées utiles à la mémoire de travail. Elle conserve les connaissances dans différentes parties du cerveau (mémoire épisodique, mémoire sémantique, mémoire procédurale).

  • La mémoire explicite

La mémoire explicite est déclarative et consciente. Elle est constituée de la mémoire sémantique (gestion des connaissances, des concepts, des mots…) et épisodique (mémoire personnelle des événements de nos vies).

  • La mémoire implicite

La mémoire implicite est non déclarative et inconsciente. Elle comprend nos habitudes acquises, celles que nous mettons en place sans le vouloir. C’est une mémoire que nous ne perdons pas (sauf en cas d’accident ou de maladie) et qui est indissociable de l’action. On l’appelle aussi mémoire procédurale. Elle nécessite peu de ressources attentionnelles et permet de faire une autre tâche en même temps (par exemple, conduire et discuter avec des passagers).

 

A quoi la mémoire sert-elle ? 

  • Percevoir

Les signaux perçus arrivent dans un premier sas de perception. La perception est la transformation des stimuli externes en activation neuronale dans un premier “sas” (la mémoire lexicale) qui fait appel à la mémoire à long terme et qui lui demande : est-ce que tu connais ?

  • Comprendre

Comprendre, c’est mettre du sens derrière les signes perçus, créer des représentations mentales en fonction de situations connues. On a besoin de “briques” (situations de référence) sur lesquelles s’adosser pour comprendre.

Il faut du stock pour comprendre. On ne peut donc pas comprendre sans mémoire.

  • Traiter les informations

Il y a les opérations de traitement : analyser, résumer, hiérarchiser, identifier l’essentiel, décider… Le traitement est possible seulement si la mémoire de travail peut faire des liens avec ce qu’elle a “en stock”.

  • Reproduire

Dans la reproduction, j’appelle et je mobilise (réciter une poésie, donner une définition par coeur…).

  • Produire

A partir d’un certain nombre d’éléments, on produit quelque chose de nouveau en articulant des savoirs. On ne crée jamais ex nihilo. La création est une libération de l’inhibition. Imaginer est possible parce que l’humain a une capacité de mémoire.

  • Se construire une identité et se projeter

Il y a la construction identitaire de l’individu : nous savons qui nous sommes parce que nous avons un nom, une origine, une histoire… qui reposent sur des éléments mémoriels. La projection identitaire se base sur ces éléments.

 

Une bonne mémoire ?

On n’a pas “une” bonne mémoire parce qu’il y a plusieurs sortes de mémoire. On peut être doué dans un domaine mémoriel et moins dans un autre. Ainsi, il n’y a pas une mémoire des mathématiques : le processus de résolution d’un problème mobilise à la fois la mémoire verbale, sémantique, procédurale, l’inhibition… Dans une simple opérations, des dizaines de zones mémorielles sont mobilisées.

Toutes les mémoires sont reliées entre elles comme un système. Elles fonctionnent continuellement même si certaines sont plus mobilisées dans certaines activités que d’autres.

 

La nature veut qu’on oublie : on a besoin de mécanismes et d’outils pour contrer l’oubli car mémoire et oubli vont de paire !

 

De la trace à la consolidation

Quand on perçoit une information pour la première fois, on crée une trace dans le cerveau comme un sentier dans une forêt. De ce sentier, il faut en faire un chemin durable. Que faire pour transformer la trace initiale en chemin fiable et pérenne dans le temps ?

  • La mémoire fonctionne par résonnement (les informations résonnent dans la tête en faisant appel à des contenus anciens intégrés. Comme les informations sont traitées cognitivement en fonction de ce dont nous disposons déjà, cela explique en partie la répétition de nos erreurs);
  • Les pauses, les temps où l’on fait autre chose, jouent un rôle dans la consolidation (sommeil, activités simples comme le coloriage, les anagrammes, l’activité physique…);
  • Le cerveau est lent pour l’acquisition mémorielle et il faut lui donner le temps via des moments de ré apprentissage réguliers et espacés;
  • La mémorisation active (je me pose la question; je cherche la réponse à la question; je reconstruis la réponse) est plus efficace que la mémorisation passive (lire, relire) : la mémorisation passive (qu’on peut assimiler à du bachotage) fonctionne seulement sur le court terme.
  • Un cerveau entraîné est un cerveau où l’information circule vite grâce à la miellinisation de l’axone des neurones et à la connexion des neurones entre eux.
Source : Mieux comprendre le cerveau pour mieux enseigner (Steve Masson)
Source : Mieux comprendre le cerveau pour mieux enseigner (Steve Masson)

Des techniques basées sur les neurosciences cognitives appliquées à l’apprentissage

  • En classe, ménager des micros séquences de mémorisation pendant les cours ou à la fin du cours
  • Utiliser des logiciels de mémorisation pour les révisions – Anki à télécharger
  • Insérer des encarts de mémorisation via un jeu de questions/réponses à l’intérieur des cours : les enseignants aménagent des espaces dans les cours avec des questions à gauche et des réponses à droite pour provoquer l’effort de reconstruction (mémorisation active). Les élèves cachent les réponses pour s’auto interroger. Les encarts de mémorisation peuvent également être affichés en classe ou distribués sur une feuille à part.
    encarts-fiches-de-memorisation
    Source : http://sciences-cognitives.fr/memorisation-classe-facheux-oubli/

     

  • Réviser les encarts de mémorisation régulièrement (lire la question et retrouver la réponse)
  • Flécher les essentiels : hiérarchisation des priorités et fiches bilan
  • Le rituel du “sac à souvenirs” comme systèmes de réactivation. Le sac à souvenirs contient des flash cards qui reprennent les éléments essentiels à retenir au cours de l’année scolaire. Cette technique reprend le  principe de la réactivation répétée dans le temps nécessaire à la consolidation des connaissances à long terme. Par exemple, au début de chaque cours, les élèves sont interrogés sur deux ou trois cartes tirées au hasard par le professeur et écrivent la réponse sur une ardoise. On pourrait imaginer que le sac à souvenirs se baladent de classes en classes en collège et que les professeurs soient donc amenés à tirer des cartes qui ne concernent pas leur discipline.
  • Feedback immédiat : quand la réponse vient rapidement après s’être posé la question, l’effet est plus efficace. Ainsi les enseignants gagneraient à corriger les évaluations tout de suite après en classe (plutôt qu’attendre une semaine ou la remise des copies)
  • Faire fabriquer les questions autour des essentiels par les élèves (qui construisent leurs propres encarts de mémorisation)
  • Prendre des notes sur un livre sous forme d’encarts de mémorisation
  • Déterminer un calendrier de testing en fonction des échéances (examens, contrôles, évaluations, concours…)

Pour savoir si une information est utile et donc digne d’être conservée en mémoire, le cerveau fonctionne ainsi :

– je revois une information 2 fois (ou plus) dans les 24 heures, cette information est utile, je la conserve en mémoire 1 semaine

– je revois une information 2 fois (ou plus) au bout d’1 semaine, cette information est vraiment utile, je la conserve en mémoire 1 mois

– je revois une information 2 fois (ou plus) au bout d’1 mois, cette information est vraiment utile, je la conserve en mémoire 6 mois

Afin d’avoir moins d’efforts à faire pour récupérer une information en mémoire, il vaut donc mieux la relire dans les 24 heures.

Les méthodes de tesing pour rappeler à la conscience une information présente dans les réseaux de la mémoire peuvent prendre des formes variées :

– rappel libre (question globale qui nécessite de rappeler les informations, les référents, de les hiérarchiser, de les organiser)

– rappel par indices (photo…)

– rappel par reconnaissance (quizz, QCM…)

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Source : vidéo Planète conférences – Le cerveau pour allié en classe ? – Apprendre à l’horizon 2035

 

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Sources : conférence de Jean-Luc Berthier et Apprendre avec les neurosciences (Pascale Toscani – éditions Chronique Sociale)

5 outils positifs et bienveillants pour la classe (les ressources d’une enseignante en collège)

La bienveillance à l’école ? C’est déjà en cours ! (l’exemple d’une enseignante dans le public qui partage ses outils)

Joëlle Sam-Caw-Frève est professeur de mathématiques dans un collège public difficile de La Réunion. Elle partage dans cette vidéo sa vision d’une éducation positive et partage ses outils pour faire entrer la bienveillance à l’école.

5 outils positifs et bienveillants pour la classe (les ressources d’une enseignante en collège)

1. La connaissance de soi

  • Nos émotions

Quand on est soumis au stress, on a tendance à confondre les émotions, à mélanger causes et conséquences, à ne pas faire preuve de logique. Il est important de connaître et reconnaître nos émotions.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

7 étapes pour apprendre à reconnaître ses émotions : un atout pour la vie

10 outils pour accompagner les enfants dans la découverte des émotions

 

  • Nos profils d’apprentissages

Comment fait-on pour apprendre ? Comment apprend-t-on le plus facilement ?

Quels sont mes points faibles et mes points forts ?

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

Réussir, ça s’apprend : 7 points pour accompagner efficacement les enfants dans leurs apprentissages

Comment fait-on pour apprendre ?

comment-fait-on-pour-apprendre

2. L’utilisation des outils de la culture dominante

On ne peut pas faire comme si Internet n’existait pas. Internet donne une ouverture et une connexion inouïe au monde, permet d’aborder les apprentissages différemment et peut être utilisé au service de la classe.

Internet est une source d’inspiration.

internet classe

3. La Communication Non Violente

Le processus de la CNV (Communication Non Violente) facilite l’ouverture et la communication.

Joëlle Sam-Caw-Frève utilise un outil proposé par Graines de médiateurs :

graines de médiateurs

La tortue ne cherche pas de solution et se renferme, le lion impose sa solution (frappe, menace, fait du chantage…), le caméléon privilégie la relation et préfère s’effacer.

Quant à lui, le dauphin décrit ce qu’il voit, parle de ses émotions et de ses besoins, distingue les problèmes des personnes et est disposé à trouver des solutions qui conviennent à tout le monde.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

La comptine quand je suis énervé : la communication non violente enseignée aux enfants

10 phrases à dire aux enfants pour encourager la résolution pacifique des conflits

Silence la violence ! : un livre pour mieux vivre ensemble et trouver des alternatives à la violence

silence-la-violence

 

4. Un cadre bienveillant et positif

cadre bienveillant école

Instaurer un cadre bienveillant et positif revient à créer une bulle de joie protectrice et créatrice d’énergie comme point de départ pour cultiver le bonheur et le partager.

Les élèves ne sont pas des bocaux à remplir mais des potentiels à révéler.

La psychologie positive est un outil utile pour cultiver le bonheur à l’école et en dehors : faire preuve de gratitude, révéler les potentiels, encourager, valoriser, cultiver l’altruisme.

gratitude enfants

Organiser des événements festifs et fédérateurs pour tous les membres de l’établissement participe à ce cadre positif car cela favorise :

  • un sentiment d’appartenance à une communauté,
  • l’impression de compter
  • la satisfaction d’avoir du pouvoir pour agir et faire la différence.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

L’importance d’un climat de classe positif : pourquoi ? comment ?

6 outils pour favoriser un cadre bienveillant et valorisant en classe (applicable à la maison aussi)

5 manières d’utiliser l’encouragement de façon efficace (avec la discipline positive) 

Un exemple de pleine conscience et de psychologie positive en classe : l’accueil du meilleur

 

5. Un engagement citoyen au service de la société

Joëlle Sam-Caw-Frève anime des ateliers d’engagement citoyen, ambitionnant de donner des outils aux jeunes pour leur permettre de s’impliquer dans la vie civile.

En 2015, elle devient co-fondatrice de l’ONG World Kindness France. Elle est ambassadrice de La Réunion du mouvement pour la Gentillesse et la Bienveillance.

>>> Des ressources pour la mise en pratique :

Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur (par Edgar Morin) 

Apprendre à coopérer à l’école : pourquoi ? comment ?

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livre une année pour apprendre en s'amusant

Une année pour apprendre en s’amusant : 52 semaines de pédagogie active en famille

Une année pour apprendre en s’amusant : 52 semaines de pédagogie active en famille

Présentation de l’éditeur

une-annee-pour-apprendre-en-samusantRedécouvrez le plaisir d’être ensemble !

Il fait gris, vos enfants s’ennuient, vous ne savez plus comment les intéresser ? Vous aimeriez passer un moment privilégié avec eux mais vous n’avez plus d’idée ?

« Apprendre en s’amusant » recense pour vous plus de 150 activités ludiques et pédagogiques, faciles à réaliser où que vous soyez avec des enfants de 18 mois à 7 ans !

Avec des objets du quotidien ou du matériel de récupération, cubes, activités créatives et d’extérieur, jeux de lumière et musicaux… tout est fait pour nourrir la curiosité et l’imagination de vos enfants, en les sensibilisant au monde qui les entoure, aux sciences et à la nature.

Le livre est extrêmement inspirant, rempli de bonnes idées tout autant ludiques que pédagogiques. Pour de beaux moments de complicité et de partage en famille !

Les points forts

L’auteure ElsaThiriot est enseignante et bloggeuse (Merci qui ? Merci Montessori ? et Où es-tu, Coquelipop ?). Elle est experte des pédagogies dites alternatives qu’elle met en oeuvre à la fois dans sa classe et avec ses enfants.

Les nombreuses activités proposées s’inspirent des pédagogies Montessori, Steiner/Waldorf et Reggio pour les enfants de 18 mois à 10 ans (et même plus… j’en ai 32 😉 ). Elles sont classées en plusieurs catégories :

  • jeux musicaux
  • jeux d’arts
  • jeux de lumière
  • jeux dehors
  • jeux d’imitation
  • jeux de cubes
  • jeux d’éléments

apprendre en s'amusant

Les illustrations et la mise en page sont très agréables, mettant en valeur les idées et leurs fondements théoriques. Chaque page est dédiée à une activité : on y retrouve

  • l’âge à partir duquel proposer l’activité,
  • les intérêts du point de vue du développement de l’enfant,
  • les étapes de la réalisation,
  • des idées pour prolonger ou adapter l’activité,
  • des variantes autour d’une même activité,
  • des conseils d’albums jeunesse pour compléter la notion vue au cours de l’activité

52 semaines pour apprendre en s'amusant

Elsa Thiriot nous invite à partager de bons moments avec les enfants autour d’éléments naturels, de jeux de lumière, de construction en toute sorte de matières, de la musique, d’histoire à raconter ou à inventer… Il y en a pour tous les goûts et tous les âges.

Vous trouverez dans son livre des activités autour des ombres, des feuilles, de l’eau, de simples cubes en bois, de miroirs, de carton. On (re)découvre dans ce livre toutes les possibilités de création et d’utilisation à partir d’objets ou de matériaux simples qu’on a tous à disposition chez nous.

une année pour apprendre en s'amusant

Ce livre peut être exploité à la fois en classe ou à la maison, par des assistant.e.s maternel.les, par des animateurs de périscolaire ou encore dans le cadre des TAP.

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Une année pour apprendre en s’amusant : 52 semaines de pédagogie active en famille de Elsa Thiriot (éditions Mango) est disponible en librairie ou sur internet.

Commander Une année d’activités pour apprendre en s’amusant sur Amazon.

apprendre-sans-lecole

Apprendre sans l’école ?

 Apprendre sans l’école, déjà une réalité !

André Stern : jouer et apprendre sont synonymes

André Stern n’a jamais été scolarisé et raconte son expérience de « grand enfant de 43 ans qui n’a jamais cessé de jouer » à travers des livres et des conférences. Il estime que les enfants sont tous nés avec 2 dispositions naturelles dont la nature les a dotés pour apprendre.

1. Le jeu

Il n’existe pas de dispositif plus adapté pour l’apprentissage que le jeu.

Il n’y a rien de mieux pour apprendre que le jeu. – André Stern

2. L’enthousiasme

Le cerveau se développe là où on l’utilise avec enthousiasme. Le cerveau est capable de produire son propre engrais. Or les enfants sont des sources inépuisables d’enthousiasme. A chaque fois qu’on s’enthousiasme pour quelque chose, des transmetteurs neuroplastiques se déversent et agissent comme un engrais pour le cerveau. Ils ne se déversent que lorsque les centres émotionnels sont activés dans le cerveau, lorsque quelque chose nous prend aux tripes, lorsque quelque chose est vraiment important pour nous.

A chaque fois qu’on s’enthousiasme, et quel que soit notre âge, un arrosoir déverse dans le cerveau un engrais qui fait grandir les connexions neuronales.

L’enthousiasme est nécessaire pour qu’il y ait des changements dans le cerveau. Mais on ne peut pas l’avoir sur ordonnance. Il faut que les gens soient émus, touchés dans leur cœur, « empoignés au cœur ». – Prof. Dr. Gerald Hüther

 

Jean-Pierre Lepri : la fin de l’éducation

la fin de l'éducationJean-Pierre Lepri est un ancien enseignant français très critique vis-à-vis du système éducatif : pour  lui, les êtres humains n’ont pas besoin d’éducation car le seul fait que quelqu’un décide pour un autre pose problème. Il estime que l’éducation n’est pas autre chose que préparer systématiquement les nouvelles générations à une relation dominant-soumis.

Pour lui, l’école a tellement imprégnée la société et nos mentalités que nous avons du mal à admettre qu’apprendre est distinct d’enseigner et n’a pas de relation directe avec éduquer/ enseigner/ former. L’alternative à l’éducation, c’est l’apprendre. Apprendre est centré sur l’apprenant. On apprend bien des choses qui ne nous ont pas été enseignées. C’est parce qu’il est privé de son apprendre naturel (par l’éducation) que l’être humain croit qu’il a besoin d’éducation pour apprendre.

Jean-Pierre Lepri apporte des réflexions issues de l’expérience d’apprendre :

  • apprendre est un acte distinct de celui d’enseigner
  • apprendre est indépendant de l’enseignement
  • j’apprends ce qui a du sens pour moi
  • les résultats de l’enseignement sont souvent ou insignifiants ou nuisibles car l’enseignement peut être un obstacle à l’apprendre
  • apprendre est un instinct, permanent, lié à la vie même
  • apprendre est inévitable et gratuit
  • apprendre est illimité
  • apprendre, c’est incorporer (je ne fais qu’un avec mon savoir)
  • j’apprends seul, mais des autres et du monde
  • apprendre, c’est faire mal ce que je ne sais pas encore faire
  • apprendre est invisible
  • j’apprends lorsque ce que j’apprends entre dans ma zone prochaine de développement
  • la conscience (même diffuse) que j’ai quelque chose à apprendre est la clé de mon apprendre
  • apprendre, c’est voir ce qui était déjà là et que je ne voyais pas encore

Pour Jean-Pierre Lepri, l’éducation ne fait rien en propre. Ce qui est déterminant n’est ni la nature de l’éducation, ni l’absence d’éducation mais le milieu qui m’entoure. Ce qui joue n’est pas tant telle ou telle éducation mais quel milieu accueille l’apprenant, le nouvel arrivant. Car nous apprenons par imitation (par le jeu des neurones miroirs principalement) et donc par l’observation de ce que nous allons imiter

Ainsi, la société pourrait se passer d’éducation : les nouveaux arrivants continueraient à s’y intégrer et à acquérir ce qui leur permet de survivre dans cette culture propre.

 

John Holt : les apprentissages autonomes sans école obligatoire

John Holt affirme que les enfants s’instruisent eux-mêmes sans enseignement.

On peut facilement observer que les enfants sont passionnément désireux de comprendre le plus possible le monde qui les entoure, qu’ils sont très doués pour cela et qu’ils le font à la manière de scientifiques, en créant de la connaissance à partir de l’expérience. Les enfants observent, s’interrogent, découvrent, élaborent et ensuite ils testent les réponses aux questions qu’ils se posent. Quand on ne les empêche pas de faire toutes ces choses, ils continuent à les faire et ils deviennent de plus en plus compétents. – John Holt

apprentissages autonomes holt
Dans son livre Les apprentissages autonomes, il écrit : Que fait-on quand on est en train d’apprendre, quand on crée de l’apprentissage ? Eh bien, on observe, on regarde, on écoute. On touche, goûte, sent, manipule et parfois on mesure et calcule. Et on s’interroge, on se dit : “Pourquoi cela ?” ou “Pourquoi est-ce comme ça ?” ou “Est-ce que cette chose produit cet effet ?” ou “Qu’est-ce qui fait que cette chose arrive ?” ou “Est-ce qu’on peut la faire arriver différemment ou mieux ?”; ou encore “Est-ce qu’on peut faire disparaître la larve de hanneton des plants de salade ?” ou “Peut-on produire plus de fruits ?” ou “Peut-on réparer la machine à laver ?” ou que sais-je. Et nous inventons des théories, ce que les scientifiques nomment des hypothèses; nous avons des intuitions, nous nous disons : “Peut-être est-ce dû à ceci” ou “est-ce que cela ne pourrait pas être à cause de cela ?” ou “Peut-être que si je fais ceci, cela va se produire.” Et ensuite nous testons ces théories ou ces hypothèses.

Nous pouvons les tester simplement en posant des questions à des personnes dont nous pensons  qu’elles en savent plus que nous, ou nous pouvons les tester par une observation plus approfondie. Nous pouvons nous dire : “Je ne sais pas trop ce qu’est cette chose, mais peut-être que si je la regarde encore je vais trouver.” Ou bien peut-être allons nous planifier des expériences : ” Je vais essayer de mettre ça sur les plants de salade et voir ce que ça fait sur les larves de hanneton” ou “Je vais essayer autre chose”. Et, à partir de tout cela, de différentes manières, nous découvrons que notre intuition n’était pas si bonne, ou au contraire, qu’elle était excellente, et nous continuons, nous observons encore, nous spéculons encore. Nous posons plus de questions, nous élaborons plus de théories et nous les testons.

Ce processus crée de l’apprentissage et nous le faisons tous. […] Et c’est exactement ce que font les enfants. Ils travaillent d’arrache pied à ce processus à chaque instant de la journée. Quand ils ne sont pas en train de manger ou de dormir (et encore), ils créent du savoir. Ils observent, pensent, spéculent, théorisent, testent et expérimente en permanence et ils sont bien meilleurs que nous, adultes, à ces tâches. L’idée même que nous pourrions enseigner à des enfants comment apprendre a fini par m’apparaître totalement absurde.

Or l’un des principaux problème de l’école est qu’on demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique quelque chose qui ne leur semble pas du tout (ou pas encore) logique. Ils finissent par accepter comme une vérité tout ce que l’autorité dit et ils n’essaient plus de tester ou de vérifier. Après plusieurs années sur les bancs de l’école, ils oublient même comment tester.

John Holt a consacré beaucoup de son temps à proposer des alternatives à l’école (plutôt que des écoles alternatives). Dans son ouvrage Apprendre sans l’école, il cite plusieurs de ces alternatives :

  • l’instruction en famille (unschooling ou apprentissage autonome sans enseignement)
  • la fin de l’instruction obligatoire : des écoles fréquentées par choix, des professeurs choisis par des apprenants volontaires
  • les réseaux d’échange de savoirs
  • les médiathèques
  • la presse
  • les vidéos ou tutoriels sur Internet
  • la méthode Suzuki pour la musique
  • se filmer, s’enregistrer, se regarder dans un miroir pour la pratique d’un sport ou de la musique (pour avoir un feedback et s’auto corriger)
  • contacter des personnes ressources
  • des instruments de musique en prêt dans les ludothèques ou médiathèques…

apprendre sans l'écolePour autant, le rôle des adultes est prépondérant : ils doivent être attentifs et suffisamment présents pour mettre à disposition des ressources qui pourront aider les enfants, tout en restant vigilants à ne pas chercher à faire aller les enfants là où ils n’ont pas le projet d’aller.

John Holt distingue le P-rofesseur du p-rofesseur. Un P-rofesseur croit (et arrive à convaincre ses élèves) que tout ce qu’ils apprennent doit être enseigné. Un p-rofesseur est un guide : il soutient l’apprenant en étant présent, en posant des questions, en disant à l’enfant qu’il est sur le bon chemin quand c’est le cas, en répondant aux questions qui lui sont posées. Le p-rofesseur augmente progressivement la difficulté des exercices, donne des feedbacks, encourage l’apprenant à s’auto corriger et à développer ses propres critères de réussite. La tâche primordiale de tout p-rofesseur est d’aider l’apprenant à ne plus dépendre de lui, de lui apprendre à être son propre professeur.

Le vrai professeur doit toujours être en train de travailler à sa mise au chômage. – John Holt

 

Léandre Bergeron : l’instruction en famille et l’art de ne pas enseigner

comme des invitées de marqueLéandre Bergeron était enseignant et a fait le choix de vivre des produits de sa ferme dans la campagne canadienne. Il raconte dans son livre les motivations de ses choix et décrit l’enfance de ses 3 filles non scolarisées (aujourd’hui trentenaires). On y apprend que ses filles sont nées à la maison, que lui-même et sa femme ne les ont jamais laissées pleurer, qu’ils n’ont jamais cherché à les « enseigner » ou à les « éduquer ».

Voici son approche de l’apprendre :

J’ai toujours envisagé toute question de leur part comme d’une importance capitale pour elles et qui, de ce fait, méritait toute mon attention. Si je ne pouvais pas répondre à l’instant, je m’assurais de le faire à leur convenance plus tard. Mais, surtout ne pas étirer la réponse, pêché capital des enseignants et des parents scolarisés bien attentionnés. Savoir s’arrêter quand l’intérêt de l’enfant n’y est plus. Et ça se voir facilement dans le regard de l’enfant qui quitte le vôtre.

Apprendre à ne pas enseigner, c’est-à-dire à ne pas transmettre des connaissances à tout prix, à ne pas forcer la dose, à ne pas être obsédé par l’accumulation de connaissance chez notre enfant comme s’il devait subir un examen dans l’heure qui suit.

Il n’y avait rien à faire qu’à les laisser jouer à leur guise, tant qu’elles voulaient, pour qu’elles apprennent ce qu’elles avaient besoin de savoir à leur âge. Pourquoi est-ce qu’elles devraient savoir lire et écrire avant d’avoir besoin de lire et écrire ? Pourquoi faire du plaisir d’apprendre une torture en l’imposant prématurément ?

Quel besoin mes filles avaient-elles de lire à sept, huit ou dix ans ? Aucun. Quel besoin avaient-elles de compter, additionner, soustraire ? Aucun. Jusqu’à ce que dans leurs jeux à elles, elles sentent un manque et cherchent à le combler.

Moi, je ne suis qu’un assistant disponible.

L’important, ce n’est peut-être pas d’arriver au but que l’on peut se fixer mais le processus dans lequel on s’engage.

Pas d’obligation, pas de stress, pas de tests, pas de tension, pas d’autorité. Le seul désir d’apprendre les pousse à faire accorder les adjectifs avec les noms, les participes passés avec le sujet s’ils sont conjugués avec « être ».

Comment oser dire que les enfants qui ne fréquentent pas l’école ne vont pas développer leur sociabilité ? C’est tout le contraire que je contaste. Car la socialisation forcée des écoles ressemble à la socialisation des prisons plutôt qu’à l’épanouissement des relations humaines chaleureuses.7

Un enfant qui doit faire une tâche pour « apprendre à travailler » n’apprend rien de plus que l’obéissance.

Un être soumis est une bombe à retardement.

Ce qui m’amène à parler de la facilité avec laquelle les enfants s’intègrent à la vie active des adultes quand ils en ont la chance. On dirait même que c’est naturellement ce qu’ils veulent faire alors que l’école s’entête à l’interdire systématiquement.

 

Peter Gray : l’importance du jeu libre

free to learn peter grayPeter Gray est un psychologue américain, qui s’est spécialisé dans l’étude du jeu chez les enfants. Il est l’auteur du livre Free to Learn dans lequel il expose sa théorie : quand on laisse les enfants poursuivre leurs propres intérêts à travers le jeu, ils apprendront non seulement tout ce dont ils ont besoin pour mener la vie qui leur correspond mais ils le feront également avec énergie et passion, contribuant à leur bonheur. 

Les enfants viennent au monde désireux d’apprendre et équipés avec les meilleurs outils pour parvenir à cette fin : la curiosité, le jeu et la sociabilité.

Les enfants sont biologiquement programmés pour s’éduquer eux-mêmes et apprennent naturellement de manière joyeuse, à travers le jeu, le questionnement et l’exploration.

Si on fournit aux enfants les conditions pour qu’ils s’éduquent eux mêmes, on peut se passer des écoles telles qu’on les connaît aujourd’hui. Peter Gray regrette que nous enlevions aux enfants toutes les choses dont ils ont besoin pour s’épanouir en cherchant à les faire rentrer dans un moule, dans un système qui a montré ses trop nombreuses limites.

Est-ce qu’on force les enfants à respirer ? Pourquoi alors forcerait-on les enfants à apprendre alors qu’on sait qu’ils le font naturellement ?

Pourquoi les enfants devraient-ils tous apprendre la même chose, au même moment, au même âge et de la même manière alors que chaque vie est unique et organique (le contraire même de linéaire…) ?

Il propose de passer à une éducation sans coercition, non standardisée, plus conforme à la vie, c’est-à-dire qui prenne en compte l’imprévu, la richesse de la diversité des opinions, des intérêts, des passions, des talents, qui reconnaisse la valeur et le potentiel de chaque enfant.

Les enfants sont conçus pour apprendre dans la joie et de manière auto dirigée. C’est cruel de les priver de ces mécanismes naturels et parfaitement adaptés, au risque de créer des dysfonctionnements que nous corrigerons avec encore plus de souffrance et/ou d’inefficacité.

Pour Peter Gray, les écoles démocratiques sur le modèle de Sudbury School remplissent les 6 conditions qu’il estime essentielles à l’éducation des enfants. Pour autant, peut-on encore parler d’école ou faut-il revoir la définition que nous donnons à ce mot ?

conditions de l'apprentissage

 

Des exemples de l’acquisition de compétences dans un cadre auto dirigé, tel que préconisé par Peter Gray (sur le blog de l’Ecole Autonome, une école de type Sudbury en Belgique) :

 

Ivan Illich : le projet d’une société sans école

une société sans écolePour Ivan Illich, l’école est l’agence de publicité qui nous fait croire que nous avons besoin de la société telle qu’elle est et que seule la scolarité est capable de préparer à l’entrée dans la société.

Il en résulte que ce qui n’est pas enseigné à l’école n’a aucune valeur et, du même coup, ce que l’on apprend en dehors d’elle (et non sanctionné par des diplômes) ne vaut pas la peine d’être connu.

L’enseignement fondé sur des programmes en vue de l’obtention d’un diplôme est nocif pour Ivan Illich. Il appelle à une révolution éducative fondée sur :

  • le libre accès aux choses (en abolissant le contrôle que des personnes privées et des institutions exercent sur leur valeur éducative)
  • le libre partage des compétences (en garantissant le droit d’enseigner ou de démontrer ces compétences à la demande)
  • la facilitation et l’encouragement du droit à tenir des réunions par des personnes individuelles (pouvoir de plus en plus détenu par des institutions qui prétendent parler au nom du peuple)
  • la libération des individus de l’obligation de modeler leurs espérances conformément aux services que peuvent leur offrir les professions établies (en leur permettant de disposer de l’aide de leurs pairs, de profiter de leur expérience et de se confier à l’enseignant, au guide, au conseiller, au guérisseur de leurs choix).

Au delà d’une abolition de l’école obligatoire, Ivan Illich prône une déscolarisation de la société toute entière : il estime que non seulement l’éducation mais aussi la réalité sociale se sont scolarisées. On en vient à considérer aussi irresponsables les personnes qui se soignent seules que les personnes qui acquièrent seules leur instruction. La scolarisation de la société nous conduit à penser que seules les institutions étatiques peuvent entreprendre un traitement de qualité (soit fourni directement par l’État, soit validé et contrôlé par lui). Par conséquent, tout accomplissement personnel en marge des institutions est matière à suspicion. Le seul but qu’il faudrait poursuivre est d’assurer à tous des possibilités éducatives égales : le droit à l’éducation ne devrait pas être confondu avec l’obligation de scolarité.

…………………………………………………………….

Ainsi, on le voit, apprendre ne se résume pas à aller à l’école. Apprendre, c’est vivre et vivre, c’est apprendre. Bernard Collot affirme même qu’un jour, nous balayerons le mot apprentissage de notre vocabulaire !

Les questions sur l’apprendre deviennent alors philosophiques :

  • quelqu’un a-t-il le droit de décider de ce que je dois apprendre (c’est le cas à l’école obligatoire) et quand je dois l’apprendre ?
  • peut-on obliger quelqu’un à apprendre quelque chose qu’il ne veut ou ne peut pas apprendre ?
  • quelqu’un a-t-il le droit de hiérarchiser les savoirs et les contenus des apprentissages ?
  • tous les apprentissages se valent-ils ?
  • y a-t-il des apprentissages indispensables à la vie en société ? est-ce que ce caractère indispensable donne le droit d’en imposer la maîtrise à un âge précis ?
  • peut-on envisager une société où chacun apprendrait ce qu’il veut, abandonnant l’idée même de programmes scolaires (c’est le modèle des écoles démocratiques ou Sudbury) ?
  • est-on toujours dans une société qui prône l’égalité et la liberté quand une partie de sa population (les enfants de 6 à 16 ans en France) sont soumis à des programmes d’apprentissages obligatoires et à une hiérarchie des filières, des diplômes ?
  • l’école obligatoire est-elle une chance, un mal nécessaire ou peut-on envisager une société sans école ?
  • un trouble de l’apprentissage n’est-il pas plutôt un trouble de l’apprentissage à l’école, voire un trouble de l’enseignement ?
  • est-ce que l’enseignement peut empêcher d’apprendre ?
  • les troubles de l’apprentissage demeureront-ils toujours des troubles dans le cadre d’apprentissages autonomes et informels ou deviendraient-ils invisibles ?
  • faut-il souffrir pour apprendre ?
  • quelle est la meilleure manière d’évaluer un système d’enseignement : le niveau de compétences des enfants et/ou le niveau de bonheur ?

Mon propos est d’éveiller des questionnements, je suis moi-même en cheminement sur ces questions-là. Par exemple, j’ai besoin de me savoir entre les mains d’un chirurgien dont les compétences ont été validées par un doctorat avant d’être opérée.

Je ne prétends pas à l’exhaustivité du sujet et je n’ai pas de réponses claires et tranchées à proposer, chacun cheminant à son rythme sur ces questions en fonction de son niveau de conscience et de sa volonté.

En revanche, les quelques éléments que j’ai mentionnés peuvent apporter un éclairage sur les raisons qui conduisent à la multiplication des écoles alternatives, à la croissance du nombre d’enfants instruits en famille ou encore à la mode du “hacking de l’éducation”.

Pour aller plus loin : Les apprentissages autonomes et Apprendre sans école de John Holt (éditions L’instant présent)

jouer-pour-apprendre

Comment rendre un jeu efficace pour les apprentissages ?

Je souhaite partager avec vous quelques réflexions lues dans le dossier “Apprendre par soi-même” du magazine Sciences Humaines de Mars 2014 (source ici) sur le jeu pour apprendre.

Jouer pour apprendre : toujours efficace ? 

On peut apprendre en jouant tout comme on apprend de toutes les activités de notre vie quotidienne.

Gilles Brougère, professeur de sciences de l’éducation, prévient que le jeu peut n’être que divertissement (par exemple, on n’apprend rien en jouant à la bataille quand on connaît parfaitement les règles du jeu). On peut apprendre en jouant mais on peut aussi très bien ne rien apprendre. Si l’on maîtrise totalement un jeu, il procure juste du plaisir. Par ailleurs, si le jeu est forcé ou imposé, il y a de grandes chances pour que le joueur n’en retire rien non plus.

Le jeu reste très formateur quand le joueur décide de s’y engager pleinement et librement. Le joueur apprend à :

  • décider dans un contexte d’incertitude (quelle stratégie pour gagner ? quelles épreuves affronter ? comment déjouer les piège de l’adversaire ?),
  • résoudre des problèmes,
  • se confronter à des défis (physiques ou intellectuels),
  • comprendre les règles du jeu : il essayera même de les contourner ou des les réinventer quand il aura atteint un niveau de maîtrise suffisant.

le jeu est une activité sérieuse

Comment rendre un jeu efficace pour les apprentissages ?

Le jeu efficace pour les apprentissages est celui qui est utilisé de manière autonome par le joueur. Le jeu doit :

1. Engager l’intérêt et la curiosité

Cela peut passer par l’effet de nouveauté, par la correspondance avec les centres d’intérêt des joueurs, par l’envie d’apprendre quelque chose par soi-même, par l’adéquation avec les “périodes sensibles” de Maria Montessori.

Par exemple, un collège propose à ses élèves d’améliorer leurs compétences en calcul mental par le bridge. Un professeur propose des cours de bridge : les enfants s’y inscrivent librement car toute forme de pression a pour effet de diminuer la motivation. Les professeurs et les élèves y voient tous deux des avantages :

  • pour le professeur, le bridge allie côté ludique et travail des compétences du socle commun,
  • les élèves affirment gagner en raisonnement et en coopération ( “on va de plus en plus vite pour calculer car il faut surenchérir”, “on calcule des solutions”, “on fait des maths et on s’amuse en même temps”, “on a besoin d’un esprit d’équipe”, “on peut compter sur l’autre”, “il faut calculer les points”)
jouer-au-bridge-pour-apprendre
Source : http://www.lavie.fr/

2. Maintenir l’attention

Le défi doit être évolutif et s’adapter au niveau du joueur.

3. Faciliter l’état de flow

L’état de flow est un modèle extatique mis en évidence par un psychologue hongrois Csikszentmihalyi. L’individu se trouve à son plein potentiel : il est totalement concentré, il a des objectifs parfaitement clairs et rien dans son environnement ne peut plus le distraire.

Le flow génère une sorte de bulle où le temps s’arrête : par exemple, le joueur peut passer deux heures de suite sur l’activité tout en ayant l’impression subjective qu’il ne s’est écoulé que 10 minutes depuis le début.

4. Encourager l’observation puis l’exploration

Apprentissage, intelligence et observation sont liées et interdépendantes :

« Dans la définition d’intelligence, il y a la capacité de discernement, et avant le discernement il y a l’observation. La pensée n’est rien si elle n’a pas d’observation à réfléchir ! » – Source : educavox

5. Stimuler la compréhension

6. Recourir à l’imaginaire

L’imagination et l’allusion à un monde magique (par exemple, la présence d’éléments magiques et irréels comme les dragons, les magiciennes/ fées/ sorciers, les extraterrestres…) stimulent les cinq premiers points.

 

Le jeu, c'est le travail de l'enfant, c'est son métier, c'est sa vie

Quelles conditions nécessaires pour que le fait de jouer serve les apprentissages à l’école ?

  1. L’enseignant doit jouer le jeu totalement : il ne doit pas donner de cours magistral en amont s’il a réellement envie d’adopter la gamification… sinon les élèves ne seront pas attentifs et attendront seulement le moment de jouer !
  2. Les étudiants doivent être préparés à jouer à l’école : c’est à l’enseignant d’apprendre aux élèves à tirer des enseignements du jeu. Sinon les élèves sont toujours dans le schéma mental : « si on joue, c’est que c’est pas sérieux ! »

Le jeu doit donner envie aux élèves de s’investir, d’aller plus loin et, au final, de suivre le cours.

  • Dans un premier temps, l’enseignant propose un problème et donne le minimum d’éléments aux élèves afin que ceux-ci cherchent, se débrouillent, expérimentent pour trouver une ou des solutions,
  •  Dans un deuxième temps, l’enseignant propose un cours pour débloquer les élèves, les faire avancer et leur transmettre des connaissances.

L’exemple d’une enseignante en école d’ingénieurs :

fiches-ou-encarts-de-memorisation

Les fiches ou encarts de mémorisation : un outil pour apprendre et réviser efficacement (basés sur les neurosciences cognitives)

Les fiches ou encarts de mémorisation : un outil pour apprendre et réviser efficacement (basés sur les neurosciences cognitives)

Jean-Luc Berthier, spécialiste des neurosciences cognitives appliquées à l’apprentissage, propose la mise en place d’un outil de mémorisation et de réactivation des connaissances facilement utilisables dans toute les disciplines et toutes les classes : les fiches ou encarts de mémorisation. Cet outil permet à la fois de pointer les points clés à retenir et de mémoriser efficacement (à la manière des flash cards). En effet, les fiches ou encarts de mémorisation permettent aux élèves de :

  1. retrouver rapidement l’essentiel de chaque cours,
  2. se questionner de manière active et autonome (au lieu de relire de façon passive).

Il s’agit de présenter les essentiels d’un cours sous forme d’un tableau à deux colonnes :

  • à gauche, les questions,
  • à droite, les réponses.
encarts-fiches-de-memorisation
Source : http://sciences-cognitives.fr/memorisation-classe-facheux-oubli/

La mémorisation active permet d’apprendre dans la durée : je m’interroge, je me pose des questions sans support de réponses sous les yeux, je cherche dans ma mémoire les éléments pour reconstruire l’information, je reconstruis le savoir avec mes propres mots.

Jean-Luc Berthier voit dans cet outil plusieurs vertus :

  • la possibilité d’une auto-interrogation autonome;
  • l’intégration d’encarts de mémorisation à l’intérieur de la classe par l’enseignant est un gain de temps et d’efficacité pour les élèves;
  • les fiches peuvent aller du plus simple en élémentaire (définition, propriétés, consignes ou éléments de méthode) au plus compliqué dans les études supérieures (schémas à compléter, plans de cours, repères chronologiques…)
  • les élèves peuvent cacher les réponses sur la partie de gauche pour essayer de répondre seuls aux questions de la partie de gauche et ensuite s’auto évaluer et éventuellement compléter ou se corriger;

Exemple : 

Question à gauche : Qu’appelle-t-on liaison Van der Waals ?

Réponse à droite :  Interaction électrostatique (attractive ou répulsive) de faible intensité, intermoléculaire

Jean-Luc Berthier constate qu’au collège, et même au lycée, les élèves ont du mal à formuler des questions clés qui leur permettent de mettre en avant les points essentiels à retenir. On peut donc les y aider en incluant l’encart de mémorisation dans les cours.

En parallèle, on pourra montrer aux élèves comment construire leurs propres fiches ou encarts de mémorisation pour qu’ils gagnent en autonomie et en efficacité pour apprendre.

Lire aussi : Deux principes fondamentaux pour mieux étudier et réviser (examens, partiels, concours…)

processus mentaux apprendre

2 clés pour apprendre et réussir : orienter la pensée positivement et connaître les processus mentaux efficaces

2 clés pour apprendre et réussir : orienter la pensée positivement et connaître les processus mentaux efficaces

Une maîtrise consciente des processus mentaux qui permettent de réussir dépend de notre façon d’organiser et d’orienter la pensée. Les clés pour apprendre et réussir s’articulent autour de ces deux compétences :

  • orienter la pensée positivement,
  • connaître les processus mentaux efficaces pour apprendre.

1. Orienter la pensée positivement

Poursuivre ses rêves !

  • Se reconnecter à ce qui nous fait vibrer :
    • à quel moment je ne vois pas le temps passer ? 
    • quand est-ce que je suis dans le “flow” ?
    • quand est-ce que j’ai l’impression de contribuer au monde ?
  • Trouver notre élément :
    • qu’est-ce que j’aime faire ?
    • qu’est-ce que je sais bien faire ?
    • pour quoi suis-je prêt(e) à faire des efforts, à sortir de ma zone de confort, à tenter de nouvelles expériences ?
  • Se donner les moyens de nos objectifs :
    • quelles sont les petites actions que je peux entreprendre pour me rapprocher un peu plus de mon rêve ?
    • qui est-ce que je peux solliciter ?
    • où est-ce que je peux m’exercer ?
    • quand est-ce que je peux commencer ? par quoi ? 
  • Visualiser la réalisation du rêve :
    • où je serai ?
    • avec qui ?
    • comment je me sentirai ?
    • comment sera mon quotidien ? 

 

Changer ses croyances limitantes

Nos croyances limitantes peuvent prendre plusieurs formes:

  • Je ne suis pas intelligent(e)

Le niveau d’intelligence n’est pas fixé à vie. De nouvelles connexions neuronales se créent tous les jours dans le cerveau donc nous apprenons tous les jours. Or apprendre de nouvelles choses, c’est devenir plus intelligent. Non seulement l’intelligence se développe et se travaille mais elle a également des formes multiples (« comment es-tu intelligent ? » est plus près de la réalité que « quel est ton niveau d’intelligence ?).

La vérité est que plus le cerveau est stimulé de manières différentes, plus il se développe. Beaucoup de personnes se brident elles-mêmes alors que l’intelligence se développe, se travaille et a des formes multiples.

 

  • J’ai peur d’échouer

On apprend à partir de nos erreurs. Apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe. C’est parce qu’on se trompe qu’on est en train d’apprendre ! Les erreurs sont donc des leviers d’apprentissage.

 

  • Mes efforts ne servent à rien

Tout est question de temps et les apprentissages ne sont pas une course à la performance. Une manière d’encourager efficacement une personne découragée (adulte ou enfant) serait de reformuler sa phrase par : « Tu n’y arrives pas ENCORE ! ». C’est ce qu’on appelle le « growth mindset » et qu’on peut cultiver à tout âge : apprendre à parler, à penser et à se penser dans un esprit de croissance.

Les mots “bientôt”, “pas encore”, “pour le moment” ont un pouvoir presque magiques : « Tu n’y arrives pas encore« , « Tu vas bientôt y arriver », « Tu ne comprends pas pour le moment » donne de l’assurance car ils ouvrent une voie vers l’avenir.

 

  • Je serai toujours moins bon(ne) que les autres

La psychologie positive estime qu’une des sources principales des émotions désagréables est la comparaison. Si vous voulez être sûr d’être malheureux, comparez-vous tous les jours aux personnes que vous estimez avoir mieux réussi que vous.  D’autant plus que le problème ne se résout pas avec le temps : plus on réussit, plus on aura tendance à trouver des personnes auxquelles se comparer qui ont encore mieux réussi ou bien dans un autre domaine.

Etre conscient que chaque personne a un profil d’intelligence particulier sans comparaison de valeur, que chaque personne peut contribuer au monde à sa façon aide à entreprendre, à se lancer.

Il serait alors bienvenue de remplacer la concurrence  et la comparaison par le plaisir de l’effort, le plaisir d’apprendre et de progresser, le dépassement de soi, la coopération, l’inclusion, la collaboration et la solidarité.

 

  • Je ne sais pas faire

On peut apprendre à réfléchir en termes de solutions et d’acquisition de compétences : de quoi j’ai besoin pour progresser ? qui peut m’aider ? de qui je peux m’inspirer ? où trouver les ressources nécessaires ?

 

  • C’est impossible

On peut repenser la vision de l’impossible : l’impossible existe pour être remis en question, le destin de l’impossible est de devenir réalité un jour, l’impossible est temporaire.

Pour adopter cet état d’esprit optimiste, on peut :

  • S’entraîner à la créativité et au “pourquoi pas ?”
  • S’inspirer de génies créateurs, d’entrepreneurs, de scientifiques, d’hommes ou femmes politiques, de militant(e)s…
  • Parler de ses rêves le plus souvent possible et avec le plus de monde possible
  • Repenser à d’anciens impossibles (des difficultés qu’on a surmontées, des défis relevés, des peurs traversées…)

 

2. Une maîtrise consciente des processus mentaux

Apprendre à apprendre : acquérir les stratégies d’apprentissages de ceux qui réussissent & mieux se connaître

  • Acquérir les stratégies d’apprentissages de ceux qui réussissent

facteurs de succès

 

 

 

Pratiquer pour automatiser

Quand on apprend, les messages passent d’un neurone à l’autre. Plus les messages passent d’un même neurone à un autre, plus les connexions seront fortes entre ces neurones. Apprendre, c’est créer des connexions entre des neurones. Les choses deviennent plus faciles et on est capable de les faire de mieux en mieux car le chemin est « défriché », les informations passent plus rapidement d’un neurone à l’autre par ces voies de communication.

Le cerveau est comme une forêt : si on marche plusieurs fois dans le même sentier, un chemin va progressivement se créer. Dans le cerveau, il y a création de sentiers de communication entre les neurones. Ces sentiers (connexions neuronales) deviennent de plus en plus efficaces et mènent à l’automatisation des processus liés à une certaine tâche et donc à la résolution plus faciles de certains problèmes.

Quand on apprend à faire du vélo, les gestes sont d’abord conscients et nécessitent une forte concentration : pédaler, maintenir son équilibre, prendre assez de vitesse, regarder droit devant, freiner… Penser à toutes ces choses en même temps demande de gros efforts. Avec la pratique, des connexions se créent entre les neurones sollicités pour effectuer cette tâche. Les neurones ont créé des chemins pour communiquer entre eux et l’information circule de manière plus fluide.

Plus on utilise le cerveau pour créer des connexions neuronales, plus on apprend.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

    • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
    • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

Enfin, les neuroscientifiques insistent sur le rôle joué par le sommeil dans cette phase de répétition et de consolidation. Il affirme qu’après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore

  • la mémoire,
  • la généralisation,
  • la découverte de régularités.

 

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pre-requis-pour-apprendre

Des pré-requis pour apprendre ? La place de l’erreur, une bonne estime de soi, la peur d’apprendre

Apprendre, une alchimie complexe !

mais qu'est ce qui l'empêche de réussirÉtymologiquement, apprendre signifie “prendre en soi”. Jeanne Siaud-Facchin écrit que apprendre suppose qu’il existe un “objet” extérieur, un “objet de connaissance” à l’extérieur de soi et que nous devons mettre en marche des mécanismes pour s’approprier ce savoir externe.

Apprendre est un verbe et suppose donc un mouvement, une action.

Selon Jeanne Siaud-Facchin, apprendre correspond à une démarche intellectuelle active face à un savoir nouveau. L’apprentissage consiste à s’approprier ce savoir en mettant en jeu différents mécanismes :

  • l’analyse
  • la compréhension
  • la mémorisation

Pour parvenir à l’acquisition et la maîtrise de la connaissance nouvelle (le savoir), il faut avoir :

  • la volonté d’apprendre (et pas seulement de savoir : passer du désir de savoir au désir d’apprendre n’est pas si aisé)
  • l’envie d’apprendre (le désir et la motivation qui poussent à se mettre en mouvement et à faire des efforts)
  • la représentation claire de l’objectif à atteindre (la capacité à se projeter et à s’imaginer comment sera utilisé le savoir, quel projet ou quel besoin il servira)

Apprendre est donc une alchimie complexe :

  1. Accepter de ne pas savoir (qui renvoie à l’estime de soi, l’image qu’on a de nous et la valeur que nous nous attribuons)
  2. Activer ce que l’on sait déjà, faire des liens et confronter la connaissance nouvelle aux savoirs déjà intégrés (qui renvoie à la mémoire)
  3. Inhiber ce qui ne convient plus demandant des repères internes stables et d’être bien dans sa tête (qui renvoie à la confiance en soi et à la capacité d’accepter les erreurs, les échecs)
  4. Être acteur du processus, s’approprier les connaissances au service d’un objectif, d’un projet, d’un rêve (c’est dans la poursuite de nos projets réels, personnels et choisis librement qu’on développe le plus de compétences : je ne sais pas comment je vais faire mais je vais le faire !)

On est obligé d’apprendre (même si ce n’est pas toujours ce que les autres voudraient qu’on apprenne !). Le cerveau ne peut pas s’empêcher d’apprendre. Il ne sait rien faire d’autre, il est programmé pour cela. Tout le monde apprend, tout le temps (même si le contenu de cet apprentissage n’est pas toujours ce que l’enseignant, les parents, le patron ou la société attendent qu’on apprenne…).

 

Des pré requis pour apprendre ?

Pour apprendre, il faut accepter de ne pas savoir :

  • Apprendre suppose la capacité de tolérer la frustration : ne pas tout savoir et ne pas tout savoir tout de suite
  • Apprendre suppose d’avoir confiance en soi pour ne pas se sentir menacé dans cette situation transitoire que constitue la situation d’apprentissage, c’est-à-dire accepter de ne pas savoir pour acquérir la compétence ou connaissance nouvelle
  • Apprendre suppose de pouvoir supporter ce sentiment passager d’incompétence
  • Apprendre suppose de prendre le risque d’être confronté à ses limites, de ne pas y arriver. Et de l’accepter.
  • Apprendre est une démarche qui peut aussi être douloureuse.
  • Apprendre, c’est faire preuve de courage.

 

La place de l’erreur

Apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe ! C’est parce que je me trompe que je suis en train d’apprendre. Les erreurs sont des leviers de progression.

L’erreur n’est pas seulement l’effet de l’ignorance, de l’incertitude, du hasard […] , mais l’effet d’une connaissance antérieure, qui avait son intérêt, ses succès, et qui, maintenant, se révèle fausse ou simplement inadaptée. – G. Brousseau (didacticien des mathématiques)

Si les enfants considèrent les erreurs comme des marques de faiblesse, alors ils auront tendance à se sentir inadéquats et découragés alors qu’intégrer les erreurs dans le processus d’apprentissage permet de les assumer et d’en faire un exercice enrichissant : “Je me demande ce que je vais apprendre de cette erreur.”

 

Une bonne estime de soi

L’estime en soi est à mettre en rapport avec la valeur que nous nous accordons. L’estime de soi est synonyme d’image de soi. Elle est le résultat d’une évaluation que nous faisons de nous-mêmes, de nos actions.

On reconnait l’estime de soi saine et épanouie au sentiment d’être bien avec soi-même, d’harmonie avec soi. Une bonne estime de soi produit une énergie constructive qui permet à la personne de s’ouvrir à la nouveauté, à l’inconnu, à l’autre. On accepte plus facilement les difficultés, les obstacles, les critiques quand on a une bonne image de soi.

 

La peur d’apprendre

enfants empêchés de penserPour apprendre dans le cadre scolaire, les enfants ont besoin de compétences dites instrumentales (comme la mémorisation du son des lettres ou le repérage dans l’espace de sa feuille) et de compétences dites comportementales (comme rester assis sur sa chaise ou savoir se concentrer sur un texte).

Serge Boimare, ancien enseignant et psychopédagogue va plus loin : ces compétences sont nécessaires, mais pas suffisantes. Un enfant a besoin d’un monde interne riche et fiable quand il apprend car apprendre est une épreuve.

Le monde interne a deux fonctions :

  • alimenter les capacités réflexives (produire des images, du sens, des connexions),
  • relayer les capacités réflexives (raconter, expliquer, argumenter, structurer).

Serge Boimare propose d’expliquer une partie de l’échec scolaire par une mauvaise qualité du monde interne qui entraîne des stratégies d’évitement de penser. Selon lui, l’empêchement de penser touche environ 15% des élèves de l’école française. Il voit deux grandes raisons à cette mauvaise qualité du monde interne de ces enfants :

  • sa fragilité (dû notamment à une incapacité à se remettre en cause, à reporter systématiquement sur l’autre ce qui leur arrive de mauvais ou de décevant et à différer ses désirs),
  • sa pauvreté (dû notamment à un manque d’interactions langagières).

Comme ces enfants manquent de points d’appui internes, ils sont incapables de différer leur satisfaction et de supporter le doute. C’est seulement en les aidant à construire un monde interne sécurisé et enrichi que Serge Boimare estime que ces enfants empêchés de penser pourront résister à la frustration et à l’inquiétude imposées par le fonctionnement intellectuel.

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Sources :

jeu-sert-les-fonctions-de-leducation

Le jeu sert les fonctions de l’éducation !

Pourquoi les enfants jouent-ils ?

L’éducation la plus efficace est celle au cours de laquelle l’enfant peut jouer au milieu de belles choses. – Platon

Peter Gray, professeur de psychologie au Boston College, estime que les enfants sont conduits à jouer par leur instinct. La nature humaine veut que les enfants jouent.

Dans ce cas, la question devient : Pourquoi la nature humaine veut-elle que les enfants jouent ?

Au cours de notre évolution en tant qu’espèce, la sélection naturelle a sélectionné ce type d’activités pour créer des connexions neuronales nécessaires aux apprentissages.

Le jeu, et particulièrement le jeu social entre enfants de tous âges, est le moyen que la nature a trouvé pour s’assurer que les enfants vont pratiquer et apprendre les compétences, les valeurs et les connaissances qu’ils ont besoin d’acquérir pour devenir des adultes.

Pour Peter Gray, le jeu libre est au cœur du développement des enfants.

Le jeu sert les fonctions de l’éducation. – Peter Gray

 

Peter Gray et André Stern se rejoignent sur ce point : il n’existe pas de dispositif plus adapté pour l’apprentissage que le jeu.

Il n’y a rien de mieux pour apprendre que le jeu. – André Stern

 

C’est à travers le jeu que les enfants apprennent qu’ils sont capables de contrôler leur vie, qu’ils expérimentent ce contrôle. Par sa nature même, le jeu développe

  • la coopération,
  • les relations complémentaires,
  • la prise de décision,
  • l’autonomie personnelle,
  • l’intelligence émotionnelle.

Les jeux moteurs (toboggan, vélo, ballon) sont les meilleurs supports des interactions entre enfants vers 3/4 ans. Un peu plus tard, il y a confrontations de points de vue, échanges de connaissances dans les jeux d’imitation. Les jeux symboliques collectifs sont des temps forts de la sociabilisation et de la construction des premières amitiésLes jeux de manipulation (puzzles, encastrement) incitent quant à eux plutôt au jeux individuels et au développement des fonctions exécutives.

Par ailleurs, Lawrence Cohen écrit : “Le jeu est le moyen dont disposent les enfants pour s’exprimer, eux et leurs émotions

citation jeu enfant

 

D’un point de vue biologique, le jeu est le moyen par lequel la nature s’assure que les jeunes mammifères, dont les petits d’homme, acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour devenir des adultes. – Dr Peter Gray

Si on enlève le jeu libre et auto dirigé aux enfants, on les prive de la possibilité de :

  • apprendre ce dont ils ont besoin pour vivre (lire, écrire, compter aussi bien que les rôles sociaux, les gestes du quotidien…)
  • utiliser les outils de la culture dans laquelle ils baignent
  • comprendre que le monde n’est pas si effrayant que ça
  • éprouver de la joie et de la fierté
  • faire « comme si » et de s’échapper de la réalité par l’imaginaire
  • se frotter aux autres
  • confronter des points de vue
  • pratiquer l’empathie
  • surmonter leur narcissisme
  • créer et innover
  • libérer les émotions et guérir les blessures émotionnelles

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Peter Gray est l’auteur du livre Libre pour apprendre (Coédition Actes Sud).

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Source (vidéo en anglais non sous titrée) :