stéréotype cerveau des filles

Le cerveau a-t-il un sexe ? (ou comment l’éducation et les stéréotypes entravent les performances des filles)

Le cerveau a-t-il un sexe ? (ou comment l’éducation et les stéréotypes entravent les performances des filles)

Je vous propose cette vidéo limpide et étayée scientifiquement qui reprend et infirme plusieurs idées reçues au sujet des différences de performances entre hommes et femmes.

Catherine Vidal est neurobiologiste et directrice de recherche à l’institut Pasteur. Elle a été promue chevalière de la Légion d’honneur en 2009.

Son intérêt porte sur les rapports entre science et société, en particulier les préjugés idéologiques sur le cerveau, le sexe et le déterminisme en biologie.

L’éducation et la culture jouent un rôle important sur l’estime de soi et les connexions neuronales car le cerveau a la capacité de se façonner en fonction de l’expérience et de l’apprentissage. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité (ou plasticité cérébrale).

En raison de la plasticité cérébrale, nous avons tous des cerveaux différents indépendamment de notre sexe.

Nous avons donc le pouvoir en tant qu’adultes (parents, enseignants, éducateurs) de briser les stéréotypes de genre et permettre à garçons et filles de déployer toutes leurs possibilités, indépendamment du déterminisme culturel qui assigne des rôles, des qualités et des limites en fonction du sexe. En effet, l’estime de soi et les stéréotypes de genre (du type les filles sont nulles en géométrie) influencent les résultats des tests (les résultats des filles à un même test diffèrent selon que ce test est présenté comme un test de géométrie ou de dessin…).

C’est l’éducation et non la biologie qui explique les différences de résultats entre les sexes à un même test. on comprend ainsi pourquoi l’éducation influencée par les stéréotypes de genre entrave les performances des filles… et l’urgence de prendre conscience de ces stéréotypes pour les dépasser.

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Catherine Vidal a écrit plusieurs livres, dont Cerveau, Sexe et Pouvoir (éditions Atlas). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet. 

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Résumé :

Les femmes sont-elles « naturellement » douées pour le langage et les hommes bons en maths ?

Nos aptitudes et nos personnalités seraient-elles inscrites dans le cerveau depuis la naissance ?

Les recherches récentes montrent au contraire que, grâce à ses propriétés de « plasticité », le cerveau fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue. Rien n’est jamais figé dans le cerveau, quels que soient les âges de la vie. C’est une véritable révolution pour la compréhension de l’humain.

Cet ouvrage, qui s’est imposé au fil du temps comme un livre de référence, replace le débat autour de la différence des sexes sur un terrain scientifique rigoureux, au-delà des idées reçues.

Les avancées des neurosciences apportent ainsi un éclairage nouveau sur le rôle de la biologie et de l’environnement socio-culturel dans la construction de nos identités de femmes et d’hommes. Notre destin n’est pas inscrit dans notre cerveau !

construction intelligence enfants neurosciences

Comment l’intelligence humaine se construit-elle selon les neurosciences ?

Comment l’intelligence humaine se construit-elle selon les neurosciences ?

3 fondations de l’intelligence humain

1. L’importance de l’environnement

L’être humain pose les fondation de son intelligence dans les premières années de sa vie avec ce que lui offre l’environnement et en faisant ses propres expériences.

2. Pouvoir agir et explorer

3. Recevoir de l’amour

L’être humain est un être social : il a besoin de l’étayage et de l’amour de ses pairs pour développer les fonctions essentielles de son intelligence.

La première chose à faire est d’être dans une bienveillance active. – Céline Alvarez

La posture des adultes est essentielle : c’est notre humanité, notre amour, notre disponibilité et notre foi totale dans les capacités de l’enfant qui sont les leviers de son intelligence.

Les conclusion des neurosciences sur la construction de l’intelligence chez les jeunes enfants (par Céline Alvarez)

Conclusion neurosciences par Céline Alvarez.

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Pour aller plus loin : Les lois naturelles de l’enfant par Céline Alvarez (éditions Les Arènes)

 

impact du son sur la manière dont se développe le cerveau

NEUROSCIENCES : l’impact du son sur la manière dont se développe le cerveau (et comment en tirer profit à l’école)

NEUROSCIENCES : l’impact du son sur la manière dont se développe le cerveau 

Des neurochercheurs ont étudié l’impact du son sur la manière dont se développe le cerveau. Donner du sens aux sons perçus est une des fonctions les plus complexes du cerveau. La manière dont le cerveau répond aux “ingrédients” du son (le ton, la vitesse, le timbre…) donne des informations clés sur la santé cérébrale et sur les capacités d’apprentissage.

L’équipe du Dr Kaus (Northwestern’s Auditory Neuroscience Lab) a trouvé une causalité entre les réponses du cerveau aux sons chez les enfants de 3 ans et leurs compétences en lecture. Il est ainsi possible d’identifier les enfants qui présenteront des difficultés d’apprentissage de la lecture à la manière dont ils réagissent aux sons de leur environnement avant l’âge de 6 ans.

Le Dr Kaus en déduit des pratiques qui favorisent le développement de la manière dont sont traités les sons et de leur donner un sens chez les enfants.

6 conseils pour favoriser le développement de la manière dont sont traités les sons chez les enfants

1. Réduire le niveau des bruits parasites

Les enfants qui grandissent dans un environnement bruyant (trafic urbain, logements mal isolés, bruits constants en sourdine…) ont de moins bons résultats scolaires en partie parce qu’ils développent comme un bruit de fond constant dans la tête. Ce bruit de fond constant les empêche de saisir correctement des consignes orales et diminue leur capacité à discriminer des sons (essentiels lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture).

Il apparaît donc essentiel de conserver un niveau sonore faible dans les classes (au delà du fait d’inviter les enfants à parler calmement, les infrastructure importent énormément : isolement des bâtiments, mobilier adapté…).

 

2. Lire des histoires à voix haute

Les enfants de milieux défavorisés auraient entendu 30 millions de mots en moins que les enfants de classe moyenne ou supérieure à l’âge de 5 ans. Le fait de lire des histoires à voix haute ou de raconter des contes aux enfants développe leur vocabulaire et renforce leur mémoire de travail. Même une fois que les enfants savent lire, continuer à leur lire des histoires à voix haute reste très bénéfique.

On pourrait également encourager les enfants à narrer les histoires qu’ils ont entendues (en faire un résumé libre à l’oral) ou à raconter eux-mêmes des contes (lire aussi : Les bénéfices de la pratique du conte et de l’oralité ).

Ecouter des audiolivres ou des podcasts d’émission (sans support visuel) a également un impact positif sur l’attention, le niveau de langage et la mémoire de travail.

On pourrait aussi imaginer de donner le maximum de consignes à l’oral plutôt qu’à l’écrit.

 

3. Encourager les enfants à jouer d’un instrument de musique

L’équipe du Dr Kaus a montré que les enfants qui pratiquent un instrument de musique ont une meilleure capacité à capter et à discriminer les sons. Cette capacité leur permet de saisir des consignes dans un environnement avec des bruits parasites de manière plus compréhensible que les enfants non musiciens.

La pratique d’un instrument de musique déclenche réellement des changements biologiques dans la manière dont les sons sont traités, ce qui a pour conséquence un meilleur développement du langage oral et des compétences en lecture/ écriture.

Le fait d’écouter de la musique classique contribue également à développer le cerveau.

Lire aussi : La pratique musicale pour réduire l’illettrisme ? Un exemple en faveur de l’accès à l’art pour le plus grand nombre

art école

 

4. Encourager la pratique d’une langue étrangère

Le fait de grandir dans un environnement bilingue conduit le cerveau à gérer deux langue en même temps. Le défi que représente le fait de donner du sens à deux langues en même temps soutient les connexions entre les processus neuronaux liés à l’audition et la fabrique de sens, et renforce les capacités attentionnelles.

La pratique précoce d’une seconde langue est également liée à des améliorations des fonctions exécutives (elles mêmes plus prédictives que le QI).

 

5. Eviter les bruits blancs

Certains appareils émettent des bruits blancs et sont vendus comme des manières de favoriser l’endormissement (des enfants et des adultes).

Or le Dr Kraus affirme que le cerveau humain est câblé pour trouver du sens aux sons que nous entendons. Le fait de fournir un environnement complètement privé de sons pourrait perturber l’organisation du cerveau des enfants.

 

6. Des activités complémentaires pour les enfants de maternelle (avant 6 ans)

On pourrait également imaginer de proposer des activités de discrimination auditive chez les enfants de maternelle. Les clochettes type Montessori s’y prêtent particulièrement bien. Le fait de laisser des instruments de musique à disposition des enfants pour un usage libre participe aussi à cette éducation aux traitement des sons (tambourins, maracasses, xylophones, yukulele… pour les moins encombrants).clochettes-montessori

Des petits jeux inspirés de la méthode Dalcroze pourraient être proposés aux enfants dans cette optique également (un exemple ici).

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La vidéo source en anglais :

 

comprendre les fonctions exécutives

Neurosciences : comprendre les fonctions cognitives pour bien les exploiter

Neurosciences : comprendre les fonctions cognitives pour bien les exploiter

Dans nos vies, nous traitons tous une grande quantité d’information. Nous faisons tout un tas d’activités grâce à notre esprit (on voit, on mémorise, on bouge, on parle, etc.). La cognition humaine est notre « appareil à penser ». Cette cognition a différents rôles (mémoriser, parler, bouger, etc.) : ce sont les fonctions cognitives, c’est-à-dire les différents grands rôles de notre cognition. Cette cognition a pour fonction de percevoir, de prêter attention, de mémoriser, de raisonner, de produire des mouvements, de s’exprimer.

On a coutume de parler de :

  1. perception,
  2. attention,
  3. mémoire,
  4. motricité,
  5. langage,
  6. raisonnement (ou parfois nommé fonctions exécutives).

 

Les fonctions cognitives ce sont donc différentes facettes de la cognition (de la pensée humaine), qui ont chacune leur rôle, et qui nous permettent de réaliser toutes nos actions. Si j’ai un trouble du langage je deviens aphasique. Si j’ai un trouble moteur, du mouvement, je deviens apraxique. Si une fonction de peut pas se réaliser correctement j’ai donc un trouble d’une fonction cognitive, un trouble cognitif.

1. La perception (ou gnosie)

La gnosie recouvre ce que je reconnais, ce que je vois, ce sur quoi je mets du sens :

  • les capacités de reconnaissance et d’identification sensorielles (visuelles, auditives, tactiles, gustatives, olfactives);
  • le repérage dans l’espace de notre corps (où je suis, où sont les parties de mon corps…).

 

2. L’attention

L’attention est une fonction cognitive complexe mais primordiale dans les comportements humains. L’attention correspond à un processus de sélection d’un stimulus extérieur (son, image, odeur…) ou intérieur (pensée) et au maintien de ce stimulus à la conscience. L’attention mobilise tous les sens.

L’attention est sensible aux interférences et attendre une attention constante est impossible.

 

3. La mémoire

La mémoire est la capacité d’enregistrer et de retrouver des informations. La mémoire fonctionne par système : la mémoire à court terme, la mémoire de travail et la mémoire à long terme.

Il existe 2 types de mémoire :

La mémoire explicite (déclarative)

La mémoire explicite se souvient des informations exactes : l’apprentissage du « quoi » (verbalisation des événements, des procédures et des faits par des mots).

C’est une mémoire du contrôle des gestes : il faut penser à chaque étape. La mémoire explicite permet d’expliquer les connaissances et de les transmettre.

La mémoire explicite comporte :

  • la mémoire sémantique (le sens des choses, nos connaissances sur le monde) -> les mots, le vocabulaire
  • la mémoire épisodique (nos souvenirs personnels, la chronologie de notre histoire, les contextes affectifs et émotionnels dans lesquels se sont produits les événements) -> repères temporels, sensations

La mémoire implicite (non déclarative ou procédurale)

La mémoire implicite est l’apprentissage du « comment » : elle permet de mémoriser les savoir faire, les compétences automatisés et inconscients.

La mémoire implicite permet d’appliquer et de réitérer des procédures de manière automatique. C’est faire quelque chose d’utile des savoirs et connaissances.

Lire aussi : Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage

 

4. La motricité (ou praxie, la capacité à pratiquer des choses)

La praxie englobe ce que nous essayons de faire : les actions motrices que nous coordonnons dans un but intentionnel (comme l’utilisation d’objets courants telle que la brosse à dents ou le fait de marcher, de s’habiller…).

La praxie dépend de programmes complexes développées et appris.

 

5. Le langage (ou phasie)

La phasie est la capacité à communiquer à travers le langage (car nous sommes en “phase”). La phasie englobe les activités d’expression (parler) et de réception (entendre, décoder et comprendre).

C’est la raison pour laquelle on parle d’aphasie en cas de trouble du langage.

 

6. Le raisonnement (ou les fonctions exécutives)

Les fonctions exécutives sont plusieurs. Elles servent à nous adapter aux nombreuses variations de notre environnement.

Je dois retenir un numéro de téléphone ?

Je veux traverser la route mais une voiture déboule et je dois me retenir au dernier moment ?

Je fais volontairement l’effort de rester concentrer sur mon travail plutôt que de rêvasser ?

Voici des activités qui impliquent les fonctions exécutives. Elles permettent de contrôler nos actions.

Les fonctions exécutives (ou frontales) agissent comme des gestionnaires dont l’objectif serait d’utiliser toutes les autres fonctions supérieures du cerveau et de les mettre dans l’ordre en vue d’une bonne exécution. Par exemple, le fait d’envoyer une lettre nécessite de savoir quoi écrire et de garder en mémoire les idées à communiquer (mémoire et phasie), de savoir comment écrire à la main ou taper à l’ordinateur (praxie), trouver du papier et un crayon (mémoire et gnosie), savoir qu’une lettre s’envoie dans une enveloppe timbrée (mémoire et gnosie), coller le timbre (praxie), aller jusqu’à la Poste pour déposer la lettre dans une boîte aux lettres (praxie et gnosie).

Les fonctions exécutives recouvrent plusieurs compétences :

  • organiser
  • planifier
  • juger
  • faire preuve d’abstraction
  • être flexible
  • savoir inhiber ses émotions
  • être auto discipliné
  • tenir un raisonnement cohérent
  • faire preuve de créativité

Ce sont les fonctions exécutives qui sont développées le plus tard parmi les fonctions cognitives.

Pour aller plus loin : 11 manières de développer les fonctions exécutives des enfants

 

Fonctions cognitives et recueil des informations sensorielles

Il est important de garder en tête qu’une fonction supérieure est toujours dépendante d’une fonction de base (comme voir, entendre, toucher…). Nous avons d’abord besoin de percevoir à travers nos sens avant de contrôler nos perceptions. Pour penser, je dois d’abord recevoir l’information. Je pourrai ensuite contrôler comment je pense.

parole et pensée enfants

Le développement des zones du cerveau dépend de plusieurs facteurs :

  • la génétique,

  • la stimulation,

Lire cet article : Des pistes pour favoriser le développement de la pensée des enfants

  • l’adaptation.

Cette adaptation peut recouvrir plusieurs domaines : les styles d’apprentissage, les formes d’intelligence, les périodes sensibles, la préparation de l’environnement et de l’ambiance, la bienveillance et les encouragements des adultes encadrants, les relations sociales…

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Apprentissage et écrans : les enfants apprennent-ils mieux avec des écrans ?

Apprentissage et écrans : les enfants apprennent-ils mieux avec des écrans ?

Guillemette Faure explique dans son livre Le meilleur pour mon enfant pourquoi de nombreux cadres et entrepreneurs dans le domaine des hautes technologies limitent l’exposition de leurs propres enfants aux écrans. Ces parents, très loin d’être technophobes, estiment que leurs enfants apprennent plus et mieux autrement, notamment en fabriquant de vraies choses et à travers des conversations réelles chargées en émotions et en interactions vivantes.

Je vous livre les éléments de réflexion qui m’ont le plus marquée dans ce questionnement autour des enfants et des écrans.

L’importance de tous les sens, de l’expérience et de la manipulation

On apprend mieux en sollicitant tous les sens et en manipulant. Pendant qu’on est sur un écran, on se prive d’expériences sensorielles plus riches, à travers la manipulation (de jouets, de jeux, d’outils, de matières, de plantes, d’animaux, de matériaux divers, de terre…).

L’écran n’empêche pas d’apprendre, mais il limite l’apprentissage puisqu’il diminue les expériences physiques et émotionnelles.

Remplir une bouteille d’eau, voir les bulles qui s’en échappent, observer les rapports masse volume, alterner les couleurs en enfilant un collier de perles : tout cela participe déjà à l’approche des notions mathématiques.

Le cerveau de l’enfant qui colorie avec un doigt sur un petit écran ne se développe pas autant que lorsqu’il attrape un crayon, le débouche, se déplace pour prendre une feuille, colorie car ces activités participent au développement du corps calleux du cerveau (lien entre les deux hémisphères) et à la coordination oeil/main.

Le mythe de l’interactivité des écrans

C’est avec des interactions avec des gens (et non pas avec des écrans) que les jeunes enfants apprennent le mieux.

Guillemette Faure cite une étude de la chercheuse américaine Kathy Hirsch-Pasek qui a comparé trois façons dont des enfants peuvent assimiler de nouveaux mots : en les entendant dans un programme enregistré, dans un tchat vidéo (type Skype) ou dans une conversation face à face. Il s’avère que le fait d’avoir une conversation est le levier pour que les enfants soient capables d’utiliser les nouveaux mots.

La peur injustifiée du retard et de l’inadaptation

Guillemette Faure écrit : “Qu’un enfant touche à un ordinateur, une tablette ou un téléphone et ses parents se disent qu’il se forme en high tech. On en arrive ainsi à appeler geeks des bambins juste gavés d’écrans.”

Ce n’est pas parce qu’un enfant apprend à utiliser une technologie qu’il apprend à réaliser une tâche.  En utilisant les outils dits de nouvelle technologie, on devient surtout… un utilisateur !

Ecouter un document en langue étrangère pour le comprendre, c’est une tâche qui n’a rien à voir avec l’utilisation d’un lecteur MP3 pour écouter de la musique dans cette langue…

Les parents cadres et entrepreneurs dans le domaine des hautes technologies estiment plutôt que, quel que soit le monde dans lequel leurs enfants vivront, ils auront surtout besoin d’un cerveau suffisamment souple pour explorer ce qui est encore inconnu aujourd’hui. La maîtrise de la technologie actuelle est secondaire car, d’une part, les entreprises high tech travaillent à rendre la technologie de plus en plus accessible, et d’autre part, les outils auront le temps de changer mille fois !

L’alibi du “C’est éducatif !”

Les équipes marketing des concepteurs de tablettes et jeux vidéos vantent les attraits éducatifs de leurs produits en mettant en avant les possibilités de jouer à des instruments de musique virtuellement, d’apprendre à lire à travers des jeux pédagogiques ou de découvrir des oeuvres d’art sans se déplacer au musée.

Or il se trouve bien souvent que les applications les plus utilisées sont celles où il faut nourrir un chat, tuer des zombies ou retourner des diamants de couleur…

Par ailleurs, une étude de l’université de Washington a montré que les  bébés de 8 à 16 mois exposés aux vidéos Baby Einstein, fort succès commercial aux Etats Unis dans les années 1990-2000,  avaient un vocabulaire plus limité que ceux qui n’avaient pas regardé ces vidéos ! Les bébés avaient certes appris des choses en regardant ces DVD… mais ceux qui ne les avaient pas regardés avaient découvert plus de choses !

Cet alibi marketing du “C’est éducatif” est d’autant plus nuisible que les parents à faible revenus croient qu’ils peuvent aider leurs enfants à se rattraper avec des équipements électroniques… à tel point que la fracture numérique a eu lieu à l’envers. Guillemette Faure écrit avec véhémence : les enfants de milieux défavorisés sont souvent le plus entourés d’écrans pendant que les gamins de bobos font du Kapla.

 

Diaboliser et interdire les écrans, LA solution ?

Ce n’est pas tant ce que les écrans font aux enfants qui devraient nous préoccuper que ce que les enfants ne font pas quand ils sont devant les écrans… Par ailleurs, c’est la consommation passive qui est la plus délétère et les écrans peuvent venir en soutien de certains apprentissages (par exemple : décortiquer un mouvement de gym, observer les mains d’un pianiste, écouter une leçon de maths sur une chaîne You Tube d’un prof…).

Guillemette Faure ouvre un champ des possibles (en sachant qu’il n’y a pas une réponse valable pour tous, mais une recherche constante en fonction de nos valeurs, de notre culture familiale et des demandes de nos enfants) :

  • Réfléchir à ce qui nous parait juste, acceptable et à quel moment lever les freins (par exemple : est-ce que j’accepte que mon enfant joue à l’Ipad pendant un voyage en train/ avion ? est-ce que j’impose un temps limité de consommation d’écran par jour/ par semaine ? est-ce que j’interdis le smartphone avant 11/12/13 ans ? est-ce que je revends la télé ? est-ce que j’instaure des rituels comme le fait de regarder une émission tous ensemble le samedi soir ? dans quelle mesure je transfère mon rôle éducatif à un écran ? est-ce que je me sens un mauvais parent si je laisse mon enfant regarder la télé quand j’ai besoin de me reposer et pourquoi ?… )
  • Garder le maximum de temps pour les jeux manuels de construction, de manipulation, d’observation, d’expérimentation… (cela peut passer par un réaménagement des pièces et le fait de rendre plus accessibles les jeux manuels)
  • Jouer avec les enfants (aux jeux vidéos, sur la tablette…) pour comprendre ce qui les attire et connaître le contenu des jeux auxquels ils jouent
  • Interagir et partager les moments devant l’écran (les bénéfices d’une activité en termes cognitifs sont liés aux conversations qu’elle suscite et aux émotions positives ressenties)
  • Donner l’exemple d’une consommation raisonnée d’écrans (on ne peut pas attendre d’un enfant qu’il ait une consommation d’écrans plus raisonnable que la nôtre)
  • Lire aux et avec les enfants (c’est bien la lecture qui a le plus d’effet sur les capacités cognitives des enfants !)

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Source : Le meilleur pour mon enfant de Guillemette Faure (éditions Les Arènes).

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En quoi l’oubli touche-t-il ce que les enfants apprennent ? Quelles stratégies pour une consolidation mnésique efficace ?

En quoi l’oubli touche-t-il ce que les enfants apprennent ? Quelles stratégies pour une consolidation mnésique efficace ? 

Pourquoi exiger des élèves qu’ils retiennent des choses alors qu’on n’a rien fait pour les aider à mémoriser ? Comment “jouer” avec l’oubli ?

Expliquer aux élèves comment le cerveau et la mémoire fonctionnent

La mémoire (ou plutôt les mémoires) n’est pas un stock d’éléments pour se rappeler des souvenirs. Les neurosciences nous invitent à repenser cette définition car la mémoire est au cœur de toutes les activités scolaires.

Un souvenir est une agrégation d’éléments mémoriels de structures extrêmement différentes (sémantiques, émotionnels, visuels…). Les morceaux de souvenirs s’installent dans des zones différentes du cerveau. Comme les mémoires ont des fonctionnements indépendants, les “morceaux” sont biaisés lors du rappel car la reconstruction globale du souvenir est différente de la réalité.

Les différents types de mémoire

  • La mémoire à court terme

La mémoire à court terme à une capacité limitée : elle maintient en mémoire les informations disponiibles pour un traitement immédiat et est dépendante des capacités intentionnelles.

  • La mémoire de travail

La mémoire de travail a pour rôle de maintenir temporairement et de traiter les informations pendant la réalisation des tâches cognitives ‘je prends, je traite, j’essaie de faire sens sans essayer de garder l’information). Ses fonctions essentielles sont : le contrôle de l’attention, la coordination des informations, l’élaboration de stratégies, la planification des différentes étapes d’une action et l’inhibition des réponses jugées non pertinentes.

La mémoire de travail est quantitativement limitée : c’est l’empan mnésique (limite quantitative du nombre d’éléments qu’on est capable de retenir simultanément – on l’estime autour de 7 éléments).

  • La mémoire à long terme

Elle possède une capacité illimitée. C’est la partie inconsciente de la mémoire qui fournit les connaissances jugées utiles à la mémoire de travail. Elle conserve les connaissances dans différentes parties du cerveau (mémoire épisodique, mémoire sémantique, mémoire procédurale).

  • La mémoire explicite

La mémoire explicite est déclarative et consciente. Elle est constituée de la mémoire sémantique (gestion des connaissances, des concepts, des mots…) et épisodique (mémoire personnelle des événements de nos vies).

  • La mémoire implicite

La mémoire implicite est non déclarative et inconsciente. Elle comprend nos habitudes acquises, celles que nous mettons en place sans le vouloir. C’est une mémoire que nous ne perdons pas (sauf en cas d’accident ou de maladie) et qui est indissociable de l’action. On l’appelle aussi mémoire procédurale. Elle nécessite peu de ressources attentionnelles et permet de faire une autre tâche en même temps (par exemple, conduire et discuter avec des passagers).

 

A quoi la mémoire sert-elle ? 

  • Percevoir

Les signaux perçus arrivent dans un premier sas de perception. La perception est la transformation des stimuli externes en activation neuronale dans un premier “sas” (la mémoire lexicale) qui fait appel à la mémoire à long terme et qui lui demande : est-ce que tu connais ?

  • Comprendre

Comprendre, c’est mettre du sens derrière les signes perçus, créer des représentations mentales en fonction de situations connues. On a besoin de “briques” (situations de référence) sur lesquelles s’adosser pour comprendre.

Il faut du stock pour comprendre. On ne peut donc pas comprendre sans mémoire.

  • Traiter les informations

Il y a les opérations de traitement : analyser, résumer, hiérarchiser, identifier l’essentiel, décider… Le traitement est possible seulement si la mémoire de travail peut faire des liens avec ce qu’elle a “en stock”.

  • Reproduire

Dans la reproduction, j’appelle et je mobilise (réciter une poésie, donner une définition par coeur…).

  • Produire

A partir d’un certain nombre d’éléments, on produit quelque chose de nouveau en articulant des savoirs. On ne crée jamais ex nihilo. La création est une libération de l’inhibition. Imaginer est possible parce que l’humain a une capacité de mémoire.

  • Se construire une identité et se projeter

Il y a la construction identitaire de l’individu : nous savons qui nous sommes parce que nous avons un nom, une origine, une histoire… qui reposent sur des éléments mémoriels. La projection identitaire se base sur ces éléments.

 

Une bonne mémoire ?

On n’a pas “une” bonne mémoire parce qu’il y a plusieurs sortes de mémoire. On peut être doué dans un domaine mémoriel et moins dans un autre. Ainsi, il n’y a pas une mémoire des mathématiques : le processus de résolution d’un problème mobilise à la fois la mémoire verbale, sémantique, procédurale, l’inhibition… Dans une simple opérations, des dizaines de zones mémorielles sont mobilisées.

Toutes les mémoires sont reliées entre elles comme un système. Elles fonctionnent continuellement même si certaines sont plus mobilisées dans certaines activités que d’autres.

 

La nature veut qu’on oublie : on a besoin de mécanismes et d’outils pour contrer l’oubli car mémoire et oubli vont de paire !

 

De la trace à la consolidation

Quand on perçoit une information pour la première fois, on crée une trace dans le cerveau comme un sentier dans une forêt. De ce sentier, il faut en faire un chemin durable. Que faire pour transformer la trace initiale en chemin fiable et pérenne dans le temps ?

  • La mémoire fonctionne par résonnement (les informations résonnent dans la tête en faisant appel à des contenus anciens intégrés. Comme les informations sont traitées cognitivement en fonction de ce dont nous disposons déjà, cela explique en partie la répétition de nos erreurs);
  • Les pauses, les temps où l’on fait autre chose, jouent un rôle dans la consolidation (sommeil, activités simples comme le coloriage, les anagrammes, l’activité physique…);
  • Le cerveau est lent pour l’acquisition mémorielle et il faut lui donner le temps via des moments de ré apprentissage réguliers et espacés;
  • La mémorisation active (je me pose la question; je cherche la réponse à la question; je reconstruis la réponse) est plus efficace que la mémorisation passive (lire, relire) : la mémorisation passive (qu’on peut assimiler à du bachotage) fonctionne seulement sur le court terme.
  • Un cerveau entraîné est un cerveau où l’information circule vite grâce à la miellinisation de l’axone des neurones et à la connexion des neurones entre eux.
Source : Mieux comprendre le cerveau pour mieux enseigner (Steve Masson)
Source : Mieux comprendre le cerveau pour mieux enseigner (Steve Masson)

Des techniques basées sur les neurosciences cognitives appliquées à l’apprentissage

  • En classe, ménager des micros séquences de mémorisation pendant les cours ou à la fin du cours
  • Utiliser des logiciels de mémorisation pour les révisions – Anki à télécharger
  • Insérer des encarts de mémorisation via un jeu de questions/réponses à l’intérieur des cours : les enseignants aménagent des espaces dans les cours avec des questions à gauche et des réponses à droite pour provoquer l’effort de reconstruction (mémorisation active). Les élèves cachent les réponses pour s’auto interroger. Les encarts de mémorisation peuvent également être affichés en classe ou distribués sur une feuille à part.
    encarts-fiches-de-memorisation
    Source : http://sciences-cognitives.fr/memorisation-classe-facheux-oubli/

     

  • Réviser les encarts de mémorisation régulièrement (lire la question et retrouver la réponse)
  • Flécher les essentiels : hiérarchisation des priorités et fiches bilan
  • Le rituel du “sac à souvenirs” comme systèmes de réactivation. Le sac à souvenirs contient des flash cards qui reprennent les éléments essentiels à retenir au cours de l’année scolaire. Cette technique reprend le  principe de la réactivation répétée dans le temps nécessaire à la consolidation des connaissances à long terme. Par exemple, au début de chaque cours, les élèves sont interrogés sur deux ou trois cartes tirées au hasard par le professeur et écrivent la réponse sur une ardoise. On pourrait imaginer que le sac à souvenirs se baladent de classes en classes en collège et que les professeurs soient donc amenés à tirer des cartes qui ne concernent pas leur discipline.
  • Feedback immédiat : quand la réponse vient rapidement après s’être posé la question, l’effet est plus efficace. Ainsi les enseignants gagneraient à corriger les évaluations tout de suite après en classe (plutôt qu’attendre une semaine ou la remise des copies)
  • Faire fabriquer les questions autour des essentiels par les élèves (qui construisent leurs propres encarts de mémorisation)
  • Prendre des notes sur un livre sous forme d’encarts de mémorisation
  • Déterminer un calendrier de testing en fonction des échéances (examens, contrôles, évaluations, concours…)

Pour savoir si une information est utile et donc digne d’être conservée en mémoire, le cerveau fonctionne ainsi :

– je revois une information 2 fois (ou plus) dans les 24 heures, cette information est utile, je la conserve en mémoire 1 semaine

– je revois une information 2 fois (ou plus) au bout d’1 semaine, cette information est vraiment utile, je la conserve en mémoire 1 mois

– je revois une information 2 fois (ou plus) au bout d’1 mois, cette information est vraiment utile, je la conserve en mémoire 6 mois

Afin d’avoir moins d’efforts à faire pour récupérer une information en mémoire, il vaut donc mieux la relire dans les 24 heures.

Les méthodes de tesing pour rappeler à la conscience une information présente dans les réseaux de la mémoire peuvent prendre des formes variées :

– rappel libre (question globale qui nécessite de rappeler les informations, les référents, de les hiérarchiser, de les organiser)

– rappel par indices (photo…)

– rappel par reconnaissance (quizz, QCM…)

comment-memoriser-efficacement
Source : vidéo Planète conférences – Le cerveau pour allié en classe ? – Apprendre à l’horizon 2035

 

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Sources : conférence de Jean-Luc Berthier et Apprendre avec les neurosciences (Pascale Toscani – éditions Chronique Sociale)

fiches-ou-encarts-de-memorisation

Les fiches ou encarts de mémorisation : un outil pour apprendre et réviser efficacement (basés sur les neurosciences cognitives)

Les fiches ou encarts de mémorisation : un outil pour apprendre et réviser efficacement (basés sur les neurosciences cognitives)

Jean-Luc Berthier, spécialiste des neurosciences cognitives appliquées à l’apprentissage, propose la mise en place d’un outil de mémorisation et de réactivation des connaissances facilement utilisables dans toute les disciplines et toutes les classes : les fiches ou encarts de mémorisation. Cet outil permet à la fois de pointer les points clés à retenir et de mémoriser efficacement (à la manière des flash cards). En effet, les fiches ou encarts de mémorisation permettent aux élèves de :

  1. retrouver rapidement l’essentiel de chaque cours,
  2. se questionner de manière active et autonome (au lieu de relire de façon passive).

Il s’agit de présenter les essentiels d’un cours sous forme d’un tableau à deux colonnes :

  • à gauche, les questions,
  • à droite, les réponses.
encarts-fiches-de-memorisation
Source : http://sciences-cognitives.fr/memorisation-classe-facheux-oubli/

La mémorisation active permet d’apprendre dans la durée : je m’interroge, je me pose des questions sans support de réponses sous les yeux, je cherche dans ma mémoire les éléments pour reconstruire l’information, je reconstruis le savoir avec mes propres mots.

Jean-Luc Berthier voit dans cet outil plusieurs vertus :

  • la possibilité d’une auto-interrogation autonome;
  • l’intégration d’encarts de mémorisation à l’intérieur de la classe par l’enseignant est un gain de temps et d’efficacité pour les élèves;
  • les fiches peuvent aller du plus simple en élémentaire (définition, propriétés, consignes ou éléments de méthode) au plus compliqué dans les études supérieures (schémas à compléter, plans de cours, repères chronologiques…)
  • les élèves peuvent cacher les réponses sur la partie de gauche pour essayer de répondre seuls aux questions de la partie de gauche et ensuite s’auto évaluer et éventuellement compléter ou se corriger;

Exemple : 

Question à gauche : Qu’appelle-t-on liaison Van der Waals ?

Réponse à droite :  Interaction électrostatique (attractive ou répulsive) de faible intensité, intermoléculaire

Jean-Luc Berthier constate qu’au collège, et même au lycée, les élèves ont du mal à formuler des questions clés qui leur permettent de mettre en avant les points essentiels à retenir. On peut donc les y aider en incluant l’encart de mémorisation dans les cours.

En parallèle, on pourra montrer aux élèves comment construire leurs propres fiches ou encarts de mémorisation pour qu’ils gagnent en autonomie et en efficacité pour apprendre.

Lire aussi : Deux principes fondamentaux pour mieux étudier et réviser (examens, partiels, concours…)

processus mentaux apprendre

2 clés pour apprendre et réussir : orienter la pensée positivement et connaître les processus mentaux efficaces

2 clés pour apprendre et réussir : orienter la pensée positivement et connaître les processus mentaux efficaces

Une maîtrise consciente des processus mentaux qui permettent de réussir dépend de notre façon d’organiser et d’orienter la pensée. Les clés pour apprendre et réussir s’articulent autour de ces deux compétences :

  • orienter la pensée positivement,
  • connaître les processus mentaux efficaces pour apprendre.

1. Orienter la pensée positivement

Poursuivre ses rêves !

  • Se reconnecter à ce qui nous fait vibrer :
    • à quel moment je ne vois pas le temps passer ? 
    • quand est-ce que je suis dans le “flow” ?
    • quand est-ce que j’ai l’impression de contribuer au monde ?
  • Trouver notre élément :
    • qu’est-ce que j’aime faire ?
    • qu’est-ce que je sais bien faire ?
    • pour quoi suis-je prêt(e) à faire des efforts, à sortir de ma zone de confort, à tenter de nouvelles expériences ?
  • Se donner les moyens de nos objectifs :
    • quelles sont les petites actions que je peux entreprendre pour me rapprocher un peu plus de mon rêve ?
    • qui est-ce que je peux solliciter ?
    • où est-ce que je peux m’exercer ?
    • quand est-ce que je peux commencer ? par quoi ? 
  • Visualiser la réalisation du rêve :
    • où je serai ?
    • avec qui ?
    • comment je me sentirai ?
    • comment sera mon quotidien ? 

 

Changer ses croyances limitantes

Nos croyances limitantes peuvent prendre plusieurs formes:

  • Je ne suis pas intelligent(e)

Le niveau d’intelligence n’est pas fixé à vie. De nouvelles connexions neuronales se créent tous les jours dans le cerveau donc nous apprenons tous les jours. Or apprendre de nouvelles choses, c’est devenir plus intelligent. Non seulement l’intelligence se développe et se travaille mais elle a également des formes multiples (« comment es-tu intelligent ? » est plus près de la réalité que « quel est ton niveau d’intelligence ?).

La vérité est que plus le cerveau est stimulé de manières différentes, plus il se développe. Beaucoup de personnes se brident elles-mêmes alors que l’intelligence se développe, se travaille et a des formes multiples.

 

  • J’ai peur d’échouer

On apprend à partir de nos erreurs. Apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe. C’est parce qu’on se trompe qu’on est en train d’apprendre ! Les erreurs sont donc des leviers d’apprentissage.

 

  • Mes efforts ne servent à rien

Tout est question de temps et les apprentissages ne sont pas une course à la performance. Une manière d’encourager efficacement une personne découragée (adulte ou enfant) serait de reformuler sa phrase par : « Tu n’y arrives pas ENCORE ! ». C’est ce qu’on appelle le « growth mindset » et qu’on peut cultiver à tout âge : apprendre à parler, à penser et à se penser dans un esprit de croissance.

Les mots “bientôt”, “pas encore”, “pour le moment” ont un pouvoir presque magiques : « Tu n’y arrives pas encore« , « Tu vas bientôt y arriver », « Tu ne comprends pas pour le moment » donne de l’assurance car ils ouvrent une voie vers l’avenir.

 

  • Je serai toujours moins bon(ne) que les autres

La psychologie positive estime qu’une des sources principales des émotions désagréables est la comparaison. Si vous voulez être sûr d’être malheureux, comparez-vous tous les jours aux personnes que vous estimez avoir mieux réussi que vous.  D’autant plus que le problème ne se résout pas avec le temps : plus on réussit, plus on aura tendance à trouver des personnes auxquelles se comparer qui ont encore mieux réussi ou bien dans un autre domaine.

Etre conscient que chaque personne a un profil d’intelligence particulier sans comparaison de valeur, que chaque personne peut contribuer au monde à sa façon aide à entreprendre, à se lancer.

Il serait alors bienvenue de remplacer la concurrence  et la comparaison par le plaisir de l’effort, le plaisir d’apprendre et de progresser, le dépassement de soi, la coopération, l’inclusion, la collaboration et la solidarité.

 

  • Je ne sais pas faire

On peut apprendre à réfléchir en termes de solutions et d’acquisition de compétences : de quoi j’ai besoin pour progresser ? qui peut m’aider ? de qui je peux m’inspirer ? où trouver les ressources nécessaires ?

 

  • C’est impossible

On peut repenser la vision de l’impossible : l’impossible existe pour être remis en question, le destin de l’impossible est de devenir réalité un jour, l’impossible est temporaire.

Pour adopter cet état d’esprit optimiste, on peut :

  • S’entraîner à la créativité et au “pourquoi pas ?”
  • S’inspirer de génies créateurs, d’entrepreneurs, de scientifiques, d’hommes ou femmes politiques, de militant(e)s…
  • Parler de ses rêves le plus souvent possible et avec le plus de monde possible
  • Repenser à d’anciens impossibles (des difficultés qu’on a surmontées, des défis relevés, des peurs traversées…)

 

2. Une maîtrise consciente des processus mentaux

Apprendre à apprendre : acquérir les stratégies d’apprentissages de ceux qui réussissent & mieux se connaître

  • Acquérir les stratégies d’apprentissages de ceux qui réussissent

facteurs de succès

 

 

 

Pratiquer pour automatiser

Quand on apprend, les messages passent d’un neurone à l’autre. Plus les messages passent d’un même neurone à un autre, plus les connexions seront fortes entre ces neurones. Apprendre, c’est créer des connexions entre des neurones. Les choses deviennent plus faciles et on est capable de les faire de mieux en mieux car le chemin est « défriché », les informations passent plus rapidement d’un neurone à l’autre par ces voies de communication.

Le cerveau est comme une forêt : si on marche plusieurs fois dans le même sentier, un chemin va progressivement se créer. Dans le cerveau, il y a création de sentiers de communication entre les neurones. Ces sentiers (connexions neuronales) deviennent de plus en plus efficaces et mènent à l’automatisation des processus liés à une certaine tâche et donc à la résolution plus faciles de certains problèmes.

Quand on apprend à faire du vélo, les gestes sont d’abord conscients et nécessitent une forte concentration : pédaler, maintenir son équilibre, prendre assez de vitesse, regarder droit devant, freiner… Penser à toutes ces choses en même temps demande de gros efforts. Avec la pratique, des connexions se créent entre les neurones sollicités pour effectuer cette tâche. Les neurones ont créé des chemins pour communiquer entre eux et l’information circule de manière plus fluide.

Plus on utilise le cerveau pour créer des connexions neuronales, plus on apprend.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

    • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
    • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

Enfin, les neuroscientifiques insistent sur le rôle joué par le sommeil dans cette phase de répétition et de consolidation. Il affirme qu’après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore

  • la mémoire,
  • la généralisation,
  • la découverte de régularités.

 

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L’éducation démocratique : une utopie ou une urgence ?

L’éducation démocratique : une utopie ou une urgence ?

 

Ce que l’éducation démocratique est

Dans l’éducation démocratique, l’enfant a le droit de choisir d’apprendre ce qu’il veut, comme il veut, quand il le veut et avec qui il le fait. Il s’agit de laisser les enfants prendre en main leur propre éducation en leur apportant le soutien dont ils ont besoin pour mener de manière indépendante leur voyage au pays des apprentissages, leur permettant d’utiliser leur initiative et de suivre leur motivation intrinsèque.

L’éducation démocratique, c’est respecter les droits des enfants. Combien d’écoles permettent aux enfants d’exprimer librement leurs opinions et d’avoir leur mot à dire sur leur emploi du temps, sur la manière dont leurs activités sont programmées (et imposées) ?

L’environnement dans lequel ils se trouvent et la manière dont ils sont traités fait toute la différence dans la manière dont les humains se conduisent :

  • Les enfants à qui on fait confiance deviendront dignes de confiance.
  • Les enfants qui sont respectés développeront une bonne estime d’eux-mêmes.
  • Les enfants qu’on considère avec affection et bienveillance apprendront à aimer les autres.

 

Ce que l’éducation démocratique n’est pas

L’éducation démocratique n’est pas laisser les enfants taper du pied ou devenir incontrôlables, il s’agit de les soutenir et de faciliter leur développement pour qu’ils réalisent l’ampleur de leur potentiel, il s’agit d’encourager le libre arbitre et la coopération.

 

Les vertus de l’éducation démocratique

L’éducation démocratique est bien plus envisageable que ce que la plupart d’entre nous ne le pense ! Les écoles démocratiques existent déjà à travers le monde (notamment avec le modèle Sudbury venu des Etats Unis) ou les écoles du 3° type en France) et il existe des mesures simples que n’importe quelle école peut prendre pour évoluer dans cette direction.

Ce dont on parle ici est de progrès social et de bonheur. C’est un engagement envers des valeurs humaines (humanistes pourrait-on dire) fondamentales :

  • le respect,
  • le bonheur,
  • l’empathie,
  • la collaboration,
  • la reconnaissance,
  • la confiance,
  • la valorisation,
  • le partage,
  • le don,
  • la liberté…

éducation démocratique

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Merci à l’équipe de Imaginarium – école des apprentissages autonomes à Reims pour la diffusion de cette vidéo.

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3 leviers de l’intelligence des enfants

Pourquoi l’humanité, l’amour et la disponibilité sont les leviers de l’intelligence des enfants… par Céline Alvarez

Ce montage est une synthèse des journées de conférences données par Céline Alvarez les 24 et 25 août 2015. Il a été réalisé pour permettre aux enseignants (et aux parents) d’avoir une vision globale et rapide des idées développées et mises en œuvre par Céline Alvarez depuis son expérience à Gennevilliers.

intelligence enfants céline alvarez
Cette vidéo peut être utilisée par celles et ceux qui souhaitent présenter à leurs collègues une nouvelle façon d’envisager la pédagogie et permettre ainsi aux enfants de mieux réussir (en classe, à la maison, en collectivité, en activités extra scolaires…).
Tous les points abordés peuvent être approfondis en regardant les vidéos originales sur le site www.celinealvarez.org

Votre humanité, votre amour, votre disponibilité sont les leviers de l’intelligence des enfants. – Céline Alvarez

 

Céline Alvarez a regroupé et développé dans un livre paru en cette rentrée 2016 les éléments présentés dans cette vidéo, qu’elle appelle les “lois naturelles de l’enfant”.

Les lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez (éditions Les Arènes) est disponible en librairie, en centres culturels ou sur internet (Fnac).

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