Capter et maintenir l’attention des élèves en classe

Capter et maintenir l’attention des élèves en classe

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Dans son livre Réinventez vos formations avec les neurosciences, Aurélie Van Dijk rappelle qu’il est possible d’expliquer comment l’attention fonctionne aux élèves et comment la maîtriser en classe.

L’équipe de Jean-Philippe Lachaux, neurobiologiste et chercheur en neurosciences cognitives, a conçu un programme pour apprendre à être attentif à l’école : ATOLE. Ce projet se découpe en séquences pédagogiques dont les piliers principaux sont :

  • comprendre comment fonctionne l’attention chez les humains et quelles en sont les limites;
  • apprendre une méthode de découpage des tâches complexes en une suite de tâches simples et courtes dont l’objectif est le plus clair possible ;
  • détecter les signaux de distraction pour les compenser;
  • programmer son attention pour une tâche donnée en précisant la perception, l’intention et la manière d’agir à privilégier (le PIM)

Sensibiliser les élèves aux capacités de leur attention et à leurs limites pourrait les aider à maintenir leur attention en classe.

Lire aussi : 10 points pour une attention en classe de meilleure qualité et et le bon fonctionnement de la mémoire de travail

6 idées pratiques pour l’attention en classe

En parallèle de la sensibilisation des élèves au fonctionnement de leur attention et à ses limites, il est possible, en tant qu’enseignant, d’utiliser les informations des sciences cognitives pour une meilleure attention en classe des élèves.

1.Prévenir à l’avance qu’il va falloir être particulièrement attentif

Prévenir les élèves qu’il va falloir être attentif les aide. Les études en sciences cognitives ont montré que, à moins d’être en danger de mort, nous ne restons pas dans un état d’alerte permanente. Les êtres humains élèvent leur niveau d’attention pour être prêts au bon moment (comme un sprinteur qui se prépare au signal de départ).

Ainsi, il est utile d’annoncer aux élèves quand ils ont besoin d’une concentration maximale. Cela passer par la mise en place d’une signal établi (ex : mot, sonnette, image, silence…) pour avertir qu’il faut faire particulièrement attention. En effet, toutes les tâches n’exigent pas le même niveau de concentration.

Cela peut passer par des avertissement oraux du type « J’attire votre attention sur… » ou « C’est un des éléments clés de cette leçon/ ce chapitre… » ou « Rappelez-vous, ce que vous devez retenir, c’est… » pour souligner les messages clés.

Toutefois, les perpétuelles injonctions du type “Concentrez-vous maintenant !” sont inefficaces d’une part parce que les ordres ont tendance à susciter de l’opposition (via la contre volonté) et d’autre part, elles n’expliquent pas ce qu’il faudrait faire (si les élèves ne sont pas capable d’évoquer des gestes précis, ils ne sauront pas comment se concentrer).

Pour aller plus loin : Prévenir les élèves qu’il va falloir être attentif les aide : quel signal efficace pour augmenter l’attention en classe ?

2.Proposer des pauses régulières

Il est possible de proposer deux minutes de pause lors d’une transition entre deux activités pendant lesquelles les élèves peuvent marcher dans la salle ou en dehors, regarder par la fenêtre, faire des étirements ou encore laisser aller leur attention où ils le souhaitent. Ainsi, le réservoir attentionnel des élèves pourra se remplir de nouveau.

Pendant ces « micropauses », les élèves peuvent laisser leur esprit divaguer, sans effort requis : certains parlent d’« errance mentale ».

Ces « micropauses » peuvent être utilisées à tout moment pendant la classe dès que l’enseignant sent que les élèves fatiguent. Elles sont complémentaires des récréations plus longues du matin, du déjeuner et de l’après-midi. Il peut être envisagé de proposer des « micropauses » toutes les trente minutes avant et après les récréations (toutes les heures et demie).

Il est également possible de demander aux élèves s’ils se sentent fatigués et s’ils ressentent le besoin d’une pause.

3.Permettre le mouvement

Il n’est pas nécessaire d’être immobile et assis à un bureau pour apprendre.

Plusieurs options sont envisageables pour permettre le mouvement en classe comme à la maison :

  • bouger d’une pièce à l’autre (voire d’un étage à l’autre) (par exemple pour mémoriser l’orthographe des mots d’une dictée en lisant le mot dans une pièce puis en l’écrivant dans une autre);
  • ne jamais priver un enfant/ ado de récréation ni de sport;
  • laisser les élèves marcher pieds nus (ou en chaussettes) en classe (et même dans l’herbe);
  • repenser l’aménagement des classes et l’enseignement pour permettre les déplacements libres (comme dans cette classe);
  • autoriser les enfants à bouger autant qu’ils en ont besoin quand ils font leurs devoirs (par exemple, c’est OK de s’asseoir par terre, de s’allonger la tête en bas ou encore de tourner avec la chaise de bureau);
  • réviser et apprendre debout;
  • autoriser les gribouillages;
  • proposer des réveils musculaires…

4.Solliciter plusieurs sens en même temps

Nos sens ont évolué pour fonctionner ensemble –  la vue influençant l’ouïe, par exemple  –, ce qui signifie que notre apprentissage est optimal si plusieurs de nos sens sont stimulés simultanément.

En classe, l’ouïe et la vision sont les deux sens les plus sollicités. Mais nous avons d’autres sens (goût, odorat, toucher, proprioception) capables de favoriser notre apprentissage que nous pouvons imaginer solliciter de manière créative (par exemple, associer une information à une matière ou un goût ou à un mouvement).

5.Varier les rythmes

Varier les rythmes en classe peut prendre diverses formes :

  • changer l’intonation de la voix,
  • utiliser les silences,
  • alterner des séquences pratiques et des séquences de réflexion,
  • proposer des temps debout et des temps assis,
  • demander aux élèves de poser une question ou de répondre à un mini quizz (non noté),
  • l‘enseignant s’assoit au milieu des apprenants…

6.Utiliser le levier émotionnel (cultiver des émotions agréables et éviter le stress élevé)

Aurélie Van Dijk écrit que l’attention est attirée par les informations émotionnelles saillantes. Même si une expérience émotionnelle va consommer plus de ressources attentionnelles qu’une expérience non émotionnelle, l’attention et la motivation mobilisées grâce à l’émotion agréable vont permettre d’amplifier l’apprentissage et la mémorisation.

Quelques idées pour utiliser le levier émotionnel en classe :

  • proposer un défi, un challenge, une énigme,
  • créer la surprise,
  • utiliser l’humour (anecdotes, blagues, vidéos, etc.),
  • passer par le jeu,
  • autoriser des plages de temps libre sans objectif pédagogique,
  • utiliser le storytelling (raconter des histoires),
  • éviter le stress élevé (assurer un cadre clair et bienveillant, dans lequel chaque élève se sent en sécurité; donner des retours positifs et encourageants).

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Source : Réinventez vos formations avec les neurosciences de Aurélie Van Dijk (éditions ESF Sciences Humaines). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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