libérer le potentiel des enfants

3 clés pour libérer le potentiel des enfants et booster les apprentissages (ou le pouvoir des mots “Je crois en toi”)

Le pouvoir des mots “Je crois en toi”

Il est capital de révéler le potentiel présent au cœur de chaque personne car le meilleur inspire le meilleur et le beau suscite le beau.

Révéler les talents, l’ingéniosité et la créativité d’un enfant libère l’énergie créative qui est en lui, lui permet d’être pleinement lui-même, de développer ses richesses intérieures et de contribuer à son tour aux richesses humaines. N’est-ce pas là une piste enthousiasmante pour l’avenir du monde ? – Ostiane Mathon

Une éducation positive privilégie la part émotionnelle de l’être : attitude chaleureuse, paroles encourageantes, regard de fierté et manière d’être inspirante (au delà de toute formule magique). – Maria Basque

3 clés pour libérer le potentiel des enfants et booster les apprentissages 

1. Des paroles encourageantes et valorisantes en toutes circonstances

Il y a un artiste caché en chacun de nous et mille et une manière d’exercer son art et sa créativité. Quel(le) artiste vit en toi ?

Tes perspectives d’évolution et de progression sont infinies.

Tu portes en toi le meilleur de toi-même.

J’ai foi en toi. Tu ne le sais peut-être pas encore mais tu portes en toi de magnifiques graines de joie et de talents. Ensemble, nous allons les arroser, les cueillir et en offrir un magnifique bouquet à la Terre entière.

Cela prendra sans doute du temps et réclamera patience et exigence mais priver les autres et toi-même de tes richesses, c’est comme priver le monde de ses plus beaux paysages.

Tu vas y arriver. Si tu tombes, tu te relèveras, tu essaieras à nouveau, comme tu l’as fait pour tes premiers pas quand tu étais bébé. Je suis là.

Chaque enfant, toi y compris, est un trésor pour l’humanité. Tu as le pouvoir d’essaimer la vie, la joie et l’espérance.

Je crois en toi.

Tu portes en toi un incroyable vivier de talents.

Tu es dans une perpétuelle dynamique d’évolution.

Je suis à tes côtés.

Tu es unique : la compétition et la comparaison n’ont aucune raison d’être.

Cela prendra du temps et nécessitera un réel investissement de ta part. La fierté sera ta plus belle récompense.

Tu fais de ton mieux et ton mieux change d’instant en instant !

Je t’aime parce que c’est toi.

Tu as le droit d’être toi-même.

Raconte moi comment tu as fait. ça m’intéresse.

Rien n’est figé, tout est encore possible. Tu grandis.

Quand tu es heureux(se) de vivre, tu transmets ce bonheur aux autres et tu contribues à rendre leur vie plus belle.

Fais confiance à ton intuition. Tu es capable d’avoir des idées originales.

Ton intelligence est en train de se construire. Tu es en mouvement. Nous sommes tous toujours en train d’apprendre.

Tu as en toi le pouvoir de te renouveler sans cesse.

Le but de la vie n’est pas d’en savoir le plus possible mais de trouver du sens à tes actions et de progresser.

Tu peux me demander de l’aide quand tu veux.

Tu as le droit d’avoir peur. Cela peut paraître difficile et c’est normal de ressentir de l’appréhension.

Tu peux décider que tu es fort(e). Tu peux faire des choix tout(e) seul(e), fais-toi confiance.

Tu as le temps, entraîne toi autant que tu en as besoin.

Tu me donnes le sourire.

Tu as le droit de parler en ton nom et de décrire pourquoi tu es gêné(e) par cette situation.

2. Des questions ouvertes et stimulantes

Qu’en penses-tu ?

Peux-tu m’en dire plus ?

Qu’as-tu aimé en particulier dans cette activité ?

Que ressens-tu en ce moment ?

Comment te sens-tu là maintenant ?

Comment apprends-tu le mieux ?

Qu’as-tu appris de cette erreur ?

Comment te sens-tu quand tu regardes ton travail ?

Si c’était à refaire, qu’est-ce que tu garderais ? qu’est-ce que tu modifierais ?

Quelles seraient tes idées ou envies pour que ça change ?

Nous avons tous des dons et des talents, connais-tu les tiens ?

3. Le pouvoir des signaux silencieux

Pour être efficace, un message avant même de quitter son émetteur, doit refléter une juste synchronisation entre la tête, le cœur et le corps de ce dernier. – Ostiane Mathon

Les signaux silencieux en disent donc long sur notre volonté d’encourager, d’entrer en lien, et sur l’authenticité de notre foi en l’autre.

Le silence peut être vecteur de mille messages d’attention :

  • un sourire franc,
  • un clin d’oeil complice,
  • une main tendue et ouverte,
  • un pas vers l’autre pour se rapprocher physiquement,
  • une tête inclinée vers l’avant comme acquiescement,
  • s’asseoir et se regarder dans les yeux.

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Source : Je crois en toi : pourquoi et comment valoriser les enfants (Maria Basque, Karine Le Goaziou, Isabelle de Lisle, Ostiane Mathon) aux éditions Le Souffle d’Or.

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encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

6 manières d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

Comment aider les enfants qui se découragent face aux difficultés ?

Carol Dweck est psychologue, spécialisée dans les questions de motivation chez les enfants. Elle propose une manière d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés fondée sur l’état d’esprit en développement.

Pour elle, le plus important est d’insister sur la notion de “pas encore” : une notion qui n’est pas encore acquise signifie que l’enfant est encore en train d’apprendre, qu’il est sur le chemin. Carol Dweck appelle cela le “pouvoir du bientôt“.

 

2 réactions possibles des enfants face aux défis et aux difficultés

1. “J’adore les défis” : un état d’esprit en expansion

Les enfants qui se réjouissent face à l’idée de relever des défis savent que leurs capacités peuvent être développées et que leur intelligence n’est pas figée. Ils ont un “état d’esprit en expansion”, ils sont orientés vers le “bientôt”.

Ces enfants vont s’impliquer dans les problèmes qui se présentent à eux : ils vont traiter les erreurs, apprendre à partir de celles-ci et les corriger.

 

2. “C’est une catastrophe, je ne vais jamais y arriver” : la tyrannie du maintenant

Les enfants qui paniquent devant les défis et les difficultés ont une perspective figée de l’intelligence. Ils sont pris au piège de la tyrannie du maintenant.

Face aux difficultés, ces enfants vont fuir : ils vont soit tricher (plutôt que réviser plus ou différemment) ou alors chercher quelqu’un de moins bon qu’eux (pour se rassurer sur leur propre valeur).

Les enfants pris au piège dans la tyrannie du maintenant ne vont pas même pas chercher à se confronter à l’erreur. Des scanners de leur cerveau ont montré que l’activité cérébrale est nulle face à un problème qui leur semble inatteignable.

6 manières d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

  • 1. Encourager plutôt que complimenter

On évitera de complimenter l’intelligence ou les talents mais on mettra l’accent sur le processus dans lequel les enfants se sont engagés :

– les efforts
– l’implication
– la concentration
– la persévérance
– les progrès

“Ta réussite est la consécration de tous tes efforts”, “C’est l’aboutissement d’heures et d’heures de travail”, “Tu as gagné 3 points par-rapport au dernier contrôle”, “C’était difficile et tu as continué malgré tout”, “Tu as donné le meilleur de toi-même et tu vas continuer de progresser”…

30 propositions pour encourager efficacement les enfants :

30 propositions pour encourager efficacement

  • 2. Porter l’attention sur la méthode et la stratégie mises en place

On pourra demander à l’enfant comment il a fait pour trouver et décrire comment il s’y est pris, détailler les étapes de sa réflexion et les allers retours pour arriver à la solution.

 

  • 3. Utiliser des mots “magiques” : bientôt, pas encore, pour le moment

Dire “Tu n’y arrives pas encore“, “Tu vas bientôt y arriver”, “Tu ne comprends pas pour le moment” donne de l’assurance aux enfants car ils ouvrent une voie vers l’avenir.

 

  • 4. Expliquer le fonctionnement du cerveau pour changer l’état d’esprit des enfants

On peut expliquer aux enfants que leur cerveau est plastique. Chaque fois qu’ils apprennent quelque chose, les neurones dans leur cerveau créent plus de connexions et plus fortes . A force de connexions, ils deviennent plus intelligents.

On pourra alors leur faire comprendre que leurs efforts finiront par payer :

Tes efforts créent des connexions entre tes neurones et ces connexions plus fortes et plus nombreuses, c’est ce qui te rend plus intelligent.

Plus tu travailles, plus tu mets de chances de ton côté.

 

  • 5. Avoir des attentes positives envers les enfants

Les attentes que nous avons envers les enfants modifient nos comportements envers eux. Or la manière dont nous traitons les enfants influencent sur le comportement de ces derniers. Les comportements (négatifs mais aussi positifs) s’auto-renforcent à l’aide d’étiquettes.

Lire cet article sur le rôle de nos attentes dans l’éducation des enfants (et notamment le mécanisme de l’effet Pygmalion).

 

  • 6. Éviter le piège du “c’est facile, tu verras”

On croit généralement encourager nos enfants en leur disant qu’une chose est facile. Pour nous, cela revient à leur dire que les choses sont à leur portée, que nous les savons capables de le faire à l’avance et que nous leur faisons confiance.

Or cela peut se retourner contre eux.

  • S’ils réussissent à faire quelque chose de facile, ils n’en retireront aucun mérite.
  • S’ils ne réussissent pas, ils se sentiront nuls car ils n’auront même pas été capables d’exécuter une chose communément admise comme simple.

On peut essayer de remplacer « C’est facile ! » par l’inverse : « Ce n’est pas facile ! » ou « Ça peut être difficile !« . Le message change alors de sens :

  • en cas de réussite, l’enfant est empli de fierté : »J’ai réussi quelque chose de difficile ! »
  • en cas d’échec, cette pensée peut le consoler : « J’ai raté mais c’était difficile. » Dans ce cas, on incitera l’enfant à recommencer avec des phrases motivantes du type « On ne peut pas s’améliorer tant qu’on n’a pas fait un premier pas. Le 40ème essai sera meilleur que le premier. Tu vas continuer à t’améliorer grâce à l’habitude et l’expérience. »

 

Il ne s’agit pas pour autant de dire que tout est difficile au risque de décourager l’enfant et de lui donner l’impression que le monde est inabordable. Mais plutôt de dire qu’une chose PEUT être difficile.

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Inspiration : Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite de Carol Dweck (Editions Mardaga).

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Le manque de prise de risque provoque l’anxiété des enfants

Un lien entre la prise de risque et le niveau d’anxiété enfants

Le courage et l’encouragement sont au cœur de l’éducation pour soutenir l’élan vital des enfants.

Un genou blessé s’en remettra, le courage blessé risque de ne jamais s’en remettre. – Rudolf Dreikurs

Ce mécanisme s’explique d’un point de vue scientifique : le système cérébral de motivation génère la curiosité. Or l’enfant est un scientifique en herbe car il veut tout savoir, tout comprendre, tout explorer, tout expérimenter.

Encourager l’enfant active le système de motivation et consolide l’élan vital de l’enfant. Cela s’explique par le fait que l’un des neurotransmetteurs principaux de ce système est la dopamine.

Cette molécule est un des éléments qui nous permet de profiter pleinement de la vie, d’avoir des projets et nous donne la vitalité, le dynamisme, le courage et la constance pour les réaliser. – Catherine Gueguen

Quand l’enfant manque d’encouragement, le taux de dopamine peut être faible dans son cerveau et l’enfant peut perdre son plaisir de vivre, manquer de motivation. L’enfant perd l’envie de réaliser des expériences nouvelles et peut développer de l’anxiété quand il ne reçoit pas assez d’encouragement.

Pourquoi s’intéresser aux troubles de l’anxiété dès l’enfance ?

Aux Etats-Unis, un quart des enfants souffrirait de troubles anxieux. L’anxiété est non seulement plus répandue que dans la génération précédente mais elle s’installe aussi plus tôt dans l’enfance.

Un enfant qui souffre d’anxiété a beaucoup plus de chance de souffrir d’anxiété ou de dépression à l’adolescence ou à l’âge adulte. Construire la santé émotionnelle des enfants leur donnera des fondations solides pour une vie réussie.

Qu’est-ce que l’anxiété ?

L’anxiété est une émotion normale (par exemple, il est normal de l’éprouver de l’anxiété avant une présentation orale devant un public).

L’anxiété se reconnaît à plusieurs symptômes :

  • Des changements à l’intérieur du corps

La respiration, la température corporelle, la transpiration, le fonctionnement de l’estomac sont affectés. Ces symptômes sont ceux du corps qui se préparent à l’action.

  • Des pensées négatives affluent

“Qu’est-ce qu’il/elle me veut ?”, “pourquoi on me demande de faire un truc stupide ?”. Les pensées sont alors concentrées sur les menaces et l’éventualité que quelque chose de mauvais arrive.

  • Le comportement devient fuyant

On cherche naturellement à éviter une situation considérée comme une menace (par exemple en baissant la tête, en fuyant l’interlocuteur des yeux…).

L’anxiété est normale dans des situations sociales (comme dans l’exemple précédent de la prise de parole en public) ou des situations en action (comme sauter en parachute). Le problème commence quand certaines personnes ressentent les symptômes de l’anxiété tous les jours, hors des situations normales sujettes à anxiété, et de manière intense. Cette anxiété quotidienne peut avoir des conséquences néfastes sur leur vie car elles ne feront plus certaines choses habituelles du quotidien.

Quels sont les effets de l’anxiété chez les enfants ?

Quelques exemples de comportements qui peuvent être attribués à une santé émotionnelle troublée :

  • ne pas oser lever la main en classe pour poser une question

  • sécher les cours les jours d’interrogation par peur de l’échec

  • ne pas vouloir intégrer des activités de groupe

  • refuser les invitations à des fêtes ou refuser d’inviter des amis

Ces situations sont aussi difficiles à vivre pour les parents que pour les enfants : ces derniers ont du mal à dire pourquoi ils ont peur et ce qu’ils ressentent vraiment à l’intérieur, ce qu’ils pensent.

Comment réagissons-nous naturellement face aux situations difficiles vécues par nos enfants ?

Des études scientifiques ont montré que les enfants qui sont sujets à des troubles de l’anxiété ont des parents plus prompts à leur apporter une aide toute faite. C’est une attitude normale de vouloir aider un enfant qui souffre d’anxiété, qui manifeste sa peur.

Les études ont montré que tous les parents, y compris ceux qui ont élevé des enfants émotionnellement sains, cherchent à soulager les peurs des enfants avec des solutions prêtes à l’emploi.

Or quand on se précipite pour aider un enfant, il n’en tire aucun enseignement de vie : il n’apprend pas à développer ses propres stratégies pour faire face à ses problèmes.

 

Plusieurs attitudes parentales peuvent participer à la construction de la santé émotionnelle des enfants :

  • Permettre aux enfants de prendre des risques et des initiatives,
  • Les aider à traverser leurs peurs (voir cet article sur la zone Braver-ressentir : Comment aider les enfants à surmonter leurs craintes avec bienveillance ?),
  • Respecter leurs efforts,
  • Leur témoigner de la confiance : le moment viendra où ils se sentiront prêts,
  • Utiliser les compliments descriptifs.

3 pistes pour prévenir l’anxiété chez les enfants

1.  Encourager les enfants à prendre des risques et des initiatives

Plutôt que chercher à protéger les enfants des situations difficiles et à leur proposer nos solutions toutes faites, nous pourrions les encourager à y faire face.

Cela ne signifie pas pour autant jeter des enfants qui ne savent pas nager dans le grand bain. C’est une violence faite à l’enfant de nier ses peurs ou de le forcer à faire quelque chose dont il a peur.

Il ne s’agit donc pas de nier les émotions des enfants mais de les reconnaître, de les accueillir et d’aider l’enfant à surmonter ses peurs petit à petit, de le confronter à de petits défis graduellement et avec nos encouragements.

courage éducation enfants

 

Nous pouvons leur préparer de petites tâches, les encourager à sortir de leur zone de confort. C’est le principe du kaizen : découper une grande tâche en plusieurs petites tâches faciles à accomplir.

Pour un enfant qui a peur d’aller à la cave tout seul, cela pourra passer par le fait de lui demander d’aller chercher quelque chose au garage éventuellement accompagné, puis seul, d’aller demander quelque chose à un voisin seul. L’idée est de lui montrer qu’il est capable de faire des choses seul, qu’il en retire de la satisfaction, que vous reconnaissez ses efforts. Puis vous pourrez descendre avec lui à la cave : il restera d’abord en haut des escaliers, puis sur le pas de la porte la fois suivante, il entrera avec vous la fois d’après. L’idée est de donner une responsabilité à l’enfant, de lui dire que vous avez besoin de lui pour trouver un objet précis. Il se sentira à la fois utile et absorbé par la tâche à accomplir. Les fois suivantes, vous pourrez descendre avec lui mais c’est vous qui resterez sur le pas de la porte, puis dans la cage d’escalier jusqu’à ce que l’enfant se rende compte qu’il est capable de descendre seul à la cave !

Pour Rudolf Dreikurs (psychologue américain spécialisé dans l’éducation), l’encouragement est aussi vital à l’enfant que l’eau à la plante. L’anxiété serait alors une conséquence du découragement des enfants.

30 propositions pour encourager efficacement

 

2. Utiliser les compliments descriptifs et centrés sur les efforts/ le processus (plutôt que le résultat)

Remarquer et décrire les petite victoires des enfants leur permettra de progresser, de bâtir une solide estime d’eux-mêmes et de vaincre leurs peurs. Les commentaires descriptifs et objectifs sont les plus efficaces : “Je vois une garçon/une fille capable de…”, “Tu as fait ça et ça et maintenant tu es capable de…”, “C’était difficile, j’ai vu que tu as fait beaucoup d’efforts et tu as réussi à…”.

 

Pour aller plus loin : 5 manières d’utiliser l’encouragement de façon constructive

3. Montrer aux enfants que nous faisons aussi des efforts pour surmonter nos propres peurs

L’enfant vient au monde avec le besoin de reproduire ce que font les personnes de son entourage. Grâce aux neurones miroir, observer un comportement, c’est comme le réaliser pour notre cerveau. Voir un acte et l’accomplir activent les mêmes zones cérébrales. Ainsi, l’enfant est fortement influencé par les adultes autour de lui : l’enfant les imite, que le modèle adulte soit “bon” ou “mauvais”.

Nous pouvons montrer des exemples de courage à nos enfants :

  • dans des situations de vie que nous évitons par peur justement (comme demander une augmentation ou passer un examen médical),
  • dans des manières de progresser sur ces situations : des petites actions qui nous permettrait de moins les craindre et de les affronter.

 


Pour les anglophones, la vidéo source de Jen Hudson :

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5 manières d’utiliser l’encouragement de façon constructive (à l’école et à la maison)

5 manières d’utiliser l’encouragement de façon constructive (à l’école et à la maison)

Jane Nelsen nous invite à distinguer l’encouragement et le compliment. Dans son livre La discipline positive, elle propose plusieurs questions qui nous aideront à différencier encouragement et compliment :

  • est-ce que ce que je dis pousse l’enfant à s’auto évaluer, ou au contraire à être dépendant de l’évaluation d’autrui ?
  • suis-je respectueux ou bien condescendant ?
  • est-ce que je me place du point de vue de l’enfant ou seulement du mien ?
  • est-ce que je ferais ce commentaire à un ami ?

L’encouragement efficace atteint le coeur avant d’atteindre la tête. – Jane Nelsen

 

1. L’encouragement pour développer le référentiel interne

L’encouragement efficace stimule et insuffle du courage :

  • il reconnaît ce qui a été fait : le travail, les efforts, le processus
    • Tu as fait des efforts qui portent leurs fruits !
    • Que penses-tu de tout ce que tu as appris ?
    • Cette note reflète tes efforts !
  • il décrit objectivement, sans évaluer
    • Je vois des couleurs/ des formes
    • ça me fait penser à…
  • il passe par une langage personnel 
    • Merci pour ton aide !
    • J’apprécie ta coopération !
  • il incite l’auto évaluation
    • Qu’est-ce que tu en penses toi ? 
    • Qu’est-ce que tu ressens toi ?
  • il développe l’estime de soi
    • L’enfant se sent valorisé sans nécessiter l’approbation des autres
    • L’enfant change pour lui même (plutôt que pour faire plaisir ou se conformer)
    • L’enfant a le sentiment qu’il a du pouvoir et de la maîtrise sur sa vie

Ce type d’encouragement peut être utilisé à l’école et à la maison.

2. Le temps dédié : l’importance d’être connecté pour encourager efficacement

Jane Nelsen écrit que le temps dédié est une bulle d’amour inconditionnel, d’attention exclusive, de présence à l’autre, un bonheur partagé. Ce temps dédié n’est pas une récompense et encore moins un privilège mais un moment essentiel pour l’épanouissement de l’enfant.

C’est l’une des choses les plus encourageantes que les parents puissent faire pour leurs enfants : passer un temps régulier, programmé, “juste pour l’enfant”, comme un cadeau. Pas un temps obligatoire, ni occasionnel, mais un vrai temps garanti et dédié. – Jane Nelsen

Éteindre le portable renforcera pour l’enfant l’idée que ce temps est prioritaire à nos yeux. Les enseignants peuvent également essayer de dégager des temps dédiés pour leurs élèves sur ce principe.

 

3. Le geste d’affection : rétablir le lien

Parfois, le geste d’affection (câlin, caresse, massage, sourire…) suffit pour que l’enfant se sente encouragé et enclenche un changement dans son comportement. Parfois, le geste d’affection ouvre une porte à la recherche de solutions ensemble.

Parfois, le geste d’affection ne suffira pas pour briser un cycle de revanche ou une lutte de pouvoir : reconnaître nos erreurs et demander de l’aide à l’enfant pourra être une des choses les plus encourageantes que nous pourrons faire en tant qu’adultes.

 

4. Créer une relation de respect mutuel

Pour Jane Nelsen, le respect mutuel recouvre 3 notions :

  • la confiance dans nos propres capacités et celles des enfants
  • un véritable intérêt envers le point de vue des autres au même titre qu’envers le nôtre
  • la volonté d’assumer et reconnaître sa propre part de responsabilité dans le problème

Cela peut passer par des petits exercices pour se mettre à la place des enfants dans certaines situations : quels pourraient être les ressentis attachés à ces instants de leurs points de vue ?

 

5. Changer de regard sur les “bêtises” et les erreurs : plutôt parler de maladresses et d’apprentissages

Reconnaître les améliorations sans attendre la perfection est un formidable outil de l’encouragement qui pousse les enfants à poursuivre leurs efforts. – Jane Nelsen

  • Favoriser les apprentissages (scolaires, sociaux, ou des gestes du quotiden) demande de se centrer davantage sur les forces que sur les faiblesses des enfants

On peut partir de ce qui est réussi avant de demander aux enfants d’évaluer leurs erreurs. Donner envie de continuer ce qui est bien et de progresser est une clé de l’encouragement.

  • Permettre aux enfants de réparer leurs erreurs

ça a dû vous paraître amusant de…. J’ai bien l’impression que vous n’avez pas du tout pensé à ce que les autres allaient ressentir… Vous pensez qu’ils se sont sentis comment ? ça vous ferait quoi si quelqu’un vous faisait ça ? On fait tous des erreurs. Il s’afit seulement d’apprendre de nos erreurs et de faire ce qu’on peut pour en réparer les conséquences. Qu’est-ce que vous pourriez faire pour vous faire pardonner ? Qu’est-ce que vous aimeriez qu’on vous fasse dans le même cas ? Seriez-vous prêts à le faire ? Je sais que ce n’est pas facile mais je sais aussi que vous vous sentirez mieux après l’avoir fait. 

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Source : La discipline positive de Jane Nelsen (éditions Marabout Pocket).

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dire aux enfants découragés démotivés

10 affirmations puissantes à répéter aux enfants découragés ou démotivés

10 affirmations puissantes et positives à répéter aux enfants découragés ou démotivés pour qu’ils exploitent leur potentiel

Je fais de mon mieux tout ce que je fais, explorant joyeusement de nouvelles possibilités.

Je relève des défis et je n’ai jamais envie d’abandonner.

Je donne mon maximum et je grandis.

J’aime bouger ! Je suis heureux(se) de grimper, courir, de découvrir toutes mes possibilités physiques.

Je me donne moi-même des buts et je me sens bien quand je les atteins, sans m’occuper de ce que pensent les autres.

Je suis content(e) de m’améliorer à chaque fois que je fais quelque chose, quelle que soit mon activité.

Je respecte la façon particulière dont chacun apprend.

J’aime écrire mes propres histoires; mes idées et mes pensées semblent couler toutes seules sur le papier. Quand je lis, j’ai toujours l’impression de savoir ce qui va se passer après. Quand je parle, les mots me viennent facilement, ils ont tout de suite un sens et suivent exactement ma pensée.

Je reste positif(ve) et joyeux(se) en utilisant tout ce qui me rend fort(e) !

Je ne m’en souviens pas pour l’instant. Je n’ai pas réussi cette fois-ci.

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Source : Kinésiologie pour enfants de Paul et Gail Dennison (éditions Le Souffle d’Or). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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lutter-contre-illusion-incompetence

Comment lutter contre l’illusion d’incompétence ?

Comment lutter contre l’illusion d’incompétence ?

10 clés pour lutter contre l’illusion d’incompétence dont souffrent certains enfants :

Travailler sur l’estime de soi – des pistes ici

Travailler sur la confiance en soi – des pistes ici

Travailler sur les attributions causales internes : les réussites sont le fruit des efforts, du travail, des compétences – des pistes ici

Encourager en mettant l’accent sur la description, les efforts, les réussites, les émotions ressenties – des pistes ici

Développer l’esprit en développement tel que décrit par Carol Dweck – des pistes ici

En tant qu’adulte, adopter une attitude positive et constructive, en dehors des étiquettes enfermantes et définitives, pour dépasser les déterminismes – des pistes ici

Activer les leviers de la motivation intrinsèque – des pistes ici

Expliquer le fonctionnement du cerveau et la neuroplasticité cérébrale – des pistes ici

Valoriser les enfants – des pistes ici

Mettre en place un cadre bienveillant en classe et à la maison – des pistes ici

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Vous trouverez des éléments pour aller plus loin dans le petit livre Je crois en toi (éditions Le Souffle d’Or), rédigé par des enseignantes qui y livrent les outils d’éducation positive et bienveillante qu’elles utilisent en classe.

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6 outils pour motiver les enfants par la mise en place d’un cadre bienveillant

6 outils pour motiver les enfants par la mise en place d’un cadre bienveillant

Dans le livre “Je crois en toi”, Ostiane Mathon, ex enseignante et consultante en pédagogie, propose des outils pour instaurer un cadre bienveillant et motivant en classe. Ces idées sont également applicables à la maison pour créer une atmosphère encourageante et valorisante.

Valoriser n’est pas tromper, flatter ou être gentil. Il s’agit plutôt de faire transpirer cette intime conviction que chaque enfant est un trésor pour l’humanité et qu’il nous revient de le lui révéler.

 

1. Les trois tamis de la communication

Les trois tamis de la communication sont attribués à Socrate. Passer nos remarques, nos demandes ou nos conseils au travers de ces tamis peut nous aider à adopter un langage valorisant et non violent. Les enfants pourront également adopter ces trois tamis afin d’assurer des échanges constructifs entre eux et avec les adultes.

Ce que je vais dire est-il vrai, bon et utile ?

  • Le tamis de la vérité : est-ce que je suis sûr(e) que ce que j’ai à dire est vrai ? mes remarques s’appuient-elles sur des faits observables, objectifs ? ces faits correspondent-ils à quelque chose qui pourrait être filmé par une caméra ?
  • Le tamis de la bonté : est-ce que ce que je vais dire est bon ?est-ce que mes paroles vont juger la personne ?
  • Le tamis de l’utilité : est-ce que je propose des pistes d’amélioration concrètes et réalistes ?

Pour aborder le principe des trois tamis de la communication avec ma fille (6 ans), j’ai utilisé cette histoire extraite du livre “Histoires pour vivre heureux” (éditions Bayard Jeunesse).

trois tamis de la communication
Extrait : Histoires pour vivre heureux

2. L’auto-louange

Ostiane Mathon écrit : “‘l’enjeu de l’auto-louange est de célébrer haut et fort, dans un style résolument empathique, poétique et symbolique, ce que chacun porte de merveilleux en lui afin de l’offrir en partage au reste de la communauté, non pas dans l’esprit d’une autopromotion de soi mais dans l’idée de s’envisager comme un trésor de plus offert à l’humanité”.

L’auto louange est une tradition orale venue d’Afrique qui invite à parler de soi de manière vraie en utilisant “je” : c’est l’expression authentique de qui je suis.

auto louanges enfants
Extrait : Je crois en toi – Editions Le Souffle d’Or

3. Le mur des citations inspirantes

Ostiane Mathon parle de “mur des adages” comme espace de pensée et de parole. Elle donne quelques exemples qu’elle a utilisés avec ses classes :

Un homme vraiment sage est celui qui sait jouir de tous les petits bonheurs qu’il rencontre. – Alphonse Karr

Ne dites pas que le problème est difficile. S’il n’était pas difficile, ce ne serait pas un problème. – Marcel Proust

Si tu aimes la vie, elle t’aimera en retour.

J’aime également les citations autour de l’échec ou de la créativité. Je vous en propose dans ces deux articles :

20 phrases pour surmonter la peur de l'échec

créativité citations

4. Le jeu du veilleur bienfaisant invisible

Au début d’une période déterminée (semaine par exemple), tous les enfants reçoivent une enveloppe mystère différente qui contient le nom d’un autre enfant sur lequel ils sont chargés de veiller. Ce jeu part du principe que tous les enfants sont capables de faire preuve d’altruisme et d’empathie à partir du moment où l’environnement le leur permet.

Le but du jeu est d’être à la fois suffisamment discret dans les bonnes actions, dans les encouragements, dans les sollicitudes pour ne pas être démasqué et suffisamment présent pour être un ange gardien efficace.

Ostiane Mathon conseille de débriefer en fin de période pour connaître le retour des enfants : Selon toi, qui était ton veilleur bienfaisant ? Comment vous y êtes vous pris pour rester invisible ? Qu’avez-vous ressenti au cours de cette période ?

 

5. Les piliers du vivre ensemble

Ostiane Mathon propose de construire collectivement et démocratiquement les 7 sept piliers du vivre ensemble qui définiront les valeurs du groupe.

Ces 7 piliers peuvent prendre la forme de 7 mots clés qui fonderont la charte et le cadre de la vie collective, assurant la protection et l’inclusion de chacun des membres.

Un travail philosophique et artistique pourra être réalisé autour des ces 7 piliers afin de les comprendre, de les intégrer et de les incarner. Ostiane Mathon donne l’exemple d’acrostiches qu’elle a réalisés avec ses classes, exposés sur les murs de l’école :

piliers vivre ensemble
Extrait : Je crois en toi – Editions Le Souffle d’Or

 

6. La chaise aux mots cadeaux (ou douche chaude)

Un enfant est invité à se retourner ou à s’asseoir sur une chaise au centre de la pièce. C’est “l’enfant cadeau” qui s’assoit sur la “chaise aux mots doux” et qui ferme les yeux.

Le groupe d’enfants est invité à faire le silence et, à un signal gestuel, chaque enfant dépose anonymement un message positif au creux de l’oreille de “l’enfant cadeau”. Les messages positifs peuvent être un mot gentil, une qualité, un encouragement, un remerciement…

Une fois que “l’enfant cadeau” a reçu tous les messages positifs, il est invité à garder tous ces mots doux dans son coeur avant d’ouvrir les yeux.

Ostiane Mathon écrit :

Ces mots-doux offerts dans le plus grand secret présentent le double avantage de faire autant de bien à celui qui les prononce qu’à celui qui les reçoit.

 

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Source : Je crois en toi ! : pourquoi et comment valoriser les enfants (Maria Basque, Karine Le Goaziou, Isabelle de Lisle, Ostiane Mathon)
Commander Je crois en toi ! : Pourquoi et comment valoriser les enfants sur Amazon.

Un condensé de réflexions bienveillantes, d’idées et d’outils pratiques, proposées par des enseignantes expérimentées qui ont foi en la nature humaine. Un ouvrage que je recommande à tous les parents, les enseignants et les éducateurs.

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ennemis cerveau apprend

4 ennemis majeurs du cerveau à éviter quand on apprend

4 ennemis majeurs du cerveau à éviter quand on apprend

4 ennemis majeurs du cerveau sont à éviter quand on apprend. Face à ces ennemis, le cerveau perd ses moyens. Plusieurs processus nécessaires à l’apprentissage en sont affectés : la créativité, la mémorisation, la compréhension.

1. L’absence de sentiment de sécurité (physique et émotionnelle)

Le besoin de sécurité physique et émotionnelle fait partie des besoins psychologiques et émotionnels des enfants. Faire peur à l’enfant est pourtant encore courant :

  • moquerie et humiliation,
  • mépris,
  • menaces,
  • chantage,
  • cri,
  • exigences qui ne respectent pas la réalité du stade de développement de l’enfant,
  • règles fluctuantes, non claires,
  • le retrait d’amour, d’affection,
  • l’isolement et l’exclusion (du groupe classe, de la famille),
  • violence (physique ou verbale).

A l’école, les interrogations surprises, les menaces de zéro ou de colle, l’obligation d’aller au tableau sont vécues comme des menaces diffuses et mettent les enfants en grande insécurité.

 

2. La peur de l’erreur

La peur de l’erreur est très fréquente à l’école et source de stress intense. Créer une atmosphère d’apprentissage où les erreurs font partie de la démarche d’apprendre aidera les enfants à prendre confiance en eux.

Les erreur sont un outil de travail et servent à progresser. Apprendre consiste justement à analyser ses erreurs pour en comprendre la cause, à les corriger à partir de cette compréhension avant de pouvoir avancer dans la compréhension.

On peut proposer aux enfants une vision positive de l’erreur et insister sur la valeur des efforts, du travail, du processus pour pousser les enfants à persévérer.

citation sur les erreurs

 

3. L’anxiété et le stress

Les capacités d’apprentissage des enfants dépendent grandement de leur état émotionnel. Il s’agit de leur apprendre à passer d’un état émotionnel défavorable aux apprentissages à un état favorable.

Plusieurs manières de se reconcentrer et de se calmer peuvent être proposées à l’enfant :

  • faire une pause pour parler d’un sujet qui le motive et réveille des émotions positives,
  • pratiquer des exercices simples de relaxation, de respiration ou de yoga,
  • faire preuve d’humour (raconter des blagues, faire des grimaces, une séance de yoga du rire),
  • proposer une activité créative,
  • colorier un mandala de l’extérieur vers l’intérieur,
  • boire un verre d’eau,
  • changer de lieu,…

Pour en savoir plus sur le stress chez l’enfant, je vous propose de lire ce dossier complet : Quand le stress bloque les apprentissages, comment en réduire le niveau ?

 

4. Le découragement : “Je n’y arriverai jamais”

Face à un enfant découragé, on peut être tenté de l’encourager maladroitement : “C’est facile, tu verras !”.

Pour nous, cela revient à lui dire que les choses sont à sa portée, que nous le savons capable de le faire à l’avance et que nous lui faisons confiance. Pourtant, cela peut se retourner contre l’enfant. Si celui-ci réussit à faire quelque chose de facile, il n’en retirera aucun mérite. S’il ne réussit pas, il se sentira nul car il n’aura même pas été capable d’exécuter une chose communément admise comme simple.

On peut essayer de remplacer « C’est facile ! » par l’inverse : « Ce n’est pas facile ! » ou « Ça peut être difficile ! ». Le message change alors de sens :

  • en cas de réussite, l’enfant est empli de fierté : »J’ai réussi quelque chose de difficile ! »
  • en cas d’échec, cette pensée peut le consoler : « J’ai raté mais c’était difficile. «

L’idée est de faire comprendre à l’enfant que tout est question de temps et que les apprentissages ne sont pas une course à la performance. Une manière d’encourager efficacement un enfant découragé serait de reformuler sa phrase par : “Tu n’y arrives pas ENCORE !”. C’est ce qu’on appelle le “growth mindset” et qu’on peut cultiver chez les enfants : apprendre à parler, à penser et à se penser dans un esprit de croissance.

Il ne faut jamais oublier que l’intelligence est incroyablement plastique, qu’un mauvais élève peut devenir bon en l’espace de quelques mois quand il est dans un milieu secure. Or, plus un système est rigide – et le nôtre l’est – moins il tient compte de cette plasticité de l’intelligence. – Boris Cyrulnik

 

La culture de l’état d’esprit de développement peut passer par plusieurs points :

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Sources :
J’aide mon enfant à mieux apprendre de Bruno Hourst
Donner l’envie d’apprendre de Alain Sotto et Varinia Oberto


12 propositions pour remplacer “c’est bien” (et comprendre la différence entre encourager et complimenter)

Une différence entre encourager et complimenter ?

Les précautions à prendre avec les compliments

Complimenter consiste à dire une formule d’appréciation positive sur un fait, une action accomplie, passée ou sur un état, sur la personne.

Par exemple, affirmer

  • qu’un dessin est joli,
  • qu’un enfant est un bon garçon/ une bonne fille car il/ elle a fini son assiette,
  • qu’un enfant est beau.

Le compliment n’engage pas la discussion, peut avoir un côté enfermant, l’enfant se voit coller une étiquette.

Certains psychologues mettent même en garde contre les compliments contre-productifs. A force de s’entendre dire qu’ils sont gentils/ beaux/ intelligents, les enfants peuvent ressentir de la pression et se dire :  « Si j’ai une mauvaise note, je serai moins aimé(e) ».

Les enfants peuvent même devenir dépendants des compliments, ne plus être capables d’agir sans compliment de la part d’un tiers, ils en oublient leur motivation intrinsèque.

Enfin, être qualifié d’adjectifs aussi positifs et valorisants soient-ils ne donne pas à l’enfant la conviction qu’il peut agir, prendre des initiatives pour changer et contrôler la manière dont il est perçu.

30 propositions pour encourager les enfants efficacement plutôt que les complimenter

 

Les risques de compliments bien intentionnés mais maladroits

Stephen Grosz, psychanalyste et professeur à l’University College de Londres, met en garde dans son livre The Examined Life: How We Lose and Find Ourselves contre l’overdose de compliments : répéter à un enfant qu’il ou elle est intelligent(e), que son dessin est joli ne l’aidera pas forcément à s’améliorer. La répétition trop fréquente de ce type de compliments pourrait même inhiber les performances des enfants.

Pourquoi en effet faire un autre dessin si celui qu’ils ont fait hier était déjà le plus beau ?

Pourquoi innover et tenter une autre manière de dessiner si les dessins tels qu’ils sont déjà faits valent toujours des compliments ?

Stephen Grosz fait référence à une étude menée par deux psychologues en 1998 (Carol Dweck et Claudia Mueller). Elles ont demandé à 128 enfants de résoudre des problèmes simples de mathématiques. Une fois les problèmes résolus, ces 128 enfants ont été séparés en deux groupes :

  • les enfants du premier groupe ont été complimentés sur leurs capacités intellectuelles (Bravo, tu as bien réussi, tu es tellement intelligent),
  • les enfants du deuxième groupe ont été complimentés sur leurs efforts et le processus intellectuel pour arriver au résultat (Bravo, tu as bien réussi, tu as dû beaucoup réfléchir et essayer plusieurs fois avant d’y arriver).

 

Suite à cela, d’autres problèmes plus complexes ont été proposés aux enfants :

  • Il se trouve que les enfants dont on a complimenté le travail plutôt que l’état d’intelligence se sont montrés plus persévérants et volontaires dans la résolution de ces problèmes. Ils n’hésitaient pas à recommencer, même suite à un erreur ou un mauvais départ.
  • Au contraire, les enfants de l’autre groupe complimentés sur leur intelligence se sont révélés plus anxieux face au risque d’échec, se sont contentés de refaire les mêmes procédures que celles qui avaient fonctionné lors des premiers problèmes simples et leur ténacité a été mise à rude épreuve.

 

L’excitation et la fierté engendrées par le fait d’être considéré comme intelligents finit par se transformer en anxiété diffuse et détériore l’estime d’eux-mêmes, la motivation et les performances des enfants. – Stephen Grosz

 

Carol Dweck et Claudia Mueller ont poussé l’expérience plus loin : elles ont demandé aux enfants de correspondre avec des enfants d’une autre école pour raconter leur expérience. Les enfants du premier groupe ont alors menti et augmenté leurs scores au test de résolution de problèmes !

Au final, un seul compliment maladroitement formulé a suffi à les rendre peu sûrs d’eux au point de mentir pour se conformer à leur statut d’enfants intelligents.

Jane Nelsen nous invite donc à distinguer l’encouragement et le compliment. Dans son livre La discipline positive, elle propose plusieurs questions qui nous aideront à différencier encouragement et compliment :

  • est-ce que ce que je dis pousse l’enfant à s’auto évaluer, ou au contraire à être dépendant de l’évaluation d’autrui ?
  • suis-je respectueux ou bien condescendant ?
  • est-ce que je me place du point de vue de l’enfant ou seulement du mien ?
  • est-ce que je ferais ce commentaire à un ami ?

 

Encourager efficacement

Encourager les enfants consiste plutôt à prendre le temps de les regarder en action ou à les questionner sur le processus et le résultat. Contrairement aux compliments, les encouragements valorisent les efforts, le travail, les progrès, les processus intellectuels ou physiques par-lesquels l’enfant a le pouvoir de changer une situation, un état de fait et de s’améliorer.

Porter notre attention sur les efforts et le processus, ainsi que faire des remarques descriptives sur le résultat (les couleurs, les formes, l’intention de l’enfant) seront vécues comme des encouragements.

Ce n’est pas la même chose de dire à un enfant qu’on voit différentes formes et couleurs, de lui demander pourquoi il a choisi telle ou telle couleur, de dire « J’aime regarder ce dessin car il me fait penser à… » que d’affirmer « Ton dessin est joli ».

Encourager les enfants ton dessin est joli

 

Ce n’est pas la même chose de dire « Tu as été gentil, c’est bien » que d’exprimer de la reconnaissance « Nous avions besoin de temps calme pour travailler, tu as joué seul et tu t’es montré patient, nous avons apprécié que tu ne nous interrompes pas, merci ». On gagnerait alors à remplacer “c’est bien” et “tu es intelligent.e”.

Encourager les enfants tu as été gentil c'est bien

Un encouragement nécessite un effort d’attention de la part de celui ou celle qui encourage.

Les enfants ont besoin de bien plus que des félicitations :

  • un accompagnement de leur joie à eux,
  • une attention portée à leurs sentiments, une validation de leurs émotions,
  • de l’admiration pour les efforts et la réussite qui en découle.

 

Un encouragement efficace peut passer par :

  • des questions (« Qu’est-ce que tu as préféré faire aujourd’hui ? », «Qu’est-ce que tu as voulu représenter ?», «Raconte-moi ce que tu as voulu dire/ faire passer comme message avec ce dessin/ cette construction », « Comment tu le trouves ton dessin/ ton histoire… ? » … ),
  • des messages-Je (« Je suis impressionné.e par la façon dont tu…», « J’adore jouer avec toi », «J’aime te regarder créer/écrire/jouer du piano…», «J’apprécie quand tu…»),
  • de l’empathie (« J’ai l’impression que tu commences à fatiguer», «Tu dois être fièr.e de…»),
  • de la reconnaissance des efforts (“C’est la récompense de tous tes efforts”, “Ce résultat t’a demandé de la patience et tu as réussi tout.e seul.e”.),
  • une simple présence (un sourire, des applaudissements, du temps accordé aux activités de l’enfant, s’asseoir à côté de l’enfant et le regarder…)

 

Plus un enfant se sent apprécié et valorisé, plus il a envie d’avancer. L’appréciation positive guide vers l’autonomie. Isabelle Filliozat insiste sur la nécessité d’encouragements réguliers pour que les enfants se sentent forts et joyeux.

30 propositions pour encourager efficacement

 

12 propositions pour remplacer “c’est bien”

Jane Nelsen insiste sur les 5 manières d’utiliser l’encouragement de façon efficace :

  • Développer le référentiel interne
  • Le temps dédié : l’importance d’être connecté pour encourager efficacement
  • Le geste d’affection : établir un lien
  • Créer une relation de respect mutuel et de confiance
  • Changer de regard sur les “bêtises” et les erreurs : plutôt parler de maladresses et d’apprentissages

 

L’encouragement efficace atteint le coeur avant d’atteindre la tête. – Jane Nelsen

 

Voici 12 propositions qui prennent en compte ces 5 points pour exprimer des encouragements plutôt que des compliments :

 

  1. Tu l’as fait tout.e seul.e
  2. Tu as fait ça puis ça et ça a fonctionné
  3. Tu as utilisé beaucoup de peinture/ légos/ feutres rouges/ verts…
  4. Ça t’a pris longtemps et tu as réussi !
  5. C’était vraiment difficile car…. Et tu dois être tellement fier.e maintenant du résultat !
  6. Comment est-ce que tu l’as fait ?
  7. Tu as fait ça, que vas-tu faire ensuite ?
  8. Comment tu as pensé à cette solution/ réponse ?
  9. Pourquoi as-tu choisi ces couleurs/ matières/ notes de musique…
  10. Tu as continué, même quand c’était dur
  11. Tu as l’air tellement content.e d’avoir fait ça
  12. Je pense que ça te rend heureux.se de faire ça

 

encouragement enfants

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Sources :

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valoriser motiver enfants

La meilleure façon de valoriser et motiver !

Suggestions de phrases positives à dire aux enfants pour les valoriser et les motiver

Ce lexique positif garantit un cadre d’apprentissage bienveillant, stimulant et structurant, basé sur l’estime de soi, la confiance réciproque et l’encouragement. Il est inspiré par la notion d’état d’esprit en développé par Carol Dweck.

Les 12 phrases de ce lexique incitent les enfants à tirer partie de la plasticité neuronale et participent à développer un état d’esprit en développement.

Elles ont plusieurs vertus :

  • Remotiver les enfants à l’école (et ailleurs)
  • Apprendre aux enfants à se parler positivement et avec optimisme
  • Remplacer les petites phrases négatives et décourageantes qui brident les enfants dans leurs apprentissages
  • Redonner confiance aux enfants dans leurs capacités
  • Retrouver une bonne image d’eux-mêmes
  • Accéder à un sentiment de fierté personnelle

 

1. Plutôt que “je suis mauvais(e) en…”, dire

  • de quoi j’ai besoin pour progresser ?,
  • quel est l’élément important qui me manque ?

 

2. Plutôt que dire “j’abandonne”, dire

  • je vais utiliser des stratégies que je connais et que je maîtrise pour avancer pas à pas,
  • on m’a appris d’autres stratégies et je peux les mobiliser

 

3. Plutôt que dire “c’est trop dur”, dire

  • ça va me demander du temps et des efforts, et je vais finir par y arriver,
  • cela requiert du temps et de l’engagement, choses que je suis capable de fournir

 

4. Plutôt que dire “je ne peux pas faire mieux”, dire

  • j’ai toujours la possibilité de m’améliorer, alors je vais saisir cette opportunité,
  • il est toujours de s’améliorer et je vais persévérer

 

5. Plutôt que dire “je suis incapable de faire des maths”/”je suis nul(le) en…”, dire

  • je vais entraîner mon cerveau à développer son esprit mathématique avec des jeux et des exercices,
  • je vais davantage m’entrainer en…

 

6. Plutôt que dire “j’ai fait des fautes/des erreurs”, dire

  • j’ai le droit et même le devoir de me tromper car les erreurs me permettent d’apprendre et de progresser,
  • c’est à partir de mes erreurs que je vais apprendre

 

7. Plutôt que dire “les autres sont tellement intelligents, je ne serai jamais aussi intelligent(e) qu’eux”/”je ne serai jamais aussi compétent(e) que lui/elle”, dire

  • comment font les autres pour réussir ?
  • comment faire pour comprendre et m’approprier leurs stratégies ?,
  • je vais comprendre comment il/elle a fait et essayer à mon tour

 

8. Plutôt que dire “j’ai fait assez d’efforts comme ça, ça suffit”, dire

  • est-ce que j’ai vraiment fait du mieux que je peux ?,
  • est-ce que je peux m’améliorer et comment ?

 

9. Plutôt que dire “la première solution n’a pas fonctionné, mon plan A est nul”, dire

  • il y a 25 autres lettres dans l’alphabet, passons au plan B

 

10. Plutôt que dire “je n’y arriverai jamais tout(e) seul(e)”, dire

  • où trouver des ressources pour m’aider ?
  • qui pourrait m’éclairer ?

 

11. Plutôt que dire “je suis bête”, dire

  • l’intelligence a plusieurs formes et je vais découvrir comment je suis intelligent(e)

 

12. Plutôt que dire “je n’y arrive pas”, dire

  • je n’y arrive pas encore,
  • je vais bientôt y arriver,
  • je ne sais pas faire pour l’instant

 

Ces phrases sont des suggestions et le plus efficace pour remotiver un enfant et lui redonner confiance serait de lui demander personnellement ce qui le ralentit, ce qui le décourage quand il est en situation d’apprentissage.

Quelles voix (la sienne ? celles d’autres personnes ? qui ?) lui disent des paroles négatives le faisant douter de lui ?

Que pourrait-il dire à toutes ces petites voix dévalorisantes ?

Comment pourrait-il porter un regard différent sur ses compétences et ses capacités ?

Qu’aimerait-il entendre ?

Qu’est-ce qu’il peut se dire à lui-même ?

 

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Source d’inspiration en anglais par Stephanie Skelton, traduction libre