aménager espace auto discipline enfants

Comment (et pourquoi) agir sur la périphérie de l’enfant plutôt que sur l’enfant (aménager l’espace en classe ou à la maison pour favoriser l’auto discipline) ?

Comment (et pourquoi) agir sur la périphérie de l’enfant plutôt que sur l’enfant (aménager l’espace en classe ou à la maison pour favoriser l’auto discipline) ?

L’autodiscipline, un principe fondamental dans la pédagogie Montessori

Pour Maria Montessori, la discipline doit venir de l’intérieur. Voici ce qu’on peut lire dans le livre “Apprends moi à faire tout seul” de Charlotte Poussin (éducatrice Montessori) à ce sujet :

Le contrôle de l’erreur qui vient de l’extérieur engendre la passivité et crée une dépendance. Il vaut mieux que l’enfant ne prenne pas l’habitude d’être corrigé par un autre. Cela risque de le rendre passif. On voit si souvent, dans des classes traditionnelles, des enfants attendre, voir faire la queue en file indienne, pour être corrigés. Cela leur fait perdre du temps et rompt leur cycle d’activités. Alors qu’une autocorrection les garderait actifs et stimulerait leur travail.

D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’avoir juste ou faux. Il s’agit de s’exercer, de se perfectionner. L’exercice est un essai, un entraînement, pas une finalité en soi. Mieux la correction est vécue, plus elle suscite le travail personnel et motive le redoublement de l’effort.

L’être humain a besoin de se sentir en sécurité pour apprendre. S’il se sent humilié ou découragé, cela peut le bloquer et freiner sa confiance et son estime.

L’essentiel est de valoriser les erreurs. Cette phrase peut sembler paradoxale mais le secret de la réussite, c’est de considérer les échecs comme des tremplins vers le succès !  Il faut valoriser le travail indépendamment des résultats. Le vrai but, c’est le travail intérieur ! 

Si on laisse l’enfant repérer son erreur, alors sa prise de conscience est réelle et bénéfique.

 

Favoriser l’autocorrection en pratique 

Du matériel auto correctif

C’est pour cette raison que le  matériel dans la pédagogie Montessori offre à l’enfant la possibilité d’avoir le contrôle de l’erreur.

Source : blog l'école des amours
Source : blog l’école des amours

Des attentes sur le tâtonnement, pas sur le résultat immédiat

Les éducateurs Montessori n’attendent pas des enfants qu’ils réussissent tout de suite une activité. Ce qui est important est la manipulation et la pratique (pas le résultat ni la perfection).

 

Des précautions avec les encouragements

Une fois le succès atteint, mieux vaut inciter l’enfant à se féliciter et à être content de lui même (plutôt que le complimenter ou le flatter à outrance).

Le problème avec les compliments extérieurs est qu’ils peuvent créer une dépendance à l’approbation extérieure qui pousserait l’enfant à travailler pour les félicitations et la reconnaissance extérieure et qu’il pourrait souffrir de leur absence qui sonnerait comme un reproche ou une preuve de son incompétence.

Un encouragement efficace passe par  :

  • la description objective de ce que nous voyons (je vois…, je remarque.., tu as fait...)
  • la description objective du processus, du travail, des efforts (Cela t’a demandé beaucoup d’efforts et de travail et tu as réussi à…,  C’était difficile et tu as atteint ton objectif., Ce succès représente des mois/jours/heures passés à…)
  • l’expression de ce que nous ressentons (Je suis ému(e) quand…, J’aime particulièrement… parce-que…, Ça me rend joyeux(se) de voir que…, Je me sens…)
  • l’incitation à l’auto motivation (Tu dois être content.e de toi, Tu dois éprouver de la satisfaction...)

 

L’environnement parle souvent de lui même

On a plus d’influence sur le comportement des enfants, et de façon plus positive, en agissant sur la périphérie de l’enfant plutôt que sur l’enfant de façon directe. – Charlotte Poussin

Le message passe mieux lorsqu’il est suggéré ou proposé que lorsqu’il est imposé. Quand un enfant se sent respecté dans sa dignité et son intégrité, il cherche pas ou peu à dévier d’une consigne. Quand on propose un environnement adapté, stimulant, favorisant l’autonomie, l’enfant peut se centrer et se concentrer. Le calme découle de la concentration.

salles-de-classe-pas-comme-les-autres
Une école réaménagée aux Etats Unis

Quelques exemples

Si l’on souhaite que les enfants parlent moins fort, on peut leur parler tout bas en se mettant à leur hauteur. Le ton des enfants va alors baisser par absorption de l’ambiance calme.

Si l’on souhaite que les enfants rangent (par exemple leurs chaussures en rentrant dans la maison), mieux vaut installer du mobilier à leur hauteur, accessible, pratique et prévu à cet effet. C’est l’aménagement de l’espace qui incite à agir de telle ou telle façon.

S’il y a du désordre dans une classe, c’est sûrement qu’il y a du désintérêt ou que aménagement de la classe ne permet pas une circulation ou un rangement facile, autogéré. Une solution est d’agir sur l’environnement de la classe pour qu’il invite à plus d’activités qui suscitent l’intérêt des enfants , et par là leur concentration, les mettant en état de “flow“.

Un exemple d’école dans laquelle sont aménagés des espaces de retour au calme :

exemple école 3° type
Une école du 3° type en France

Avec des enfants plus grands/ adolescents

Dans son livre Enseignants efficaces, Thomas Gordon propose des pistes pour améliorer l’environnement scolaire en incluant les élèves dans le changement à travers une séance de “brainstorming”:

Identifier le problème sous forme de question (par exemple : Comment pouvons-nous améliorer la manipulation et le rangement du matériel utilisé en classe ?)

Fixer une limite de temps pour la séance de remue-méninges.

Énoncer toutes les idées possibles (ne pas se limiter aux idées pratiques : rechercher des idées originales).

Lister toutes les idées émises (sans jugement ni tri à cette étape, les idées seront évaluées après que toutes les idées auront été exprimées).

Examiner le problème sous diverses angles (ex : du point de vue d’un élève d’une autre école, d’un décorateur d’intérieur, d’un parent d’élève…).

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Source : Apprends moi à faire tout seul : la pédagogie Montessori expliquée aux enfants de Charlotte Poussin (éditions Eyrolles). Disponible en médiathèque en librairie ou sur internet.

Commander Apprends moi à faire tout seul sur Amazon. 

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Un concept pour la classe : l’heure des génies (cultiver la curiosité et stimuler l’esprit d’initiative à l’école)

Un concept pour la classe : l’heure des génies (cultiver la curiosité et stimuler l’esprit d’initiative à l’école)

L’heure des génies est un temps réservé en classe chaque semaine pour réaliser un projet sur un sujet qui passionne les élèves. Ce type d’initiative a de nombreux atouts :

  • inviter les enfants à réfléchir à leurs passions, à leurs intérêts (on est à la confluence de la philosophie, de la science, des arts, du sport, de la technologie…)
  • se questionner et mieux se connaître :
    • qu’est-ce que j’aime ?
    • qu’est-ce qui m’intéresse ?
    • sur quels sujets j’ai envie d’en savoir plus ?
    • qu’est-ce que je veux apprendre ?
  • s’investir complètement, donner du sens et (re)trouver de la motivation
  • raisonner en mode projet (s’organiser, trouver des ressources, demander de l’aide appropriée, trier des informations, les mettre en forme, choisir le support le mieux adapté, créer des questionnaires et les administrer…)
  • travailler les compétences “fondamentales” de manière transversale (lire, écrire, résoudre des problèmes…)
  • réinvestir les apprentissages dans un projet plus global

Les ressources sur cette initiative sont nombreuses en anglais (par exemple ici ou ici). Les enfants qui ont pu bénéficier de cette “heure du génie” ont réalisé des projets aussi variés qu’un mini film en stop motion avec des Lego, l’écriture et la mise en page d’un livre, la réalisation d’un vêtement en tricot, une recette difficile ou encore le démontage d’un ordinateur pour comprendre le fonctionnement des micro-processeurs.

l'heure du génie en classe

L’heure des génie ne consiste pas à “juste” surfer sur internet, cliquer, discuter et jouer. C’est beaucoup plus que cela : inventer, concevoir, créer, construire, partager.

Ce concept a été pensé pour une application en classe mais je trouve qu’on peut tout à fait le transposer de manière moins formelle à la maison ou dans le cadre de l’Instruction en Famille.

Une enseignante canadienne (Brigitte Léonard) a décidé de mettre en place cette “heure du génie” dans sa classe et en décrit le processus de manière détaillée dans cet article :

Libérer les esprits avec L’heure des Génies

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rituels-bienveillants-en-classe

6 rituels pour créer un environnement sécurisant et bienveillant en classe (par un enseignant)

6 rituels pour créer un environnement sécurisant et bienveillant en classe (par un enseignant)

Bob Cantin, enseignant québécois au secondaire, présente six rituels qu’il utilise dans sa classe pour créer un environnement sécurisant, bienveillant, stimulant et valorisant, propice aux apprentissages et à une bonne cohésion de groupe.

1.Un accueil personnalisé et spécial

Chaque enfant est accueilli avec un petit mot et un signe de reconnaissance pour qu’il se sente “spécial”, reconnu et bienvenu.

2. Des consignes positives

Les consignes données en classe évitent la négation : “marche” (plutôt que “ne cours pas”), “chuchote” (plutôt que “ne crie pas”…)

consignes-positives

3.La communication non verbale

Des signes non verbaux sont efficaces pour passer des messages et créer un lien, une connexion (par exemple, un “check”, une tape dans le dos…).

Certains enfants peuvent ne pas être à l’aise avec le fait d’être touchés : ceci est à respecter. On pourrait même demander à l’enfant avant de le toucher : “serais-tu d’accord pour que je… ?”. On peut très bien envisager des signes non verbaux qui ne passent pas par le toucher (pouce en l’air, clin d’oeil, sourire…).

4.L’accompagnement dans le cheminement vers la réponse

Quand un jeune ne sait pas répondre à une question, plutôt que demander la réponse à un autre élève ou de la lui donner, accueillir toutes ses réponses et l’accompagner dans son cheminement avec des questions ouvertes (comment… ? où… ? qui… ?) et une foi dans sa capacité à trouver la réponse (“tu vas y arriver”).

5.Les choix

Proposer des choix aux élèves : “est-ce que tu préfères poursuivre ou recommencer ?”

6.Le coffre à outils

Bob Cantin conseille de faire davantage ce qui fonctionne : qu’est-ce qui contribue à créer un cadre sécurisant ? bienveillant ? à ramener le calme ? l’intérêt ? On pourrait faire une liste de ces moments (ex : lire une histoire, proposer une séance de pleine conscience, colorier un mandala…) et se doter d’une boîte à outils des bonnes pratiques.

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Pour aller plus loin : Des conseils pour instaurer un cadre valorisant en classe par 4 professeurs des écoles

les neurosiences au coeur de la clasee

Les neurosciences au coeur de la classe : éléments théoriques, outils et exemples pour les enseignants

Les neurosciences au coeur de la classe : éléments théoriques, outils et exemples pour les enseignants

 

Apprendre pour libérer. Apprendre pour humaniser. Apprendre pour développer les “intelligences multiples” que nos cerveaux nous offrent et apprendre pour développer notre intelligence collective, en donnant une grande place aux élèves dans la coconstruction du savoir et du développement cognitif. – Bruno della Chiesa

 

Présentation de l’ouvrage

les-neurosciences-au-coeur-de-la-classeLes neurosciences sont à la mode. Comme tout phénomène de mode, il présente des avantages et des inconvénients.
Les enseignants désespérément à la recherche de méthodes ou de recettes applicables sur le champ ne trouveront rien dans les neurosciences qui pourra les satisfaire dans l’immédiat. Ils seront peut-être même déçus. En effet les neurosciences ne sont ni une méthode, ni une recette. C’est un ensemble de disciplines qui participent à la connaissance de l’Homme, de son fonctionnement cognitif.
Aucun exercice “d’application des neurosciences” ne saurait être efficace si les élèves ne comprennent pas eux-mêmes l’enjeu de cette connaissance neurologique. Comprendre comment son cerveau fonctionne fait partie de ce que l’on pourrait appeler une “hygiène de vie cognitive”.
Un enfant peut comprendre pourquoi il est important de se nourrir, de prendre soin de son corps, d’apprendre, il est tout aussi important qu’il connaisse le fonctionnement de son cerveau pour étayer sa façon d’apprendre.
Nous devons cesser de regretter des élèves qui n’existent plus. Nous vivons une époque spectaculaire en termes d’évolution technologique et numérique. Les connaissances les plus extraordinaires sont à la portée d’un clic. Nos élèves aiment apprendre. Vivons avec eux l’expérience de modifier nos habitudes professionnelles et nos représentations. Ce sont eux qui construiront le monde de demain.
Faisons ensemble le chemin vers les neurosciences en transférant ce qu’elles nous apportent dans la pratique d’enseignement.
 Les neurosciences au coeur de la classe est un ouvrage collectif : tous les enseignants qui ont participé à son élaboration ont participé à un voyage de formation au Québec et en Finlande, ont suivi pendant deux ans des cours de psychologie cognitive, de psychologie clinique et de neurosciences, et ont été supervisés par Pascale Toscani, enseignante-chercheuse maître de conférences à l’Université catholique de l’Ouest.

J’ai aimé

Pascale Toscani contribue à la formation des enseignants. Elle estime que les enseignants n’ont pas à revoir leur copie faute de compétences : ils ont simplement à interroger leur pratique à la lumière des apports des neurosciences. Elle écrit :

Comment pouvoir nourrir l’estime de soi nécessaire à toute réussite si l’on reste dépendant de la profonde conviction que l’on n’est pas modifiable et si,de surcroit, les adultes le confirment ? Enseigner et grandir n’est possible que si l’on est animé par la foi en l’éducabilité de l’autre et de soi-même.

Les neurosciences au coeur de la classe propose de jeter des ponts entre les éclairages qu’apportent les neurosciences et la formation des enseignants et l’accompagnement des enfants en difficulté d’apprentissage.

neurosiences en classe

L’ouvrage s’articule autour de 5 piliers pour changer les pratiques en classe :

  1. Comprendre l’importance de la plasticité cérébrale (et son intérêt pour motiver les enfants)
  2. Utiliser la théorie des intelligences multiples (pour un autre regard sur l’intelligence)
  3. Comprendre la spirale du stress et s’outiller pour mieux le gérer
  4. Satisfaire les besoins du cerveau qui apprend (une question d’hygiène de vie)
  5. Comprendre le fonctionnement de la mémoire (et mieux mémoriser)

L’ouvrage présente de nombreuses fiches et exercices testés avec des classes pilotes et qui peuvent être proposés en classe. On y retrouve également des exemples de travaux réalisés par des élèves pour illustrer la démarche et les résultats obtenus dans les classes.

neurosiences à l'école

Par exemple, les enfants seront invités à déterminer leur profil d’intelligences multiples à travers des petits exercices de mise en situation et un questionnaire.

déterminer profil d'intelligences multiples

Ils sont également invités à réaliser une boite anti-stress avec tout ce qui les apaiserait dans une situation de stress et à mieux comprendre leur mémoire.

neurosiences à l'école

Les auteurs ont ajouté des “petits trucs” en rapport avec l’hygiène de vie des enfants et des ados (sur le sommeil, la nourriture, les écrans…)

sommeil apprentissage école

Les enseignants trouveront de nombreux dossiers qui les aideront concrètement à enrichir leurs pratiques pédagogiques avec les apports des neurosciences (par exemple, un parcours sur la mémoire avec les élèves en quatre séances de travail). Pour autant, il ne s’agit pas d’un programme linéaire à suivre dans l’ordre ou à appliquer à la lettre : les neurosciences proposent avant tout des connaissances à partager et à construire avec les enfants et les jeunes pour qu’ils se sentent armés, pour apprendre, comprendre, mémoriser, réussir et croire en eux-mêmes.

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 Les neurosciences au coeur de la classe sous la direction de Pascale Toscani (éditions Chronique Sociale) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander  Les neurosciences au coeur de la classe sur Amazon.

climat-de-classe-positif

4 clés pour créer et entretenir un climat de classe positif : pourquoi ? comment ?

Construire un climat de classe positif et favorable aux apprentissages : pourquoi ?

Cette vidéo est extraite du premier module du MOOC Bâtisseurs de possibles, réalisée grâce aux apports de Jean Heutte, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation. Elle expose les atouts d’un climat de classe positif pour favoriser les apprentissages.

 

4 clés pour créer et entretenir un climat de classe positif

1. Apprendre le fonctionnement du cerveau

Des ressources pour apprendre aux enfants comment leur cerveau fonctionne et quels sont ses besoins pour fonctionner au mieux :

le cerveau à l'école en vidéo

 

2. Un cadre rigoureux

La mise en place d’un cadre rigoureux vise à permettre la vie et le travail dans une communauté (ne pas faire de mal à soi-même et aux autres, respecter le matériel). Je vous propose plusieurs points pour y parvenir :

  • mettre en place des conseils de justice et/ou des conseils de classe (découvrir le fonctionnement démocratique de l’Ecole Dynamique à Paris ici)
  • conserver une foi inébranlable dans les compétences et la nature bonne des enfants

 

3. La cohésion du groupe

La cohésion du groupe peut passer par plusieurs points :

  • communiquer sans violence grâce à la Communication Non Violente (CNV) – voir cette comptine destinée aux enfants

 

4. Satisfaire les 3 besoins psychologiques fondamentaux

  • Besoin de compétence : se sentir capable de réaliser les tâches demandées

> Des idées pour développer le sentiment de compétence et la confiance en soi des enfants : Un exercice pour développer la confiance en soi des enfants

> Des phrases pour remotiver les élèves et renforcer leur sentiment de compétence :

phrases remotiver enfants

 

  • Besoin d’autonomie : être à l’origine de ses actions et de ses choix

> Voir cet article pour développer cette notion : Le jeu et le libre choix, une pédagogie naturelle ?

 

  • Besoin d’appartenance sociale : sentir qu’on fait partie d’un groupe

> Des idées pour favoriser le sentiment d’appartenance : 3 exercices pour développer le goût de la solidarité au sein d’un groupe

cadre valorisant en classe

6 conseils pour mettre en place un cadre valorisant en classe

6 conseils pour mettre en place un cadre valorisant en classe

Dans le livre “Je crois en toi”, Ostiane Mathon, ex enseignante et consultante en pédagogie, propose des outils pour instaurer un cadre valorisant en classe.

Valoriser n’est pas tromper, flatter ou être gentil. Il s’agit plutôt de faire transpirer cette intime conviction que chaque enfant porte en lui un trésor et qu’il nous revient de le lui révéler.

 

1. Les trois tamis de la communication

Les trois tamis de la communication sont attribués à Socrate. Passer nos remarques, nos demandes ou nos conseils au travers de ces tamis peut nous aider à adopter un langage valorisant et non violent. Les enfants pourront également adopter ces trois tamis afin d’assurer des échanges constructifs entre eux et avec les adultes.

Ce que je vais dire est-il vrai, bon et utile ?

  • Le tamis de la vérité : est-ce que je suis sûr(e) que ce que j’ai à dire est vrai ? mes remarques s’appuient-elles sur des faits observables, objectifs ? ces faits correspondent-ils à quelque chose qui pourrait être filmé par une caméra ?
  • Le tamis de la bonté : est-ce que ce que je vais dire est bon ?est-ce que mes paroles vont juger la personne ?
  • Le tamis de l’utilité : est-ce que je propose des pistes d’amélioration concrères et réalistes ?

Pour aborder le principe des trois tamis de la communication, j’utilise cette histoire extraite du livre “Histoires pour vivre heureux”.

trois tamis de la communication
Extrait : Histoires pour vivre heureux

2. L’auto-louange

Ostiane Mathon écrit : “‘l’enjeu de l’auto-louange est de célébrer haut et fort, dans un style résolument empathique, poétique et symbolique, ce que chacun porte de merveilleux en lui afin de l’offrir en partage au reste de la communauté, non pas dans l’esprit d’une autopromotion de soi mais dans l’idée de s’envisager comme un trésor de plus offert à l’humanité”.

L’auto louange est une tradition orale venue d’Afrique qui invite à parler de soi de manière vraie en utilisant “je” : c’est l’expression authentique de qui je suis.

auto louanges enfants
Extrait : Je crois en toi – Editions Le Souffle d’Or

3. Le mur des citations inspirantes

Ostiane Mathon parle de “mur des adages” comme espace de pensée et de parole. Elle donne quelques exemples qu’elle a utilisés avec ses classes :

Un homme vraiment sage est celui qui sait jouir de tous les petits bonheurs qu’il rencontre. – Alphonse Karr

Ne dites pas que le problème est difficile. S’il n’était pas difficile, ce ne serait pas un problème. – Marcel Proust

Si tu aimes la vie, elle t’aimera en retour.

J’aime également les citations autour de l’échec ou de la créativité. Je vous en propose quelques unes :

20 phrases pour surmonter la peur de l'échec

créativité citations

On pourrait également envisager de demander aux élèves de rechercher et partager leurs citations préférées. Ces citations pourraient être affichées en classe et peut-être même s’inscrire dans un projet artistique : les mettre en forme et en valeur avant de les exposer.

 

4. Le jeu du veilleur bienfaisant invisible

Au début d’une période déterminée (semaine par exemple), tous les enfants reçoivent une enveloppe mystère différente qui contient le nom d’un autre enfant sur lequel ils sont chargés de veiller. Ce jeu part du principe que tous les enfants sont capables de faire preuve d’altruisme et d’empathie à partir du moment où l’environnement le leur permet.

Le but du jeu est d’être à la fois suffisamment discret dans les bonnes actions, dans les encouragements, dans les sollicitudes pour ne pas être démasqué et suffisamment présent pour être un ange gardien efficace.

Ostiane Mathon conseille de débriefer en fin de période pour connaître le retour des enfants :

  • Selon toi, qui était ton veilleur bienfaisant ?
  • Comment vous y êtes vous pris pour rester invisible ?
  • Qu’avez-vous ressenti au cours de cette période ?

 

5. Les piliers du vivre ensemble

Ostiane Mathon propose de construire collectivement et démocratiquement les 7 sept piliers du vivre ensemble qui définiront les valeurs du groupe.

Ces 7 piliers peuvent prendre la forme de 7 mots clés qui fonderont la charte et le cadre de la vie collective, assurant la protection et l’inclusion de chacun des membres.

Un travail philosophique et artistique pourra être réalisé autour des ces 7 piliers afin de les comprendre, de les intégrer et de les incarner. Ostiane Mathon donne l’exemple d’acrostiches qu’elle a réalisés avec ses classes, exposés sur les murs de l’école :

piliers vivre ensemble
Extrait : Je crois en toi – Editions Le Souffle d’Or

 

 6. La chaise aux mots cadeaux (ou douche chaude)

Un enfant est invité à se retourner ou à s’asseoir sur une chaise au centre de la pièce. C’est “l’enfant cadeau” qui s’assoit sur la “chaise aux mots doux” et qui ferme les yeux.

Le groupe d’enfants est invité à faire le silence et, à un signal gestuel, chaque enfant dépose anonymement un message positif au creux de l’oreille de “l’enfant cadeau”. Les messages positifs peuvent être un mot gentil, une qualité, un encouragement, un remerciement…

Une fois que “l’enfant cadeau” a reçu tous les messages positifs, il est invité à garder tous ces mots doux dans son coeur avant d’ouvrir les yeux.

Ostiane Mathon écrit :

Ces mots-doux offerts dans le plus grand secret présentent le double avantage de faire autant de bien à celui qui les prononce qu’à celui qui les reçoit.

 

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Source : Je crois en toi ! : pourquoi et comment valoriser les enfants (Maria Basque, Karine Le Goaziou, Isabelle de Lisle, Ostiane Mathon)

Un condensé de réflexions bienveillantes, d’idées et d’outils pratiques, proposées par des enseignantes expérimentées. Un ouvrage que je recommande à tous les parents, les enseignants et les éducateurs pour mettre en place un cadre valorisant et bienveillant.
Commander Je crois en toi ! : Pourquoi et comment valoriser les enfants sur Amazon.

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3 activités pour la concentration des enfants (3-10 ans)

3 activités pour la concentration des enfants (3-10 ans)

Ces activités sont faciles à introduire en classe ou à la maison avec des jeunes enfants (maternelle/primaire). Elles peuvent être effectuées au début d’une journée de classe ou après la récréation/pause déjeuner. Elles peuvent aussi être proposées avant une évaluation.

A la maison, on pourrait inviter les enfants à les faire avant de se mettre aux devoirs.

 

1. Les spirales zen qui favorisent la concentration

Dès 5 ans. A faire seul.

L’enfant choisit des crayons qui lui plaisent (feutres de préférence car ils glissent mieux, ou crayons de couleur). On pourra proposer des couleurs apaisantes (vert, bleu, violet) en évitant le rouge. L’enfant tracera une spirale aussi large que possible (sur toute la largeur et la longueur de la feuille si possible).

On insistera sur l’importance du tracé continu sans s’interrompre et sur le sens (de l’extérieur vers l’intérieur en inspirant et expirant lentement et profondément). On pourra inciter l’enfant à suivre des yeux le mouvement de la spirale et à terminer sur une grande expiration qui vide les poumons.

Avec un crayon d’une autre couleur, l’enfant tracera une autre spirale à l’intérieur de la première (en attaquant juste à côté du premier point de départ). Le sens et l’attention portée au tracé continu sont les mêmes. C’est le fait de tracer en continu sans s’arrêter qui demande une concentration soutenue.

Il est possible de tracer ainsi 3, 4 et même 5 spirales imbriquées.

 

activités concentration enfants

2. Le jeu du ralenti : revenir dans l’ici et maintenant en se focalisant sur un acte précis à accomplir

Dès 4 ans. A faire seul ou en groupe dans un espace dégagé, un adulte (ou un enfant assez âgé) donne les consignes.

  • “Action !” Tu es comme un tigre et tu bondis de rocher en rocher !
  • “Stop !” Tu es un koala tout tendre et qui mange une feuille d’eucalyptus.
  • “Action !” Tu es le tigre qui vient d’apercevoir le koala, tu veux le manger et tu t’élances !
  • “Stop !” Tu es le koala qui tente de s’échapper et tu as peur.
  • “Action !” Tu es le tigre qui a perdu de vue le koala, tu regardes en avant, en arrière et sur les côtés !
  • “Stop !” Tu es le koala qui va se cacher sous une souche d’arbre
  • “Action !” Tu redeviens un tigre qui doucement va s’asseoir pour se reposer.
  • “Stop !” Tu es le koala tout content de s’être échappé.

La décomposition des mouvements et l’alternance des rythmes rapides/lents entraînent l’enfant à puiser dans son attention (écoute des consignes) et sa concentration (réfléchir aux mouvements à effectuer).

 

3. Les sons rigolos : analyser l’environnement sonore pour deviner l’origine des sons et se centrer sur le moment présent

Dès 4 ans. A faire à 2.

Matériel nécessaire : des objets du quotidien pour faire du bruit (bois à frapper, papier journal à froisser, casseroles, bouteilles à déboucher, ciseaux qui découpent, boutons sur lesquels appuyer, clavier sur lequel taper…)

L’enfant s’assoit confortablement (de préférence par terre en tailleur ou sur les talons), paume des mains sur les genoux et dos droit. Il est invité à fermer les yeux et à respirer calmement.

L’autre joueur lui fait écouter un son qu’il doit reconnaître tout en gardant les yeux fermés et en prenant autant de temps que nécessaire.

Si l’enfant ne reconnaît pas le son en soi, il peut énumérer ce que cela évoque en lui : un son doux, violent, proche, lointain et ce à quoi ce son lui fait penser : quelque chose, un événement, une question, un moment, une personne, une action…

Si l’enfant est bloqué, l’autre joueur passe au son suivant. Ce dernier fera attention à proposer des sons facilement reconnaissables du quotidien avant d’introduire progressivement des sons plus difficiles à reconnaître.

Une fois la partie finie, les joueurs peuvent échanger leur rôle.

Cet exercice permet de recentrer l’enfant sur le monde qui l’entoure sans sur-sollicitation visuelle ou auditive.

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Source :
Activites concentration – 35 activités pour développer l’attention de votre enfant de Gilles Diederichs (éditions Mango)

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nouvelle psychologie de la réussite

Une nouvelle psychologie de la réussite : 7 clés pour la réussite de tous les enfants !

Une nouvelle psychologie de la réussite des enfants avec l’état d’esprit de développement (par Carol Dweck)

Carol Dweck est chercheuse dans le domaine de la personnalité, de la psychologie sociale et du développement. Elle a écrit le livre Changer d’état d’esprit dans lequel elle distingue l’état d’esprit fixe de l’état d’esprit en développement. Les capacités et les talents ne suffisent pas pour atteindre des objectifs, notre état d’esprit a un impact capital sur la réussite dans nos vies. Le plus important pour relever des défis et réussir est d’aborder la vie et les apprentissages avec un état d’esprit en développement.

L’état d’esprit en développement : une définition

L’état d’esprit de développement est basé sur la croyance que vos qualités fondamentales sont des choses que vous pouvez cultiver par vos efforts. Bien que les gens puissent être différents de beaucoup de façons – de par leurs talents et aptitudes initiales, leurs intérêts, ou leur tempérament -, chacun peut changer et se développer par le travail et l’expérience. – Carol Dweck

 

Les personnes avec un état d’esprit fixe ont tendance à penser de manière dichotomique : soit on a la capacité (le don inné), soit on consent aux efforts (l’effort est donc pour ceux qui n’ont pas la capacité, pour les “non intelligents”). En tant que société, nous préférons croire que la réussite est naturelle et sans effort plutôt que dûe aux efforts, au travail, aux erreurs surmontées, aux apprentissages nés d’un échec. Or Michael Jordan n’est pas né en dribblant !

L’effort est justement ce qui rend intelligent(e) et doué(e) !

 

Pourquoi l’état d’esprit de développement constitue une nouvelle psychologie de la réussite

Les gens avec l’état d’esprit en développement croient en une chose très différente. Pour eux, même les génies doivent travailler dur. Quelles que soient nos capacités, l’effort est ce qui la transforme en accomplissement personnel. Au lieu de se laisser définir par l’expérience (positive ou négative), ils l’utilisent pour en apprendre quelque chose et devenir encore meilleur pour eux-mêmes (et non pas contre les autres).

Dans l’état d’esprit en développement, l’échec peut bien sûr être une expérience douloureuse mais il ne nous définit pas ! C’est “juste” un problème auquel il faut faire face, qu’il faut traiter, et duquel il faut apprendre. Dans l’état d’esprit fixe, l’échec se transforme d’une action (j’ai échoué) à une identité (je suis un/une raté/e).

Croire que les talents peuvent être développés permet aux personnes à l’état d’esprit en développement d’accomplir leur potentiel. Les gens avec l’état d’esprit en développement savent que cela prend du temps pour que le potentiel fleurisse. Ils aiment le défi et la difficulté et pensent “c’est difficile, c’est amusant, qu’est-ce que je vais pouvoir en retirer, qu’est-ce que je vais apprendre ?”.

Beaucoup de gens avec l’état d’esprit de développement n’ont même pas fait le projet d’arriver au plus haut niveau. Il y arrivent parce qu’ils aiment apprendre, relever des défis et augmenter leur intelligence par ce moyen. Le succès concerne le développement personnel.

 

7 conseils pour favoriser l’état d’esprit de développement des enfants

Les états d’esprit sont une composante importante de notre personnalité mais nous pouvons les changer. Changer les croyances des gens (adultes et enfants) peut avoir des effets profonds.

1.Les messages véhiculés par les paroles et les actions des adultes (parents, enseignants, entraineurs…)

Chaque parole et action d’un adulte envers un enfant (et un adolescent) transmet un message à propos de l’état d’esprit. On peut être à l’écoute des messages que nous transmettons et les modifier pour favoriser l’émergence de l’état d’esprit de développement.

Qu’est-ce que nos paroles et actions disent ? :

  • Tu as des traits permanents et je les juge (tu es bon/ intelligent/ tout est facile pour toi ou à l’inverse tu es mauvais/ tu n’y arriveras jamais/ c’est trop difficile pour toi)
  • Tu es une personne en développement et je m’intéresse à ton développement (ton intelligence se construit tous les jours/ tu apprends tous les jours) ?

 

2.Les encouragements

Comment utilisons-nous les compliments ? Complimenter l’intelligence ou le talent d’un enfant renvoie un message d’esprit fixe. Cela fragilise leur confiance et leur motivation.

Il est possible d’encourager autrement et de se concentrer sur les processus que l’enfant a utilisé :

  • stratégies,
  • efforts,
  • choix.

 

3.Les réactions face aux comportements inappropriés

Quand les enfants ont des comportements inappropriés (mentir, casser des objets, frapper, insulter…), le feed back est important. Celui qui étiquette (tu es un menteur/ tu es méchant/ tu es une brute/ tu ne sais pas te tenir) ou qui excuse simplement l’enfant n’est pas constructif.

Engager l’enfant dans un processus et dans la résolution des problèmes participera à développer leur état d’esprit :

  • qu’est-ce que tu peux faire pour réparer ?
  • comment t’y prendras-tu la prochaine fois pour éviter que cela ne se reproduise ?
  • qu’est-ce que tu as appris de cet incident ?

 

4.Les objectifs

Le fait d’avoir un talent inné n’est pas un objectif qui participe à développer l’état d’esprit, celui d’être meilleur que les autres non plus.

Acquérir de nouvelles compétences et des connaissances, s’améliorer et battre son propre record sont des objectifs qui changent l’état d’esprit.

Ces objectifs nécessitent un soutien inconditionnel ainsi que de l’honnêteté : “Il n’y a ni raccourci ni magie. Je suis là, je t’aime et je te soutiens. Je te donnerai les outils pour que tu saches ce qu’il te reste à faire et comment y arriver.”

 

5. Les exigences

Abaisser les exigences n’augmente pas la confiance en soi des enfants. L’augmentation des exigences non plus quand personne ne fournit aux enfants des moyens pour les atteindre.

L’état d’esprit en développement donne une voie pour mettre en place de hautes exigences et faire en sorte que les élèves les atteignent à travers :

  • des mots (qui transforment l’échec en défi),
  • des messages non verbaux portés par une foi dans le potentiel des enfants (sourire, posture, signe de la tête… qui représentent 80% de la communication),
  • des encouragements portant sur le processus (effort, travail, stratégies choisies),
  • des moyens d’optimiser les apprentissages et permettre à chacun de réussir.

 

6. Les croyances dans les capacités des enfants

Selon Carol Dweck, les excellents enseignants croient dans le développement du talent et de l’intellect de chaque enfant et ils sont eux-mêmes passionnés par le processus d’apprentissage. Ils aiment apprendre et ils aiment voir leurs élèves aimer apprendre. Ils sont tolérants avec les erreurs et motivent au delà du jugement.

Ils ne voient pas les élèves plus lents comme des enfants incapables d’apprendre correctement mais essayent de trouver ce qu’ils ne comprennent pas et quelles stratégies d’apprentissage ils n’ont pas.

 

7. Les requêtes des adultes

L’état d’esprit en développement conduit à :

  • demander un engagement total et de véritables efforts (plutôt qu’évaluer),
  • dire : “Tu es responsable de ton esprit. Tu peux l’aider à se développer en l’utilisant de la bonne façon. Tu peux prendre plaisir à progresser. Tu peux demander de l’aide supplémentaire ou de l’entraînement.”,
  • donner du respect pour la manière de fonctionner de chaque enfant.

 

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