Comprendre la dysorthographie

Comprendre la dysorthographie

Comprendre la dysorthographie

La dysorthographie est un trouble des apprentissages qui affecte le développement de l’orthographe.

Les enfants et les adultes atteints de dysorthographie ont une intelligence dans la norme (la dysorthographie n’est pas liée à une déficience mentale).

Il est possible que des retards mentaux, des troubles sensoriels ou psychiatriques aggravent ce trouble de l’apprentissage mais ils n’en sont pas la cause.

La dysorthographie est présente dès le plus jeune âge mais ne se manifeste que lorsque les apprentissages scolaires commencent. Elle se traduit par des difficultés à maîtriser les sons de la langue et/ou des difficultés visuo-attentionnelles (entraînant des difficultés à mémoriser l’orthographe des mots, des sons et même des lettres).

Les 3 types de dysorthographie

Dans son livre Aider son enfant à écrire : 50 fiches contre la dysorthographie, Delphine de Hemptinne liste trois types de dysorthographie pour mieux comprendre la dysorthographie :

  • la dysorthographie phonologique (ou dysorthographie profonde, dysphonétique ou encore phonétique)

La dysorthographie phonologique est la forme la plus fréquente et empêche l’enfant de traduire les sons qu’il entend en lettres écrites.

Les principales difficultés de l’enfant atteint de dysorthographie phonologique sont :

-l’identification des sons et leur conversion en lettres

-l’écriture des mots non connus ou peu fréquents

-la décomposition d’une phrase orale en mots, d’un mot en syllabe, d’un syllabe en son, d’un son en lettres

-la mémoration et l’écriture des sons complexes (ail, eil, gn, ille…)

-la maîtrise des règles grammaticale

 

  • la dysorthographie de surface (ou dysorthographie  dyséidétique ou lexicale)

La dysorthographie  de surface empêche la mémorisation de l’orthographe des mots. La conversion des sons en lettres ne pose pas de problème mais la forme orthographique des mots n’est pas correctement mémorisée.

Les principales difficultés de l’enfant atteint de dysorthographie de surface sont :

-l’écriture des mots irréguliers ou non transparents (double consonnes, lettres muettes…)

-le dépassement de l’écriture phonétique

-la maîtrise de l’orthographe lexicale

-la compréhension et l’utilisation des règles de grammaire

-le découpage des mots dans un groupe ou une phrase (comprendre où commence et où s’arrêtent les mots)

 

  • la dysorthographie  mixte

La dysorthographie mixte combine les caractéristiques propres aux dysorthographies de surface et phonologique.

Les principales difficultés de l’enfant atteint de dysorthographie mixte sont :

-l’identification des sons et la conversion en lettres

-l’écriture des mots non connus, peu fréquents

-l’écriture des mots irréguliers ou non transparents

-la décomposition d’une phrase en mots, d’un mot en syllabe…

-la mémorisation et l’écriture des sons complexes

-le développement de l’orthographe phonétique et  lexicale

-la maîtrise des règles de grammaire en production écrite

-la segmentation des mots

Les erreurs caractéristiques des enfants atteints de dysorthographie

Tous les enfants dysorthographiques n’écrivent pas de la même manière. Cependant, la dysorthographie provoque une série d’erreurs caractéristiques dans les productions d’écrits des enfants qui en sont atteints :

  • la mauvaise écriture des digrammes et des trigrammes (deux ou trois lettres différentes pour écrire un son comme au et eau)
  • des confusions visuelles de lettres dont la graphie se ressemble (par exemple, b et d confondues)
  • des confusions auditives de lettres dont les sons se ressemblent (par exemple, c et g confondues)
  • des oublis de lettres ou de syllabes, surtout dans les groupes de consonnes
  • des inversions de lettres ou de syllabes (exemple : paralpuie)
  • une application incorrecte des règles d’écriture des mots (par exemple, g/ gu)
  • un lexique orthographique sous développé (difficulté à mémoriser à long terme des mots déjà rencontrés)
  • des erreurs grammaticales (accord du verbe avec son sujet, des adjectifs avec les noms qu’ils qualifient..)
  • des erreurs de segmentation des mots (trop peu ou trop de segmentation – par exemple, la pin pour lapin)

Le diagnostic de dysorthographie

Les signes d’alerte

Les signes d’alerte pour l’exploration d’un diagnostic de  dysorthographie sont :

  • un faible niveau en vocabulaire
  • des difficultés à maîtriser et manipuler les sons de la langue
  • une mauvaise connaissance des lettres
  • des faiblesses en discrimination visuelle et en mémorisation
  • une expression écrite peu spontanée et peu diversifiée

Quand partir à la recherche d’un diagnostic

Un diagnostic formel de dysorthographie est rarement posé avant 1,5 an d’apprentissage de l’orthographe. Toutefois, il n’est pas nécessaire d’attendre de délai pour consulter. Dès qu’un parent suspecte  la présence d’un trouble de l’orthographe chez son enfant, il peut s’adresser à un spécialiste.

Le diagnostic permet de réaliser un état des lieux des compétences de l’enfant et d’envisager le meilleur suivi, de proposer des adaptations scolaires ou encore d’évaluer l’évolution future du trouble.

Qui consulter

En cas de suspicion de dysorthographie, c’est l’orthophoniste qui est le professionnel de référence (à consulter sur ordonnance du médecin traitant).

Il est possible de s’adresser à une équipe multidisciplinaire (à l’hôpital par exemple) au sein de laquelle différents professionnels évalueront l’enfant. Ces différentes évaluations permettent de s’assurer que les difficultés observées en orthographe sont bien causées par une dysorthographie et non pas par un autre trouble (surdité, trouble de la vue, déficience mentale, trouble psychique…)

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Source : Aider son enfant à écrire : 50 fiches contre la dysorthographie de Delphine de Hemptinne (éditions De Boeck Supérieur)

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