Comment motiver les jeunes pour une rentrée réussie ?

Comment motiver les jeunes pour une rentrée réussie ?

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Notre rôle d’adultes dans la construction de la confiance en soi, socle de la motivation

Il est faux de dire que “quand on veut, on peut”. Des déterminismes pèsent sur nous et donc sur les enfants (notamment le milieu d’origine) et la motivation dépend du contexte dans lequel nous évoluons.

Plusieurs ouvrages paraissent d’ailleurs en ces jours de rentrée sur ce sujet :

  • Enfances de classe : De l’inégalité parmi les enfants sous la direction de Bernard Lahire (éditions Seuil)
  • Pourquoi les enfants de profs réussissent mieux de Guillemette Faure et Louise Tourret (éditions Les Arènes)

La manière dont les parents, les enseignants et le personnel éducatif au sens large se comportent a une influence sur la motivation des enfants et des adolescents, notamment à travers la construction ou la destruction de leur confiance en soi. Les encouragements et la valorisation fait beaucoup de différence. La confiance en soi est en effet un facteur de motivation : pouvoir se fier à ses émotions et ses élans; se donner le droit à l’erreur sans en être pétrifié; savoir où chercher et trouver des ressources extérieures; définir des objectifs et les ajuster en fonction des circonstances (y compris à la baisse); faire preuve de créativité.

Plus l’enfant est jeune, plus l’influence des parents est grande. La motivation se construit par la confiance que les adultes témoignent dans les compétences des jeunes, par les encouragements d’adultes bienveillants et soutenants qui apportent une aide utile et bien dosée (qui encourage sans entraver ou empêcher). Le pouvoir des mots “je crois en toi” est souvent sous-estimé !

Les dangers du “délire éducatif”

Brigitte Prot, psychopédagogue, nous alerte sur les dangers du “délire éducatif” : ce qui relève du scolaire ne doit pas envahir la vie personnelle et familiale. Les enfants existent en dehors de leurs notes; ils sont des humains avant d’être des élèves et sont aimables exactement tels qu’ils sont.

On a trop souvent tendance à confondre existence et performance au risque de dégrader les relations parent/ enfant jusqu’à la rupture familiale ou le burn out scolaire.

L’amour est un carburant, pas une récompense, nous dit Isabelle Filliozat (thérapeute).

 

Ce n’est pas l’échec en soi qui démotive

Un échec analysé ouvre des perspectives

Ce qui démotive n’est pas tant l’échec que l’échec non expliqué ou l’échec sanctionné par une punition ou des réactions sources de stress. Il est plus efficace de s’intéresser au comment qu’au combien (la note) pour redonner confiance en soi aux enfants et adolescents (et donc préserver leur motivation).

Quand une “mauvaise” note ou un échec (à un examen par exemple) est analysée et expliquée dans une perspective empathique et positive, cet échec ouvre des perspectives. Par ailleurs, il est important d’accueillir la tristesse liée à l’échec. Non seulement il est inutile de punir ou “engueuler” l’enfant ou l’ado, mais il est sain pour leur santé mentale de valider leur déception : “Oui, tu es triste/ c’est tellement décourageant, tu aurais aimé avoir au moins la moyenne/ tu as envie de tout abandonner/ tu as envie de pleurer ? tu peux pleurer dans mes bras./ tu es en colère contre ton prof, il n’a pas réexpliqué quand tu as demandé et tu te sens perdu, tu aurais aimé du soutien de sa part.”.

Ce type de réaction permet d’établir une profonde connexion empathique qui offre de l’apaisement à l’enfant et ouvre vers une recherche de solutions. Une fois que les émotions de tristesse, de déception et peut-être de colère ont été déposées dans un cadre bienveillant, l’enfant est réceptif à des suggestions pour progresser et s’améliorer. Il est important de noter que des conseils non sollicités ne seront pas suivis.

De plus, il est important d’avoir en tête que la motivation humaine est changeante : elle dépend de la fatigue, des événements, des émotions. Il est inefficace de toujours chercher la “positive attitude” ou de vouloir à tout prix motiver, booster, sortir de la zone de confort. La compréhension et l’empathie sont à privilégier; de même que créer de l’espoir pour le futur. Moins de pression, plus de valorisation !

Les suggestions peuvent porter sur plusieurs éléments :

Certains jeunes mettent en œuvre des stratégies d’évitement

Poser des étiquettes sur les enfants et les adolescents (“tu es nul”, “tu n’y arriveras jamais”, “tu es fainéante”) et leur imposer des trajectoires entravent toujours la motivation. Il n’existe pas d’enfant fainéant et tous les élèves sans exception ont à cœur de réussir et souffrent d’être en échec.

Certains élèves adoptent des stratégies pour éviter la honte comme le fait de ne pas travailler pour justifier les mauvaises notes par un non travail plutôt que par une non compréhension honteuse ou alors les “mauvais” élèves tirer des bénéfices secondaires à être mauvais élèves comme un statut social valorisant (qui nourrit le besoin d’affirmation personnelle).

Sous leurs airs fanfarons, beaucoup d’adolescents sont profondément malheureux de ne pas réussir même s’ils le montrent pas.

 

Oser questionner l’organisation et la finalité du système scolaire

Les écoles, collèges et lycées sont-ils un levier ou un frein à la motivation ?

Par ailleurs, de plus en plus d’experts questionnent l’organisation et la finalité du système scolaire et on le voit à la multiplication des écoles dites démocratiques et des enfants instruits en famille. Les parents qui font ce choix mettent en avant l’adaptation au rythme de l’enfant et une volonté d’émancipation authentique à travers une vraie liberté et un respect des droits humains fondamentaux (qui sont aussi ceux des enfants).

Dans les écoles publiques, les pédagogues qui se revendiquent de la pédagogie Freinet n’ont pas attendu les dernières découvertes des neurosciences affectives et sociales sur l’importance de la sécurité affective et des méfaits du stress (notamment à travers les notes, la compétition et la contrainte physique).

L’enthousiasme est de “l’engrais pour le cerveau” (Andre Stern) : comment renouer avec l’enthousiasme dans le cadre scolaire et/ou en dehors ?

Le jeu libre est l’outil dont la nature a doté les petits humains pour apprendre : dans quelle mesure les petits humains ont-ils la possibilité de jouer librement à l’école (et en dehors) ?

Le cerveau humain est câblé pour apprendre : si la motivation vient à manquer, c’est peut-être que l’environnement dans lequel évoluent les humains n’est pas adapté.

Notre programme à nous : donner envie aux jeunes de devenir adultes et ne pas leur supprimer l’espoir

L’environnement, ce n’est pas seulement la manière dont sont organisées les écoles (et collèges et lycées) mais aussi la manière dont se comportent les adultes humains qui sont observés par les enfants et adolescents.

Les adultes humains sont les modèles des petits humains : parents et enseignants sont-ils des adultes qui vivent une vie pleine de sens, qui alignent leurs actes et leurs valeurs dans la joie, qui donnent envie aux enfants et adolescents de grandir, de vivre, de se projeter dans l’avenir ? Ou bien les jeunes humains reçoivent-ils le message qu’être adultes, c’est se couper de la joie, c’est être défaitiste, c’est s’éteindre ? Donnons-nous envie aux jeunes de devenir adultes ? Et si c’était notre programme à nous pour la rentrée ?

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