Phobie scolaire et harcèlement : à quels signes les repère-t-on ? comment faire face ?

Phobie scolaire et harcèlement : à quels signes les repère-t-on ?

Phobie scolaire et harcèlement

D’après Bernadette Dullin, la phobie scolaire est le burn out des enfants ou des ados, qui correspond à une peur démesurée et irrationnelle de l’école.

Dans son livre Au secours, mon enfant a des devoir !, Bernadette Dullin écrit que, quand un enfant fait une phobie scolaire, il va se mettre à paniquer au moment d’aller à l’école. Il est pris de maux de tête et de nausées. Ces symptômes n’apparaissent que les jours d’école. Le niveau de souffrance en lien avec l’école est si élevé qu’il lui devient littéralement impossible d’aller à l’école, ne serait-ce que d’en approcher physiquement. Si dans la conversation le mot école est prononcé, ou s’il y voit une allusion, l’enfant en phobie scolaire va se mettre à pleurer et rester inconsolable. La phobie scolaire n’est pas liée à de la paresse ou un refus d’apprendre : l’enfant en phobie scolaire vit une réelle anxiété qui peut avoir des conséquences graves sur sa vie physique et psychique (impossibilité à reprendre une scolarité, à renouer avec la vie sociale…).

Selon Bernadette Dullin, la phobie scolaire peut avoir deux origines :

  1. le dégoût scolaire
  2. un harcèlement.

1. Le dégoût scolaire

Le dégoût scolaire se remarque au fait qu’un enfant qui était curieux de tout, petit, soit désormais désabusé, atone. Plus rien ne semble l’intéresser ni le motiver.

L’organisation même du système scolaire peut mener au dégoût scolaire

Bernadette Dullin affirme que l’école est parfois un milieu inhospitalier. Un enfant peut être agressé, peiné, humilié, ignoré sans que quiconque ne s’en rende compte ou ne s’en émeuve. Le soir, à peine rentré à la maison, il doit faire ses devoirs. Non seulement, dans certaines familles, les devoirs peuvent vraiment être des moments douloureux et sources de tensions mais le fait de se remettre dans les conditions du travail scolaire éveille des sensations douloureuses.

Au moment où il ouvre son cartable, cris, irrespect, contraintes, injustices, humiliations, menaces, punitions, mauvaises notes, cours ennuyeux, discipline coercitive ou tohu-bohu par manque de discipline, problèmes avec les copains, tout ce vécu s’échappe du cartable, lui revient à l’esprit et l’activité postscolaire devient impossible, insupportable ! – Bernadette Dullin

Le dégoût poursuit ainsi l’enfant toute la journée, à l’école et à la maison, y compris les weekends et pendant les vacances quand il y a des devoirs à faire et à rendre. L’école colonise alors toutes les minutes de vie de l’enfant en souffrance.

Imaginez, pour compléter le tableau, que l’enfant n’ait pas d’intérêt pour le scolaire : il devra endurer d’être assis, 6 heures par jour, 365 jours par an ou presque, pendant 14 ans, à faire des choses qui ne l’intéressent pas. Et supporter les mauvaises notes qui vont avec… Aux 6 à 8 heures déjà difficiles de la journée, il faudra encore ajouter le temps des devoirs. Et le pire, c’est que ça recommence le lendemain ! Ce sera le cas jusqu’à ses 16 ans ! Quelle torture pour certains.

Des problèmes personnels qui fragilisent la confiance en soi et l’attention

Certains enfants ont de vrais soucis personnels (intelligence différente, problème de santé) ou bien des soucis familiaux (chômage, séparation, maladie, décès). D’autres vivent à la maison avec des cris, des humiliations de manière générale et plus particulièrement quand les résultats sont mauvais.De plus, les punitions données par les enseignants et les mauvaises notes sont sources de privations, de humiliations et parfois même de coups supplémentaires au sein de la famille.

La vie de certains enfants vie est trop chargée et chronométrée, entre les temps de garderie et les activités extra scolaires, censés les stimuler et leur faire prendre de l’avance.

Bernadette Dullin décrit aussi le fait que quelques enfants ont des parents qui prennent leur rôle très au sérieux et se sentent responsables de la carrière de leurs enfants; ceci génère de grandes attentes et donc un gros stress chez les enfants. Dans ce cas, les enfants entendent des phrases effrayantes : « Si tu ne travailles pas, tu vas rater ta vie ». Dans quelques familles, la relation parent/enfant tourne uniquement autour du travail scolaire, des notes, des efforts à fournir. Les enfants finissent par se demander s’ils sont encore des enfants aimés tels qu’ils sont ou s’ils ne sont plus que des élèves ne ramenant jamais d’assez bonnes notes (et indignes d’amour).

 

2. Le harcèlement scolaire

Il existe de nombreux cas de harcèlement opéré par un enfant sur un de ses camarades (entraînant souvent un groupe et parfois le groupe-classe). Il existe aussi des cas où c’est un adulte qui s’acharne sur un enfant.

Peut-être que le harcèlement, qui a lieu la journée, se poursuit en dehors de l’école sur les réseaux sociaux. Il y a tant de jeunes, même en âge d’être en primaire, qui se suicident à cause du harcèlement (les exemples récents ne manquent malheureusement pas dans l’actualité).

Ainsi, Bernadette Dullin nous alerte sur le fait d’être très à l’écoute quand un enfant exprime un dégoût scolaire ou un refus d’aller à l’école.

 

Phobie scolaire et harcèlement : comment faire face ?

Prévenir

Pour Bernadette Dullin, une des clé de prévention est de discuter régulièrement avec les enfants et des créer des liens solides pour bien connaître l’enfant et s’assurer que ce dernier se sente suffisamment en confiance pour se confier. Ainsi, punir un enfant pour ses mauvaises notes ou ses punitions à l’école ne favorise par ce type de relation de confiance.

Bernadette Dullin formule plusieurs recommandations pour enrayer la spirale de la phobie et du harcèlement scolaires :

• Aimez-le. Écoutez-le.

• Établissez avec lui une belle relation de confiance à 100 %. Pour cela, ne jugez ni ne critiquez pas ce qu’il vous dit. Posez-lui des questions si vous êtes surpris ou d’avis divergent.

• Ne réagissez pas trop vite et faites-lui d’abord confiance. Avec cette belle relation que vous construisez ensemble, vous verrez plus clair si les problèmes se présentent.

• Allez voir un professeur dès qu’une situation vous étonne.

Quand les difficultés sont là

Le harcèlement en phase critique n’arrive pas du jour au lendemain. C’est une longue série de dysfonctionnements qui s’installe de manière insidieuse, au jour le jour, qui suit une spirale infernale.- Bernadette Dullin

Quand les difficultés sont repérées et identifiées, Bernadette Dullin conseille une stratégie en plusieurs étapes selon le degré de gravité :

  • apprendre à l’enfant à s’affirmer et à poser ses limites personnes

L’humour peut être une arme efficace qui va désarçonner et peut faire capituler le harceleur. Il est possible d’aider l’enfant en difficulté à trouver des phrases à dire, des réactions à avoir, et l’entraîner. C’est l’approche proposée par Emmanuelle Piquet, basée sur les thérapies systémiques.

  • en parler à l’école

Les enseignants ne savent pas toujours comment réagir et ne sont pas toujours au courant de ce qui se passe dans la cour. ll est important de faire remonter les informations à l’équipe enseignante et de prévenir le psychologue scolaire, voire l’académie ou le rectorat.

Des associations spécialisées dans le harcèlement scolaire peuvent également être contactées pour des conseils et des interventions au sein des écoles, ou encore servir de médiateurs.

Dans le cas d’un harcèlement scolaire violent (ex : coups, menaces, racket, incitation au suicide, violence psychologique répétée…), le dépôt de plainte doit compléter ces recours.

  • changer l’environnement

Si le harcèlement a déjà pris une grosse ampleur, protéger l’enfant peut passer par un changement d’établissement. La déscolarisation peut être une solution permettant à l’enfant de retrouver son équilibre (via l’instruction en famille).

 

En résumé, si votre enfant fait une phobie scolaire :

Suivez-le de près, pour comprendre s’il s’agit d’un problème scolaire ou d’un problème relationnel, de type harcèlement.

En fonction de ses réponses, vous prendrez des décisions, allant éventuellement jusqu’au changement d’établissement pour le protéger.

En parallèle, n’oubliez pas de le faire suivre s’il a subi un harcèlement afin qu’il se reconstruise après cette expérience difficile et qu’il ne s’expose pas à un autre harcèlement, dans son nouvel établissement. Tant qu’une situation n’est pas « dépassée », elle peut se représenter.

N’oubliez pas de le faire remettre à niveau sur le plan scolaire si la phobie est d’ordre scolaire ou si le harcèlement s’est étendu sur une longue période. En effet, son esprit ne pouvait pas être disponible aux apprentissages.

 

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Source : Au secours, mon enfant à des devoirs ! de Bernadette Dullin (Hugo Publishing). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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