Les enfants sont déjà intelligents avant d’être instruits.

Les enfants sont déjà intelligents avant d’être instruits.

Les enfants sont déjà intelligents avant d'être instruits.

Les neurosciences ont démontré depuis plusieurs années que les enfants ont des compétences précoces. Les bébés savent se débrouiller avec des choses nouvelles dès 3/4 mois. Ils ont une certaine autonome : ils sont curieux et savent déjà quoi attendre d’un adulte et comment se comporter en réponse. Les bébés aiment la nouveauté et on le voit à son regard. Plus ils fixent et regardent longtemps, plus ils apprennent.

Le cerveau du bébé a déjà une organisation qui lui permet d’aller chercher dans l’environnement ce qui est pertinent et ce qui est important pour lui d’apprendre.

Les jeunes enfants peuvent réfléchir et rêver un bon moment sur ce qu’ils ne comprennent pas sans en faire une affaire comme le font les adultes et les enfants après avoir passé plusieurs années à l’école (peur de l’erreur, impression d’être bêtes, sentiment d’insuffisance). En effet, c’est seulement quand les adultes, et notamment les enseignants à l’école, commencent à essayer de contrôler leur apprentissage et à forcer leur compréhension que les enfants commencent à s’inquiéter de ne pas comprendre. Ils savent bien, que s’ils ne savent pas ce qu’ils sont supposés savoir à l’âge qu’ils ont, ils vont finir par avoir des problèmes (punition, étiquette de “mauvais élève”, travail supplémentaire…).

Nous sommes des animaux qui par nature posons des questions, trouvons des réponses, résolvons des problèmes, et nous sommes extrêmement bons à ça, et surtout quand nous sommes petits. Mais dans certaines conditions, qui peuvent exister n’importe où et existent certainement presque tout le temps dans presque toutes les écoles, nous cessons d’utiliser nos plus grandes capacités intellectuelles, nous cessons de vouloir nous en servir, nous cessons même de croire que nous en avons. – John Holt

A l’école, les enfants savent que, s’ils sont mignons et ont l’air suffisamment déroutés ou perdus, voire terrifiés, l’enseignant leur dira en général ce qu’ils ont besoin de savoir (les dispensant de réfléchir réellement).

C’est le devoir des enseignants de se mettre au contact de l’intelligence existante des élèves.

L’école peut-elle rendre idiot ?

Les enfants cherchent et trouvent des relations dès tout petits et c’est le devoir des enseignants de se mettre au contact de l’intelligence des élèves, où qu’elle soit et quelle qu’elle soit et de faire preuve de suffisamment d’intuition et d’imagination. Les enfants sont déjà intelligents et c’est l’affaire des professionnels de l’enseignement de leur proposer un univers dans lequel les enfants peuvent faire des choses concrètes et se rendre compte par eux-mêmes si ce qu’ils ont fait fonctionne ou pas, quels sont les effets de leurs actions, et en tirer des conclusions.

John Holt regrettent que de nombreux enseignants soient incapable d’arrêter d’enseigner. Or, face à l’enseignement forcé, les élèves mettent en place des stratégies de défense et de fuite, ils disent qu’ils ne comprennent rien plutôt que prendre le risque de s’exposer publiquement en donnant des réponses erronées. Holt estime qu’on peut voir les élèves devenir stupides sous l’effet de l’enseignement.

Les enfants en échec pouvaient être intelligents dans le monde réel, mais dès qu’ils franchissaient le seuil de l’école, ils redevenaient idiots. C’était l’école elle-même, ennuyeuse, menaçante, coupée de toute expérience réelle et de tout objectif sérieux, qui les rendait idiots. – John Holt

Apprentissage réel ou apprentissage apparent ?

Holt parle d’apprentissage “apparent” et propose une liste de conditions à cocher pour que les apprentissages soient “réels” plutôt qu’apparents. Un enfant comprend réellement quelque chose quand il est capable de :

  • l’exprimer avec ses propres mots,
  • en donner des exemples,
  • la reconnaître sous des formes et des situations variées,
  • voir les relations entre cette chose et d’autres faits ou idées,
  • l’utiliser de différentes façons,
  • prévoir certains de ses effets,
  • dire quel est son contraire et sa réciproque ,
  • reconnaître des incohérences.

Libérer les enfants (et leur intelligence)

John Holt est cependant convaincu que, si l’intelligence peut être détruite, on peut aussi la reconstruire. Pour Holt, le plus près que nous puissions aller pour savoir ce que les enfants connaissent réellement, c’est en regardant ce qu’ils font quand ils sont libres de faire ce qui les intéresse le plus.

Pour Holt, le remède n’est pas d’imaginer plus de stratégies et de matériel pour “construire” ou “développer” l’intelligence mais de faire disparaître les conditions qui font agir de façon stupide, et à la place mettre à disposition des enfants des situations variées et un environnement riche en opportunités pour qu’ils aient à nouveau une chance d’agir de façon intelligente. John Holt ironise sur les évaluations et les tests qu’on fait passer aux enfants pour évaluer leur niveau en écrivant que “l’esprit et l’âme, comme le corps, guérissent de la plupart des blessures si nous ne passons pas notre temps à les rouvrir pour nous assurer qu’elles guérissent”.

Les lieux que John Holt a en tête seraient vivants, intéressants, coopératifs et pacifiques. Les enfants y seraient libérés des craintes de se trouver en difficulté et de se sentir idiots. On peut penser à la pédagogie Reggio ou aux écoles dites démocratiques (inspirées par le modèle Sudbury) qui offrent ce type d’environnement.

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Source : Comment l’enfant échoue de John Holt (éditions L’Instant Présent). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet (site de l’éditeur).

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