Comment se concentrer pour étudier ?

Comment se concentrer pour étudier ?

Comment se concentrer pour étudier

Crédit illustration : freepik.com

 

Jean-Philippe Lachaux est neurobiologiste, chercheur en neurosciences cognitives et directeur de recherche CNRS. Il dirige un programme d’entraînement de l’attention à l’école AtOle. Il formule quelques suggestions afin de rester concentrer pour étudier efficacement.

Couper les écrans et s’accorder des pauses avec écran

Jean-Philippe Lachaux compare les possibilités offertes par les écrans à des bonbons illimités et gratuits pour le cerveau. Le circuit de la récompense présent dans le cerveau nous conduit à mettre le maximum de bonbons dans la bouche avec une petite sensation d’écoeurement et une difficulté à décrocher. Jean-Philippe Lachaux parle de “gloutonnerie attentionnelle”.

Mieux vaut donc éteindre et éloigner les écrans pour ne pas être tenté de vérifier les messages ou les notifications en dehors des temps de pause.

Faire une seule chose à la fois

Le cerveau peut donner l’illusion de pouvoir suivre deux conversations à la fois (ou d’envoyer un message et écouter une conférence en même temps) mais il en est  en réalité incapable. Dès que le cerveau se connecte à quelque chose, il se déconnecte de tout le reste. Quand le cerveau ne sait plus ce qui est important à force de faire plusieurs choses à la fois, il est comme perdu.

Se connecter, c’est se déconnecter. On est en fait dans une société hyper déconnectée. – Jean-Philippe Lachaux

Fragmenter le travail à faire en tâches simples, précises et chronologiques (qui viennent les unes après les autres)

Se donner des objectifs précis est indispensable car le cerveau est plus efficace quand il a une direction donnée. Il peut dès lors se mettre immédiatement en action. Plus on est au clair sur ce qu’on a à faire, plus on est concentré.

Jean-Philippe Lachaux propose donc de reformuler les tâches à faire de manière à savoir immédiatement quoi faire en s’y mettant. Une manière d’y parvenir est d’imaginer que quelqu’un d’autre aura le même travail à faire et de concevoir les instructions une à une qu’on lui donnera pour qu’il l’effectue.

Prévoir des “vraies” pauses en fonction du niveau d’attention

Le niveau d’attention peut fluctuer d’une personne  à l’autre, de l’appétence pour une matière à l’autre ou de l’état de fatigue d’un jour à l’autre.

Une vraie pause est une pause minutée où on se lève, on part du poste de travail sans travailler du tout. Au bout du temps imparti (signalé par une alarme si nécessaire), on revient au travail (sans écran).

Repérer les pertes d’attention pour y remédier

Quand le regard commence à se poser ailleurs ou que la main part pour aller chercher le téléphone, c’est que le corps cherche une autre activité. C’est possible d’apprendre à contrôler le regard en identifiant quand il part et en le ramenant volontairement sur l’objet d’étude.

On reconnaît la pure concentration à la joie intense lors de moments de connexion maîtrisée, posée sur un objet à la fois. Cette notion se rapproche de celle de “flow” telle que conceptualisée par Mihály Csíkszentmihályi.

Pour Csíkszentmihályi , l’expérience optimale est une situation dans laquelle l’attention est librement investie en vue de réaliser un but personnel parce qu’il n’y a pas de désordre qui dérange ou menace le soi. On l’appelle aussi “expérience flot” (flow experience) ou flux.

Les personnes qui atteignent fréquemment cet état de développent un soi plus fort, plein de confiance et efficace parce que leur énergie psychique a été investie avec succès dans la réalisation des objectifs qu’ils avaient l’intention de poursuivre.

Quand une personne est capable d’organiser sa conscience de façon à vivre cette expérience optimale le plus souvent possible, la qualité de sa vie s’améliore inévitablement parce que […] même les routines habituelles du travail deviennent intentionnelles et plaisantes. Dans cet état, la personne contrôle son énergie psychique et maintient ou améliore la maîtrise de sa conscience. – Mihály Csíkszentmihályi

Pour Jean-Philippe Lachaux, le cerveau augmenté est celui qui a appris à connaître et maîtriser les forces qui fragilisent son attention.

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Pour aller plus loin : Les petites bulles de l’attention : se concentrer dans un monde de distractions de Jean-Philippe Lachaux (éditions Odile Jacob)

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