Comment se concentrer dans les études ?

Comment se concentrer dans les études ?

Comment se concentrer dans les études

Etre capable de se concentrer et de maintenir cette concentration permet d’être plus performant. Se concentrer dans les études s’appuie sur plusieurs points clés :

  • Aménager un environnement de travail propice à la concentration
  • Clarifier l’intention et l’objectif
  • Anticiper ce qui fragilise la concentration
  • Eprouver des émotions agréables (le cerveau aime quand on lui signale qu’il réussit bien et ne se démobilise pas).

Aménager un environnement de travail propice à la concentration

Couper les écrans et éviter le bruit ambiant

Jean-Philippe Lachaux, neurobiologiste spécialisé dans l’attention, parle de “gloutonnerie attentionnelle” dans le sens où les possibilités offertes par les écrans sont colle des bonbons illimités et gratuits pour le cerveau. Mieux vaut donc éteindre et éloigner les écrans pour ne pas être tenté de vérifier les messages ou les notifications en dehors des temps de pause prévus. De plus, le cerveau peut donner l’illusion de pouvoir suivre deux conversations à la fois (ou d’envoyer un message et écouter une conférence en même temps) mais il en est en réalité incapable. Le coût du passage d’une activité à une autre est sous estimé par les humains. Faire plusieurs choses en même temps garantit des performances moindres à un moment ou un autre et c’est le cas quand un écran est consulté lors des devoirs.

Un environnement calme et exempt de stimulations extérieures est le plus efficace pour se concentrer et étudier efficacement. Il se peut que, dans un contexte familial bruyant, mettre des écouteurs pour avoir un fond musical permette de mettre les bruits parasites à distance mais faire plusieurs choses à la fois reste une mauvaise option dès lors que l’objectif est de réfléchir de manière approfondie.

Prévoir des “vraies” pauses en fonction du niveau d’attention

Le niveau d’attention peut fluctuer d’une personne à l’autre, de l’appétence pour une matière à l’autre ou de l’état de fatigue d’un jour à l’autre. Une vraie pause est une pause minutée où on se lève, on part du poste de travail sans travailler du tout. Au bout du temps imparti (signalé par une alarme si nécessaire), on revient au travail (sans écran).

Il est important de se ménager du temps de pause. Ces temps de pause permettent de se ressourcer : ils concernent à la fois les pauses au cours d’une séance de révision (par exemple, 5 minutes toutes les 25 minutes) mais aussi du temps pour soi régulier (voir des amis, s’amuser, lire pour le plaisir…). Ces temps récréatifs aident à maintenir les réserves attentionnelles.

 

Clarifier l’intention et l’objectif

Se faire des images mentales de qui est à faire

Se faire des images mentales permet de créer un signal en rapport avec ce qui est à faire à travers des images, des sons, des paroles, des mouvements dans la tête. Se faire des images mentales, c’est mettre dans sa tête. Les traces mentales (= évocations) doivent être produites avec un projet de sens : à quoi ça sert ? à quoi ça ressemble ? pourquoi c’est important ? quand cela servira ?

La première étape est de faire attention aux objets perçus (les mots et les textes lus, les images vues, les phrases entendues…) en prenant le temps de les faire exister dans la tête, c’est-à-dire de traduire ce qui est perçu en images mentales visuelles (des images ou schémas, des mots écrits sur un tableau mental) ou bien auditives (réentendre les mots, redire avec ses propres mots…). Les images mentales peuvent avoir deux types d’utilité :

1.mobiliser l’attention sur le projet à effectuer (par exemple -> visualiser l’agenda ouvert à la page du lundi pour attaquer les devoirs);

2.améliorer les performances par l’enrichissement d’une évocation première par une évocation plus riche (par exemple -> évoquer des symboles comme des signes ou des codes; évoquer des liens logiques dans une formule : en grammaire, ce sont des liens logiques entre des mots, en mathématiques, ce sont des liens logiques entre des symboles et des nombres).

Pour aller plus loin :  Apprendre à apprendre : les évocations de la gestion mentale

Planifier les gestes mentalement sous forme de film

Une fois que l’attention est mobilisée, il est utile de se “faire un film” pour planifier les actions à réaliser. Cette mise en projet permet à la fois d’anticiper ce qui est à faire et de focaliser l’attention. Pour une séance de révisions ou de devoirs, il est possible de s’imaginer dans la chambre et faire comme si on allait tourner une scène de film en tant que réalisateur :

  • comment sera la scène (agencement du mobilier, éclairage, sons, protagonistes, matériel nécessaire…) ?
  • combien de temps la scène va-t-elle durer ?
  • que va faire l’acteur (mouvements, actes mentaux, position, séquencement chronologique des actions, pauses éventuelles…) ?

Plus les évocations mentales sont riches (images, mouvements, sons, paroles…) et précises, plus elles seront efficaces pour la concentration et le passage à l’action. Une fois que le réalisateur a fait son travail, place aux acteurs ! Il s’agit alors de passer des évocations mentales à l’action selon le plan imaginé lors de la réalisation.

affiche élève attentif en classe

 

Anticiper ce qui fragilise la concentration

Réfléchir à la manière de réagir aux tentations.

Planifier les réactions face aux obstacles permet de mieux résister aux tentations. Les distractions doivent être identifiées, anticipées puis des stratégies de résistance seront élaborées pour permettre une concentration longue. Cela peut passer par des stratégies du type “SI… ALORS je…”. ll sera nécessaire de planifier mais aussi de répéter les stratégies à activer face aux obstacles pour que ces réactions deviennent automatiques. L’entraînement et le temps long sont les seuls moyens de changer les habitudes. A cet effet, Yves-Alexandre Thalmann, professeur de psychologie, propose un outil qui s’articule autour de quatre étapes dont l’ordre est important. Elles sont résumées dans l’acronyme DROP :

  • Désir
  • Résultat
  • Obstacle
  • Plan

comment se motiver

Fragmenter le travail à faire en tâches simples, précises et chronologiques (qui viennent les unes après les autres)

Se donner des objectifs précis est indispensable car le cerveau est plus efficace quand il a une direction donnée. Il peut dès lors se mettre immédiatement en action. Plus on est au clair sur ce qu’on a à faire, plus on est concentré. Jean-Philippe Lachaux propose de reformuler les tâches à faire de manière à savoir immédiatement quoi faire en s’y mettant. Une manière d’y parvenir est d’imaginer que quelqu’un d’autre aura le même travail à faire et de concevoir les instructions une à une qu’on lui donnera pour qu’il l’effectue.

Repérer les pertes d’attention pour y remédier

Quand le regard commence à se poser ailleurs ou que la main part pour aller chercher le téléphone, c’est que le corps cherche une autre activité. C’est possible d’apprendre à contrôler le regard en identifiant quand il part et en le ramenant volontairement sur l’objet d’étude.

 

Eprouver des émotions agréables

Jouer à un jeu de rôle et utiliser l’humour pour maintenir la concentration

Parfois, il suffit d’imaginer une personnage ou une situation pour clarifier encore l’intention et maintenir la concentration.

Quelques exemples

  • imaginer être un chercheur d’or qui recherche minutieusement des pépites lors de la relecture d’un texte (les erreurs d’orthographe étant les pépites d’or)
  • imaginer que quelqu’un raconte une histoire à partir d’une rédaction/dissertation et qu’on est l’auditeur : l’arrêter dès que le narrateur parle bizarrement parce que cela signifie que la phrase n’est pas très bien écrite et qu’il faut la “toiletter” (éviter les répétitions, ajouter de la ponctuation, accorder les temps, ajouter des connecteurs logiques…)
  • quand un professeur explique quelque chose en classe, imaginer devoir le réexpliquer juste après à une amie en retard

S’auto féliciter et s’auto récompenser

On mémorise mieux quand on ressent des émotions agréables. Penser à s’auto féliciter participe par ailleurs à renforcer la concentration parce que le cerveau aime quand on lui signale qu’il réussit bien (il ne se démobilise pas). Au fur et à mesure des réussites, le cerveau va vouloir retrouver cette sensation agréable favorisant donc l’état de concentration qui en a permis l’émergence.

Il est possible de mettre en place un petit système d’auto récompense personnel pour renforcer l’effet émotion positive (exemple : à chaque exercice accompli, à chaque étape d’une dissertation, à chaque tranche pré définie accomplie sans se déconcentrer peut correspondre une petite récompense comme un temps de pause, une activité appréciée, un petit quelque chose à manger…).

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La quatrième partie de cet ouvrage est consacrée à la concentration :

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