La dyspraxie visuospatiale

La dyspraxie visuospatiale

La dyspraxie visuospatiale

Une forme de dyspraxie, trouble du développement de la fonction gestuelle

La dyspraxie est un trouble du développement de la fonction gestuelle. La praxie est l’ensemble des fonctions de coordination et d’adaptation des mouvements volontaires de base dans le but d’accomplir une tâche.

Un élève dyspraxique n’arrive pas à automatiser ses gestes. Pour effectuer une action dirigée vers un but, il doit exercer  un contrôle volontaire très coûteux en attention. Ce contrôle engendre une grande fatigue, souvent sous estimée. les élèves dyspraxiques sont souvent en double tâche.

La dyspraxie visuospatiale est une forme de dyspraxie. Gestes, vision et structuration de l’espace sont intimement liés. Chez les enfants en phase d’apprentissage, la vision et le repérage dans l’espace sont énormément sollicités avec des consignes du type : regarde et fais comme moi, réfère-toi au modèle, recopie

La représentation spatiale consiste à situer les éléments de la scène visuelle les uns par rapport aux autres et par rapport à notre corps ou aux orientations physiques (haut/ bas; gauche/ droite; devant/ derrière…).

Chez les humains, la prégnance du modèle visuel est importante, comme si “l’oeil parlait à la main”.

Quand l’analyse spatiale et/ou les mouvements des yeux sont pénalisés par un trouble, cela impacte le développement des gestes. Ces “praxies visuelles” mal automatisées ont alors des conséquences dans des domaines, qui semblent a priori non impactés par la gestuelle, tels le dénombrement ou la lecture.

Ceci explique la gravité particulière de la dyspraxie visuospatiale (la plus fréquente des dyspraxies) qui pénalise durablement certains apprentissages scolaires (au delà de la simple maladresse).

Des symptômes scolaires pluriels

La dyspraxie visuospatiale est responsable de symptômes scolaires pluriels (dysgraphie dyspraxique, dyscalculie spatiale, dyslexie visuelle, dysorthographie lexicale).

En cas de dyspraxie visuospatiale, l’écriture est toujours très perturbée.

Dans le domaine arithmétique, l’élève présente aussi très souvent des troubles d’apprentissage directement en lien avec la dyspraxie visuospatiale.

Dans un certain nombre de cas, la dyspraxie visuospatiale peut impacter la lecture et l’orthographe.

Ces enfants ne sont pas multidys : ils présentent les conséquences habituelles et prévisibles d’une dyspraxie visuospatiale.

Le diagnostic de dyspraxie visuospatiale

Avant de poser un diagnostic de trouble dys, il s’agit de faire une évaluation psychométrique WPPSI (avant 6 ans) ou WISC (aprés 6 ans) afin de montrer que les difficultés de l’enfant ne sont pas liées à une déficience mentale.

Alain Pouhet, médecin MPR (médecine physique et de réadaptation), conseille l’accompagnement par un professionnel rompu à la prise en charge des élèves dyspraxiques.

Il est difficile de trouver des spécialistes en neuro-vision : les associations de parents dys peuvent être des ressources utiles pour orienter vers les acteurs locaux formés aux troubles dys. De même, un médecin MPR peut faire le lien entre les différents intervenants (psychomotricien, neuropsychologue, ergothérapeute, orthoptiste neurovisuel, orthophoniste …) et orienter vers des professionnels formés pour un suivi ophtalmologique et orthoptique.

Un ergothérapeute peut également reconnaître les symptômes de la dyspraxie visuospatiale et effectuer un premier bilan, mesurer la fonctionnalité de la neuro-vision puis mettre en place des rééducations et des stratégies complémentaires à la rééducation orthoptique proprement dite.

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Source : Questions sur les Dys- : Des réponses de Alain Pouhet (éditions Tom Pousse)

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