La roue des choix à l’école : trouver des solutions non violentes aux conflits entre élèves (éducation émotionnelle et relationnelle) 

La roue des choix à l’école : trouver des solutions non violentes aux conflits entre élèves (éducation émotionnelle et relationnelle)

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Jane Nelsen, conceptrice de la Discipline Positive, propose un outil qu’elle nomme “la roue des choix” pour présenter de façon ludique et efficace différentes solutions pour régler un problème relationnel rencontré dans un groupe d’élèves.

La roue des choix est un support visuel dont les stratégies peuvent varier en fonction du contexte (âge des enfants, lieu d’utilisation…). Cet outil est pertinent pour la résolution pacifique des conflits à condition que les enfants soient impliqués dans son élaboration.

Dans une roue des choix, chaque tranche fait référence à une option utile pour la résolution des conflits. Ainsi, les élèves ont à leur disposition des alternatives non violentes aux stratégies qu’ils déploient habituellement.

En classe, on peut organiser un bainstorming où les élèves formulent des suggestions pour régler un conflit sans violence. L’enseignant note toutes les idées (même celles qui paraissent inappropriées, infaisables ou loufoques) et demande ensuite aux élèves de voter pour aboutir à 6 ou 8 solutions. Ces solutions seront inscrites dans des quartiers de roues vierges sur une feuille de papier. Chaque élève disposera alors d’une roue des choix qu’il pourra personnaliser (avec des dessins, des couleurs de son choix…). L’enseignant pourra également reproduire une roue des choix et l’afficher dans un endroit visible (classe, couloir, cour de récréation, réfectoire…). Les enfants pourront s’y référer et y avoir recours chaque qu’ils en éprouvent le besoin.

A l’école, la roue des choix peut être utilisée de manière créative :

  • chaque élève a une copie de la roue des choix sur sa table  ;
  • la roue des choix est affichée en grand sur un mur de la classe ou dans l’espace réservé au temps de pause  ;
  • la roue des choix est installée en grand format dans la cour de récréation  ;
  • les surveillants ont une copie plastifiée de la roue des choix qu’ils peuvent présenter aux élèves en difficulté en leur demandant de choisir la solution qu’ils aimeraient essayer  ;
  • une façon amusante de rediriger l’attention des élèves en proie à des émotions fortes consiste à transformer la situation en jeu. Pour cela, ajouter un socle et une vis à la roue, et demander aux élèves de la faire tourner comme une roulette, pour voir si elle s’arrêtera sur une solution qui pourrait leur convenir. Si ce n’est pas le cas, ils peuvent choisir la solution qui leur convient, ou bien refaire tourner la roue jusqu’à ce qu’elle s’arrête d’elle-même sur celle qui leur convient.

Dans son ouvrage La discipline positive en classe, Jane Nelsen relate l’expérience de l’école Émilie-Brandt de Levallois, une des écoles pionnières en France dans l’utilisation des outils de Discipline Positive.  L’équipe enseignante, confrontée à des problèmes de conflits entre élèves lors des récréations, avait décidé de mettre en place une grande roue des choix sous le préau de la cour pour aider les élèves à gérer eux-mêmes leurs conflits de manière respectueuse.

Chaque classe se mit à l’œuvre pour suggérer des solutions qui furent ensuite rassemblées par les délégués de classe, triées et transmises à la responsable du projet.

Chaque classe put décorer un quartier de la roue avant qu’elle ne soit installée dans la cour de récréation. Les élèves utilisèrent leur roue des choix avec plaisir puisqu’ils avaient contribué à son élaboration et avaient été consultés.

Non seulement cet outil fut source d’apprentissage de compétences sociales, émotionnelles et civiques indispensables, mais le climat des récréations s’apaisa également.

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L’utilisation de la roue des choix s’inscrit dans une démarche globale de travail d’éducation émotionnelle et relationnelle. Il est en effet utile de proposer un travail préalable aux enfants sur l’acquisition des compétences qui y sont listées. Par exemple, on peut imaginer inscrire “formuler un message clair” dans une des tranches de la roue des choix mais cela suppose d’avoir introduit la notion de message clair en amont.

Voici quelques idées qui peuvent être suggérées aux élèves pour leur donner des idées de solutions acceptables et non violentes :

  • Me mettre dans la peau de l’autre/ écouter ce qu’il ressent et ce qu’il pense

 

  • M’isoler dans un endroit calme et respirer

 

  • Dire non ou stop

 

  • Leur demander d’arrêter

 

  • M’éloigner, ignorer

 

  • M’excuser

 

  • Dire comment je me sens (mes émotions) et ce dont j’ai besoin, ce qui me ferait du bien 

 

  • Demander de l’aide (à un adulte, à un autre élève)

 

  • M’apaiser avant de parler

Il est possible de mettre  à disposition des élèves un coin de retour au calme spécialement aménagé en classe ou dans la cour avec des objets apaisants et/ou des affiches qui indiquent des mouvement de respiration. Les objets apaisants peuvent être des balles anti stress, des pailles dans lesquelles souffler ou des petits moulins à vent, des crayons et feuilles sur lesquelles dessiner la colère ou écrire les émotions, un coussin dans lequel crier (mais pas frapper)… En période de Covid, il est plus recommandé d’afficher des posters avec des postures de yoga calmantes, des petits exercices de respiration ou encore des auto massages.

On peut également inviter les enfants en colère à boire de l’eau fraîche, à compter à rebours de 10 à 0, à marcher, courir ou encore sauter pour libérer l’énergie de colère.

 

  • Formuler un message clair 

Le message clair permet d’exprimer son ressenti et de faire prendre conscience à l’autre que ses actes ont été blessants. Il peut être utilisés par les enfants quand un petit conflit a lieu afin de le régler sans intervention des adultes.

Le message clair peut également être utilisé pour communiquer des sentiments positifs.

Le message clair comporte 4 étapes :

  • un enfant exprime son souhait de faire un message clair à l’un.e de ses camarades en privé (cela peut être dans le couloir pendant la classe par exemple ou dans un coin de la classe) : “Je veux te faire un message clair”
  • la description des faits qui ont généré de l’inconfort : “Tu as fait…”
  • la verbalisation des émotions provoquées par ces faits : “Cela m’a…/ J’ai ressenti de…/ Je suis….”
  • une question sur la compréhension du message par l’interlocuteur.trice : “Est-ce que tu m’as bien compris.e ?”

Si le ou la camarade a bien compris le message clair, la démarche en terminée. Si non, le problème peut être exposé auprès de médiateurs ou d’adultes.

Une cinquième étape peut être amenée avec des enfants plus âgés : demander une réparation (par exemple : demander des excuses à l’oral).

Les messages clairs école

Pour aller plus loin : Le message clair, un outil puissant de gestion de conflits entre élèves

 

  • Me souvenir des bons moments passés ensemble

Il est possible de restaurer le lien en disant à l’autre ce qu’on aime en lui ou pourquoi on apprécie de passer du temps avec lui/elle, pourquoi son amitié a de la valeur.

 

  • Se parler et trouver des solutions ensemble

Les solutions doivent convenir à tout le monde sans que personne ne se sente lésé.

 

La roue des choix, telle que conçue dans l’approche de la Discipline Positive, est donc une façon ludique et efficace de développer chez les enfants la capacité à résoudre leurs problèmes par eux-mêmes et de manière pacifique.

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Source : La Discipline positive dans la classe de Jane Nelsen et Lynn Lott (éditions Le Toucan). Disponible en librairie, en médiathèque ou sur internet.

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