Le message clair, un outil puissant de gestion de conflits entre élèves

Le message clair, un outil puissant de gestion de conflits entre élèves

Le message clair gestion de conflits élèves

J’ai suivi une formation en éducation émotionnelle selon l’approche de  Michel Claeys-Bouuaert. Les formatrices nous ont présenté en détail le fonctionnement du message clair et sa puissance dans la gestion des conflits entre élèves.

Le message clair permet, en cas de conflit, de dire à l’autre : “Ecoute moi, j’ai quelque chose à te dire”. Il ne peut être efficace que dans un environnement au préalable bienveillant, cadré par un adulte à la posture ferme sur les comportements et souple sur les émotions.

Avant de pouvoir s’emparer du message clair comme outil de régulation de leurs conflits, les enfants ont besoin de s’entraîner. Les adultes peuvent amener petit à petit les enfants à affiner la conscience de leurs émotions et leurs besoins afin que ces derniers gagnent en intelligence émotionnelle. Ainsi, quand deux enfants se disputent et que l’un dit à l’autre “Arrête !”, l’adulte peut l’aider à formuler une demande de plus en plus précise et efficace :

  • qu’est-ce que l’autre doit arrêter ?
  • qu’est-ce qui t’embête ?
  • qu’est-ce que ça te fait à l’intérieur ?
  • de quoi as-tu besoin pour aller mieux ? peux-tu le formuler plus précisément pour que l’autre comprenne ce que tu attends ?

L’adulte peut proposer des petits jeux de rôle et de mime pour rejouer des situations problématiques et des états émotionnels difficiles.

Le message clair repose sur plusieurs piliers :

  • le besoin de se dire (comment ça fait pour moi maintenant);
  • le besoin de se sentir reconnu dans sa souffrance et ses ressentis personnels (l’autre a entendu et compris);
  • le besoin de se sentir en sécurité et soutenu (à travers la présence d’un adulte empathique qui accompagne le processus).

Un message clair s’exprime toujours dans un environnement calme : les deux protagonistes ont besoin d’être “dans le vert”, “à froid”, c’est-à-dire que leurs émotions soient retombées. Il peut être utile de suggérer un temps de pause aux enfants parce que, au-delà de la formulation, c’est le ton et la communication non verbale qui vont entraîner (ou non) la réparation de la relation. Les enfants doivent se regarder dans les yeux et s’écouter. L’adulte peut être là en soutien pour rappeler cette règle aux enfants qui vont parfois avoir le regard fuyant.

Le message clair peut s’exprimer en plusieurs étapes à travers lesquelles l’enfant en souffrance s’adresse à celui qui a causé cette souffrance :

1.J’ai envie/ besoin de te faire un message clair parce qu’il y a quelque chose qui m’a fait souffrir.

2.Quand tu as…, ça m’a fait… Est-ce que tu as compris ?

3.Si l’autre enfant se trouve des excuses (“c’est pas de ma faute”, “j’ai pas fait exprès”, “il y en avait d’autres”…), alors le premier enfant répète ce qu’il a dit en le regardant bien dans les yeux. Il est important que l’enfant à qui il s’adresse accuse réception de l’émotion dans une démarche d’honnêteté.

4.L’enfant à qui s’adresse le message clair dit ce qu’il a compris. L’adulte s’assure que celui-ci a bien compris et qu’il fait preuve de franchise dans sa manière d’accueillir le message.

5.L’enfant émetteur peut éventuellement demander une réparation. Là encore, l’adulte peut intervenir en soutien soit auprès de l’enfant émetteur du message clair : “est-ce OK pour toi ? est-ce que tu as besoin de quelque chose ? “, soit auprès du récepteur : “est-ce que tu as une idée de quelque chose de doux que tu pourrais faire ?”.

 

Au-delà  de la “technique” du message clair, la résolution de conflits entre élèves peut passer par des questions clés qui traduisent une volonté de l’adulte de se mettre en lien avec ce que vivent les élèves et de permettre la restauration du lien :

  • c’est comment pour toi maintenant ?
  • qu’est-ce que vous aimeriez faire : que cela continue comme ça ou que ça s’arrête ?
  • OK, alors que pouvez-vous faire ?

Il est important de toujours revenir aux faits pour éviter que les enfants ne prêtent des intentions à l’autre en mélangeant émotions/ pensées et faits objectifs. Revenir sur la description des faits est un moyen efficace d’y parvenir; si les émotions sont encore trop fortes, il vaut mieux accorder un temps de pause et revenir sur la résolution de problème plus tard.

Quand un enfant transgresse régulièrement une règle de vie qu’il connaît pourtant, il est possible de la lui rappeler sous forme de question impliquante : quelle est la règle qui nous protège tous et que tu ne respectes pas ? Par ailleurs, il est possible de le valoriser sur ce qu’il sait faire et a démontré comme qualités (“je ne te reconnais pas quand tu tapes/ cries/ casses… Je sais que tu es un garçon/ une fille chouette parce que je t’ai vu faire ci/ être comme ça. J’ai confiance en toi et je crois en ta capacité à trouver une solution pour faire autrement. Tu en es capable, je t’ai déjà vu le faire.”).

Une clé à toujours garder en tête est de permettre un espace d’expression émotionnelle de tous les élèves sans censure, sans conseil, sans punition.

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Plus d’outils d’éducation émotionnelle pour la classe (de la maternelle au lycée) dans le livre de Michel Claeys-Bouuaert  : L’éducation émotionnelle : guide pratique (éditions Le Souffle d’Or)

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