Révisions efficaces : les principes de la mémorisation à long terme à connaître pour réussir (collège, lycée, études supérieures)

Révisions efficaces : les principes de la mémorisation à long terme à connaître pour réussir (collège, lycée, études supérieures)

Travailler pour rester attentif (plutôt qu’attendre d’être suffisamment attentif pour se mettre au travail)

Michèle Temam est neuro-radiologue de formation et coach scolaire. Selon elle, il ne faut pas attendre d’être suffisamment concentré ou attentif pour se mettre au travail, mais il faut plutôt adopter une méthode active pour être capable de rester attentif. Dans son livre Savoir par cœur sans apprendre par cœur, elle décrit une méthode de mémorisation reposant sur plusieurs principes :

  • L’expertise favorise la mémorisation : apprendre à partir de rien nécessite un travail de mémorisation pur, rébarbatif mais la construction du savoir se fait par accumulation progressive des connaissances, en “greffant” les nouvelles informations sur celles qui existent déjà.

 

  • Il faut limiter le nombre d’éléments à mémoriser par vagues successives en les classant et en les hiérarchisant (ex : grouper des éléments à mémoriser sous 4 rubriques avec une étiquette précise puis, si le nombre d’éléments dépasse 4 dans cette catégorie, créer une nouvelle catégorisation en sous-groupes, et ainsi de suite, afin d’obtenir un arbre d’informations).

 

  • L’expertise ne dépend pas nécessairement de l’âge mais de l’exposition au domaine concerné. Il est toujours utile de rattacher les nouvelles données aux connaissances déjà acquises.

 

  • Utiliser des procédures de classement permet de retenir des informations quand elles sont trop nombreuses ou complexes.

Mieux gérer le stress des examens grâce à des révisions efficaces 

Michèle Temam regrette que de nombreux élèves et étudiants attribuent leurs trous de mémoire au stress éprouvé lors d’un contrôle ou d’un examen. Pourtant, ces trous de mémoire sont souvent en lien avec un apprentissage superficiel, c’est-à-dire non actif, car il repose sur de simples lectures répétées. Le problème des relectures est qu’elles donnent l’impression de savoir car on a “rempli” la mémoire à court-terme. Tant qu’on ne se teste pas avec des questions, qu’on ne transforme pas le contenu et qu’on ne fait pas de liens avec d’autres informations, il n’y a pas de mémorisation à long terme. Le niveau de stress est mieux géré quand on est bien préparé. Or être bien préparé, c’est acquérir une vision globale du sujet en identifient la structure du cours (l’articulation des idées), en faisant des liens ou en ayant recours à des actions sur le contenu à mémoriser (trouver ses propres exemples; redire avec ses mots; inventer des métaphores et des comparaison; transformer du texte en schéma). Il est utile de créer des sortes de “tiroirs mentaux” dans le cerveau car ils permettront, par la simple évocation d’un titre ou d’un mot clé, de rappeler les idées principales du contenu du paragraphe, à partir desquelles des phrases pourront être élaborées.

 

4 techniques d’appropriation du savoir pour des révisions efficaces au lycée (et ailleurs)

1.Faire une première lecture rapide et globale du cours 

Michèle Temam propose de faire une lecture globale du cours à réviser en vue d’une évaluation. Cette lecture globale signifie la lecture de tout le cours du début à la fin en contrôlant le regard (ne pas revenir en arrière même si une notion complexe fait buter) et en évitant la subvocalisation (lire à voix basse). Michèle Temam conseille de relire depuis le début si le fil de la pensée est perdu au cours de quelques lignes ou de quelques pages.

2.Relire avec un objectif en tête : repérer la logique du cours

Les relectures faisant suite à la première lecture globale doivent se faire avec un objectif en tête :

  • chercher des explications sur une notion non comprise,
  • chercher des images pour illustrer telle ou telle notion,
  • repérer la trame du cours/ chercher un plan logique,
  • connecter les informations qui ont des liens entre elles.

Les relectures peuvent porter sur des passages précis, pas forcément sur tout le cours.

3.Relire pour relever les informations se rapportant à une même idée ou répondant à une question précise

Cette étape consiste à prendre le cours par tous les bouts, sans le suivre du début à la fin. Il s’agit de le déstructurer puis de le reconstruire et de le reformuler autrement. L’objectif est de rapprocher toutes les informations similaires, en dépassant le plan imposé. En effet, des idées reviennent sous des formes différentes au sein d’un même chapitre, ou bien à travers différents chapitres.

Michèle Temam rappelle l’étymologie du mot “intelligence” : tisser des liens. Cette étape nécessite de dépasser le simple support du cours mais de mettre en place sur la table de travail tous les supports et documents utiles pour réviser (manuel de cours, cahier de leçon, cahier d’exercices…).

Michèle Temam parle de “fils rouges conducteurs” de la pensée, qui regroupent l’ensemble des éléments du cours liés plus ou moins étroitement à une idée.

4.Faire un résumé pour concentrer le savoir 

Résumer n’est pas recopier les phrases principales du cours, mais plutôt s’approprier le savoir, sélectionner ce qui doit absolument être maîtrisé et créer des accroches qui permettent de restituer les informations dans leur globalité. La reformulation et la schématisation participent à l’appropriation.

La présentation des fiches-résumés aide à tirer le fil à partir des accroches :

  • liste de mots clés sous forme de bullet points,
  • schémas, dessins, tableaux à double entrée,
  • flèches pour montrer les relations entre les éléments,
  • tailles d’écriture différentes,
  • codes couleur,
  • des questions auxquelles répondre,
  • moyens mnémotechniques (phrases, acronymes…).

 

Focalisez toute votre énergie à identifier, comparer, rejeter les détails, fractionner et réunifier, analyser et synthétiser, décomposer et globaliser. Mettez en évidence les éléments essentiels, façonnez le support à votre image, coloriez-le, plantez-y vos panneaux de signalisation. N’attendez pas d’en savoir parfaitement le contenu pour commencer à faire des QCM que vous trouverez dans les annales des années précédentes, et commencez à les faire à livre ouvert. Astreignez-vous à chercher les réponses en feuilletant votre livre, et allez les traquer partout où vous pouvez les trouver, pour vous approprier le support. Faites preuve d’imagination, inventez-vous des questions, des chemins d’apprentissage. – Michèle Temam

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Source : Savoir par cœur sans apprendre par cœur de Michèle Temam (éditions Odile Jacob). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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