5 priorités à faire vivre à l’école (pédagogie de la bienveillance)

5 priorités à faire vivre à l’école (pédagogie de la bienveillance)

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Dans le livre Transmettre l’essentiel à l’école (et à la maison) pour construire un monde sain, heureux et solidaire, Sophie Rabhi-Bouquet, fondatrice de l’école La Ferme des Enfants, liste ses 5 priorités à faire vivre à l’école pour assurer une pédagogie de la bienveillance.

1.La connaissance de soi

La connaissance de soi passe par une connaissance de son corps, de ses sensations (chaud/ froid, sommeil, faim…), de ses besoins, de ses émotions, de ses talents et de ses valeurs.

Cela passe nécessairement par une attitude bienveillante qui respecte les besoins et les sensations des enfants (par exemple, en ne les obligeant pas à s’habiller s’ils n’ont pas froid ou en ne leur demandant pas de rester assis pendant des heures). Cela passe également par l’accueil des émotions des enfants sans chercher à les minimiser (ex : “Mais non, ça fait pas mal”) ou à les changer (ex: “Tu es pas beau quand tu te mets en colère”) et par la conviction que chaque enfant porte en lui des talents, des forces.

Pour aller plus loin : Cultiver l’intelligence émotionnelle à l’école : pourquoi ? et surtout comment ?

 

2.La relation aux autres

Le soin apporté à la relation devrait être une priorité. Ainsi, dans l’école La Fermes des Enfants, toute personne (adultes comme enfants) s’engagent à régler les problèmes relationnels par une médiation et à ne laisser personne dans l’inconfort ou la détresse d’un conflit non résolu. La Communication NonViolente et les cercles restauratifs sont utiles pour apprendre à régler les conflits sans violence.

Ainsi, un enfant de 7 ans peut appeler en conseil de médiation un adulte pour lui faire part de sa réprobation et de ses ressentis face à des comportements remis en question.

Pour aller plus loin : La roue de Thomas Fiutak : 5 étapes pour une médiation efficace

 

3.L’amour de la nature

Nous sommes faits pour évoluer dans la nature, au plein air, dans la liberté de mouvement. Non seulement la nature contribue à notre bien-être mais nous faisons également partie d’elle.

La nature a droit aux mêmes égards que ceux que nous accordons aux enfants dans notre école : discrétion et humilité pour préserver au mieux ce qu’elle est.

Par ailleurs, vivre la nature plutôt qu’apprendre des leçons sur la nature est essentiel pour construire des compétences utiles à l’autonomie (jardiner, construire, se repérer dans l’espace, reconnaître les animaux et les végétaux…) et pour éveiller la conscience écologique (passer d’un mode de prédation sur la nature à un mode de protection).

Pour aller plus loin : Le trouble du déficit de nature : un danger pour nos enfants ? quelle éducation pour favoriser le lien avec la nature ?

 

4.La confiance

Accepter de ne plus contrôler le devenir de l’enfant, en le laissant libre de déployer par lui-même la logique vivante qui l’habite, avec un minimum d’interférences, permettra à chaque être de se réaliser pleinement et d’offrir ce qu’il ou elle est au monde.

C’est un long processus que de laisser la peur céder le pas à la confiance (en soi, dans les enfants, dans l’expérimentation).

Nous sommes nombreux à avoir peur : peur que les enfants n’apprennent rien, ne s’intègrent pas dans la vie professionnelle plus tard; peur des représailles des supérieurs et de l’institution; peur de l’échec, de perdre le contrôle, de se “faire bouffer” par les enfants; peur de notre propre vulnérabilité, de nos propres émotions; peur de rencontrer intimement l’autre; peur de lâcher-prise, de perdre nos repères et peut-être même notre identité; peur de l’inconnu.

Pour aller plus loin : La construction de la confiance à l’école (confiance en soi des élèves, confiance dans les autres, confiance en l’enseignant)

 

5.Les compétences démocratiques

Sophie Rabhi-Bouquet se demande si tous les efforts et toute la souffrance que nous mettons dans l’inculcation de programmes scolaires sont réellement nécessaires. L’école traditionnelle a montré qu’elle n’arrive pas à remplir sa mission de former des citoyens éclairés, autonomes d’un point de vue intellectuel et capables de vivre ensemble sans violence. Elle a également montré son incapacité à réduire les inégalités sociales et à assurer l’égalité des chances. Par ailleurs, elle est objet de défaillances et de souffrance (allant du harcèlement scolaire à la phobie scolaire en passant par la non inclusion des élèves handicapés et le burn-out des enseignants).

Selon Sophie Rabhi-Bouquet, le principe des écoles démocratiques inspirées par le modèle Sudbury répond au mieux à toute absence de projet pour et sur l’enfant. Ce type d’école ne peut être efficace que si les adultes qui le portent sont émotionnellement alphabétisés et déconstruits sur les questions liées à la violence éducative ordinaire.

Le modèle démocratique propose un changement complet de paradigme : l’exploration de modèles de gouvernance partagés et de relations horizontales, à la fois respectueuses et créatives, en évacuant la notion d’adultes dominant les enfants. Les apprentissages informels et autonomes y prennent tout leur sens.

Grâce à des outils comme la Communication NonViolente, la gestion par consentement (prises de décision à zéro objection), l’expression des tensions et des besoins, la fin de la relation dominant-dominé, l’abolition de la violence éducative, la reconnaissance des talents de chacun(e) et de ses expressions, alors les enfants et les adolescents apprennent naturellement, par immersion dans ce type de fonctionnement, à vivre de nouvelles relations. Nous faisons le pari que ces compétences, et les outils qui vont avec, seront essentiels à la résilience de nos sociétés. – Sophie Rabhi-Bouquet

Pour aller plus loin : Sudbury : à la découverte d’une école pas du tout comme les autres (une école libre et démocratique sans programme, sans prof et sans note)

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Source : Transmettre l’essentiel à l’école (et à la maison) pour construire un monde sain, heureux et solidaire de Isabelle Servant (éditions Eyrolles). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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