Pour une école bienveillante : une expérimentation dans une école publique (manipulation libre, mélange des âges, espaces ouverts, nature et ouverture aux parents)

Pour une école bienveillante : une expérimentation dans une école publique (manipulation libre, mélange des âges, espaces ouverts, nature et ouverture aux parents)

Ce petit reportage dans l’école maternelle Condorcet de Besançon montre qu’il est possible de changer de paradigme dans les écoles. Cette expérimentation s’inspire de la pédagogie Montessori… mais pas que et se veut une “école heureuse” mettant la bienveillance au coeur des pratiques éducatives.

Les enseignantes se sont appuyées sur 5 axes pour repenser leur classe et leur posture dans le cadre d’une école bienveillante :

  • Manipulation libre

La manipulation libre s’inspire de l’approche de Maria Montessori.

 

  • Classes partagées (mélange des âges) et espaces ouverts (à l’intérieur comme à l’extérieur)

Là encore, le mélange des âges est pratiqué dans les classes Montessori mais pas que  c’est aussi le cas dans les classes Freinet et les écoles dites démocratiques. Le “mélange” d’enfants de tous âges profitent aussi bien aux petits qu’aux grands. Les enfants d’un même âge n’ont pas forcément grand chose à s’apprendre mutuellement : les interactions sont plus riches quand les écarts d’âge sont plus grands.

Les espaces ouverts permettent la libre circulation et le mouvement. Essayer différentes choses, tester des hypothèses, s’entraîner, faire, défaire et refaire, tout cela demande du temps.

Apprendre, s’entraîner et s’exercer, creuser, se tromper, recommencer, enrichi sa pensée et ses mouvements requiert du temps non contraint, non borné et des espaces ouverts.

Il est impossible d’interrompre des activités par des sonneries et de décider pour les autres comment ils vont occuper leur temps tout en s’attendant à ce qu’ils apportent leur talent au monde et s’épanouissent.

 

  • Éducation émotionnelle (pleine conscience, messages clairs, cercles philo, ressources pour parler des émotions, massages, créativité)

L’intelligence émotionnelle englobe deux notions :

1. Les compétences intrapersonnelles (ce qui se passe à l’intérieur de soi-même)

Michel Claeys Bouüaert, auteur du livre L’éducation émotionnelle de la maternelle au lycée, définit l’intelligence émotionnelle comme “le degré de maturité émotionnelle d’un individu, sa capacité à être en paix avec lui-même, à rester émotionnellement en équilibre, conscient de ses émotions mais sans se laisser emporter par elles.” Une personne faisant preuve d’intelligence émotionnelle sera capable de maintenir son équilibre intérieur et de gérer son existence efficacement.

Ainsi, l’intelligence émotionnelle passe par la conscience de son corps, la gestion de ses émotions, l’identification des atouts et ressources personnelles ou encore la prise de décision assumée.

2. Les compétences interpersonnelles (les relations de la personne avec son environnement et les autres)

L’intelligence émotionnelle inclura donc également les “capacités de l’individu à établir avec le monde qui l’entoure des relations harmonieuses, créatives, assurées en même temps que respectueuses.” Une personne faisant preuve d’intelligence émotionnelle sera capable de s’intégrer socialement.

Elle est liée à un ensemble de compétences qui vont de l’intelligence sociale au sens de la coopération, du sens des responsabilités envers la nature à l’empathie.

 

  • Lien avec la nature (cour de récréation arborée et plantée de fleurs, déplacement dans des jardins ouvriers, demies-journées en forêt)

Le concept de « trouble du déficit de nature » a été inventé par Richard Louv en 2005 dans son livre « Last child in the wood ». Ces termes font référence à la déconnexion que nos sociétés connaissent avec le monde naturel (et les problèmes qui en découlent). Cette déconnexion de la nature commence à un âge de plus en plus précoce. Certains considèrent même qu’il s’agit d’un problème de santé publique aux États-Unis.

Ce trouble du déficit de nature touche également de plus en plus d’adultes, notamment des jeunes adultes et donc des jeunes parents (qui auront plus de mal à jouer leur rôle de passeurs de nature).

De plus en plus d’écoles proposent des moments d’immersion dans la nature ou, a minima, des temps de jardinage, de sorties en forêt ou d’observation des animaux.

 

  • Communication ouverte avec les parents (rendez-vous individuels, communication numérique, petits déjeuners partagés autour de thématique spécifique, possibilité de venir observer directement en classe)

Les adultes aidant le développement des enfants ne peuvent pas être des juges, des censeurs. Une personne qui évaluerait, qui ferait des remarques (comme “mais tu ne sais pas encore ça!) est la dernière personne à qui les enfants voudraient demander de l’aide. Ils se sentent plutôt nerveux, angoissés, et même stressés, au contact de ce type de personnes.

Les adultes bienveillants, qui n’émettent pas de jugement en fonction de normes, de paliers par âge, sont ceux vers lesquels les enfants pourront se tourner en cas de difficultés, et auxquels ils pourront se confier : “Je ne sais pas du tout comment faire. Je me suis trompé. J’ai besoin d’aide.”

Ainsi, les enseignants peuvent adopter cette posture et considérer que les parents sont des partenaires dans ce cheminement.

 

De plus en plus d’enseignants du public s’engagent dans cette voie et montrent que c’est possible… pour le plus grand bonheur des professionnels, des enfants et des parents !

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Des ressources pour passer à la pratique :

 

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