Neurosciences : 8 informations utiles sur le cerveau qui apprend

Neurosciences : 8 informations utiles sur le cerveau qui apprend

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1.Associer

On apprend durablement en créant des associations entre les connaissances. Il est recommandé de faire des liens entre les connaissances préalables et les nouvelles connaissances grâce à des analogies, des anecdotes, des métaphores ou encore des références personnelles.

La création de liens avec des représentations déjà en mémoire permet d’accrocher le souvenir dans un réseau (ex : des exemples liés à des expériences personnelles, des associations à des éléments significatifs comme une date en Histoire à une date significative pour soi ou chargée de sens – par ex : 1875 = pompier 18 de Paris 75).

 

2.Répéter

Pour renforcer et optimiser l’apprentissage, les répétitions d’une même information doivent être espacées et diversifiées (entrelacer avec des exercices d’autres matières, transformer le contenu sous forme de schéma, de flash cards ou encore de tableau à double entrée).

Il est recommandé de jouer avec le temps par étalement des reprises (spaced learning). Deux points sont importants à conserver en tête quand on veut mémoriser efficacement :

  • Espacer les apprentissages sur plusieurs périodes intercalées de périodes de repos est plus efficace dans la durée que des apprentissages regroupés.
  • Agrandir progressivement l’écart entre les intervalles de répétition permet d’ancrer durablement un apprentissage : bien qu’il soit important de répéter rapidement un apprentissage avant qu’il soit rapidement oublié, une fois cela fait, l’espacement des répétitions suivantes peut augmenter progressivement dans le temps et c’est l’effort même pour rappeler l’information en mémoire juste avant qu’elle ne soit oubliée qui renforce la mémorisation à long terme.

 

3.Encoder, stocker et récupérer les informations en mémoire   

La mémorisation implique trois étapes : l’encodage, le stockage et la récupération en mémoire. Chacune d’entre elles est tout aussi importante pour l’apprentissage.

Les stratégies de mémorisation efficaces telles que promues par les neurosciences ont toutes comme point commun d’améliorer la profondeur de l’encodage :

  • la création d’une représentation mentale qui permet un double (voire triple) encodage, visuel et verbal par exemple (écouter un texte et se créer une image mentale)
  • la réalisation sensori-motrice qui incarne le souvenir dans une action ou un geste (ex : poésie théâtralisée)
  • associer des émotions positives (joie, surprise, émerveillement…) lors de l’encodage
  • la structuration de l’information (fresque, frise chronologique…)
  • la reformulation avec ses propres mots
  • la création d’histoires à partir des éléments à apprendre (voir un exemple ici)

 

4.Activer les quatre piliers de l’apprentissage

1. L’attention.

L’attention sert à sélectionner les informations et elle facilite l’apprentissage.

Mais l’attention peut être sélective. Nous apprenons et mémorisons en fonction d’un projet de mémorisation et tous les stimulii non pertinents dans le cadre de ce projet sont évacués par le cerveau, ils deviennent littéralement invisibles.

2. L’engagement actif.

Le nombre de tests via des exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures passées à étudier.

3. Le retour sur erreur.

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.

4. La consolidation.

L’automatisation des connaissances est essentielle et passe par la répétition. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient, avec effort à un traitement automatisé, inconscient. Le soleil joue un rôle primordial dans cette phase de répétition et de consolidation.

 

5.Vivre des émotions

Les émotions agréables sont utiles à l’apprentissage : elles captent l’attention, peuvent stimuler la motivation et la consolidation. L’intelligence grandit dans la joie. La nature a doté les humains de l’émotion de joie associée à la découverte (et l’intensité de la joie est encore plus élevée chez les plus jeunes humains). Cette joie est le moteur de la curiosité. C’est la raison pour laquelle les tout-petits veulent tout toucher, posent tant de questions et agissent autant dans leur environnement (grimper, rouler, répéter, lancer…). L’exploration donne envie de découvrir davantage pour éprouver une joie encore plus grande. Ce mécanisme d’auto-récompense se poursuit durant toute la vie, à condition qu’on ne le brime pas (notamment au cours de la scolarité).

En grandissant, les enfants découvrent qu’apprendre n’est pas seulement une source de joie, mais aussi de maîtrise. S’y connaître dans tel ou tel domaine donne la confiance nécessaire pour prendre des risques intellectuels, faire preuve de pouvoir personnel, mieux vivre et créer du sens.

De même, le stress peut faciliter l’apprentissage car il donne de l’énergie et est le signal que le corps se prépare. A forte intensité, il va en revanche bloquer la mémorisation, d’où l’importance d’un cadre bienveillant, valorisant et d’une bonne compréhension du rôle du stress (on peut apprendre à voir dans les manifestations du stress le signe que le corps a été stimulé pour se préparer à relever un défi).

 

6.Se motiver

On est motivé quand on perçoit de l’intérêt et qu’on se sent capable.

Pour aller plus loin : Enseignement et motivation : aider les élèves à avoir davantage confiance en leurs aptitudes scolaires

 

7.Apprendre avec les autres

Les humains peuvent apprendre en observant les autres grâce à leurs neurones miroirs. Collaborer avec les autres est un levier de l’apprentissage. La collaboration entre pairs est un facteur permettant aux élèves de progresser. La coopération permet de comprendre l’apport de chaque élément, développe les capacités argumentatives des élèves et peut déconstruire des savoirs erronés. Il nourrit également l’esprit critique et contribue au développement et à l’autonomie des élèves et à l’émancipation des élèves.

Lire aussi : Quelles consignes de travail efficaces pour favoriser le travail en coopération en classe ? et Travail en groupe et coopération : des clés pour l’organiser en classe

 

8.Utiliser les erreurs

Le cerveau humain apprend à partir des erreurs et même à partir des erreurs des autres. L’apprentissage se déclenche lorsqu’un signal d’erreur montre que la prédiction générée par notre cerveau n’est pas parfaite. Il ne peut pas exister d’apprentissage quand tout est parfaitement prévisible.

Les neurosciences démontrent que :

  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance inutilement. Les punitions et la méthode autoritaire sont néfastes aux apprentissages.
  • La motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage. Les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser, ils ne sont pas synonymes de récompenses.

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Source : Réinventez vos formations avec les neurosciences de Aurélie Van Dijk (éditions ESF Sciences Humaines). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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