La numération selon l’approche de Stella Baruk : les dizaines cachées (70 et 90)

La numération selon l’approche de Stella Baruk : les dizaines cachées (70 et 90)

La chaîne You Tube La Classe Freinet du Professeur Hervé est une mine d’or pour les enseignants (et les parents). On y trouve de nombreuses ressources  en anglais, en mathématiques, en conjugaison, en lecture, en orthographe, en gestion de classe, toutes inspirées par l’esprit de la pédagogie Freinet (du CP au CE2).

Dans cette vidéo, on retrouver l’approche de Stella Baruk, chercheuse française en pédagogie des mathématiques, concernant la numération. Pour aller plus loin sur cette approche, je vous invite à lire cet article : Etude des nombres à un chiffre en CP : pour une entrée en numération fondée sur la langue et le sens (par Stella Baruk)

 

La chaîne You Tube La Classe Freinet du Professeur Hervé est animée par un enseignant Freinet de Marseille.

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Spécificités de la numération selon Stella Baruk

Stella Baruk, mathématicienne et pédagogue française, a développé une approche originale de l’enseignement des mathématiques, centrée sur le sens, la langue et la compréhension des mécanismes numériques plutôt que sur l’application mécanique de règles. Voici les spécificités de sa vision de la numération, et comment aborder les dizaines selon sa méthode.
 
1. Le nombre est un mot

Pour Baruk, le nombre est d’abord un mot de la langue française, avant d’être un symbole mathématique. Elle insiste sur le fait que les enfants doivent comprendre ce qu’ils disent quand ils énoncent un nombre.

Exemples :
“Vingt-quatre” = “vingt” + “quatre”, mais aussi “deux dizaines et quatre unités”.
“Quarante-deux” = “quarante” (4 dizaines) + “deux” (2 unités).
“Soixante-dix” = “soixante” (6 dizaines) + “dix” (1 dizaine) = 7 dizaines.

2. La numération orale française est irrégulière

La langue française a des irrégularités qui rendent la compréhension des nombres difficile :

“Soixante-dix” (70), “quatre-vingts” (80), “quatre-vingt-dix” (90) ne suivent pas la logique “dizaine-unité” des autres nombres. Baruk propose de décortiquer ces mots pour en extraire le sens mathématique.

Exemples pour travailler les irrégularités et les expliciter les exceptions :

  • “Soixante-dix” = 6 dizaines + 1 dizaine = 7 dizaines.
  • “Quatre-vingts” = 4 × 20 = 80.
  • Montrer que “quatre-vingt-douze” = 80 + 12 = 92.

3. La numération écrite doit être liée au sens

Les chiffres ne sont pas des symboles abstraits : chaque chiffre a une place et une valeur (unités, dizaines, centaines). Elle utilise des tableaux de numération pour visualiser la position des chiffres et leur valeur.

Écrire aide à comprendre la numération en base décimale : 

  • Dictée de nombres : L’enseignant dit “trois dizaines et sept unités”, l’élève écrit 37.
  • Écriture en lettres : Transformer 58 en “cinquante-huit” et inversement.

4. L’importance du zéro

Le zéro est un marqueur de position : dans 205, le 0 signifie qu’il n’y a pas de dizaines. Baruk insiste sur le fait que le zéro n’est pas rien, mais un signe qui donne du sens aux autres chiffres.

5. Éviter les “recettes” magiques

Elle critique les méthodes qui enseignent des règles du type “on ajoute un zéro” pour multiplier par 10, sans explication. Pour elle, il faut comprendre pourquoi on ajoute un zéro : parce qu’on change de colonne dans le tableau de numération.