Dyslexie : pourquoi il est important d’avoir un interlignage aéré et de justifier un texte seulement à gauche

Dyslexie : pourquoi il est important d’avoir un interlignage aéré et de justifier un texte seulement à gauche

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Dans son livre Une école sans échec, Hervé Glasel, neuropsychologue, rappelle l’importance d’appliquer un interlignage aéré (1,5) et de justifier les textes à gauche seulement pour faciliter la lecture aux enfants dyslexiques.

Un interlignage aéré (1,5)

Glasel explique que la première étape de la lecture est de nature visuelle mais que le regard n’est pas statique quand il lit.

Les yeux réalisent des microsaccades horizontales pour passer d’un mot à un autre et des grandes saccades obliques pour passer d’une ligne à la suivante.

La vision centrale se concentre sur les informations fines à traiter (les caractères), tandis que la vision périphérique anticipe et prépare la prochaine saccade, au vu de la longueur des mots qui suivent ou de la phrase qui reste à lire.

Certains enfants sautent des mots, ou des lignes, sans même s’en apercevoir. Agrandir l’espacement entre les lignes permet de compenser d’éventuels troubles du regard.

Justifier les textes à gauche seulement

Glasel propose également de ne pas justifier le paragraphe à la fois à gauche et à droite parce que cela rend variable l’espacement entre les lettres et entre les mots.

Le regard ne suit pas les lignes de manière lisse, mais en réalise des saccades, passant de groupes de lettres en groupes de lettres. Si les espaces entre les lettres et les mots sont variables d’une ligne à l’autre, les saccades oculaires devront aussi être d’amplitude variable et ne pourront plus être automatisées.

Cela ajoute un traitement supplémentaire pour l’enfant dyslexique.

 

Tout ce qui participe à une présentation épurée des supports pédagogiques permet une meilleure accessibilité du contenu pour l’enfant dyslexique. Hervé Glasel propose d’autres règles simples de présentation pour soulager la lecture des enfants dyslexiques :

  • éviter l’effet de densité de l’information dans la page à travers l’empilement sur un espace étroit de trop d’éléments à traiter,
  • prévoir une police de taille suffisante (16 à 18) pour rendre les caractères saillants et bien contrastés,
  • renoncer aux italiques, qui modifient trop l’aspect visuel des caractères,
  • choisir des polices standard (car elles ne demandent pas à traiter des caractères inhabituels) ou une police spécialement adapté aux dyslexiques (tel que Open Dyslexic),
  • proposer des marqueurs visuels simples et toujours identiques (par exemple, les titres pourront être systématiquement en rouge),
  • surligner les mots importants en jaune (le contraste noir sur jaune est meilleur pour la rétine que le contraste noir sur blanc).

 

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Source : Une école sans échec : l‘enfant en difficulté et les sciences cognitives de Hervé Glasel (éditions Odile Jacob). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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