Des trucs simples pour libérer l’écriture et la production écrite des enfants

Des trucs pour libérer l’écriture et la production écrite des enfants

libérer l'écriture et la production écrite des enfants

Bernard Collot a été enseignant de l’école publique et a transformé sa classe unique en une “école du 3° type”. Dans son livre L’école du 3° type : explorer un autre paradigme avec les enfants , il propose des trucs pour permettre de déclencher le mouvement du geste d’écriture et de libérer la production d’écrit.

Bernard Collot part du principe que, dans une classe unique, sans méthode savante et même sans méthode du tout, tous les enfants apprennent à lire et à écrire. Selon lui, le problème de l’écrire-lire est d’abord celui de la construction et de l’existence de groupes (classes, fratries, familles, groupes d’amis…) qui se servent de l’écrit pour leur vie.

Préparer l’acte d’écriture

Dessiner et peindre librement

Le dessin et la peinture libre peuvent inciter à l’acte d’écrire.

Le dessin et la peinture sont une forme de projection de soi. Tout enfant devrait pouvoir dessiner ou peindre librement, sans consigne, quand il le veut, à tout moment, quel que soit son âge, sans qu’il y ait des jugements de valeur portés sur son expression; c’est-à-dire libéré de tout regard adulte.

S’écouter, se filmer

Se filmer ou s’enregistrer en audio sont des formes de langages différés pour l’enfant s’il peut s’en servir librement. L’enfant va projeter quelque chose sur un support qu’il peut écouter (s’écouter) et faire écouter décalé dans le temps et dans l’espace.

Ainsi, Bernard Collot avait installé un atelier enregistrement dans sa classe. Chaque enfant pouvait y faire ce qu’il voulait. Les enfants avaient tout loisir de se ré-écouter, s’effacer, recommencer, faire écouter à un copain, y dire des bêtises, rire de leurs bêtises. L’enregistrement audio ou la vidéo sont des supports de communication car les parents, frères et soeurs ou amis vont vouloir et pouvoir l’écouter dans un processus de communication différée. C’est dans cet échange que les langages ont un sens.

Libérer la production écrite

L’adulte doit utiliser le langage écrit lui aussi

Pour Bernard Collot, l’écriture est un langage qui se construit de la même manière que se construit le langage oral : dans l‘interaction humaine et dans un but de projection de soi. Il est donc indispensable que les enfants voient des adultes écrire pour la vie quotidienne et prendre plaisir à écrire. Il invite les adultes (enseignants comme parents) à écrire des poèmes, mais encore plus des bêtises. Les enseignants peuvent même afficher leurs écrits avec ceux des enfants en classe.

D’ailleurs, les écrits des adultes n’ont pas besoin d’être parfaits. Un adulte peut très bien écrire même s’il n’écrit pas des choses si terribles que cela. Ceci est valable pour les autres types de langage : un adulte peut très bien danser mal mais danser quand même, peindre maladroitement mais peindre quand même, chante faux mais inventer des chansons et chanter quand même.

Il ne s’agit pas de provoquer l’admiration ou d’afficher le modèle à atteindre mais de montrer que l’accessibilité des langages n’est que dans leur utilisation simple.

Collot nous rappelle que les parents qui “apprennent” au bébé à parler n’hésitent pas à faire eux aussi des pitreries. La parole vient avec le rire et le plaisir, l’acceptation et la compréhension des premiers charabias, les corrections viennent après.

L’exercice de l’écriture automatique

Bernard Collot propose un jeu qu’il utilisait dans sa classe pour inciter les enfants à écrire : l’écriture automatique. Cela commence comme un exercice formel et scolaire classique. L’adulte (parent ou enseignant) peut même “jouer” en imitant un prof sérieux et sévère en disant : “Prenez une feuille et un crayon. A mon signal, vous devez écrire sans vous arrêter même si c’est n’importe quoi, sans réfléchir.” L’idée est que les enfants écrivent ce qui leur passe par la tête, sans souci des fautes ou de la syntaxe, mais surtout sans jamais lever le crayon le temps de l’exercice. Les enfants ont le droit d’écrire n’importe quoi, même des onomatopées. Ils ont le droit de répéter dix ou vingt fois le même mot, si rien d’autre ne vient.

Au bout de quelques minutes, l’adulte fait stopper les crayons, et demande à tout le monde de regarder ce qu’il a écrit (sans que l’adulte ne regarde). L’adulte prépare alors la corbeille à papier et dit aux enfants de déchirer leur feuille et de jeter ce qu’ils ont écrit. Les enfants vont probablement réagir avec stupéfaction, hésitation et joie.

Il s’agit ensuite de recommencer la même chose. Les écrits seront à nouveau jetés à la poubelle. Cet exercice pourra être répété plusieurs fois puis, au bout d’un certain temps, tous les écrits automatiques ne seront pas forcément jetés. Les enfants auront le choix de les garder, de les faire lire à l’adulte, de les jeter, de les afficher ou d’en faire ce qu’ils en veulent.

L’objectif de cet exercice est de sortir de l’enfermement qui fait croire aux enfants qu’il faut écrire pour les adultes, écrire comme il faut, écrire des choses bien, écrire sans faute, écrire après avoir beaucoup réfléchi. Les enfants pourront se laisser aller à l’écriture en ne se préoccupant que du plaisir d’écrire.

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Source : L’école du 3° type : explorer un autre paradigme avec les enfants de Bernard Collot (éditions L’Instant Présent). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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