Apprendre à apprendre à l’école (développer des habitudes métacognitives en classe)

Apprendre à apprendre à l’école 

apprendre à apprendre école

La métacognition à l’école

Dans son livre Apprendre à Apprendre, Jean-Michel Zakhartchouk propose des pistes pour pratiquer la métacognition à l’école. La métacogition est la capacité à dire ce qu’on a fait, ce qu’on fait, ce qu’on va faire. La métacognition recouvre plusieurs aspects :

  • la connaissance qu’on peut avoir de processus cognitifs, d’opérations mentales nécessaires pour accomplir une tâche ;
  • la capacité à utiliser cette connaissance lors de l’accomplissement de la tâche.

En classe, les enseignants peuvent habituer les élèves, individuellement et collectivement, à se poser des questions sur leurs processus mentaux.

Des conditions favorables à la métacognition en classe 

Jean-Michel Zakhartchouk estime que plusieurs conditions sont nécessaires pour amener les élèves à pratiquer la métacognition en classe :

  • S’y exercer à l’occasion de tâches relativement simples, où l’attention n’est pas polarisée par la réussite de l’exercice;
  • Créer un climat de confiance et d’acceptation des erreurs possibles pour que les élèves se sentent autorisés à évoquer leurs difficultés, leurs errements, ne se croient pas obligés de tenir un discours convenu pour faire plaisir au professeur;
  • Poser des questions en « comment » plutôt qu’en « pourquoi » pour rassurer les apprenants en train d’exposer leur démarche;
  • Combiner la prise de conscience des opérations effectuées pendant et après l’activité;
  • Laisser l’élève lui-même effectuer cette réélaboration;
  • Pratiquer fréquemment (seule une pratique fréquente permet peu à peu de s’approprier les clés d’une formation des élèves à la métacognition).

 

Développer des habitudes métacognitives à l’école

Individuellement en classe

D’une séance à l’autre, le professeur explicite les liens entre les chapitres qui se suivent :

  • Où en est-on ?
  • Qu’est-on en train d’apprendre ?

En fin de cours, l’enseignant pourra systématiquement demander aux élèves de prendre du temps pour répondre à ces questions :

  • Qu’est-ce que j’ai retenu du cours, de cette leçon ?
  • Qu’est-ce qui me semble important de retenir ?
  • Qu’est-ce qu’on veut m’apprendre dans cette leçon ?

Au départ, les élèves pourront faire une mise en commun orale sous la direction de l’enseignant, puis l’enseignant laisse quelques minutes pour un temps de réflexion personnelle. Les élèves pourront écrire les mots clés sur une fiche bilan en fin de cours. Les élèves s’entraîneront à la mémoriser sans regarder leur feuille.

Quand le professeur dicte la trace écrite d’un cours, il peut demander aux élèves de ne pas écrire tout de suite, mais d’écouter la phrase entièrement, de la répéter dans leur tête et, enfin, d’écrire.

Des temps d’évocation peuvent être proposés comme transition entre deux matières ou deux chapitres. Les yeux fermés, les élèves sont invités à visualiser dans leur tête telle carte géographique, telle définition, ou tel schéma scientifique. Ils pourront cumuler des images vues dans leur tête, des mots, des sensations (par exemple, pour une carte mondiale des climats -> une sensation de chaleur pour les déserts, une sensation de froid pour le climat polaire).

Au lieu de répondre aux demandes d’un élève qui déclare ne pas avoir compris, l’enseignant pourra l’inviter à explorer :

  • ses premières représentations ( « Qu’est-ce que tu en penses ? », « Qu’est-ce que tu sais à ce sujet et qui pourrait t’aider ? »),
  • ses idées (« Comment pourrais-tu faire pour y arriver ? »),
  • ses blocages (« Quelles choses comprends-tu ? Lesquelles te posent problème exactement ? » ).
  • ses erreurs ( « À ton avis, pourquoi as-tu faux là ? »).

Il est également important de prendre en compte la notion de « surcharge cognitive ». La mémoire humaine à court terme a une capacité limitée. Les limites de la charge cognitive peuvent être atteintes simplement parce qu’il y a trop d’éléments à maintenir dans l’esprit sans même que ne s’ébauche consciemment la façon dont ces éléments sont censés interagir. Un enseignant peut aider un élève en situation de surcharge en lui disant : « Ne te préoccupe pas du reste, concentre-toi sur ça… »

Pour aller plus loin : Aider les élèves à apprendre en diminuant la charge cognitive : approches pédagogiques profitables aux élèves 

Collectivement en classe

En binôme, les professeurs peuvent habituer les élèves à se poser mutuellement des questions sur une partie du cours. Sur le même principe, les élèves créent des questions qu’ils anticipent pour la prochaine évaluation.

On peut également demander aux élèves de construire ensemble des fiches d’objectifs de révision : en groupes, ils reprennent leur leçon et font la liste de ce qui est important. Ils pourront classer les éléments : ce qui est indispensable à connaître par coeur, ce qui est important (qui peut être expliqué avec ses propres mots), les exemples.

Pour évaluer ses propres capacités, une personne tire aussi des conclusions de l’observation des actions réalisées par d’autres dans une situation comparable. C’est particulièrement vrai si les personnes observées nous ressemblent. En effet, tous les modèles n’ont pas la même influence sur le sentiment d’efficacité personnelle : ce sont les individus dont on se sent le plus proche (en termes d’âge, de sexe, de situation personnelle…) qui ont le plus grand poids dans la fabrication de la foi à progresser.

Il est donc essentiel de compter sur des témoignages, des exemples et des pairs (camarades de classe, amis, enfants talentueux dans les disciplines visées…). Les enseignants gagneraient donc à faire jouer les interactions entre les élèves (« Et tes camarades, tu as vu comment ils s’y prennent ? »)

Des habitudes pour la vie hors du contexte purement scolaire 

Il est important de donner l’habitude aux élèves d’établir des liens entre le monde de l’école et l’extérieur, de mettre en relation ce qu’ils apprennent à l’école et ce qu’ils apprennent en dehors. Cela représente un atout pour la vie de savoir faire des liens culturels entre les savoirs scolaires et le monde réel.

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Source : Apprendre à Apprendre de Jean-Michel ZAKHARTCHOUK (éditions Réseau Canopé). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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