taddei-education

Besoin d’un nouveau modèle d’éducation dans un monde où les robots et l’intelligence artificielle s’améliorent de jour en jour ?

Besoin d’un nouveau modèle d’éducation dans un monde où les robots et l’intelligence artificielle s’améliorent de jour en jour ?

Une conférence qui a déjà 6 ans mais qui est toujours d’actualité en cette année où un ordinateur a vaincu le meilleur joueur de Go du monde.

Quelles sont les vertus humaines qu’un robot ne saurait posséder ou acquérir ? Qu’est-ce qui nous reste ? 

Où courons-nous ? Dans quelle direction courons-nous ? Peut-on changer cette direction ? 

François Taddei, biologiste et militant pour l’innovation dans l’éducation, estime que la maîtrise de compétences clés permettra aux prochaines générations de faire face aux défis du futur :

  • apprendre à apprendre pour créer et s’adapter

La créativité reste l’élément essentiel à consolider chez les jeunes et les moins jeunes. François Taddei fait référence au paradoxe de la Reine Rouge, personnage créé par Lewis Caroll dans Alice au pays des merveilles.

La Reine Rouge et Alice se lancent dans une course effrénée. Alice demande alors : « Mais, Reine Rouge, c’est étrange, nous courons vite et le paysage autour de nous ne change pas ? » Et la reine répondit : « Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit. »

L’américain Leigh Van Valen en a déduit une théorie : Toutes les espèces courent pour rester à la même place.

Comme notre environnement change sans cesse, notre capacité d’adaptation est à renouveler jour après jour.  Les espèces sont obligées d’évoluer pour ne pas être dépassées, voire détruites, par les espèces et les organismes avec lesquels elles cohabitent et sont en compétition.

  • coopérer

  • échanger des informations pour créer de la connaissance

Il est important de faire comprendre aux enfants qu’ils peuvent construire leurs propres connaissances tout en aidant les autres à construire les leurs. C’est ensemble qu’ils pourront progresser.

François Taddei insiste sur la notion d’intelligence collective : ensemble et avec l’aide de matériel extérieur (comme des logiciels, des ordinateurs), les humains peuvent réaliser des choses qu’aucun homme ne serait capable de réaliser seul. Il mentionne l’exemple de Wikipedia.

  • savoir partager les ressources

Maintenir les équilibres dans tous les écosystèmes pour assurer la survie de toutes les espèces.

  • propager les idées nouvelles et les innovations

Moderniser le système éducatif ne signifie pas seulement apporter des tablettes et les nouvelles technologies en classe mais avant tout se traduit dans une recherche continuelle d’amélioration.

  • instaurer une confiance en soi inébranlable

François Taddei voir dans la confiance en eux des enfants une pierre angulaire de l’éducation : développer chez les enfants la capacité à croire en leurs capacités devient alors une priorité de l’éducation.

Du côté de l’enseignant et des parents, « Tu peux le faire ! » 

Du côté de l’enfant, « Je peux le faire ! »

 

Des initiatives inspirantes pour commencer

François Taddei fait référence à plusieurs initiatives qui ne demandent qu’à être connues et propagées :

  • Redonner du pouvoir et de la liberté aux enfants 

Un exemple dans la vidéo de Kiran Bir Sethi infectée par le virus “I can” à ce lien : La vidéo la plus inspirante que j’aie jamais vue sur l’éducation

 

  • L’enseignement par les pairs 

Une des six conditions pour des apprentissages efficaces selon Peter Gray et appliquées dans les écoles d’inspiration Sudbury.

conditions de l'apprentissage

 

  • Le modèle du Nord de l’Europe

 

  • Transformer le monde en un campus global

Voir l’essor des cours en ligne (Mooc, Khan Academy)

 

  • Mobiliser l’énergie de tous les jeunes sans exclusion 

La musique contre l’illetrisme et pour l’expression de tous les enfants, quel que soit leur milieu

L’expérience du trou dans le mur en Inde : ou comment TOUS les enfants apprennent par eux-mêmes quand on leur en donne les moyens 

 

  • L’éducation à la non violence

9 principes pour apprendre à communiquer sans violence à l’école et à la maison

Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur (par Edgar Morin)

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Apprendre sans l’école ?

 Apprendre sans l’école, déjà une réalité !

André Stern : jouer et apprendre sont synonymes

André Stern n’a jamais été scolarisé et raconte son expérience de « grand enfant de 43 ans qui n’a jamais cessé de jouer » à travers des livres et des conférences. Il estime que les enfants sont tous nés avec 2 dispositions naturelles dont la nature les a dotés pour apprendre.

1. Le jeu

Il n’existe pas de dispositif plus adapté pour l’apprentissage que le jeu.

Il n’y a rien de mieux pour apprendre que le jeu. – André Stern

2. L’enthousiasme

Le cerveau se développe là où on l’utilise avec enthousiasme. Le cerveau est capable de produire son propre engrais. Or les enfants sont des sources inépuisables d’enthousiasme. A chaque fois qu’on s’enthousiasme pour quelque chose, des transmetteurs neuroplastiques se déversent et agissent comme un engrais pour le cerveau. Ils ne se déversent que lorsque les centres émotionnels sont activés dans le cerveau, lorsque quelque chose nous prend aux tripes, lorsque quelque chose est vraiment important pour nous.

A chaque fois qu’on s’enthousiasme, et quel que soit notre âge, un arrosoir déverse dans le cerveau un engrais qui fait grandir les connexions neuronales.

L’enthousiasme est nécessaire pour qu’il y ait des changements dans le cerveau. Mais on ne peut pas l’avoir sur ordonnance. Il faut que les gens soient émus, touchés dans leur cœur, « empoignés au cœur ». – Prof. Dr. Gerald Hüther

 

Jean-Pierre Lepri : la fin de l’éducation

la fin de l'éducationJean-Pierre Lepri est un ancien enseignant français très critique vis-à-vis du système éducatif : pour  lui, les êtres humains n’ont pas besoin d’éducation car le seul fait que quelqu’un décide pour un autre pose problème. Il estime que l’éducation n’est pas autre chose que préparer systématiquement les nouvelles générations à une relation dominant-soumis.

Pour lui, l’école a tellement imprégnée la société et nos mentalités que nous avons du mal à admettre qu’apprendre est distinct d’enseigner et n’a pas de relation directe avec éduquer/ enseigner/ former. L’alternative à l’éducation, c’est l’apprendre. Apprendre est centré sur l’apprenant. On apprend bien des choses qui ne nous ont pas été enseignées. C’est parce qu’il est privé de son apprendre naturel (par l’éducation) que l’être humain croit qu’il a besoin d’éducation pour apprendre.

Jean-Pierre Lepri apporte des réflexions issues de l’expérience d’apprendre :

  • apprendre est un acte distinct de celui d’enseigner
  • apprendre est indépendant de l’enseignement
  • j’apprends ce qui a du sens pour moi
  • les résultats de l’enseignement sont souvent ou insignifiants ou nuisibles car l’enseignement peut être un obstacle à l’apprendre
  • apprendre est un instinct, permanent, lié à la vie même
  • apprendre est inévitable et gratuit
  • apprendre est illimité
  • apprendre, c’est incorporer (je ne fais qu’un avec mon savoir)
  • j’apprends seul, mais des autres et du monde
  • apprendre, c’est faire mal ce que je ne sais pas encore faire
  • apprendre est invisible
  • j’apprends lorsque ce que j’apprends entre dans ma zone prochaine de développement
  • la conscience (même diffuse) que j’ai quelque chose à apprendre est la clé de mon apprendre
  • apprendre, c’est voir ce qui était déjà là et que je ne voyais pas encore

Pour Jean-Pierre Lepri, l’éducation ne fait rien en propre. Ce qui est déterminant n’est ni la nature de l’éducation, ni l’absence d’éducation mais le milieu qui m’entoure. Ce qui joue n’est pas tant telle ou telle éducation mais quel milieu accueille l’apprenant, le nouvel arrivant. Car nous apprenons par imitation (par le jeu des neurones miroirs principalement) et donc par l’observation de ce que nous allons imiter

Ainsi, la société pourrait se passer d’éducation : les nouveaux arrivants continueraient à s’y intégrer et à acquérir ce qui leur permet de survivre dans cette culture propre.

 

John Holt : les apprentissages autonomes sans école obligatoire

John Holt affirme que les enfants s’instruisent eux-mêmes sans enseignement.

On peut facilement observer que les enfants sont passionnément désireux de comprendre le plus possible le monde qui les entoure, qu’ils sont très doués pour cela et qu’ils le font à la manière de scientifiques, en créant de la connaissance à partir de l’expérience. Les enfants observent, s’interrogent, découvrent, élaborent et ensuite ils testent les réponses aux questions qu’ils se posent. Quand on ne les empêche pas de faire toutes ces choses, ils continuent à les faire et ils deviennent de plus en plus compétents. – John Holt

apprentissages autonomes holt
Dans son livre Les apprentissages autonomes, il écrit : Que fait-on quand on est en train d’apprendre, quand on crée de l’apprentissage ? Eh bien, on observe, on regarde, on écoute. On touche, goûte, sent, manipule et parfois on mesure et calcule. Et on s’interroge, on se dit : “Pourquoi cela ?” ou “Pourquoi est-ce comme ça ?” ou “Est-ce que cette chose produit cet effet ?” ou “Qu’est-ce qui fait que cette chose arrive ?” ou “Est-ce qu’on peut la faire arriver différemment ou mieux ?”; ou encore “Est-ce qu’on peut faire disparaître la larve de hanneton des plants de salade ?” ou “Peut-on produire plus de fruits ?” ou “Peut-on réparer la machine à laver ?” ou que sais-je. Et nous inventons des théories, ce que les scientifiques nomment des hypothèses; nous avons des intuitions, nous nous disons : “Peut-être est-ce dû à ceci” ou “est-ce que cela ne pourrait pas être à cause de cela ?” ou “Peut-être que si je fais ceci, cela va se produire.” Et ensuite nous testons ces théories ou ces hypothèses.

Nous pouvons les tester simplement en posant des questions à des personnes dont nous pensons  qu’elles en savent plus que nous, ou nous pouvons les tester par une observation plus approfondie. Nous pouvons nous dire : “Je ne sais pas trop ce qu’est cette chose, mais peut-être que si je la regarde encore je vais trouver.” Ou bien peut-être allons nous planifier des expériences : ” Je vais essayer de mettre ça sur les plants de salade et voir ce que ça fait sur les larves de hanneton” ou “Je vais essayer autre chose”. Et, à partir de tout cela, de différentes manières, nous découvrons que notre intuition n’était pas si bonne, ou au contraire, qu’elle était excellente, et nous continuons, nous observons encore, nous spéculons encore. Nous posons plus de questions, nous élaborons plus de théories et nous les testons.

Ce processus crée de l’apprentissage et nous le faisons tous. […] Et c’est exactement ce que font les enfants. Ils travaillent d’arrache pied à ce processus à chaque instant de la journée. Quand ils ne sont pas en train de manger ou de dormir (et encore), ils créent du savoir. Ils observent, pensent, spéculent, théorisent, testent et expérimente en permanence et ils sont bien meilleurs que nous, adultes, à ces tâches. L’idée même que nous pourrions enseigner à des enfants comment apprendre a fini par m’apparaître totalement absurde.

Or l’un des principaux problème de l’école est qu’on demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique quelque chose qui ne leur semble pas du tout (ou pas encore) logique. Ils finissent par accepter comme une vérité tout ce que l’autorité dit et ils n’essaient plus de tester ou de vérifier. Après plusieurs années sur les bancs de l’école, ils oublient même comment tester.

John Holt a consacré beaucoup de son temps à proposer des alternatives à l’école (plutôt que des écoles alternatives). Dans son ouvrage Apprendre sans l’école, il cite plusieurs de ces alternatives :

  • l’instruction en famille (unschooling ou apprentissage autonome sans enseignement)
  • la fin de l’instruction obligatoire : des écoles fréquentées par choix, des professeurs choisis par des apprenants volontaires
  • les réseaux d’échange de savoirs
  • les médiathèques
  • la presse
  • les vidéos ou tutoriels sur Internet
  • la méthode Suzuki pour la musique
  • se filmer, s’enregistrer, se regarder dans un miroir pour la pratique d’un sport ou de la musique (pour avoir un feedback et s’auto corriger)
  • contacter des personnes ressources
  • des instruments de musique en prêt dans les ludothèques ou médiathèques…

apprendre sans l'écolePour autant, le rôle des adultes est prépondérant : ils doivent être attentifs et suffisamment présents pour mettre à disposition des ressources qui pourront aider les enfants, tout en restant vigilants à ne pas chercher à faire aller les enfants là où ils n’ont pas le projet d’aller.

John Holt distingue le P-rofesseur du p-rofesseur. Un P-rofesseur croit (et arrive à convaincre ses élèves) que tout ce qu’ils apprennent doit être enseigné. Un p-rofesseur est un guide : il soutient l’apprenant en étant présent, en posant des questions, en disant à l’enfant qu’il est sur le bon chemin quand c’est le cas, en répondant aux questions qui lui sont posées. Le p-rofesseur augmente progressivement la difficulté des exercices, donne des feedbacks, encourage l’apprenant à s’auto corriger et à développer ses propres critères de réussite. La tâche primordiale de tout p-rofesseur est d’aider l’apprenant à ne plus dépendre de lui, de lui apprendre à être son propre professeur.

Le vrai professeur doit toujours être en train de travailler à sa mise au chômage. – John Holt

 

Léandre Bergeron : l’instruction en famille et l’art de ne pas enseigner

comme des invitées de marqueLéandre Bergeron était enseignant et a fait le choix de vivre des produits de sa ferme dans la campagne canadienne. Il raconte dans son livre les motivations de ses choix et décrit l’enfance de ses 3 filles non scolarisées (aujourd’hui trentenaires). On y apprend que ses filles sont nées à la maison, que lui-même et sa femme ne les ont jamais laissées pleurer, qu’ils n’ont jamais cherché à les « enseigner » ou à les « éduquer ».

Voici son approche de l’apprendre :

J’ai toujours envisagé toute question de leur part comme d’une importance capitale pour elles et qui, de ce fait, méritait toute mon attention. Si je ne pouvais pas répondre à l’instant, je m’assurais de le faire à leur convenance plus tard. Mais, surtout ne pas étirer la réponse, pêché capital des enseignants et des parents scolarisés bien attentionnés. Savoir s’arrêter quand l’intérêt de l’enfant n’y est plus. Et ça se voir facilement dans le regard de l’enfant qui quitte le vôtre.

Apprendre à ne pas enseigner, c’est-à-dire à ne pas transmettre des connaissances à tout prix, à ne pas forcer la dose, à ne pas être obsédé par l’accumulation de connaissance chez notre enfant comme s’il devait subir un examen dans l’heure qui suit.

Il n’y avait rien à faire qu’à les laisser jouer à leur guise, tant qu’elles voulaient, pour qu’elles apprennent ce qu’elles avaient besoin de savoir à leur âge. Pourquoi est-ce qu’elles devraient savoir lire et écrire avant d’avoir besoin de lire et écrire ? Pourquoi faire du plaisir d’apprendre une torture en l’imposant prématurément ?

Quel besoin mes filles avaient-elles de lire à sept, huit ou dix ans ? Aucun. Quel besoin avaient-elles de compter, additionner, soustraire ? Aucun. Jusqu’à ce que dans leurs jeux à elles, elles sentent un manque et cherchent à le combler.

Moi, je ne suis qu’un assistant disponible.

L’important, ce n’est peut-être pas d’arriver au but que l’on peut se fixer mais le processus dans lequel on s’engage.

Pas d’obligation, pas de stress, pas de tests, pas de tension, pas d’autorité. Le seul désir d’apprendre les pousse à faire accorder les adjectifs avec les noms, les participes passés avec le sujet s’ils sont conjugués avec « être ».

Comment oser dire que les enfants qui ne fréquentent pas l’école ne vont pas développer leur sociabilité ? C’est tout le contraire que je contaste. Car la socialisation forcée des écoles ressemble à la socialisation des prisons plutôt qu’à l’épanouissement des relations humaines chaleureuses.7

Un enfant qui doit faire une tâche pour « apprendre à travailler » n’apprend rien de plus que l’obéissance.

Un être soumis est une bombe à retardement.

Ce qui m’amène à parler de la facilité avec laquelle les enfants s’intègrent à la vie active des adultes quand ils en ont la chance. On dirait même que c’est naturellement ce qu’ils veulent faire alors que l’école s’entête à l’interdire systématiquement.

 

Peter Gray : l’importance du jeu libre

free to learn peter grayPeter Gray est un psychologue américain, qui s’est spécialisé dans l’étude du jeu chez les enfants. Il est l’auteur du livre Free to Learn dans lequel il expose sa théorie : quand on laisse les enfants poursuivre leurs propres intérêts à travers le jeu, ils apprendront non seulement tout ce dont ils ont besoin pour mener la vie qui leur correspond mais ils le feront également avec énergie et passion, contribuant à leur bonheur. 

Les enfants viennent au monde désireux d’apprendre et équipés avec les meilleurs outils pour parvenir à cette fin : la curiosité, le jeu et la sociabilité.

Les enfants sont biologiquement programmés pour s’éduquer eux-mêmes et apprennent naturellement de manière joyeuse, à travers le jeu, le questionnement et l’exploration.

Si on fournit aux enfants les conditions pour qu’ils s’éduquent eux mêmes, on peut se passer des écoles telles qu’on les connaît aujourd’hui. Peter Gray regrette que nous enlevions aux enfants toutes les choses dont ils ont besoin pour s’épanouir en cherchant à les faire rentrer dans un moule, dans un système qui a montré ses trop nombreuses limites.

Est-ce qu’on force les enfants à respirer ? Pourquoi alors forcerait-on les enfants à apprendre alors qu’on sait qu’ils le font naturellement ?

Pourquoi les enfants devraient-ils tous apprendre la même chose, au même moment, au même âge et de la même manière alors que chaque vie est unique et organique (le contraire même de linéaire…) ?

Il propose de passer à une éducation sans coercition, non standardisée, plus conforme à la vie, c’est-à-dire qui prenne en compte l’imprévu, la richesse de la diversité des opinions, des intérêts, des passions, des talents, qui reconnaisse la valeur et le potentiel de chaque enfant.

Les enfants sont conçus pour apprendre dans la joie et de manière auto dirigée. C’est cruel de les priver de ces mécanismes naturels et parfaitement adaptés, au risque de créer des dysfonctionnements que nous corrigerons avec encore plus de souffrance et/ou d’inefficacité.

Pour Peter Gray, les écoles démocratiques sur le modèle de Sudbury School remplissent les 6 conditions qu’il estime essentielles à l’éducation des enfants. Pour autant, peut-on encore parler d’école ou faut-il revoir la définition que nous donnons à ce mot ?

conditions de l'apprentissage

 

Des exemples de l’acquisition de compétences dans un cadre auto dirigé, tel que préconisé par Peter Gray (sur le blog de l’Ecole Autonome, une école de type Sudbury en Belgique) :

 

Ivan Illich : le projet d’une société sans école

une société sans écolePour Ivan Illich, l’école est l’agence de publicité qui nous fait croire que nous avons besoin de la société telle qu’elle est et que seule la scolarité est capable de préparer à l’entrée dans la société.

Il en résulte que ce qui n’est pas enseigné à l’école n’a aucune valeur et, du même coup, ce que l’on apprend en dehors d’elle (et non sanctionné par des diplômes) ne vaut pas la peine d’être connu.

L’enseignement fondé sur des programmes en vue de l’obtention d’un diplôme est nocif pour Ivan Illich. Il appelle à une révolution éducative fondée sur :

  • le libre accès aux choses (en abolissant le contrôle que des personnes privées et des institutions exercent sur leur valeur éducative)
  • le libre partage des compétences (en garantissant le droit d’enseigner ou de démontrer ces compétences à la demande)
  • la facilitation et l’encouragement du droit à tenir des réunions par des personnes individuelles (pouvoir de plus en plus détenu par des institutions qui prétendent parler au nom du peuple)
  • la libération des individus de l’obligation de modeler leurs espérances conformément aux services que peuvent leur offrir les professions établies (en leur permettant de disposer de l’aide de leurs pairs, de profiter de leur expérience et de se confier à l’enseignant, au guide, au conseiller, au guérisseur de leurs choix).

Au delà d’une abolition de l’école obligatoire, Ivan Illich prône une déscolarisation de la société toute entière : il estime que non seulement l’éducation mais aussi la réalité sociale se sont scolarisées. On en vient à considérer aussi irresponsables les personnes qui se soignent seules que les personnes qui acquièrent seules leur instruction. La scolarisation de la société nous conduit à penser que seules les institutions étatiques peuvent entreprendre un traitement de qualité (soit fourni directement par l’État, soit validé et contrôlé par lui). Par conséquent, tout accomplissement personnel en marge des institutions est matière à suspicion. Le seul but qu’il faudrait poursuivre est d’assurer à tous des possibilités éducatives égales : le droit à l’éducation ne devrait pas être confondu avec l’obligation de scolarité.

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Ainsi, on le voit, apprendre ne se résume pas à aller à l’école. Apprendre, c’est vivre et vivre, c’est apprendre. Bernard Collot affirme même qu’un jour, nous balayerons le mot apprentissage de notre vocabulaire !

Les questions sur l’apprendre deviennent alors philosophiques :

  • quelqu’un a-t-il le droit de décider de ce que je dois apprendre (c’est le cas à l’école obligatoire) et quand je dois l’apprendre ?
  • peut-on obliger quelqu’un à apprendre quelque chose qu’il ne veut ou ne peut pas apprendre ?
  • quelqu’un a-t-il le droit de hiérarchiser les savoirs et les contenus des apprentissages ?
  • tous les apprentissages se valent-ils ?
  • y a-t-il des apprentissages indispensables à la vie en société ? est-ce que ce caractère indispensable donne le droit d’en imposer la maîtrise à un âge précis ?
  • peut-on envisager une société où chacun apprendrait ce qu’il veut, abandonnant l’idée même de programmes scolaires (c’est le modèle des écoles démocratiques ou Sudbury) ?
  • est-on toujours dans une société qui prône l’égalité et la liberté quand une partie de sa population (les enfants de 6 à 16 ans en France) sont soumis à des programmes d’apprentissages obligatoires et à une hiérarchie des filières, des diplômes ?
  • l’école obligatoire est-elle une chance, un mal nécessaire ou peut-on envisager une société sans école ?
  • un trouble de l’apprentissage n’est-il pas plutôt un trouble de l’apprentissage à l’école, voire un trouble de l’enseignement ?
  • est-ce que l’enseignement peut empêcher d’apprendre ?
  • les troubles de l’apprentissage demeureront-ils toujours des troubles dans le cadre d’apprentissages autonomes et informels ou deviendraient-ils invisibles ?
  • faut-il souffrir pour apprendre ?
  • quelle est la meilleure manière d’évaluer un système d’enseignement : le niveau de compétences des enfants et/ou le niveau de bonheur ?

Mon propos est d’éveiller des questionnements, je suis moi-même en cheminement sur ces questions-là. Par exemple, j’ai besoin de me savoir entre les mains d’un chirurgien dont les compétences ont été validées par un doctorat avant d’être opérée.

Je ne prétends pas à l’exhaustivité du sujet et je n’ai pas de réponses claires et tranchées à proposer, chacun cheminant à son rythme sur ces questions en fonction de son niveau de conscience et de sa volonté.

En revanche, les quelques éléments que j’ai mentionnés peuvent apporter un éclairage sur les raisons qui conduisent à la multiplication des écoles alternatives, à la croissance du nombre d’enfants instruits en famille ou encore à la mode du “hacking de l’éducation”.

Pour aller plus loin : Les apprentissages autonomes et Apprendre sans école de John Holt (éditions L’instant présent)

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Enseignants efficaces (Thomas Gordon) : enseigner et résoudre les conflits avec bienveillance

Enseignants efficaces (Thomas Gordon) : enseigner et résoudre les conflits avec bienveillance

Présentation

enseignants-efficaces-gordonL’auteur Thomas Gordon expose ici sa célèbre méthode fondée sur une relation satisfaisante entre l’enseignant et ses élèves. Il montre comment l’enseignant peut éviter les messages dévalorisants, obtenir la coopération de chacun, surmonter les pièges de l’autoritarisme et de la permissivité, et prendre des décisions qui respectent les besoins de tous.

Les sempiternels conflits de discipline se résolvent ici par la philosophie, sans perdants.
On trouve dans ce livre plusieurs exemples de cas vécus par des enseignants ainsi que des descriptions et des explications détaillées concernant les attitudes à privilégier.

De la maternelle à l’université, des milliers d’éducateurs appliquent les principes de Gordon. Ils en retirent plusieurs bénéfices, dont une diminution du stress et une plus grande satisfaction à enseigner.

Nommé pour le prix Nobel de la paix en 1997, 1998 et 1999.

 

J’ai aimé

La démarche est non culpabilisante, ne juge ni les enseignants ni les élèves mais propose plutôt des solutions concrètes, testées et éprouvées sur le terrain.

enseignants efficaces

Enseignants efficaces est un ouvrage très riche, ainsi bien en théorie qu’en pratique, et aborde de nombreux points auxquels les enseignants sont confrontés au quotidien : conflits, manquements aux règles, travail…

 

Gordon propose une démarche en plusieurs étapes :

  • définir à qui appartient le problème (est-ce que l’enseignant a un problème ? est-ce que l’élève a un problème ? est-ce que le problème est dans la relation enseignant/ élève ?)
  • des réponses sont apportées en fonction :
    • si le problème appartient à l’élève, une réponse efficace et adaptée passe par l’écoute active et empathique
    • si le problème appartient à l’enseignant, les messages-je (sans critiquer, juger, culpabiliser ou menacer) seront plus adaptés et éviteront la colère
    • si le problème émerge dans la relation, une résolution de conflit gagnant-gagnant sera plus efficace pour que les besoins des uns et des autres soient satisfaits

livre enseigner bienveillance

Les enseignants comme les élèves sont présentés sous un angle positif, avec chacun leurs émotions, leurs besoins et leurs limites :

  • une démonstration des mythes qui définissent l’enseignant idéal et qui diminuent à la fois leur efficacité et leur capacité d’empathie pour les élèves,
  • un exposé sur les réactions négatives des enfants et adolescents face à la méthode autoritaire,
  • les obstacles à la communication.

relation enseignants élèves

Gordon accorde une grande importance à l’influence de l’environnement et des circonstances. Il propose des pistes pratiques pour (ré)aménager une classe/ une école afin de diminuer les conflits et les tensions (entre enseignants, entre élèves, entre élèves et enseignants). En modifiant le milieu physique et l’ambiance de la classe, les enseignants peuvent assez facilement limiter un certain nombres des comportements inacceptables.

 

Les nombreux exemples et cas concrets issus de son expérience montrent à quel point sa méthode est applicable et efficace. Les enseignants y trouveront des clés pour des situations auxquelles ils sont confrontés dans leur pratique quotidienne. On peut y lire des dizaines de dialogues relatés entre enseignants et élèves pour illustrer les démarches proposées par Gordon, des exemples d’application de la résolution de conflits gagnant-gagnant y sont proposés.

livre enseignants efficaces

Gordon donne également des pistes pour aborder les réunions avec les parents ou les collègues, toujours basées sur une écoute des émotions et des besoins (les siennes propres et celles des interlocuteurs).

enseignants efficaces gordon

Enseignants efficaces : un ouvrage pour tous les enseignants, de la maternelle aux études supérieures.

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Enseignants efficaces de Thomas Gordon (Les Editions de l’Homme) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander Enseignants efficaces sur Amazon.

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susciter le plaisir d'apprendre

Comment susciter le désir d’apprendre et replacer le plaisir au coeur des apprentissages ?

Savoir sans apprendre, le rêve de beaucoup… et le défi des enseignants ?

A la lecture du livre de Philippe Meirieu Le plaisir d’apprendre, je me suis rendue compte qu’il n’est pas si facile de transformer le désir inné de savoir en désir d’apprendre et encore moins en plaisir d’apprendre. Savoir sans apprendre est le rêve de nombreuses personnes ! On pourrait alors presque découper la mission des enseignants en trois étapes :

1.Susciter et accompagner le désir de savoir

2. Susciter et accompagner le désir d’apprendre

3. Susciter et accompagner le plaisir d’apprendre

1.Comment passer du désir de savoir au désir d’apprendre ?

Si l’on s’en réfère à Aristote, notre désir de savoir est naturel. Le simple fait de tourner les yeux pour savoir ce qui se passe atour de nous est la base de la curiosité naturelle, elle-même base des apprentissages.

 

Plus près de nous, Alison Gopnik (spécialiste en psychologie du développement) considère que « le bébé est un chercheur en herbe ». Dès son plus jeune âge, le bébé s’intéresse à tout ce qui l’entoure. Elle insiste sur le fait que « les petits ne sont pas des adultes imparfaits ». La façon dont l’adulte peut comprendre le monde ne lui est pas donnée à la naissance : seul le désir de savoir est inné mais la compréhension du monde est construite au cours de la vie et passe par différents stades de développement.

Philippe Meirieu complète cette vision de l’enfant : l’enfant est un être curieux de tout, hanté par le “pourquoi ?” et assoiffé d’explication.

Boris Cyrulnik confirme : même les enfants en retard intellectuellement ou souffrant d’inhibition du fait d’un défaut de sécurité affective peuvent retrouver le goût de savoir dans un environnement bienveillant et stimulant.

 

Mais il ne suffit pas de penser très fort à quelque chose pour que cette chose tombe du ciel ! Pour transformer le désir de savoir en apprentissage effectif et en connaissance, il faut nécessairement passer par la phase du “comment ça marche ?“, par celle des essais et tâtonnements, par l’étude de l’existant et par ses propres expériences.

 

Bernard Stiegler, philosophe, ajoute que la condition du savoir est l’amour du non-savoir, c’est-à-dire la capacité à accepter les remises en question, les controverses, les polémiques.

 

En ce sens, passer du désir de savoir au désir d’apprendre nécessite des efforts, de l’humilité, de l’aventure et du courage. L’enfant qui apprend à marcher passe de la station couchée puis assise et enfin debout par désir d’élévation à travers des étapes qui comportent des essais, des chutes, des demies-réussites, parfois des régressions.

 

2. Comment et pourquoi le désir d’apprendre nait-il ?

Qu’est-ce qu’apprendre ?

Dans Le plaisir d’apprendre, Philippe Meirieu définit la notion d’apprendre :

Apprendre, c’est compliqué : on tâtonne, on perd du temps, on gâche du matériel.

Apprendre, c’est difficile : il y a des détours à faire, des obstacles à surmonter, des échecs à dépasser.

Apprendre, c’est toujours risqué : il faut quitter ses certitudes et s’engager dans l’inconnu sans être jamais sûr d’arriver à bon port.

Les apprentissages sont souvent longs, parfois fastidieux, nécessitent de faire des liens, d’en défaire d’autres.

 

Pourquoi apprendre fait-il grandir ?

Philippe Meirieu indique rien ne fait plus grandir que la compréhension du monde, que ces étincelles ou ces déclics de la pensée qui arrive à nommer, que la rencontre entre les questions les plus intimes et les réponses les plus universelles.

La découverte du plaisir d’apprendre est l’acte fondateur de toute éducation.

Cela signifie aller au delà du désir de savoir et même au-delà du désir d’apprendre : aller au delà du désir de savoir mais s’engager dans le processus intellectuel de l’apprentissage et même transformer l’effort intellectuel en plaisir.

 

Savoir sans apprendre : possible mais vraiment souhaitable ?

Pour savoir sans apprendre, on pourrait connecter le cerveau humain sur un réseau d’informations géant qui le remplirait avec toutes les informations disponibles. Pour autant, éprouverait-on autant de plaisir, de satisfaction ou de fierté qu’en lisant des livres, qu’en sélectionnant les informations que nous jugeons nous-mêmes utiles, en synthétisant par nous-mêmes, en cherchant à réexpliquer et à partager avec d’autres les découvertes, en ressentant le déclic de compréhension, en sentant les informations se mettre en lien dans notre cerveau ?

j'ai compris je peux continuer

 

Savoir sans apprendre est pourtant possible grâce à la technologie : pas besoin de savoir comment fonctionne un processeur ou un logiciel pour se servir d’un ordinateur, pas besoin de connaître les notions de profondeur de champ ou d’ouverture du diaphragme pour prendre une photo, pas besoin de compiler et trier des informations sur un sujet quand Wikipedia l’a déjà fait.

 

Or il y a plus de plaisir et de liberté dans le fait de comprendre, de découvrir, de s’approprier des connaissances que dans le fait de simplement les mémoriser ou les copier.

 

Marcel Gauchet, philosophe et historien, complète sur les motivations dans les apprentissages :

On apprend d’abord pour soi-même, pour se saisir mieux, pour se fortifier, pour s’élargir, pour prendre distance avec soi-même.

 

Avant d’éprouver du plaisir à apprendre, il est donc nécessaire de retrouver ce sens personnel dans la démarche de savoir, apprendre pour soi, au service d’un désir ou d’un projet personnel.

>>> Je vous invite à lire l’article sur la question de la motivation intrinsèque dans les apprentissages sur ce sujet.

 

Comment susciter et accompagner le désir d’apprendre ?

A partir de là, Philippe Meirieu conseille à tous les parents, enseignants, éducateurs :

A nous de prendre le temps, de jardinage en bricolage, de lectures en jeux de société, de discussions en explorations, pour découvrir, avec nos enfants, “comment ça marche” et nous émerveiller avec eux.

Marcel Gauchet renchérit à propos des enseignants :

Rien n’est plus contagieux que l’exemple. Qui a du plaisir en donne le sens et le goût.

Boris Cyrulnik témoigne quant à lui que

Les arts, la culture, l’expression de la beauté sont les meilleurs alliés de l’école pour stimuler l’envie d’apprendre d’un enfant.

Dans le magazine Philosophie (septembre 2013), Jean-Yves Michaud ajoute que le travail sur du concret est plus favorable au déclic de l’apprentissage : monter une pièce de théâtre, créer un objet, participer à un projet qui met en lien plusieurs disciplines, construire des maquettes. Valoriser les expériences concrètes, c’est permettre de raisonner.

Daniel Gostain, professeur des écoles en pédagogie Freinet, soutient que :

Pour grandir et apprendre, un enfant a besoin de s’exprimer, de créer et de partager. Dans la classe Freinet, on s’exprime, on crée tous les jours, que ce soient des maquettes, des jeux, des travaux personnels préparés ou non, qu’on partage ensuite.

Dans Apprendre à apprendre, André Giordan et Jérôme Saltet insistent quant à eux sur la place de la personne dans les apprentissages et sur les liens entre estime de soi (image de soi-même en fonction de ses valeurs et croyances), confiance en soi (évaluation de ses capacités et de ses ressources personnelles) et apprendre.

Quand l’individu sait qui il est, ce qu’il veut faire, quelles sont les valeurs qu’il défend, il va plus facilement chercher le savoir dont il a besoin.

Renforcer l’estime de soi, la confiance en soi, prendre en compte ses désirs seraient donc bien une démarche d’éducation à investir.

Par ailleurs, enseigner et partager, c’est aussi apprendre : apprendre à l’autre, c’est accepter d’apprendre de l’autre.

Les enfants peuvent apprendre des adultes (enseignants et/ ou parents) mais aussi de leurs pairs, de leurs copains. Les adultes peuvent apprendre des enfants. Les adultes ont autant à y gagner que les enfants !

 

3. Comment le plaisir d’apprendre nait-il ?

Passer du désir d’apprendre au plaisir d’apprendre

Le désir d’apprendre n’apporte pas immédiatement le plaisir d’apprendre. Le plaisir d’apprendre naît alors :

  • des heures de tâtonnement et des instants d’émerveillement que le processus d’apprentissage offre,
  • du sentiment qu’on vient d’accéder à quelque chose qui vient de nous et qui nous échappe en même temps,
  • de la rencontre entre notre intelligence et l’intelligibilité du monde,
  • d’une difficulté qui paraissait insurmontable dont on est venu a bout,
  • du fait de trouver la bonne expression, le mot juste,
  • d’une création, de la production d’un signe de la connaissance acquise.

apprendre ne fait pas disparaitre les richesses mais les multiplie

Comment susciter et accompagner le plaisir d’apprendre des enfants ?

La découverte du plaisir d’apprendre nécessite aux côtés des enfants des adultes heureux de vivre, d’apprendre eux-même, de transmettre et de partager. Nous avons le devoir de mobiliser sans manipuler, de convaincre sans contraindre, d’instruire sans domestiquer.

Nous adultes pouvons accompagner la fierté de la réussite et le plaisir de se dépasser des enfants en :

  • rectifiant les erreurs sans condamner,
  • entendant les erreurs sans dénoncer les fautes,
  • donnant des conseils mais pas des injonctions pour améliorer les résultats,
  • invitant l’enfant à faire et refaire jusqu’à ce qu’il se découvre capable de se dépasser, d’accéder à ce qu’il n’aurait jamais imaginé être capable de faire.

Un accompagnement bienveillant/valorisant et stimulant/exigeant est essentiel car rien ne démobilise plus que l’échec.

Quand les enfants sont en confiance, ils apprennent plus facilement et de là découle le plaisir. Or découvrir le plaisir d’apprendre peut changer une vie et permettre de répondre à la question de Lyonel Trouillot (poète, romancier, professeur de littérature) : “qu’allons-nous faire de notre présence au monde ?

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Source : Le plaisir s’apprendre de Philippe Meirieu

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apprendre efficacement à l'école

7 recommandations pour enseigner et apprendre efficacement à l’école

Comprendre le processus d’apprentissage pour enseigner et apprendre efficacement à l’école

L’apprentissage :

  • se produit quand les neurones se touchent.
  • se forme quand le cerveau est face à un déséquilibre ou un défi.
  • s’installe dans la mémoire à long terme

L’apprentissage modifie le cerveau ! Voir cette vidéo pour comprendre la neuroplasticité.

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Source : vidéo Mieux comprendre le cerveau peut-il vraiment nous aider à mieux enseigner ? Conférence de Steeve Masson

 

 

neuroplasticité neuroéducation.jpg

7 recommandations pour des apprentissages efficaces à l’école

1. Développer la relation maître-élève et le climat de classe

L’activité neuronale augmente en présence d’émotions positives et quand l’enseignant célèbre l’apprentissage et la prise de risque (dans un climat où l’erreur est la bienvenue, où le jugement est évité – aussi bien dans la relation enseignant/ élève qu’entre les élèves eux-mêmes).

L’activité neuronale est ralentie est présence d’émotions négatives ou de stress élevé.

Cela peut passer par plusieurs outils dont voici quelques exemples :

  • la mise en place d’un conseil de classe au cours duquel les élèves exposent et résolvent leurs problèmes eux-même en coopération (voir en pédagogie Freinet),
  • la mise en place d’un “espace de retour au calme” dans la classe où les élèves en proie à des émotions fortes pourront aller se ressourcer (coin avec des coussins, des livres, des objets doux, des images ou citations positives… voir un exemple ici),
  • un temps d’échange sur les erreurs de chacun : et toi, qu’as-tu raté cette semaine ? qu’est-ce que tu en as tiré, appris ? comment tu feras la prochaine fois ?,
  • l’affichage de citations positives dans la salle de classe (en voici une sélection ici)

>>> Pour aller plus loin :L’importance d’un climat de classe positif : pourquoi ? comment ?

 

2. Utiliser la rétroaction

La rétroaction consiste à donner un retour à l’élève sur le degré de développement d’une compétence. Cela signifie donc que l’évaluation n’est pas figée (acquis ou non acquis,) mais il s’agit de faire comprendre à l’enfant qu’une compétence se développe dans le temps et nécessite un temps d’acquisition qui peut varier d’une personne à l’autre. On pourrait alors remplacer “non acquis” par “pas encore acquis” pour se conformer à l’état d’esprit en développement.

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.

 

3. Multiplier l’encodage

Plus la source de référents sera diversifiée, plus les apprentissages seront efficaces : utiliser des références

 

4. Stimuler l’affectif

Donner vie à des concepts abstraits avec des histoires, des biographies et des exemples aide l’ancrage à long terme des apprentissages.

Les jeux stimulent également l’affectif des étudiants, du primaire aux études supérieures (comme le montre cette vidéo de gamification utilisée dans une école d’ingénieurs).

On pourra raconter comment Pythagore en est venu à se pencher sur la géométrie, comment les tables de multiplication peuvent servir à créer des mandalas (voir cette vidéo)…

 

5. Connaître les mécanismes de la mémoire

La mémoire de travail trie les informations utiles ou inutiles sans nous consulter au préalable :-). La mémoire de travail est la mémoire à court terme qui gère le présent. La mémoire humaine peut retenir 7 éléments nouveaux à + ou – 2, c’est-à-dire entre 5 et 9.

>>>Pour aller plus loin : 12 stratégies de mémorisation pour réactiver les informations efficacement

 

6. Montrer comment apprendre efficacement

Apprendre passe par des tâches d’appropriation :

  • de questionnement (voir cet article pour apprendre aux enfants à (se) poser des questions pertinentes)
  • de description et d‘intégration, d’organisation,
  • de synthèse et de schéma (voir cet article pour aider les enfants à se servir des schémas pour mieux apprendre)

Le COMMENT (comment tu fais dans ta tête ? qu’est-ce qui se passe dans ta tête ?) est aussi important que le QUOI (contenu). En ce sens, la pédagogie d’Antoine de la Garanderie est utile.

 

7. Un contenu doit être réactivé à plusieurs reprises

Les neurosciences ont montré qu’il est indispensable de multiplier les exercices identiques et de s’entraîner avec une grande régularité, à des intervalles de temps espacés d’une courte durée pour automatiser les savoirs.

 

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Source : vidéo sur les apprentissages visibles

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