Préparer une dictée en 10 étapes

Préparer une dictée en 10 étapes

Préparer une dictée en 10 étapes

La dictée peut être une tâche difficile pour certains enfants, et plus particulièrement les enfants dysorthographiques. Dans son livre Aider son enfant à écrire,Delphine de Hemptinne propose 10 étapes pour préparer une dictée.

1.Lire le texte

Le parent (ou la personne en charge d’accompagner l’enfant dans la préparation de sa dictée) peut lire le texte en entier à voix haute pour que l’enfant le (re)découvre sans être gêné/ distrait par des problèmes relatifs aux compétences de lecture ou de mise en page (caractères trop petits…).

Une fois le texte lu à haute voix une première fois par un tiers, l’enfant pourra à son tour le lire. Selon la longueur du texte et selon les besoins de l’enfant, il peut le lire en plusieurs fois (travail alors découpé par paragraphe).

Si l’enfant est à l’aise avec cela, il pourra le lire à haute voix pour se familiariser visuellement et auditivement avec les mots et phrases écrits.

2.Travailler le sens du texte

Il s’agit ici de lever des problèmes de compréhension liés à des mots inconnus ou des tournures mal comprises. Il est possible de poser des questions à l’enfant sur des mots de vocabulaire peu courant, sur le second degré éventuel, sur l’intention de l’auteur…

Cette phase est importante parce qu’elle permet de lever certains problèmes orthographiques liés à des mécompréhensions (par exemple, des accords au pluriel qui ne seraient pas faits si l’enfant pense qu’on parle d’une seule personne plutôt que de plusieurs).

3.Justifier l’orthographe utilisée

Cette étape peut être un peu plus longue dans le sens où il s’agit de passer en revue les accords (dans les groupes nominaux et dans les groupes verbaux), les formes conjuguées (les terminaisons selon les temps et les sujets) ainsi que les règles orthographiques (m devant m,p,b; pluriels irréguliers en x…).

Ce travail peut être fait ensemble : l’adulte demande à l’enfant pourquoi il y a un “s”à la fin de tel mot; comment ça se fait qu’il y a un “x” plutôt qu’un “s” à la fin de tel autre mot au pluriel; pourquoi tel verbe se terminent par “ent”; pourquoi il n’y a pas de s à la fin de “j’aimerai”…

Il s’agit de réactiver les connaissances de l’enfant en orthographe avant de passer à la phase d’écriture.

4.Identifier les mots difficiles

Au cours de l’étape précédente, on notera les mots et groupes de mots qui posent problème à l’enfant (ceux pour lesquels il n’arrive pas à justifier l’orthographe).

On pourra demander à l’enfant si d’autres mots ou tournures lui semblent bizarres, incorrectes (qu’il n’aurait pas écrit comme cela lui-même) ou incomprises de lui.

Tous ces mots seront écrits avec la nature de la difficulté sous forme de liste afin de pouvoir y revenir plus profondément plus tard.

5.Etudier les mots difficiles

Cette étape découle de la précédente.

Dans un premier temps, il s’agit d’étudier une par une les difficultés répertoriées en reprenant les règles orthographiques qui s’y rapportent.

Pour étudier les mots dans l’orthographe lexicale pose problème (sans parler des accords verbe-sujet ou nom-adjectif), il est possible d’activer des stratégies qui font appel à un maximum de sens (vue, toucher, ouïe en particulier).

Des stratégies à découvrir dans cet article : 5 idées pour créer des astuces personnelles de mémorisation des difficultés orthographiques

L’enfant s’entraînera à mémoriser l’orthographe de manière isolée puis ces mots seront dictés hors contexte et enfin dans le contexte de la dictée (groupe nominal ou phrase).

6.Utiliser des couleurs

L’enfant relit le texte de la dictée en entier et repasse en couleur (surligner ou souligner) les passages qui lui semblent toujours difficiles (mots dont l’orthographe n’est pas maîtrisée, accords oubliés, homophones…).

Un code couleur peut être adopté pour mettre en avant les différents types d’erreurs possibles (bleu pour les accords dans le groupe verbal, vert pour les accords dans le groupe nominal, noir pour l’orthographe lexicale, rose pour les homophones…).

7.Dicter le texte en entier

Cette étape vient clore tout le travail préparatoire. Si le texte est long, il est possible de faire des pauses afin de ne pas surcharger la mémoire de l’enfant.

Cette dictée n’étant pas une évaluation mais une préparation, il est possible de prévenir l’enfant que, dans ce passage, il a souligné une difficulté (en mentionnant la couleur le cas échéant). Si l’enfant hésite, il est possible de lui poser des questions qui l’aiguilleront ou lui rappeler les stratégies vues à l’étape 5 (par exemple sur la dérivation des mots de la même famille pour les lettres muettes).

8.Répertorier les difficultés qui persistent

Après cette première dictée de l’ensemble du texte, la correction mettra en évidence les difficultés qui persistent.

L’enfant peut s’auto corriger avec le texte original. Les difficultés qui persistent seront notées pour pouvoir y revenir avec des stratégies de mémorisations différentes.

9.Dicter l’ensemble du texte une seconde fois

Cette étape peut être espacée dans le temps si l’enfant commence à décrocher et montrer des signes de fatigue. L’idée est de dicter à nouveau le texte en anticipant les difficultés répertoriées à l’étape précédente : “attention, dans cette phrase, rappelle-toi de bien accorder le verbe avec son sujet : quel est le sujet ?”, “dans cette phrase, pense à la règle du n qui devient m devant m,p,b”…

10. Répéter le processus

L’idée est de faire des rappels fréquents de l’ensemble du travail réalisé. L’idéal serait de faire relire le texte intégral à l’enfant avec les difficultés identifiées, de retravailler les difficultés avec des stratégies identifiées comme efficaces et dicter l’ensemble à plusieurs reprises.

 

Ce procédé peut paraître long et fastidieux mais permet un travail approfondi au cours duquel l’enfant sollicite sa réflexion et ancre des réflexes orthographiques qui lui serviront pour cette dictée-là mais également dans toutes les situations de production d’écrit (à l’école mais pas que !). Ces étapes visent à faire acquérir à l’enfant des réflexes qui lui serviront toute la vie pour assurer une orthographe correcte (ou aussi correcte que possible).

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Source : Aider son enfant à écrire : 50 fiches contre la dysorthographie de Delphine de Hemptinne (éditions DE BOECK UNIVERSITE).  Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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