se motiver pour apprendre

La surprenante science de la motivation : (se) motiver efficacement pour apprendre

La surprenante science de la motivation : (se) motiver efficacement pour apprendre

Quand les récompenses bloquent la créativité, l’envie et l’engagement

Daniel Pink, penseur américain expert en motivation, constate que, dans les entreprises, les incitations et les récompenses de type financier (primes, bonus…) sont un levier de motivation. Or en réalité, les récompenses bloquent la créativité, l’envie et l’engagement des employés.

 

L’importance de la motivation intrinsèque

 

Il en déduit que les récompenses du type « si…alors » ne sont pas efficaces, qu’elles sont même néfastes pour la performance globale. Il propose alors une nouvelle approche basée sur la motivation intrinsèque :

Les entreprises doivent donner envie à leur employés de faire les choses parce qu’elles importent, parce qu’ils les aiment, parce qu’elles sont intéressantes, parce qu’elles font partie de quelque chose d’important.

 

(Se) motiver efficacement : 3 éléments essentiels

  1. L’autonomie : le désir de maîtriser nos propres vies

  2. La maîtrise : l’aspiration à se dépasser sur quelque chose qui compte

  3. La pertinence : l’envie de faire ce que nous faisons au service de quelque chose qui nous dépasse

L’autonomie produit de meilleurs résultats que l’obéissance et le contrôle (système de punition/récompense). Mais cela nécessite une nouvelle manière de faire les choses complètement à contre courant des croyances générales.

 

Dans l’éducation : 5 points clés pour (se) motiver efficacement à apprendre

citation motivation

 

Voici des moyens de transposer ce système de motivation intrinsèque à l’école et à la maison pour (se) motiver à apprendre :

1. Remettre de l’intérêt au cœur de l’école

Cela peut passer par une double révolution dans la manière d’appréhender les apprentissages :

  • celle de l’école

Les écoles démocratiques (type Sudbury ou école du 3° type) permettent aux élèves (le fait même de parler d’élèves dans ce type d’école est un abus de langage) de poursuivre leurs intérêts librement. L’école devient une communauté démocratique dans laquelle chacun a le loisir d’organiser son temps selon ses envies, sans obligation de suivre un programme ou des cours. Les apprentissages se font de manière informelle et autonome.

  • celle de l’apprenant

Il est plus facile de se motiver à apprendre quand on sait que les efforts servent une cause qui tient à coeur, représentent une étape dans la poursuite d’un rêve.

En quoi l’école me permet-elle de parvenir à mes rêves ?

En quoi l’étude de cette matière va me permettre de me rapprocher un peu plus de mon objectif ?

Dans « Apprendre à apprendre », André Giordan et Jérôme Saltet insistent quant à eux sur la place de la personne dans les apprentissages et sur les liens entre estime de soi (image de soi-même en fonction de ses valeurs et croyances), confiance en soi (évaluation de ses capacités et de ses ressources personnelles) et apprendre.

Quand l’individu sait qui il est, ce qu’il veut faire, quelles sont les valeurs qu’il défend, il va plus facilement chercher le savoir dont il a besoin.

Renforcer l’estime de soi, la confiance en soi, prendre en compte ses désirs seraient donc bien une démarche d’éducation à investir.

 

2. Redonner du sens aux matières étudiées

Il s’agit de remplacer une pensée qui sépare et qui réduit par une pensée qui distingue et relie. Edgar Morin nous propose de conjuguer la connaissance des parties avec la connaissance des totalités pour mieux comprendre et répondre aux défis de la complexité que pose notre siècle.

Quand les disciplines sont spécialisées et closes, l’esprit perd son aptitude naturelle à remettre les connaissances et les faits dans son contexte.

Comme notre éducation nous a appris à séparer, compartimenter, isoler et non à relier les connaissances, l’ensemble de celles-ci constitue un puzzle inintelligible. Les grands problèmes humains disparaissent au profit des problèmes techniques particuliers.

L’affaiblissement de la perception du global conduit à l’affaiblissement de la responsabilité (chacun tendant à n’être responsable que de sa tâche spécialisée), ainsi qu’à l’affaiblissement de la solidarité (chacun ne ressentant plus son lien avec ses citoyens).

Incapable d’envisager le contexte et le complexe planétaire, l’intelligence aveugle rend inconscient et irresponsable. – Edgar Morin

L’éducation doit favoriser l’aptitude naturelle de l’esprit à poser et à résoudre les problèmes essentiels et, corrélativement,
stimuler le PLEIN EMPLOI DE L’INTELLIGENCE GÉNÉRALE.

Il y a plus de plaisir et de liberté dans le fait de comprendre, de découvrir, de s’approprier des connaissances que dans le fait de simplement les appliquer ou les copier.

Le travail sur du concret est plus favorable au déclic de l’apprentissage : monter une pièce de théâtre, créer un objet, participer à un projet qui met en lien plusieurs disciplines, construire des maquettes. Valoriser les expériences concrètes, c’est permettre de raisonner.

Daniel Gostain, professeur des écoles en pédagogie Freinet, soutient que :

Pour grandir et apprendre, un enfant a besoin de s’exprimer, de créer et de partager. Dans la classe Freinet, on s’exprime, on crée tous les jours, que ce soient des maquettes, des jeux, des travaux personnels préparés ou non, qu’on partage ensuite.

 

3. (Re)donner envie d’apprendre aux élèves et aux étudiants

Il n’est pas de bonne pédagogie qui ne commence par éveiller le désir d’apprendre.

André Giordan et Jérôme Saltet ont schématisé les paramètres qui facilitent le désir d’apprendre :

  • les paramètres personnels,
  • les paramètres de l’environnement.

désir d'apprendre apprendre à apprendre

4. Alimenter la créativité des apprenants

L’école devrait développer en priorité ces deux capacités chez les enfants selon Ken Robinson, spécialiste de l’éducation :

  • La capacité d’ADAPTATION : les employés ou les créateurs d’entreprise doivent s’adapter rapidement et même anticiper les changements sous risque de faillite. Ken Robinson compare les entreprises à des organismes vivants : si elles ne s’adaptent pas aux changements, elles meurent. Les futurs adultes que sont nos enfants seront partie prenante de ces changements.
  • La CRÉATIVITÉ : les entreprises ont besoin d’idées fraîches et innovantes mais il leur est difficile de trouver des personnes innovantes car les enfants sont habitués en tant qu’élèves à un modèle d’éducation qui détériore leur appétit naturel pour la créativité. Ken Robinson cite les QCM pour exemple de cette mise à mort de la créativité.

Le site québécois Jobboom, spécialisé dans la recherche d’emplois et de recrutement en ligne, estime que les 5 compétences clés du travailleur de demain sont :

1. la facilité à communiquer,

2. la créativité,

3. la capacité d’adaptation,

4. la compétence analytique

5. une vision à long terme.

Toujours selon Ken Robinson, le système éducatif devrait encourager la « pensée divergente » : la capacité à voir plusieurs réponses à une même question, la capacité à ne pas penser seulement de manière linéaire.

 

5. Permettre aux enfants et adolescents à définir des objectifs personnels

On peut mettre le scolaire en perspective : l’école n’est pas un but mais un moyen, un outil pour atteindre des objectifs personnels. C’est ce que Ken Robinson appelle l’Elément à la confluence de :

  • ce qu’on aime faire,
  • ce dans quoi on excelle
  • ce pour quoi on a envie de tout donner.

>>>Pour aller plus loin : Comment aider les enfants à trouver leur Élément.

trouver son élément robinson

 

Le livre L’Elément permet d’approfondir cette notion et donne de nombreux exemples inspirants de personnes qui ont vécu une vie harmonieuse une fois qu’elles avaient trouvé leur Elément.

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