Une mauvaise note est juste une information qu’il ne sert à rien de punir

Une mauvaise note est juste une information qu’il ne sert à rien de punir

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Crédit illustration : freepik.com

Les notes sont souvent sources de tension. Les enfants qui ont des “mauvaises notes” sont souvent en grande souffrance et ont avant tout besoin de soutien et d’aide.

Dans son livre Au secours, mon enfant à des devoirs !, Bernadette Dullin formule quelques propositions pour accueillir les mauvaises notes avec bienveillance et efficacité.

Remettre la note en perspective

Chaque fois qu’un enfant fait part d’une note, il est utile de demander s’il connaît la moyenne générale de la classe pour ce devoir. Comparer la note de l’enfant à la moyenne de la classe permet de relativiser la mauvaise note ou de célébrer la bonne. Si un enfant a obtenu un 6/20 et que la moyenne générale de la classe est 4/20, alors la note montre que le contrôle était probablement très difficile, que la manière d’enseigner du professeur n’a pas été comprise par les élèves, que l’enseignant a noté sévèrement ou encore que l’énoncé était mal posé.

Si la note de l’enfant est en dessous de la moyenne, une investigation sera plus efficace que des réprimandes ou une punition :

  • quelque chose a-t-il stressé l’enfant ce jour-là ?
  • a-t-il eu du mal à se motiver pour réviser ?
  • cumule-t-il des lacunes qu’il n’arrive plus à rattraper ?
  • la somme de travail est-elle trop importante ?
  • ses méthodes de travail sont-elles adaptées ?
  • y a-t-il un problème émotionnel à explorer à mettre en lien avec d’autres symptômes (manque d’appétit, problème de sommeil, maux de ventre, peurs, volonté de ne plus aller à l’école…) ?

Une note est une information

Les parents ont du mal à accueillir une note comme une simple information pour plusieurs raisons : une scolarité chaotique des parents a laissé des traces et le parent ne veut pas que l’enfant vive le même calvaire que lui, une mauvaise note renvoie à l’impression d’être un mauvais parent, une mauvaise note fait planer le doute de l’échec scolaire et donc de la déchéance sociale ou d’une difficulté à s’intégrer socialement plus tard. C’est bien la peur qui pousse certains parents à réagir avec colère face aux mauvaises notes (plutôt que d’adopter une conduite aidante et soutenante).

Il est même possible de reconnaître le courage de l’enfant qui annonce une mauvaise note. Par ailleurs, un enfant qui a une mauvaise note a lui-même besoin lui-même d’être rassuré et réconforté parce qu’une mauvaise note est une vraie atteinte à l’ego et à l’estime de soi. Devoir faire face à des parents déçus rajoute à la souffrance. Il est donc possible de remercier l’enfant pour avoir dit sa note sans la cacher ni mentir et de proposer ensuite de l’aide.

Passez au goûter et aux bonnes et mauvaises nouvelles de la journée dont cette annonce faisait simplement partie. Vous lui laissez ainsi sa juste place : l’indication d’un ou plusieurs points d’un chapitre non acquis à retravailler. Point final. – Bernadette Dullin

Se mettre à la place de l’enfant et faire preuve de bienveillance

Bernadette Dullin propose de se poser une question afin d’adopter une posture bienveillante : “Imaginez que les problèmes sont vécus par le fils de votre meilleur ami. Que lui conseilleriez-vous ?“.

Dès qu’un parent réagit avec colère et répression à une mauvaise note, l’enfant risque grandement de mentir les prochaines fois et de rejeter tout ce qui touche au scolaire. De plus, les relations parent/ enfant et l’atmosphère familiale vont progressivement se dégrader jusqu’à la rupture parfois (crises d’angoisse, école buissonnière, fugue…). Un enfant est en effet bien plus que ses notes et les enfants punis pour leurs mauvaises notes vont finir par croire que leurs parents ne les aiment pas (ou, du moins, conditionnellement, seulement quand ils ont de bonnes notes).

Lire aussi : Vivre, c’est plus que courir après les bonnes notes

Proposer de l’accompagnement et de l’aide plutôt que des punitions

Bernadette Dullin propose de prendre un temps calme pour regarder les copies avec des mauvaises notes, afin de voir ce qui est à reprendre et les erreurs à ne pas reproduire. Cela peut passer par le fait de refaire un ou deux exercices sur le point qui a mis l’enfant en échec jusqu’à ce qu’il ne pose plus de problème.

Il est également possible de proposer de nouvelles méthodes d’apprentissage qui seront plus efficaces pour l’enfant. Des exemples dans ces articles :

L’aide proposée peut prendre d’autres formes : un rendez-vous avec le/ les professeur(s), faire appel à un soutien scolaire, prendre rendez-vous pour un bilan orthophonique et/ou psychologique pour vérifier s’il n’y a pas un début de dépression ou un trouble dys qui n’aurait jamais été détecté.

Cette manière de réagir va éviter de cristalliser la peur de rater les prochains contrôles. Elle va transférer la peur d’échouer sur la volonté de reprendre ce qui n’a pas été réussi, pour mieux réussir la prochaine fois. C’est une occasion de compléter l’apprentissage de la notion concernée. Il restait un point d’ombre, il va se dissiper avec ce travail. – Bernadette Dullin

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Source : Au secours, mon enfant à des devoirs ! de Bernadette Dullin (Hugo Publishing). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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