Psychologie de la confiance : les encouragements ne sont pas toujours efficaces pour augmenter le sentiment d’auto-efficacité

Psychologie de la confiance : les facteurs qui forment le sentiment d’auto-efficacité (les encouragements sont-ils toujours efficaces ?)

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Crédit illustration : freepik.com

 

Dans son livre L’apprentissage visible : ce que la science sait sur l’apprentissage, John Hattie décrit les facteurs qui forment le sentiment d’auto-efficacité.

La mémoire

Le principal facteur à l’origine du sentiment d’auto-efficacité est la mémoire (et pas tant l’estime de soi).

Pour vous sentir confiant dans votre capacité à réaliser votre prochaine tâche, vous devez activer vos connaissances à propos de tâches similaires réussies dans le passé. […] Mais le souvenir essentiel mobilisé ici n’est pas “J’ai déjà réussi” mais “Cette tâche requiert des connaissances auxquelles je peux accéder rapidement”.  – John Hattie

Ainsi, Hattie explique que c’est bien la facilité d’accès aux connaissances nécessaires pour réaliser une tâche qui est l’élément-clé de l’auto-efficacité : c’est d’ailleurs pour cela que le cerveau a besoin d’environ une seconde pour émettre un jugement envers une tâche à aborder.

Les encouragements verbaux extérieurs

C’est la raison pour laquelle se contenter de dire à un enfant ou adolescent “Tu peux le faire” n’est pas suffisant pour le motiver et lui permettre de réussir. Pour John Hattie, ce type de message ne peut être efficace que s’ils sont accompagnés d’informations sur la possibilité d’accéder facilement aux connaissances nécessaires à la réussite et de les activer relativement facilement : “Je sais que tu peux résoudre ce problème car ils sont à peine plus difficiles que ceux que tu as réussis la semaine dernière.”

Les encouragements ne fonctionnent pas par la persuasion, mais parce qu’ils nous rafraichissent la mémoire en nous rappelant les bons souvenirs, au bon moment. Si vous avez déjà réussi, vous avez toutes les raisons de croire que vous réussirez à nouveau. – John Hattie

Les modèles inspirants

De même Hattie avertit que l’appel à des modèles inspirants peut être efficace mais sous certaines conditions. Il doit y avoir une adéquation entre le niveau de l’élève et le modèle cité. L’exposition à des modèles aux performances tellement éloignées de celles de l’élève sont décourageantes ou peuvent entraîner des conduites de surmenage (se dépasser pour ressembler au modèle quitte à aller au-delà de ses propres limites).

Les auto-affirmations

Dans une certaine mesure, les auto-affirmations peuvent nourrir le sentiment d’auto-efficacité. Des formules du type “Je peux le faire” ou “J’ai réussi beaucoup de choses dans ma vie” ont un rôle positif dans la motivation et la persévérance. Toutefois, ces affirmations doivent avoir un fond de vérité, c’est-à-dire être associées dans la mémoire à des actions passées réelles et considérées comme des réussites.

A l’évidence, la frontière est ténue entre des auto-affirmations réalistes et des déclarations grandiloquentes. La présence ou l’absence dans votre mémoire d’un véritable fondement en mesure de conforter l’auto-affirmation constitue ici la différence-clef. – John Hattie

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Source : L’apprentissage visible : ce que la science sait sur l’apprentissage de John Hattie (éditions L’Instant Présent). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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