Nourrir la confiance en soi à tout âge : avoir confiance en soi, est-ce ne jamais douter ? Comment trouver un équilibre entre dépassement de soi et écoute de soi ?

Les ingrédients pour nourrir la confiance en soi (valables à tout âge : enfance, adolescence, âge adulte)

nourrir confiance en soi

Les ingrédients de la confiance en soi sont les suivants :

  • la sécurité intérieure : est-ce que je me sens appartenir à un groupe qui a du sens et de l’intérêt pour moi ? est-ce que j’estime avoir le droit d’être en vie ?
  • la confiance en sa personne propre : est-ce que je m’autorise à avoir des désirs et des besoins, à dire non ? est-ce que je suis conscient de ce que j’apporte au monde ? est-ce que je me donne le droit de de créer, de partager ?
  • la confiance en ses capacités : est-ce que je sais dire comment j’ai construit mes compétences ? Est-ce que je sais comment utiliser mes points forts et élaborer des stratégies ? comment est-ce que je vis le doute et les échecs ?
  • la confiance relationnelle et sociale : est-ce que je sais tisser du lien avec les autres ?

On comprend que les relations aux autres jouent un rôle important dans la construction de la confiance en soi. Nourrir la confiance en soi se joue dans la relation, et passe par le retour des autres. Quand on se sent écouté, reconnu, valorisé, quand on a une place parmi les autres, on a de plus en plus confiance en soi. Les adolescents et adultes peuvent ainsi créer un groupe de soutien et d’échange comme source de motivation. En effet, il ne suffit pas de faire des exercices psychologiques pour (re)gagner confiance en soi (par exemple, se répéter des phrases d’affirmation ou adopter la posture de la confiance en levant la tête et bombant le torse). Les exercices et défis pour “booster” la confiance en soi ne doivent pas masquer le fait de repenser l’organisation de la vie quotidienne (pour prendre en compte le contexte) et de réfléchir à la qualité des relations interpersonnelles. Ces relations sont nourrissantes quand elles vont dans les deux sens : donner et recevoir, aider et être aidé, soutenir et être soutenu, comprendre et être compris.

Il faut “sentir” la progression pour nourrir la confiance en soi.

Il est important d’identifier des expériences de réussite même minimes et de les célébrer pour “sentir” la progression. En effet, la confiance en soi se construit sur l’accumulation des réussites qui ont de la valeur aux yeux de la personne et sur l’attribution de ces réussites par la personne à ses qualités propres, à son travail, à ses efforts (et non pas à un coup de chance).

Par exemple, percevoir la progression à travers des marqueurs objectifs est essentiel. Cela signifie qu’il est efficace de découper un grand objectif à long terme en sous-objectifs à court-terme, atteignables et mesurables (où on va et comment on saura si on y est arrivé ?). Chez les enfants et adolescents, les notes peuvent être prises pour mesurer la progression vers l’objectif (exemple : comparer des notes sur un trimestre et constater la progression même si la note de départ est 3/20 et la note d’arrivée 9/20). De même, prévenir la découragement peut passer par des stratégies anti-stagnation adéquates (exemples : réajuster les objectifs à la baisse quand on se rend compte qu’ils sont inatteignables à court terme; se donner plus de temps pour atteindre les sous-objectifs).

Nous pouvons également insister sur l’importance de l’admiration : nous admirons celles et ceux qui ont osé devenir eux-mêmes, parce qu’ils sont inimitables et donc inspirants. Admirer quelqu’un dont l’exemple nous élève nous donne envie de révéler le meilleur en nous-même également. Cela nécessite de bien se connaître afin de ne pas chercher à copier les autres : (re)prendre confiance en soi, c’est (re)trouver le chemin de notre vérité personnelle, de notre désir, de notre élan.

La confiance en soi n’est pas synonyme d’absence de doutes ou de peur.

La confiance en soi n’est pas l’absence de doutes ou de peur. Avoir confiance en soi n’est pas synonyme d’être sûr de soi, mais de trouver la force d’oser malgré le doute, en pouvant compter sur des ressources tant internes qu’externes et sur une foi inébranlable dans la vie.

La confiance en soi prend racine dans la double capacité de :

  • connaissance de soi/ lucidité (connaître ses compétences, ses talents, ses ressources, ses forces, son entourage, son environnement, ses capacités à progresser, en même temps que ses limites et les limites de l’environnement dans lequel on évolue);
  • acceptation de soi/ distance (faire la différence entre soi et ses résultats : rater, ce n’est pas être un raté !).

Dans cette optique, les échecs ne sont pas des preuves de la nullité mais deviennent des opportunités d’apprentissage à partir desquelles il est possible de tirer des stratégies pour le futur. Cette capacité d’analyse et de prise de recul s’appuie une intelligence émotionnelle développée tout au long de la vie. Cette intelligence permet d’accepter une certaine vulnérabilité et d’accueillir les émotions difficiles, sans les refouler ni s’effondrer : est-ce que cela fait oui ou non à l’intérieur ? Y-a-t-il une contraction, une gêne en moi ? Où est-ce que ça se passe dans mon corps ? Qu’est-ce qui me dérange ? Qu’est-ce que j’éprouve et à quelle intensité ? Qu’est-ce que mon corps essaie de me dire ? Qu’est-ce que ma peur me dit ? D’où vient-elle ? Est-elle justifiée ? Si j’écoute cette peur, qu’est-ce qui se passera pour moi ? Ce scénario est-il inexorable ? De quoi ai-je besoin pour combler mon besoin de sécurité ? Quel plan puis-je élaborer ?

Trouver un équilibre entre dépassement de soi et écoute de soi

Si l’on s’écoute vraiment, alors on ne cherchera pas à se dépasser à tout prix en serrant les dents, dans un état d’esprit destructeur s’appuyant l’idée fausse « no pain no gain ». Avoir confiance en soi, c’est plutôt adopter un effort qui ne fait pas souffrir, mais qui permet tout de même de progresser. Quand on a une bonne connaissance de soi, on ne cherche pas à sortir de sa zone de confort, mais on sait de quoi on est capable tout en cherchant la joie et en se donnant le droit d’être fatigué, de ralentir, de se tourner vers des options plus faciles afin de fournir un effort parfaitement calibré pour progresser. Cette approche de la confiance en soi repose sur un raisonnement en termes de temps long, et nous pouvons avoir du mal à supporter ce temps long.

Pourtant, avoir confiance en soi, c’est tenter sans savoir si cela va fonctionner mais y aller quand même, c’est se donner le droit de changer d’avis et de demander de l’aide, c’est accepter d’avoir peur et d’avoir besoin de plus de temps que prévu, c’est être convaincu que l’on peut réaliser le projet que l’on a conçu même sans savoir à l’avance que la stratégie qu’on a élaborée est la bonne; c’est peut-être aussi revoir les ambitions à la baisse, échouer, peut-être même abandonner… et se rendre compte qu’on y survit, tout en se donnant le droit d’être déçu, d’être impuissant, d’être en colère, d’être abattu.

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Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de mon ouvrage : 50 activités bienveillantes pour renforcer la confiance en soi des enfants de 6 à 12 ans (aux éditions Larousse). Disponible en librairie, en centre culturel ou sur internet.

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