Les explorateurs : ces personnes qui ne peuvent pas choisir un seul métier ou une seule filière d’étude ne sont ni paresseuses ni instables

Les explorateurs : ces personnes qui ne peuvent pas choisir un seul métier ou une seule filière d’étude ne sont ni paresseuses ni instables

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Dans son livre Je ne veux pas choisir ! , Barbara Sher expose comment fonctionnent ceux qu’elle appelle “les explorateurs“. Les explorateurs sont des personnes qui ne veulent pas choisir un seul domaine d’étude ou une seule profession mais qui veulent (presque) tout connaître et faire. Ils sont souvent étiquetés comme des personnes qui s’égarent sans cesse dans de nouvelles directions.

Définition des explorateurs, ces personnes “sans vocation”

Selon Barbara Sher, une intense curiosité pour de nombreux sujets sans lien entre eux est l’une des caractéristiques les plus élémentaires d’un explorateur. Les explorateurs sont curieux et inventifs, ils sont animés par des idées qui émergent sans cesse sur des centres d’intérêt divers et variés. Barbara Sher parle “d’esprit enthousiaste” et estime que les explorateurs veulent surtout s’amuser (plutôt qu’assouvir une ambition personnelle).

Pour les explorateurs, le monde est comme un grand magasin de bonbons plein de perspectives fascinantes et tout ce qu’ils veulent, c’est tendre les mains et remplir leurs poches. – Barbara Sher

Ce qui crée des malentendus avec les personnes qui fonctionnent plutôt comme des spécialistes (la spécialisation étant encouragée socialement), c’est qu’un explorateur ne veut se spécialiser dans aucune des choses qu’il aime parce que cela signifierait abandonner tout le reste. Ils aiment tellement de choses qu’ils n’arrivent pas à en choisir qu’une seule et à abandonner les autres.

La plupart des explorateurs partagent la passion d’apprendre sur tout et n’importe quoi. – Barbara Sher

Barbara Sher avertit que les caractéristiques des explorateurs ne sont pas liées à une dépression ou à un trouble de l’attention. La confusion est dûe au fait que les explorateurs sont attirés par tellement de choses qu’ils n’arrivent pas à se décider à quel projet ou quelles études s’atteler. Par ailleurs, les explorateurs ne terminent pas toujours leurs projets ou ne cherchent pas à faire de toutes leurs connaissances une activité professionnelle parce que, quand ils ont réuni l’information dont ils avaient besoin pour assouvir leur curiosité, ils en ont terminé avec le sujet en question et passent à un autre sujet à explorer. Barbara Sher insiste sur ce point : ce n’est pas de la paresse ou de l’immaturité que d’abandonner un domaine pour les explorateurs… quand ils n’ont plus d’intérêt pour ce qu’ils font, c’est simplement qu’ils sont obtenu ce qu’ils cherchaient (à savoir assouvir une curiosité intense et apprendre pour le plaisir).

Votre esprit s’enflamme pour ses propres raisons et celles-ci n’ont parfois rien à voir avec un quelconque accomplissement. – Barbara Sher

Les explorateurs sont guidés par la passion pour la nouveauté et le besoin d’apprendre sans cesse. Ils ont une tolérance très faible pour l’ennui et apprennent plus vite que la plupart des gens.

La quantité de temps dont un explorateur a besoin pour explorer un sujet à fond dépend de sa “récompense“. La récompense est l’aspect le plus stimulant et le plus intéressant dans un projet commencé ou un sujet étudié. Quand cette récompense disparaît, l’intérêt s’éteint et l’explorateur se désintéresse totalement puis passe à un nouveau projet hyperenthousiasmant.  Barbara Sher mentionne quelques récompenses courantes qui peuvent motiver les explorateurs :

  • savoir faire beaucoup de choses pour propose de l’aide aux autres
  • exercer son intelligence parce que ça fait du bien
  • éprouver des sensations agréables (entendre, bouger, sentir, voir, toucher…)
  • créer des choses qui n’existaient pas avant…

Conséquences de ce mode de fonctionnement

Barbara Sher regrette que les explorateurs soient rabaissés car considérés comme “paresseux”, “instables” ou encore “incapables de terminer un projet”. Les explorateurs en viennent à regretter de ne pas être passionnés par une seule chose afin de choisir un métier ou une filière d’étude.

Un explorateur peur être fasciné par le bridge ou la pétanque, mais dès qu’il devient bon, il peut cesser complètement d’y jouer.- Barbara Sher

Ils sont frustrés de se sentir incapables de satisfaire aux attentes familiales et scolaires et ressentent une immense solitude de ne pas être compris (et de ne pas se comprendre eux-mêmes).

Connaître l’existence et le fonctionnement des explorateurs permet de se reconstruire à l’âge adulte en se libérant d’années d’incompréhension et de dénigrement. C’est également utile à connaître pour les enseignants et les conseillers en orientation afin de ne pas forcer les explorateurs à abandonner leurs particularités en choisissant une voie qui les fera dépérir ou perdre en estime de soi.

Barbara Sher conseille aux explorateurs de s’autoriser à se laisser complètement absorber par une nouvelle idée quand elle vient, de l’accueillir comme un visiteur de marque, de porter une attention pleine et entière sur cette idée aussi longtemps que l’intérêt est là. Quand l’intérêt s’en va, il suffit alors de s’écouter. Sher a conçu plusieurs outils pour aider les explorateurs à vivre et exploiter au mieux leur potentiel (comme le journal d’exploration, l’installation ou l’étagère de l’oeuvre d’une vie qu’elle détaille dans son livre).

Trouver ses voies (plutôt que sa voie)

Les explorateurs ne peuvent pas choisir une voie mais la bonne nouvelle est qu’ils n’ont pas à choisir. Ils peuvent apprendre à utiliser tous leurs talents en même temps ou bien successivement.

Un explorateur en quête d’une grande passion improbable risque de passer à côté de la douzaine de passions réelles qui l’occupe chaque jour. […] L’intérêt, l’enthousiasme, la passion seront toujours là, mais les centres d’intérêt varieront. – Barbara Sher

Barbara Sher estime que ce n’est pas aux explorateurs de changer car ils peuvent autant apporter au monde que les spécialistes (explorateurs et spécialistes étant complémentaires, sans hiérarchie dans la manière de fonctionner ou de contribuer à la société). C’est l’environnement dans lequel les explorateurs évoluent qu’ils doivent modifier.

En effet, les explorateurs peuvent être profondément insatisfaits et même épuisés par le fait de ne pas faire assez de choses qui les nourrissent profondément, qui les stimulent et les rendent heureux au point de rire de bonheur. Cela leur demande un effort de n’utiliser leurs capacités qu’à bas régime. S’ils n’utilisent qu’une part d’eux-mêmes, ils finissent par s’épuiser.

Les types d’explorateurs : les détecter, les comprendre et accompagner les jeunes explorateurs dans leurs études et leur orientation

Barbara Sher liste différents types d’explorateurs auxquels correspondent des études, des métiers et des aides plus adaptés que d’autres.

Les agents doubles

Les agents doubles raisonnent en termes de “l’un ou l’autre” irréconciliables et n’arrivent pas à déployer leur potentiel. Soit ils occupent des postes qui les frustrent et les ennuient parce qu’ils ont besoin d’argent ou besoin de rester sur place (parents âgés, enfants scolarisés…), soit ils laissent libre cours à leur caractère explorateur mais se sentent mal de ne pas se conformer aux règles sociales ou de manquer à leurs obligations.

Les sybils

Les sybils ont une liste de centres d’intérêt importante et aiment retourner régulièrement à des choses qu’elles ont commencées dans cette liste à rallonge. Ils font énormément de choses simultanément et dans le temps mais ne se rendent pas toujours compte de tout ce qu’elles ont accompli au final. Les sybils sont des explorateurs cycliques et peuvent devenir des experts car leur expertise croît avec les années.

Les jongleurs

Les jongleurs sont stimulés par le fait de mener beaucoup de projets en même temps et aiment par dessus tout résoudre des problèmes. Les jongleurs ont une large gamme de talents qui restent inutilisées et cette inutilisation est épuisante.

Les spécialistes en série

Les spécialistes en série ne ressemblent pas au premier abord aux explorateurs car ils sont capables de s’engager complètement dans un domaine pendant plusieurs années. Mais, au bout d’un moment, ils laissent tomber pour se lancer dans autre chose (même au faîte de leur gloire).

Les maestro en série

Les maestro en série aiment poursuivre une activité jusqu’à la maîtriser : les centres d’intérêt changent mais l’amour de la maîtrise demeure toujours. Les maestro en série apprendre entreprendre des apprentissages difficiles (comme une langue étrangère rare) et c’est précisément la difficulté et la maîtrise qui en est le résultat qui les motivent.

Les touche-à-tout

Les touche-à-tout passe d’un métier à l’autre sans devenir un maestro. Les touche-à-tout ont des facilités dans plusieurs domaines et aiment être considérés comme des personnes fiables et compétentes. Les touche-à-tout établissent des plans pour trouver des solutions et apprécient la compagnie des autres afin de les aider, de leur proposer des idées utiles.

Les vagabonds

Selon Barbara Sher, le vagabond est un grand amoureux des expériences fortuites et il s’autorise à essayer tout ce qui lui semble attirant. Les vagabonds apprécient les expériences pour elles-mêmes. En général, ces expériences ont un fil conducteur même si ce fil n’est pas évident à première vue.

Les échantillonneurs

Les échantillonneurs veulent tout expérimenter et paniquent à l’idée de revivre une expérience déjà vécue. Ils veulent simplement savoir et, pour les personnes extérieures, ils peuvent sembler manquer d’ambition. Ils peuvent avoir du mal à expliquer ce qui leur manque dans une vie “normale” : plus de créativité dans autant de domaines que possible !

Les indécis à grande vitesse

Les indécis à grande vitesse sont capables de laisser tomber tout ce qu’ils font à la simple pensée qu’il se passe quelque chose ailleurs. Ils sautent sans cesse d’un sujet à l’autre. Ils ont besoin de diversité et de pouvoir exercer leur pensée rapide.

 

Dans son livre, Barbara Sher propose des métiers qui conviennent à chaque type d’explorateurs et des exemples de rédaction de CV pour les explorateurs, ainsi que de nombreux témoignages de personnes qui se sont réalisées professionnellement et personnellement après avoir lu les travaux de Barbara Sher.

 

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Source : Je ne veux pas choisir ! Guide de survie à l’usage des explorateurs, multi-potentiels, esprit Renaissance et autres touche-à-tout de Barbara Sher (éditions Le Hêtre Myriadis). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet (site de l’éditeur).

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