3 pratiques issues de l’éducation populaire

3 outils de l’éducation populaire qui peuvent être adaptés en classe

Les outils d’éducation populaire ont pour point commun de rechercher l’émancipation. L’école peut s’inspirer des pratiques créées et transmises par les éducateurs et éducatrices populaires en les adaptant à un usage en classe et un objectif pédagogique. Les trois exemples proposés ci-dessous ne sont pas exhaustifs, mais ouvrent des possibles.

outils éducation populaire adaptés en classe

L’arpentage

L’arpentage est une méthode de découverte d’un livre à plusieurs. Cette méthode de lecture collective est issue des cercles ouvriers (car elle permettait à la base de n’acheter qu’un seul livre pour un groupe de lecteurs). L’objectif est de lire chacun de son côté une partie et d’en restituer les idées principales aux autres afin d’aboutir à la compréhension du texte par tous les membres du groupe. Les textes étudiés sont souvent issus d’un livre dense ou portent sur un sujet à découvrir à plusieurs pour compter sur le temps et l’intelligence collectifs.

Mise en oeuvre :

  • Diviser le nombre de pages du livre par le nombre d’élèves participant à l’activité (sans respecter les chapitres)
  • Attribuer un numéro à chaque élève (n° 1 = les premières pages, n°2 = la partie suivante etc)
  • Partager le livre en découpant (au cutter par exemple) les pages pour donner à chaque élève la partie qu’il va lire (et noter les numéros de pages données à chaque élève)
  • En fonction de l’objectif pédagogique, du temps disponible et des compétences des élèves,
    • soit indiquer aux élèves de prendre des notes sur les idées importantes à restituer (avec une consigne du type “résumer le propos de la partie sur 5 post-it en notant des idées clés à transmettre”);
    • soit donner une fiche de lecture cadrée à remplir.
  • Indiquer le temps imparti pour la lecture et le résumé des idées principales de la partie lue (par exemple, 30 min)
  • Mettre en commun :
    • le premier élève affiche ses post it au tableau et expose ce qu’il a noté au reste de la classe (possibilité de délimiter la restitution par un sablier),
    • les camarades peuvent poser des questions,
    • le deuxième élève passe au tableau sur le même principe,
    • jusqu’à l’élève qui a lu la dernière partie.

Petite histoire, grande Histoire

La Scop Le Pavé a conçu cet outil d’éducation populaire qui peut être adapté en classe. Il consiste à indiquer sur une frise un moment de l’histoire collective (histoire d’un pays ou histoire d’un mouvement social, littéraire…) en indiquant sa propre histoire en dessous ou sur les côtés. Cet outil peut être adapté pour une application pédagogique en classe sur un thème précis, notamment en histoire-géographie et en français (littérature).

La grande Histoire est tout ce qui peut avoir une dimension collective, comme un événement historique qui a des conséquences dans le présent, un événement sportif, un courant littéraire, un fait divers local ou encore une date clé sur un thème à étudier en classe (par exemple, la création des syndicats en France le 21 mars 1884).

La petite histoire consiste en l’écriture d’un court récit personnel en lien avec le moment collectif choisi pour la frise de la grande Histoire. On peut donner une consigne aux participants (exemple : noter 3 à 5 idées). Si la date collective est contemporaine, les élèves indiquent ce qu’ils faisaient à ce moment-là, ce que cet événement a provoqué dans leur vie en le rattachant à des dates (émotions, décisions, conséquences dans la vie quotidienne, engagement militant). Si la date clé est dans le passé lointain, les élèves peuvent indiquer leurs rapports à cet événement (accord, désaccord, effet dans la vie aujourd’hui).

Une fois que chaque participant a noté ses idées, un retour collectif est fait afin de voir quels liens les participants ont avec la grande histoire. La mise en commun consiste à identifier des références communes et des différences.

Une grande frise collective peut être réalisée en indiquant la date de référence au tableau et en ajoutant soit des idées à cette date (par exemple, les émotions ressenties le jour-même), soit des idées à des dates issues des différentes histoires personnelles.

Les nappes tournantes, un outil d’éducation populaire pour la classe

Cette technique de débat peut être utile en cours d’EMC ou en vie de classe. L’idée des nappes tournantes est de permettre un débat structuré aux élèves. 

Matériel :

  • Feuilles A3 (ou plus grandes si possible)
  • Groupe de 3 à 4 élèves
  • Une feuille par groupe
  • Sur chaque feuille, une phrase à compléter ou une phrase à commenter (chaque feuille comporte une phrase différente)

Déroulement :

  • Les membres du groupe réfléchissent et discutent à partir de la phrase écrite sur la feuille devant eux.
  • Chaque groupe peut noter une ou plusieurs idées directement sur la feuille (en veillant à laisser de la place pour les groupes suivants).
  • Après un temps imparti (5 à 10 minutes) : chaque groupe se déplace dans le sens des aiguilles d’une montre pour changer de feuille.
  • Les élèves peuvent réagir à la fois à la phrase notée par l’enseignant ou réagir aux notes des camarades qui ont écrit avant eux sur la feuille.
  • Une fois que chaque groupe a écrit sur chaque feuille, prendre un temps collectif pour analyser ce qui a été écrit :
    • lecture de phrases marquantes (celles qui se regroupent, celles qui ont été contre dites),
    • expression des émotions notées,
    • lecture des éventuelles questions posées : d’autres élèves peuvent tenter d’y répondre, l’enseignant répond avec des éléments du cours.
  • Faire le lien avec les leçons et compléter par des éléments théoriques (texte de loi, manuel de cours…)