11 solutions pour encourager l’autonomie des enfants

11 solutions pour encourager l’autonomie des enfants

autonomie des enfants

Je vous propose quelques solutions pour encourager l’autonomie des enfants, inspirées par l’ouvrage Mon p’tit cahier Autonomie de Christine Klein (éditions Solar).

L’autonomie concerne tous les pans du quotidien et diffère d’un âge à l’autre. Il existe des solutions pour créer un environnement favorisant la coopération et la connexion, préalable à l’autonomie. Ces pistes ont été conçues pour un cadre familial mais sont tout à fait adaptables au contexte scolaire (les élèves étant des enfants 🙂 ).

1.Remplir le réservoir d’amour

Il est important que l’enfant sente que notre amour ne dépend pas de ses réussites scolaires, de sa coupe de cheveux ou de sa capacité à ranger sa chambre sans qu’on le lui demande ! – Christine Klein

Pour expliquer l’attachement des enfants aux parents, Lawrence Cohen, psychologue américain, utilise l’image du réservoir d’amour à remplir chaque fois qu’il se vide. La figure primaire d’attachement de l’enfant est la station d’essence auprès de laquelle l’enfant a besoin de s’approvisionner. C’est auprès d’elle qu’il revient entre deux excursions dans le monde extérieur.

Le réservoir de l’enfant est vidé par la faim, la fatigue, l’isolement, la séparation, le stress, les disputes, des blessures, des écorchures… Et une personne dont le réservoir affectif est vide aura tendance à être plus sensible, à chercher de l’affection et de l’attention par des moyens plus ou moins efficaces, à être plus irritable, moins coopératif.

On peut utiliser cette image avec les enfants et leur demander à certains moments de la journée à quel niveau est leur réservoir. Cela pourrait devenir une sorte de rituel : « comment est le niveau de ton réservoir en ce moment/ ce soir ? ».

Nous pouvons remplir le réservoir d’amour des enfants en leur manifestant de l’amour car l’amour pour un enfant ne se mesure pas à ce que le parent ressent et donne, mais à ce que l’enfant perçoit. Il peut exister une grande différence entre ce que l’adulte croit montrer et ce que l’enfant vit. En effet, l’enfant a besoin de voir, d’entendre, de ressentir dans sa chair la soutien des adultes qui l’entourent. Cela peut passer par :

  • discuter et s’intéresser réellement aux intérêts de l’enfant (sans chercher à lui faire la morale, à le raisonner ou le faire changer d’avis),
  • parler des émotions ressenties,
  • célébrer les réussites (par des mots par exemple : “Wahou, tu as dû être tellement content/ fière !”),
  • dire ou écrire des mots d’encouragement,
  • regarder avec tendresse et confiance.

 

2.Utiliser les compliments descriptifs

Comme leur nom l’indique, les compliments descriptifs décrivent simplement ce que l’enfant a fait (plutôt que le féliciter avec un “bravo” ou un “il est beau ton dessin”).

Par exemple, un compliment descriptif consiste à dire : “Tu as rangé sans que je te le demande, j’apprécie beaucoup” ou “Tu as résisté à l’envie de… alors que je sais que c’est difficile. Merci, on va pouvoir passer à la prochaine activité dans la bonne humeur !”.

 

3.Offrir des choix

Souvent bien attentionnés, nous noyons les jeunes enfants sous des choix, des demandes et des suggestions qu’ils ne sont pas capables de gérer. Il affirme que les jeunes enfants (moins de 5 ans) ont avant tout besoin d’instructions claires et bienveillantes.

Plus grands, les enfants peuvent progressivement choisir de plus en plus pour lui-même. C’est notamment le principe des pédagogies dites actives (Freinet ou Montessori par exemple).

Il est tout à fait possible de rediriger l’action des enfants à l’aide de choix : “En classe, on se déplace doucement et en silence. Si tu sens que tu as besoin de bouger et de te dépenser, tu peux sortir un moment/ aller dans l’espace de retour au calme.”

 

4.Remarquer et respecter les efforts

Nous avons oublié à quel point certaines tâches étaient difficiles pour nous avant que nous les maîtrisions parfaitement. – Christine Klein

Les enfants ont plus besoin d’encouragement que de jugement sur le chemin de l’autonomie. Nous pouvons remarquer et respecter les efforts de l’enfant, même si le résultat n’est pas (encore) parfait : “Tu as déjà mis tes affaires dans ton cartable, il ne te reste plus qu’à mettre ton manteau et tu pourras sortir”.

 

5.Ne pas supprimer l’espoir

Nos enfants sont de grands rêveurs et nous de terribles rabat-joie parfois ! S’ils veulent construire une navette spatiale ou devenir présidente de la République, laissons-les rêver ! Intéressons-nous à ce qui les motive à ce point ! – Christine Klein

Nous pouvons entretenir l’espoir et la joie de l’effort des enfants en leur posant des questions : “que ferais-tu si tu étais présidente ?” ou “comment vas-tu t’y prendre pour construire ta navette ?”.

 

6.S’appuyer sur des experts/ personnes extérieures

Christine Klein rappelle que nous ne sommes pas toujours les meilleurs pédagogues pour nos enfants (notamment pour les aider à faire leurs devoirs).

Une cousine pus âgée aider un enfant à comprendre le théorème de Pythagore.

 

7.Passer par les images

Les enfants, jusqu’à l’âge de 5 ou 6 ans, ont besoin qu’on leur dise précisément comment procéder. Il est essentiel de dire quelle est la direction prise puis de donner des instructions aussi claires que possible, dans le bon ordre. Pour autant, inutile de bombarder l’enfant de trop d’informations : mieux vaut donner les consignes les unes après les autres, au moment voulu (plutôt qu’annoncer une suite de consignes que l’enfant oubliera dans le feu de l’action).

Les images et pictogrammes sont utiles pour mettre en place un tableau des routines affiché de manière visible. Ce tableau indiquera ce qui est à faire dans l’ordre (et éventuellement associé à un horaire) et le rappel imagé de la routine imagée aide l’enfant à exercer son autonomie.

 

8.Écrire des petits mots

Pour les plus grands, les petits mots sont efficaces pour encourager leur autonomie sans leur faire perdre leur dignité. Quand on les associe à l’humour, l’efficacité est renforcée :). Il est par exemple possible de faire parler les objets : “Pense à me rincer avant de me ranger” (sur les pinceaux de la salle d’arts) ou “N’oublie pas de me tirer” (sur la chasse d’eau).

Pour autant, inutile d’abuser de ces petits papiers : ils deviendraient invisibles et dissuasifs.

 

9.Valoriser les réussites

Il est utile de reconnaître les réussites des enfants pour encourager leur autonomie. Christine Klein propose une petite astuce pour matérialiser les réussites des enfants : accumuler des billes dans un pot en verre.

A chaque fois que l’enfant réalise l’acte souhaité (ex : mettre tous les cahiers sans oubli dans le cartable), il met une bille dans le pot. Cela matérialise le progrès et le côté ludique plaît beaucoup aux enfants. Attention cependant à ne pas associer les billes à des récompenses : il s’agit simplement de rendre visible les progrès, pas de récompenser.

 

10.Raisonner en termes de développement de l’enfant (capacités motrices, cognitives et émotionnelles)

Il est nécessaire de clarifier nos attentes en fonction des compétences correspondant à l’âge de l’enfant. Il est possible de lister ce que nous attendons des enfants et de nous demander si cela est réaliste.

Est-ce réaliste d’attendre d’un enfant de 3 ans qu’il tienne en place et reste silencieux toute la matinée ? Non car un enfant de 3 ans a encore besoin d’explorer. Des adultes patients et compréhensifs, conscients des étapes du développement des enfant sont plus capable de proposer un environnement adapté aux besoins moteurs, émotionnels et cognitifs des enfants.

Il est important de laisser la liberté aux enfants de faire les choses quand ce sera le moment pour eux.

 

11.Faire preuve d’empathie

Faire preuve d’empathie peut s’appliquer aux enfants… comme aux adultes ! L’écoute empathique et active consiste à refléter ce qui se passe à l’intérieur de l’enfant et à trouver les motivations positives de son action. A quoi l’enfant dit-il oui quand il nous dit non à nous ? Quelles sont les émotions qui le guident ? A quels besoins insatisfaits ces émotions correspondent-elles ? Quelle est la fonction positive de son comportement ?

De même, nous sommes parfois tellement stressés ou fatigués que nos limites de patience peuvent être vite atteintes. S’accorder de l’auto empathie en tant qu’adultes évite de recourir à la violence éducative (cri, punition, tirage par le bras, mise au coin…). Il est possible de faire une pause pour respirer, pour accueillir ce qui se passe dans le corps, pour valider les émotions ressenties, pour décharger l’énergie en tension (sauter, courir, pleurer, crier dehors…).

Par ailleurs, il est possible d’aborder à froid les d’aborder le sujet de tension en disant à l’enfant comment on se sent dans cette situation, ce qui nous pose problème et en lui demandant son avis : comment se sent-il ? quelles solutions pourrait-il trouver à ce problème ?

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Source : Mon p’tit cahier – Autonomie de Christine Klein (éditions Solar). Disponible en centre culturel, en librairie ou sur internet.

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