Un enfant autiste parle et comprend ce qu’on lui dit : a-t-il besoin de visuel ?
Un enfant autiste parle et comprend ce qu’on lui dit : a-t-il besoin de visuel ?
La fonction de compensation visuelle n’a rien à voir avec la parole ni avec l’intelligence. Présenter des visuels à un enfant autiste n’est jamais superflu. En effet, le visuel fait partie de la communication : le support visuel est un appui à la réception et à l’expression. Le visuel permet d’organiser la pensée et de bien intégrer les informations. Une personne autiste comprend et pense en images, on pourrait dire que son cerveau est visuel. En parallèle, les élèves autistes ont un temps de latence pour comprendre des consignes verbale et y répondre.
Utiliser le visuel de manière efficace sert à organiser la cognition de manière intégrée. En fait, le cerveau d’un autiste se comporte un peu comme si ce dernier était sourd ou aveugle : c’est le visuel qui compense. – Brigitte Harrisson
Voici quelques idées qui peuvent aider la compréhension des élèves autistes en classe :
- Photos des lieux (1 lieu = 1 activité)
- Photos ou liste écrite du matériel nécessaire pour le travail demandé
- Emploi du temps visuel où chaque activité est décrite par une image, un pictogramme ou un mot/ une phrase
- Aménagement de l’espace de travail (épuré, avec le nom/ la photo de l’enfant)
- Marques visuelles (trait au sol où se mettre en rang, croix sur une porte de placard à ne pas ouvrir…)
- Logiciel de communication sur tablette numérique, tableau de langage assisté (TLA)

Tous les supports visuels donnent un sens aux choses, en particulier les choses invisibles et abstraites. Ces supports peuvent prendre la forme d’images, de pictogrammes, de minuteur ou d’horloge annotée (par exemple, mise en couleur des heures de sortie), de mots, des sous-titres dans les vidéos, des signes de la main…
Rappelons que le canal visuel est le seul qui fonctionne lorsque la personne est anxieuse. L’accompagnateur d’une personne autiste devrait toujours avoir à portée de main un crayon et papier. – Brigitte Harrisson
Les AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap) peuvent porter des visuels sur eux quand ils accompagnent un enfant autiste, accrochés à un porte-clé ou dans une banane autour de la taille. Les pictogrammes peuvent servir d’appui à la conceptualisation, l’abstraction et la compréhension, mais tous les enfants autistes n’ont pas les mêmes besoins et les enfants évoluent. Quand un enfant autiste passe à une autre étape de son développement, le visuel prendra une forme différente et adaptée à ses besoins (échelle de douleur ou des émotions, dessin à main levée, signes de la main, mots-clés, phrases ou même utilisation du Langage SACCADE Conceptuel).

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Source : L’autisme expliqué aux non autistes de Brigitte Harrisson (éditions Poche Marabout). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur les sites de ecommerce.
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