10 points pour une attention en classe de meilleure qualité et et le bon fonctionnement de la mémoire de travail

10 points pour une attention en classe de meilleure qualité et et le bon fonctionnement de la mémoire de travail

attention-en-classe-memoire-de-travail

Le cerveau ne traite qu’une information nouvelle à la fois. Les informations routinisées, automatiques peuvent être traitées sans ressources cognitives et attentionnelles additionnelles. Or la qualité de l’attention conditionne l’entrée des informations dans la mémoire de travail. La mémoire de travail est une mémoire transitoire qui contient un faible nombre d’informations qui ont besoin d’être organisées afin de ne pas la surcharger. La mémoire de travail est une instance dynamique qui prend des informations en temps réel et prend des décisions (quels éléments conserver, quels éléments utiliser, quels éléments oublier).

Pour être efficace, la mémoire de travail nécessite une anticipation selon les buts, consignes et objectifs clairs et précis. L’attention et la mémoire de travail vont donc de paire : l’attention est soutenue quand l’objectif de la tâche en cours est très clair et que les tâches à réaliser dans l’ordre sont explicites.

Je vous propose 10 points pour une attention en classe de meilleure qualité afin de permettre le bon fonctionnement de la mémoire de travail pour des apprentissages efficaces en classe :

  1. Travailler les procédures pour être attentif et le rester :
    • être attentif, c’est être actif dans sa tête (se faire des images mentales des informations, se parler sur ces images pour les décrire et vérifier le niveau de compréhension)
    • puis c’est mettre de l’ordre dans sa tête (une fois les informations mises dans la tête en fonction d’un objectif à atteindre, s’interroger sur les informations pertinentes puis sur ce qui doit être fait et dans quel ordre)
    • et enfin c’est passer à l’action (une fois que le plan d’action est bien défini)
  2. Décrire les stratégies avec le plus de détails possibles (le matériel nécessaire, les gestes mentaux ou moteurs nécessaires…) et planifier les actions les unes après les autres (l’ordre chronologique doit être clair)
  3. Aménager l’environnement (moins d’affichage sur les murs, une classe sobre, disposer des paravents pour diviser les espaces, permettre à un enfant avec un TDA/H de s’isoler derrière un paravent ou de faire les contrôles dans une pièce calme comme la bibliothèque)
  4. Autoriser le port de bouchons d’oreille (pendant les exercices, les contrôles) afin d’inhiber les bruits pour les élèves dont l’attention est fragile
  5. Dégager le bureau physique et même le bureau de l’ordinateur (écran d’accueil sobre avec seulement les icônes utiles)
  6. Proposer des procédures pour se reconcentrer avec des pictogrammes (par exemple en sous main -> Quand j’ai besoin d’être attentif : une affiche pour aider les élèves à faire preuve d’attention en classe)
  7. Apprendre à interpréter les signaux internes qui disent quand ça ne va pas. Il y a un moment où l’inconfort cognitif signale qu’il y a un problème : comme il y a trop d’informations, certaines importantes ont été perdues. Quand il est débordé par les informations ou les idées qui vont dans tous les sens, l’enfant peut reconnaître cette sensation particulière et se dire : “Stop, je suis perdu”. Au début, l’adulte sert de guide et formulera à l’élève qu’il est perdu, puis l’enfant peut apprendre à se fier à ses sensations propres afin de demander de l’aide ou s’arrêter et recommencer.
  8. Reconnaître les signes de distractibilité (œil qui part vers la gauche ou la droite, tête qui se tourne, pensée qui commence à divaguer, liens d’association fait avec un sujet hors de propos…)  et revenir sur la tâche en cours (voir le concept de danse de l’abeille élaboré par Jean-Philippe Lachaux)
  9. Faire un pause métacognitive : avant de se lancer dans un travail tête baissée, l’élève se dit “Stop” et s’accorde un délai au cours duquel il va mettre des mots sur son projet (élaborer des stratégies); interroger sa banque de connaissances et faire des liens avec des choses sues et maîtrisées; décider de la meilleure stratégie pour réaliser la tâche puis décider comment il s’auto-évaluera (vérifier le résultat d’un calcul, se relire avec des étapes et objectifs précis…).
  10. L’adulte a un rôle de médiateur pour rendre explicites les stratégies (dire à l’enfant comment il va pouvoir faire puis, une fois la tâche réalisée, expliciter comment l’enfant s’y est pris chronologiquement).

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *