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La bataille d’oxymores : un jeu de mots pour développer le vocabulaire (et la créativité)

La bataille d’oxymores : un jeu de mots pour développer le vocabulaire (et la créativité)

J’ai récemment regardé le film Extrêmement fort et incroyablement près (que je vous recommande vivement d’ailleurs). Dans une scène, le père et le fils (enfant à haut potentiel  intellectuel) jouent à un drôle de jeu : une bataille d’oxymores. Et j’ai trouvé ça génial  pour développer à la fois le vocabulaire et la créativité !

Qu’est ce qu’un oxymore ?

Le principe est d’associer deux mots dont les sens sont opposés pour créer une expression contradictoire. L’oxymore exprime alors ce qui est impossible et absurde.

J’ai retrouvé ce concept dans le livre Génie toi-même !. Phillipe Brasseur, l’auteur, pousse le lecteur à créer des oxymores pour développer une “pensée à l’envers” comme Nicolas Copernic l’a fait à son époque.

On peut citer des oxymores célèbres utilisés dans des livres, films ou chansons :

  • Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille, Le Cid)
  • Jeune vieillard (Molière, Le Malade Imaginaire)
  • Douce violence (chanson de Johnny Halliday)

Comment jouer à la bataille d’oxymores avec les enfants ?

Vous pouvez expliquer à votre enfant en quoi consistent les oxymores et lui proposer de faire une bataille en prenant un exemple pour illustrer votre propos : le premier à court d’idées a perdu !

C’est un jeu idéal pour les longs trajets ou les attentes (comme chez le médecin). Je conseillerais ce jeu à partir de 7/8 ans. Voici quelques idées que nous avons eues avec ma fille :

  • une hideuse beauté,
  • un hibou diurne,
  • un bonbon salé,
  • un zèbre uni.

Une idée qu’on peut réinvestir en classe pour un remue-méninges garanti :-).

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ABC des verbes : un abécédaire pas comme les autres pour travailler la grammaire, le vocabulaire et l’expression écrite

ABC des verbes : un abécédaire pas comme les autres pour travailler la grammaire, le vocabulaire et l’expression écrite

Présentation de l’éditeur

abc-des-verbes-livre-enfant26 lettres illustrent 26 verbes.

Sur la page de gauche, la lettre majuscule sur fond coloré uni domine un verbe à l’infinitif qui oriente la lecture de la page de droite. Au lecteur de déchiffrer et d’inventer des histoires. Ainsi le hérisson hésite entre un hamburger et un hot dog ; voyagera-t-il à dos d’hippopotame ou en hélicoptère ?

On trouve ainsi un gorille grondant une girafe, une grenouille et une grand-mère mangeant une glace ou une oie offrir un olivier à un ours.

Voici les 26 verbes (dont certains inventés ce qui rend la lecture de cet ABC des verbes encore plus ludique) :

ASSEMBLER
BALAYER
CALCULER
DÉVORER
ÉCHANGER
FABRIQUER
GRONDER
HÉSITER
IMAGINER
JONGLER
KIFFER
LANCER
MÉLANGER
NAGER
OFFRIR
PHOTOGRAPHIER
QUESTIONNER
RANGER
SALER
TOMBER
UNIR
VOIR
WAGONNER
XYLOPHONER
YOYOTER
ZIGZAGUER

Les points forts

Cet abécédaire associe à chaque verbe son action, illustrée par des éléments commençant par la même lettre.

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On peut imaginer de nombreuses utilisations pédagogiques autour de ce livre pour combiner grammaire, expression écrite et vocabulaire :

  • travailler infinitif/ verbe conjugué

Une fois que le livre a été parcouru, proposer aux enfants d’écrire un verbe à l’infinitif qui commence par chaque lettre de l’alphabet sur le modèle du livre. Les enfants devront trouver un autre verbe que celui proposé dans le livre.

Les enfants écrivent leurs verbes dans un cahier ou sur une feuille puis, pour chaque verbe choisi, ils écrivent une phrase autour du verbe conjugué. Ils pourront s’inspirer des phrases proposées dans le livre.. mais sans les copier !

  • travailler le vocabulaire

Une fois le livre parcouru, on pourra proposer aux enfants d’inventer des phrases contenant le plus possible de mots qui commencent par la même lettre (sur le modèle du livre ABC des verbes).

On peut imaginer le déroulement suivant :

  • chaque joueur pioche une lettre au hasard (parmi des lettres de scrabble par exemple),
  • chaque joueur a une minute (ou le temps d’un sablier) pour trouver des mots qui commencent par cette lettre,
  • à nouveau sous la contrainte du temps, il doit les assembler dans une phrase qui a un sens (on abandonne la consigne de la lettre de début sur les déterminants, les prépositions et les pronoms du type un, et, de, qui, les…),
  • les joueurs énoncent leur phrase les uns après les autres,
  • les autres joueurs jugent si la phrase est correcte grammaticalement,
  • celui qui gagne est le joueur qui a écrit la phrase avec le plus de mots ou celui qui a écrit la phrase la plus drôle !

Par exemple, une phrase avec la lettre F pourrait donner : Fanny filme une farandole de fraises folles et fatiguées.

Pour les plus jeunes, on pourra leur laisser le livre à disposition pour trouver des mots dedans.

Ainsi, une phrase avec la lettre P à partir des illustrations du livre ABC des verbes pourrait donner : Le pirate prend les poules en photo sur la pelouse.

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Le livre ABC des verbes de Guillaumit (éditions Thierry Magnier) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander ABC des verbes sur Amazon.

Mon coffret imagier Montessori : des cartes de nomenclature pour enrichir le vocabulaire et préparer à la lecture

Mon coffret imagier Montessori : des cartes de nomenclature d’inspiration Montessori pour la lecture et le vocabulaire

Mon coffret imagier Montessori (éditions Nathan) est un coffret proposant 150 cartes classifiées pour :

  • enrichir le vocabulaire de l’enfant,
  • le préparer et l’entraîner à la lecture.

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Les cartes du coffret sont réparties en 5 séries :

  • les animaux de la forêt (comme le renard roux, le marcassin, le hérisson commun, le lièvre d’Europe…)
  • les oiseaux (la mésange charbonnière, l’hirondelle de cheminée, le merle noir…)
  • les insectes (le gendarme, l’abeille noire, le papillon vulcain…)
  • les fleurs (cyclamen de Naples, violette odorante, chardon…)
  • les fruits (citron, mûre, mirabelle…)mon imagier Montessori

Chaque série est composée de 3 types de cartes :

  • la carte non renseignée (l’image seule)

mon imagier MontessoriCette carte permet d’enrichir le vocabulaire de l’enfant et est propice à des échanges verbaux. Elles sont d’excellents supports pour discuter, observer, enrichir la connaissance du monde de l’enfant.

Les cartes classifiées sont importantes dans la pédagogie Montessori car elles répondent à la sensibilité de l’enfant pour les mots et lui permettent d’acquérir un vocabulaire juste pour décrire le monde qui l’entoure.

Les cartes non renseignées peuvent être utilisées de plusieurs manières selon l’âge de l’enfant :

– choisir 4 ou 5 cartes d’une même série pour un jeune enfant, s’installer avec lui sur un tapis et les décrire les unes après les autres. Les cartes peuvent être choisies en fonction des expériences de l’enfant (commencer par la carte du gendarme si l’enfant en a déjà observé, décrire avec peu de mots et faire des liens avec d’autres cartes comme la fourmi qui est aussi un insecte qui ne vole pas ou la coccinelle qui est aussi un insecte mais qui vole). Avec un enfant plus grand, un plus grand nombre de cartes pourront être présenté, avec plus de détails.

– associer des figurines miniatures ou des objets (fruit, fleur) aux images dès 18 mois

– retrouver une carte précise parmi d’autres (en donnant le nom précis ou bien en passant par une devinette descriptive)

 

  • la carte renseignée

mon imagier MontessoriLes cartes renseignées proposent l’image et le nom écrit en cursive.

 

Elles permettent l’auto-correction lors d’activités de lecture.

 

Une activité que les enfants apprécieront (dès 2 ans avec l’aide d’un adulte et seuls à partir de 3 ans) est la mise en paire des carte renseignées et des cartes non renseignées.

 

  • le billet de lecture

mon imagier MontessoriLe nom correspondant à l’image est écrit en lettres cursives. Le billet de lecture est à associer à la carte non renseignée.

Avec des enfants lecteurs, on peut proposer une activité d’association de cartes non renseignées et de billets de lecture.

Livret d’activités proposées par Eve Herrmann (éducatrice Montessori)

Le livret qui accompagne les cartes propose 8 activités inspirées de la pédagogie Montessori. Ces activités sont décrites avec beaucoup de détails afin que chacun puisse les appliquer en respectant au mieux l’esprit de la pédagogie Montessori.

On peut utiliser ces cartes pour des activités de vocabulaire, de lecture, de devinettes ou encore de dessin  à partir de 3 ans.

mon imagier Montessori

J’ai même vu ce coffret utilisé dans un atelier Montessori. L’éducatrice Montessori m’a dit que sa fille utilise maintenant des mots très précis pour décrire le monde : une salamandre n’est pas une salamandre si elle est tâchetée, c’est une salamandre tâchetée !

 

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Mon coffret imagier Montessori de Eve Herrmann (éditions Nathan) est disponible en magasins de jouets, en librairie ou sur Internet.

Commander Mon coffret imagier Montessori sur Amazon.

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Comment et pourquoi développer et soutenir le langage des enfants de 2/3 ans ?

Comment et pourquoi développer et soutenir le langage des enfants de 2/3 ans ?

Vers l’âge de 2/3 ans, les enfants entrent dans une phase caractérisée par la “soif de parler“. C’est à peu près à cet âge qu’ils se rendent compte que tout objet, tout animal, toute personne, toute fonction portent des noms et qu’ils peuvent les apprendre. Connaître le nom des choses qui les entourent est un moment de découverte puissant pour les enfants de cet âge-là.

Les mots permettent aux humains d’intérioriser leur univers. C’est par les mots que nous pouvons manipuler mentalement les objets sans avoir à les toucher ni même à les voir. Les mots permettent une prise sur le monde que les autres espèces vivantes ne possèdent pas.

Le Dr Dodson relate une expérience dans son livre “Tout se joue avant 6 ans”* : un couple de psychologues a adopté un singe et l’ont élevé en même temps que leur fille. Jusqu’à ses deux ans, la petite fille s’est révélée moins habile et moins “intelligente” que le singe (notamment pour attraper des objets).

Mais, à partir de deux ans, elle dépassa le jeune singe par son adresse et sa maîtrise. Les deux psychologues en ont déduit que c’est précisément l’acquisition du langage qui a permis à leur fille d’intérioriser et de conceptualiser le monde tandis que le singe en était incapable.

Entre 2 et 3 ans, un enfant va alors expérimenter les prémices du raisonnement logique et de la prévision d’un futur proche. Son imagination va suivre les progrès de sa vie mentale : ses jeux et ses interactions vont s’en trouver modifier. “Et ça,qu’est-ce que c’est ?” sera la question type.

Le Dr Dodson conseille aux parents (dans la mesure du possible !) de répondre à toutes les questions de l’enfant dans cette phase-là. C’est par ce biais que les parents aideront leur enfant à développer son langage, son vocabulaire, sa puissance de raisonnement et son intelligence en général.

vocabulaire enfants

 

 

Les paroles : des moyens puissants pour être compris

Plus proche de nous (le livre du Dr Dodson date des années 70), Alain Bentolila, linguiste, estime que :

La langue est faite pour parler à des gens qui ne me ressemblent pas, qui ne pensent pas comme moi, qui ne croient pas au même dieu et qui n’ont pas les mêmes convictions.

La langue sert à franchir une distance significative afin de transmettre des informations à des personnes qui ignorent qui je suis et ce que je pense.

Il estime que la richesse de la langue et du vocabulaire sont des moyens puissants pour être compris au mieux par des interlocuteurs avec qui on a peu de choses en commun. Il insiste alors sur l’importance que revêt l’apprentissage du vocabulaire pour les enfants :

Les enfants doivent être formés à ajuster leur discours ou leur texte selon le degré de connivence qui caractérise leur rapport à l’autre. Et pour pouvoir s’ajuster, il faut avoir recours à un plein “sac” de moyens linguistiques.

Quand parler est un défi, il faut puiser dans les mots rares, justes, adaptés.

Quand on dit des évidences ou des banalités, on se contente de mots plus flous.

Une tâche incombe alors aux parents et aux enseignants : apprendre à l’enfant à ne pas se contenter de gestes ou d’un charabia compréhensible seulement par les proches. Selon le linguiste, “Je t’aime et je n’ai pas compris ce que tu veux me dire” est un service à rendre aux enfants. L’enfant est alors invité à reformuler avec ses mots, des mots au plus proche de ses intentions et les parents peuvent être force de proposition pour l’aider à préciser sa pensée.

 

La deuxième naissance : la mise au monde linguistique !

Alain Bentolila parle de deuxième naissance : la mise au monde linguistique.

Chaque fois qu’à la maison ou à l’école on renonce à l’explication pour l’imprécision, chaque fois que l’on privilégie la connivence contre la distance, chaque fois que l’on préfère le préjugé à la découverte, on affaiblit le pouvoir d’ouverture, d’explication paisible et de critique lucide de la langue.

Cela passe également par le fait de surveiller son propre langage et c’est loin d’être toujours évident ! Les enfants ont tendance à copier nos mauvaises habitudes (la faute aux neurones miroirs 🙂 ).

Dans l’idéal, évitons de désigner les objets par des « ça », des « trucs » ou des « machins ». Appelons les objets et les gens par leurs noms. Cela est également valable pour les « ouai », les « nan » et les « s’cuse » (je parle par expérience… quand ma fille revient de chez son père, je vois une vraie différence dans sa manière de parler : l’imprégnation a un effet immédiat !).

le verbe c'est l'autre citation bentolila

 

 

Un lien entre mauvaise maîtrise de la langue et violence ?

La thèse d’Alain Bentolila est que le fait de ne pas pouvoir mettre en mots sa pensée pour l’autre conduit à des passages à l’acte violents. Il explique la violence des jeunes de quartiers sensibles par leur incapacité à transformer pacifiquement le monde et les autres par la force des mots. Il emploie le terme de “langue illettrée” : moins une personne a de mots à sa disposition, plus elle risque de parler par l’action et la violence.

La vraie violence se nourrit de l’impossibilité à convaincre, de l’impossibilité d’expliquer. La vraie violence est muette.

Bien que cette thèse soit réfutée par de nombreux scientifiques, qui estiment que la seule pauvreté du vocabulaire n’explique pas toutes les violences dans les milieux sensibles, il semblerait que la richesse du vocabulaire soit un atout à cultiver chez nos enfants !

 

A lire pour aller plus loin :

10 petits jeux pour enrichir le vocabulaire des enfants (4/5 ans)

Des pistes pour favoriser le développement de la pensée des enfants 

Pourquoi il est essentiel de lire des livres aux tout-petits

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Sources :

Entretien avec Alain Bentolila – L’école des parents Janvier/Février 2011

“Tout se joue avant 6 ans” – Dr Fitzhugh Dodson (* Je ne recommande pas l’achat de ce livre qui se révèle clairement dépassé, sexiste et homophobe. En revanche, je retiens quelques passages intéressants dont celui auquel je fais référence ici. Si jamais vous le trouvez d’occasion – c’est mon cas, je l’ai payé 0,99€ -, cela vaudra peut-être le coup de satisfaire votre curiosité mais ce n’est pas un achat indispensable.)

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Sans le A : un anti-abécédaire beau, drôle et intelligent (idéal pour le CP et le début de la lecture)

Sans le A : un anti-abécédaire beau, drôle et intelligent

sans-le-a-abecedaireSans le A écrit par Michaël Escoffier et illustré par Kris Di Giacomo est un anti-abécédaire original.

A une lettre près, le mot devient autre, une seule lettre lui manque et son sens a changé. Apprendre à lire et à écrire tout en amenant l’enfant à réfléchir entre deux éclats de rire, c’est la gageure relevée par cet époustouflant abécédaire.

Chaque lettre de l’alphabet a droit à sa double page illustrée et à l’association de deux mots : l’un avec la lettre en question, l’autre sans.

Ce qui donne par exemple :

Sans le A, la carotte fait crotte !

Sans le S, ma sirène s’appelle Irène !

sans le A l'anti abécédaire

Sans le A est idéal pour :

  • rire (… et c’est important !),
  • travailler les correspondances graphies/ sons des lettres,
  • comprendre l’importance de l’orthographe des mots pour leur sens,
  • développer le vocabulaire,
  • s’entraîner à lire (un livre à conseiller dès le CP),
  • entraîner l’enfant à trouver de nouvelles correspondances (pas avant 7/8 ans ou avec l’étayage de l’adulte car c’est plutôt difficile même pour des adultes),
  • trouver des jeux de mots originaux et drôles (un bon entrainement de la pensée divergente !),
  • pourquoi pas inviter l’enfant à illustrer ses trouvailles.

 

Je vous livre quelques trouvailles personnelles : Sans le I, mon image est transformée par un mage. Sans le T, un rat devient le dieu Ra.

Les enfants se prêtent facilement et avec plaisir à ce petit jeu !

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Sans le A de Michael Escoffier (éditions Kaléidoscope) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander Sans le A sur Amazon.

jeux vocabulaire enfants

10 petits jeux pour développer le vocabulaire des enfants (dès 4/5 ans)

L’importance du vocabulaire dès le plus jeune âge

Alain Bentolila est linguiste et sa thèse repose sur le fait que ne pas pouvoir mettre en mots sa pensée pour l’autre conduit à des passages à l’acte violents.

Il emploie le terme de “langue illettrée” : moins une personne a de mots à sa disposition, plus elle risque de parler par l’action et la violence.

 La vraie violence se nourrit de l’impossibilité à convaincre, de l’impossibilité d’expliquer. La vraie violence est muette.

Bentolila estime que la richesse de la langue et du vocabulaire sont des moyens puissants pour être compris au mieux par des interlocuteurs avec qui on a peu de choses en commun. Il insiste alors sur l’importance que revêt l’apprentissage du vocabulaire pour les enfants.

 

10 petits jeux pour développer le vocabulaire des enfants (dès 4/5 ans)

1.Les mots de la même famille

Alain Bentolila propose un petit jeu de vocabulaire autour des mots de la même famille.

Pour les plus jeunes, vous pourrez procéder par associations. Ainsi, si votre enfant vous demande ce qu’est une nageoire, demandez-lui s’il n’entend pas un mot connu à l’intérieur du mot nageoire. S’il répond nage, alors vous pourrez lui dire que la nageoire est la partie du corps du poisson qui sert à nager. Nageoire, nager et nage sont donc trois mots de la même famille : ils sont formés à partir de la même racine et ont un sens commun. A force de procéder de cette manière, votre enfant développera une stratégie pour comprendre les mots nouveaux à partir de mots connus… et développera à la fois son autonomie et sa connaissance du monde !

Pour les plus grands, vous pouvez chercher ensemble des mots de la même famille des plus simples aux plus complexes. Chacun doit trouver un mot et celui qui sèche a perdu et doit lancer une nouvelle idée. Par exemple : que peut-on faire avec “dent” ? Dentier, dentifrice, dentition, dentaire, dentiste, édenté…

 

2.Les catégories

Alain Bentolila insiste sur le rangement des mots que doivent opérer les enfants. Il parle de “capharnaüm lexical” si des liens ne sont pas tissés entre les mots de leur vocabulaire : liens formels (la forme des mots), liens sémantiques (le sens, ce dont les mots parlent) et liens historiques.

Vous pouvez inciter les enfants à construire et découvrir des catégories à partir de cartes représentant des objets, des animaux, des métiers, des personnes (vous pouvez par exemple réutiliser des cartes de mémory ou en fabriquer à partir de prospectus découpés ). Plusieurs activités sont envisageables, voici quelques pistes :

  • commencer vous-même plusieurs catégories (par exemple, les fruits d’un côté et les légumes de l’autre) puis demander à l’enfant de placer les cartes restantes dans l’une ou l’autre (vous pourrez augmenter le nombre de catégories et de cartes en fonction de l’âge de l’enfant, y placer des intrus),
  • proposer plusieurs catégories et demander à l’enfant de leur trouver un nom en fonction des similarités qu’il trouve entre les membres du groupe que vous lui proposerez,
  • demander à l’enfant de trouver un intrus dans une catégorie que vous lui proposerez,
  • placer plusieurs cartes devant l’enfant et lui demander de créer lui-même des catégories cohérentes,
  • disposer une série de cartes devant l’enfant représentant une catégorie puis lui demander de choisir une carte parmi celles qui restent sur la table pour l’échanger contre une de la série sans en changer la cohérence.

 

3.La bataille d’oxymores

Le principe est d’associer deux mots dont les sens sont opposés pour créer une expression contradictoire. L’oxymore exprime alors ce qui est impossible et absurde.

J’ai retrouvé ce concept dans le livre Génie toi-même !. Phillipe Brasseur, l’auteur, pousse le lecteur à créer des oxymores pour développer une « pensée à l’envers » comme Nicolas Copernic l’a fait à son époque.

On peut citer des oxymores célèbres utilisés dans des livres, films ou chansons :

  • Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille, Le Cid)
  • Jeune vieillard (Molière, Le Malade Imaginaire)
  • Douce violence (chanson de Johnny Halliday)

 

4.Laoupala, un jeu de vocabulaire et de réflexion

Le but de Laoupala est de trouver autour de soi un objet qui remplira des caractéristiques tirées au hasard. Les joueurs ne doivent pas bouger de leur place et scanner du regard le plus vite possible la pièce tout en réfléchissant aux critères pour trouver un objet, une plante, un animal, une personne qui remplisse le plus grand nombre des caractéristiques données.

Retrouvez les règles du jeu dans cet article : Un jeu de vocabulaire, de réflexion et d’observation : Laoupala

5.Un imagier personnel

Les imagiers sont des livres présentant des images accompagnées du mot désignant l’objet, l’animal ou la personne représenté(e), souvent regroupées par thème. Les imagiers sont très utiles pour les jeunes enfants car ils sont un support de développement du lexique et de connaissance du monde.

Attention cependant à ne pas figer une représentation d’une chose : certains enfants pourraient croire qu’une graine est forcément une graine de haricot car c’est ainsi qu’elle est représentée dans leur imagier. Or il existe des graines de courge, de lentille, de salade… Un grizzly peut aussi ne pas être reconnu comme un ours si un enfant a été seulement en contact avec des images de nounours.

Il est donc nécessaire de disposer de plusieurs imagiers ou de sélectionner des imagiers qui proposent différentes images pour un même mot.

Si vous êtes tentés par la fabrication d’un imagier personnel, vous trouverez votre bonheur ici.

 

6.Un abécédaire fait maison

Les abécédaires sont des répertoires de mots et d’images classés dans l’ordre alphabétique : à chaque lettre ses mots ! Ces livres sont utiles pour :

  • apprendre l’ordre alphabétique,
  • apprendre la graphie des lettres,
  • apprendre le son associé aux lettres,
  • donner l’occasion d’écrire à votre enfant,
  • travailler l’orthographe des mots,
  • activer la mémorisation de mots,
  • faciliter la compréhension du sens du mot grâce à l’illustration.

Si vous cherchez des idées pour vous inspirer, vous trouverez dans cet article des propositions pour créer votre abécédaire à la maison.

 

7.Méli mélo de mots

Nous avons trouvé un livre qui se prête tout à fait au méli mélo de mots : Axinamu. Il propose une double page coupée horizontalement en 3 parties. Les images des animaux peuvent alors être mélangées à souhait : une chèvre et un ornithorynque, ça fait un ornithochèvre, un blaireau et un lynx, ça fait un blynx !

axinamu imagier animaux

Toutes les déclinaisons et variations sont imaginables sur ce principe : des noms de pays, de villes, de personnes, de métier, de fleurs…

 

8.Jouer à construire des phrases avec la même lettre

Et si vous inventiez des phrases contenant le plus possible de mots qui commencent par la même lettre ? Par exemple, une phrase avec la lettre F pourrait donner : Fanny filme une farandole de fraises folles et fatiguées.

Vous pourrez vous appuyer sur ce livre et cet article : Abécédaire pour jouer à construire des phrases.

9.Des albums jeunesse dédiés au vocabulaire

Ma fille et moi avons eu un coup de coeur pour les livres Faut pas confondre et Faut toujours pas confondre. Ces livres présentent avec beaucoup d’humour un mot et son contraire (d’où le titre… faut pas confondre !). Les enfants saisissent donc le principe des antonymes et s’amuseront à deviner le contraire du mot présenté !

Cette sélection est totalement subjective je l’avoue, mais vous trouverez beaucoup d’autres livres de vocabulaire en fouillant chez votre libraire, sur Internet ou à la bibliothèque du coin.

Quoiqu’il en soit, tous les livres que vous lirez à votre enfant participeront au développement de son vocabulaire : les contes traditionnels et les albums de littérature jeunesse mais aussi les livres de recettes, les BD, même les prospectus de pub ou les notices d’explication ! Tout est permis :-).

 

10.Nommer et exprimer les émotions

Il est important que les enfants sachent reconnaître ce qui se passe à l’intérieur d’eux. Mettre un nom sur les émotions, c’est un premier pas avant de les exprimer et d’apprendre à les gérer. Cela passe par à la fois par :

  • l’intérêt que le parent accorde à l’enfant en posant cette question : et toi, comment te sens-tu aujourd’hui ?,
  • les outils à disposition de l’enfant pour y répondre.

Voici deux pistes que je vous propose :

Le tableau des humeurs. L’enfant pourra indiquer son humeur du moment de manière ouverte et ainsi engager le dialogue avec sa famille sur ce sujet. Voici celui que nous avons à la maison mais vous pouvez aussi très bien en fabriquer un avec des photos de votre enfant qui imite les différentes émotions (un bon moyen de se les approprier en plus !).

tableau des émotions ou tableau des humeurs

La météo intérieure. Dans le livre Calme et attentif comme une grenouille est proposé l’exercice de la météo intérieure : il s’agit d’exprimer son humeur à l’aide d’un baromètre.

Je sens du soleil à l’intérieur de moi quand je suis heureux/se, content(e), que tout va bien.
Je sens des nuages en moi car quelque chose m’embête, je sens de la colère qui arrive en moi.
Je sens un orage en moi car je suis en colère et tout explose à l’intérieur de mon corps et de ma tête.
Je sens de la pluie en moi car j’ai envie de pleurer.

J’en profite pour rebondir sur la question “et toi, comment te sens-tu aujourd’hui ?” pour souligner l’importance de solliciter régulièrement l’avis de l’enfant :

  • et toi, tu en penses quoi ?
  • es-tu d’accord ?
  • quel est ton avis ?
  • que vois-tu ?

 

 

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