jeux éveil musical

4 jeux d’éveil musical pour les petits

4 jeux d’éveil musical pour les petits à partir de 3 ans (proposés par une professeur de musique)

Valérie Sabbah est enseignante musicale et créatrice d’une boutique de jeux musicaux (www.valeriesabbah.com) pour apprendre la musique en s’amusant. Elle expose dans cet article la façon dont se déroulent ses cours d’éveil musical avec des enfants autour de 3 ans.

ETAPE 1 : écouter et classifier

L’éveil à la musique, comme l’indique son nom, c’est s’éveiller à la musique, aux sons qui nous entourent, et faire la différence entre un son harmonieux et un son qui ne l’est pas, la différence entre les « bruits » et la musique. La différence est certes évidente pour nous adultes, mais pouvoir faire cette différence relève d’un apprentissage.

Un son fait mal aux oreilles, un autre est rassurant, un autre strident, un autre suscite le mystère. L’univers des sons peut être source de questions, d’émerveillement voire d’angoisse pour un enfant et il est possible de l’éveiller à ce qu’il ressent lorsqu’il entend chacun d’entre eux.

L’éveil musical sert, entre autre, à classifier les sons. Pour cela, la première étape est d’écouter puis d’apprendre à différencier les sons.

Pour cela, on pourra utiliser les sons de la nature, les sons que l’on va provoquer soi-même (avec ses mains, avec sa bouche, sa voix, ses ongles, frottements, battements…), des CD avec des sons de toutes sortes (feu, pluie, animaux, pompiers….), des petits instruments (triangle, clochette, tambourin…).

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Le Sonomètre : un jeu musical pour découvrir les différents sons

ETAPE 2 : ressentir la musique

D’autres éléments complètent cette première approche, notamment l’écoute de la musique. De la même façon qu’on peut apprendre à faire la différence entre les sons, faire la différence entre certains styles de musique s’apprend également.

Les tout-petits ne “savent” pas, ils ressentent. Pas besoin de dire “C’est de la musique classique”, “C’est du rock”. On peut simplement leur demander de danser, d’exprimer avec leurs mots ou avec leur corps ce qu’ils ressentent, ce que chaque musique leur évoque.

C’est souvent très clair dans leur esprit, même s’ils ne peuvent pas encore s’exprimer clairement avec des mots.

 

ETAPE 3 : le rythme

La 3ème étape d’un cours d’éveil passe par le mime, utile pour s’approprier la notion de rythme. Afin de développer l’écoute, l’instinct musical et le sens du rythme, chanter des petites comptines accompagnées de jeux de mains est toujours un succès .

 

ETAPE 4 : le jeu et l’implication personnelle

Les jeux que Valérie conçoit viennent ajouter aux cours d’éveil musical une touche jusque-là encore inexplorée : l’implication personnelle à travers le jeu, pour une compréhension intrinsèque des bases du solfège.

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Même à 3 ans, un enfant souhaite jouer d’un instrument et a les capacités pour apprendre le solfège. Il a juste besoin de jouer, pas encore d’apprendre le solfège. Un enfant de 3 ans passe d’une activité à une autre très rapidement. Il suffit de regarder les enfants dessiner ou danser. En général, ils restent à leur activité 10 minutes maximum, puis passent à autre chose.
C’est pour cette raison que Valérie a créé des jeux d’éveil musical qu’elle considère comme une véritable nécessité dans ses cours. Elle a par exemple imaginé plein de petits jeux, issus de classiques indémodables (comme Jacques a dit, Cherchez l’erreur, les dominos..). Les enfants apprennent mieux quand ils s’amusent ! En voici une démonstration :

 

Comme dans tout acte éducatif, le plus important dans l’éveil musical reste le professeur. Il doit être enfant tout en étant adulte ! C’est son enthousiasme et sa bienveillance qui donneront envie à l’enfant d’explorer (ou non) l’univers musical.

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Pour compléter : Apprentissage de la musique : un exercice ludique et rythmique de découverte musicale pour les enfants

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impact du son sur la manière dont se développe le cerveau

NEUROSCIENCES : l’impact du son sur la manière dont se développe le cerveau (et comment en tirer profit à l’école)

NEUROSCIENCES : l’impact du son sur la manière dont se développe le cerveau 

Des neurochercheurs ont étudié l’impact du son sur la manière dont se développe le cerveau. Donner du sens aux sons perçus est une des fonctions les plus complexes du cerveau. La manière dont le cerveau répond aux “ingrédients” du son (le ton, la vitesse, le timbre…) donne des informations clés sur la santé cérébrale et sur les capacités d’apprentissage.

L’équipe du Dr Kaus (Northwestern’s Auditory Neuroscience Lab) a trouvé une causalité entre les réponses du cerveau aux sons chez les enfants de 3 ans et leurs compétences en lecture. Il est ainsi possible d’identifier les enfants qui présenteront des difficultés d’apprentissage de la lecture à la manière dont ils réagissent aux sons de leur environnement avant l’âge de 6 ans.

Le Dr Kaus en déduit des pratiques qui favorisent le développement de la manière dont sont traités les sons et de leur donner un sens chez les enfants.

6 conseils pour favoriser le développement de la manière dont sont traités les sons chez les enfants

1. Réduire le niveau des bruits parasites

Les enfants qui grandissent dans un environnement bruyant (trafic urbain, logements mal isolés, bruits constants en sourdine…) ont de moins bons résultats scolaires en partie parce qu’ils développent comme un bruit de fond constant dans la tête. Ce bruit de fond constant les empêche de saisir correctement des consignes orales et diminue leur capacité à discriminer des sons (essentiels lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture).

Il apparaît donc essentiel de conserver un niveau sonore faible dans les classes (au delà du fait d’inviter les enfants à parler calmement, les infrastructure importent énormément : isolement des bâtiments, mobilier adapté…).

 

2. Lire des histoires à voix haute

Les enfants de milieux défavorisés auraient entendu 30 millions de mots en moins que les enfants de classe moyenne ou supérieure à l’âge de 5 ans. Le fait de lire des histoires à voix haute ou de raconter des contes aux enfants développe leur vocabulaire et renforce leur mémoire de travail. Même une fois que les enfants savent lire, continuer à leur lire des histoires à voix haute reste très bénéfique.

On pourrait également encourager les enfants à narrer les histoires qu’ils ont entendues (en faire un résumé libre à l’oral) ou à raconter eux-mêmes des contes (lire aussi : Les bénéfices de la pratique du conte et de l’oralité ).

Ecouter des audiolivres ou des podcasts d’émission (sans support visuel) a également un impact positif sur l’attention, le niveau de langage et la mémoire de travail.

On pourrait aussi imaginer de donner le maximum de consignes à l’oral plutôt qu’à l’écrit.

 

3. Encourager les enfants à jouer d’un instrument de musique

L’équipe du Dr Kaus a montré que les enfants qui pratiquent un instrument de musique ont une meilleure capacité à capter et à discriminer les sons. Cette capacité leur permet de saisir des consignes dans un environnement avec des bruits parasites de manière plus compréhensible que les enfants non musiciens.

La pratique d’un instrument de musique déclenche réellement des changements biologiques dans la manière dont les sons sont traités, ce qui a pour conséquence un meilleur développement du langage oral et des compétences en lecture/ écriture.

Le fait d’écouter de la musique classique contribue également à développer le cerveau.

Lire aussi : La pratique musicale pour réduire l’illettrisme ? Un exemple en faveur de l’accès à l’art pour le plus grand nombre

art école

 

4. Encourager la pratique d’une langue étrangère

Le fait de grandir dans un environnement bilingue conduit le cerveau à gérer deux langue en même temps. Le défi que représente le fait de donner du sens à deux langues en même temps soutient les connexions entre les processus neuronaux liés à l’audition et la fabrique de sens, et renforce les capacités attentionnelles.

La pratique précoce d’une seconde langue est également liée à des améliorations des fonctions exécutives (elles mêmes plus prédictives que le QI).

 

5. Eviter les bruits blancs

Certains appareils émettent des bruits blancs et sont vendus comme des manières de favoriser l’endormissement (des enfants et des adultes).

Or le Dr Kraus affirme que le cerveau humain est câblé pour trouver du sens aux sons que nous entendons. Le fait de fournir un environnement complètement privé de sons pourrait perturber l’organisation du cerveau des enfants.

 

6. Des activités complémentaires pour les enfants de maternelle (avant 6 ans)

On pourrait également imaginer de proposer des activités de discrimination auditive chez les enfants de maternelle. Les clochettes type Montessori s’y prêtent particulièrement bien. Le fait de laisser des instruments de musique à disposition des enfants pour un usage libre participe aussi à cette éducation aux traitement des sons (tambourins, maracasses, xylophones, yukulele… pour les moins encombrants).clochettes-montessori

Des petits jeux inspirés de la méthode Dalcroze pourraient être proposés aux enfants dans cette optique également (un exemple ici).

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La vidéo source en anglais :

 

apprentissage de la musique

Apprentissage de la musique : un exercice ludique et rythmique de découverte musicale pour les enfants

Apprentissage de la musique : un exercice ludique et rythmique de découverte musicale pour les enfants

Ma fille a eu la chance d’assister à un atelier de musique animé par une professeure de musique formée à la méthode Dalcroze. Ce fut un très bon moment et cette approche gagne vraiment à être connue pour l’apprentissage de la musique.

Je vous livre ici l’exercice d’introduction qui peut tout à fait être reproduit en classe ou à la maison pour une approche du rythme en mouvement (à partir de 4/5 ans).

  • Montrer une image d’éléphant et demander comment l’éléphant marche puis inviter les enfants à marcher comme un troupeau d’éléphants. Insister auprès des enfants pour qu’ils se comportent comme des éléphants en utilisant les mots “lent” et “fort” : les éléphants font beaucoup de bruit avec leurs pieds et vont doucement. L’adulte pourra accompagner les enfants dans leurs mouvements puis jouer ou passer une musique lente et forte pendant que les enfants continuent leurs mouvements.
  • Montrer une image de souris et demander comment les souris marchent puis inviter les enfants à courir comme des souris. Insister auprès des enfants pour qu’ils se comportent comme des souris en utilisant les mots “rapide” et “doux“. Les souris courent sans bruit car le chat rôde dans les parages ! L’adulte pourra accompagner les enfants dans leurs mouvements puis jouer ou passer une musique rapide et douce pendant que les enfants continuent leurs mouvements.
  • Montrer une image de tortue et demander comment les tortues marchent puis inviter les enfants à marcher comme des tortues. Insister auprès des enfants pour qu’ils se comportent comme des tortues en utilisant les mots “lent” et “doux“. Les tortues marchent très, très lentement. L’adulte pourra accompagner les enfants dans leurs mouvements puis jouer ou passer une musique lente et douce pendant que les enfants continuent leurs mouvements.
  • Montrer une image de cheval et demander comment les chevaux courent puis inviter les enfants à courir comme des chevaux. Insister auprès des enfants pour qu’ils se comportent comme des chevaux en utilisant les mots “vite” et “fort“. Les chevaux galopent et font beaucoup de bruit avec leurs sabots. L’adulte pourra accompagner les enfants dans leurs mouvements puis jouer ou passer une musique rapide et forte pendant que les enfants continuent leurs mouvements.

 

Le principal est d’inciter les enfants à utiliser tout leur corps pour vivre les différents rythmes : monter les genoux pour les chevaux, taper des pieds pour les éléphants, sur la pointe des pieds pour les souris… Les enfants pourront également taper dans leurs mains.

L’adulte accompagnera les mouvements des enfants par des mots et les répétera plusieurs fois : vite, fort, lent, doux.

L’adulte pourra aussi chanter : “la tortue, c’est lent et doux”, “vite et fort, c’est le cheval”…

Une fois tous les différents mouvements effectués une première fois, on reprendra la séquence en introduisant des “stop and go” : STOP et les enfants s’immobilisent, GO et les enfants reprennent les mouvements appropriés.

L’adulte demandera aux enfants de mettre des mots sur les mouvements qu’ils font : “tu fais comment avec tes pieds quand tu imites le cheval/ la tortue/ l’éléphant/ la souris ?”

Ensuite, l’adulte pourra rejouer ou repasser la musique qui accompagnait les mouvements : les enfants devront retrouver l’animal correspondant et le refaire en mouvements.

Pour conclure, on montrera une fiche récapitulative et on invitera les enfants à tracer des traits en l’air selon les caractéristiques de chaque animal.

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Pour aller plus loin sur la méthode Dalcroze : dalcroze.fr