architecture école maternelle

L’architecture d’une école maternelle repensée pour répondre aux dispositions naturelles des enfants

L’architecture d’une école maternelle repensée pour répondre aux dispositions naturelles des enfants

Les idéaux qui ont guidé la conception de cette école :

  • Les enfants ont besoin de mouvement

Cette maternelle de Tokyo a été conçue pour laisser les enfants libres de leurs mouvements et de leurs expériences. Les enfants parcourent en moyenne 4 000 mètres par jour, à force de courir sur le toit ou dans la cour.

architecture école maternelle

Un enfant a même parcouru 6 000 mètre en moins d’une demie heure dans cette école !

L’architecte de cette maternelle ovale avait cette idée en tête : l’architecture est capable de changer le monde et la vie des gens. Cette maternelle est une tentative de changer la vie des enfants.

  • Les enfants sont supposés être dehors

Le toit est ovale et aussi bas que possible pour que tout le monde puisse se voir et communiquer, qu’ils soient dans la cour en bas ou sur le toit en haut.

Chaque classe a une lucarne qui fait office de puits de lumière, un lavabo à hauteur des enfants, des endroits où se cacher et grimper, un arbre qui pousse et étend ses branches à travers le toit.

découvrir école maternelle

 

Les arbres traversent le toit et les enfants peuvent escalader les branches quand ils sont sur le toit. arbre dans école maternelle

Il n’y a aucune frontière entre les différentes classes ni entre le dedans et le dehors. architecture maternelle

  • Les enfants ont besoin d’une dose de prise de risque

Une annexe de l’école a été conçue de manière à laisser les enfants prendre des risques. Cette annexe comprend 7 étages sur 5 mètres de hauteur : les plafonds sont très bas et il y a peu de gardes fous.

L’architecte estime que les enfants ont besoin de faire des expériences motrices, de tomber, de se faire mal. Face aux difficultés, les enfants apprennent à s’entre aider.

s'entre aider école maternelle

 

le très gros cahier d'activités de balthazar

Le très très gros cahier d’activités de Balthazar d’après la pédagogie Montessori (pour les enfants de moyenne section/ grande section)

Le très très gros cahier d’activités de Balthazar d’après la pédagogie Montessori (pour les enfants de moyenne section/ grande section) : présentation

le très gros cahier d'activités de balthazarLe très très gros cahier d’activités de Balthazar d’après la pédagogie Montessori propose de nombreuses activités pour aborder les premiers apprentissages : les lettres, les chiffres, les formes, les grandeurs, les comparaisons, les animaux, le graphisme, la phonologie.

Plus de 200 activités pour créer, dessiner, imaginer et aborder les premiers apprentissages, lettres, chiffres, formes, couleurs, nature, saisons… La collection Balthazar intègre la pédagogie de Maria Montessori en appliquant l’un de ses principes fondamentaux : permettre à l’enfant de ” faire pour comprendre ” et ainsi ” l’aider à faire seul “.

Contient des autocollants et des images à découper.

 

Toutes les activités proposées sont inspirées de la pédagogie Montessori.

Le très très gros cahier d’activités de Balthazar contient des activités qui invitent les enfants à :

  • manipuler

    • des autocollants à coller,
    • des images à découper,
  • utiliser les 5 sens

    • faire des sons pour accompagner le bruit du vent/ de la pluie,

 le très très gros cahier d'activités de Balthazar Montessori

 

  • aborder tous les aspects de la vie et des apprentissages

    • des recettes de cuisine,
    • des activités autour de la nature (nommer les fruits du potager, relier les fruits et légumes à l’endroit où ils poussent…)
    • des images d’animaux (relier la queue au bon animal, coller les petits des animaux à côté de leurs parents…)

 le très très gros cahier d'activités de Balthazar Montessori

    • de la géographie (colorier la terre en marron et les océans en bleu…)
    • de la géométrie (des tangrams, de formes géométriques à tracer, de comparaison des grandeurs….)

e très très gros cahier d'activités de Balthazar Montessori

    • du graphisme

 le très très gros cahier d'activités de Balthazar Montessori graphisme

  • imaginer et créer

    • des anti coloriages (compléter un dessin incomplet en fonction de l’inspiration).

J’ai aimé

Les auteurs du très très gros cahier d’activités de Balthazar mettent un point d’honneur à proposer des degrés de difficulté croissante mais qui restent abordables pour ne pas mettre l’enfant en difficulté et lui permettre de faire tout seul. (par exemple, repasser avec le doigt sur les lettres, les chiffres, les tracés; repasser par dessus les tracés; continuer les tracés; tracer seul à partir d’un modèle).

 le très très gros cahier d'activités de Balthazar Montessori

La mise en page est agréable : pas de consignes trop longues ni d’éléments perturbants, les éléments à travailler sont gros, une page/une activité, des pages exclusivement en noir et blanc.

Ce cahier est une véritable aide à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture : il peut venir en soutien des apprentissages en fin de moyenne section/ grande section de maternelle.

Ce cahier laisse une large part à la créativité en alternant consignes “scolaires” et consignes plus libres. Les petites touches d’humour et l’accompagnement de Pépin et Balthazar plaisent beaucoup aux jeunes enfants.

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Le très très gros cahier d’activités de Balthazar – pédagogie Montessori de Caroline Fontaine-Riquier et Marie-Hélène Place (éditions Hatier) est disponible en librairie, en centre culturel ou sur internet.

Commander Le très très gros cahier d’activités de Balthazar sur Amazon.

activités simples montessori à faire soi même

Petite enfance et maternelle : 3 activités d’éveil avec du matériel simple (inspirées par la pédagogie Montessori)

Petite enfance et maternelle : 3 activités d’éveil avec du matériel simple (inspirées par la pédagogie Montessori)

3 activités simples inspirées par la pédagogie Montessori pour les enfants de 2 à 6 ans : motricité fine, concentration, discrimination visuelle, sens de l’observation…

 

1. La bouteille à élastiques (motricité fine)

activité montessori maternelleCette activité permet de développer l’agilité et la musculature des doigts.

Il suffit de se procurer une bouteille en verre, des élastiques à cheveux et une petite boîte.

Le principe est de faire glisser les élastiques sur le goulot de la bouteille sans les faire sauter, puis de les enlever.

Quand l’enfant en a terminé avec son activité, il peut ranger les élastiques dans la boîte.

 

 

 

 

 

 

2. Le tube de perles (discrimination visuelle)

Pour cette activité, il faut des tubes transparents (tubes d’analyse, tubes de dragées…), des perles (ou des billes), du ruban adhésif de couleur (type masking tape).

activités simples montessori

Cette activité qui développe la discrimination visuelle et le sens de l’observation nécessite un peu de préparation :

  • remplir un premier tube avec des perles ou des billes,
  • coller un ruban adhésif sur le tube,
  • préparer 4 autres tubes : 1 qui sera identique au modèle préparé auparavant et 3 autres différents,
  • identifier les 4 nouveaux tubes par un ruban adhésif différent du premier tube modèle.

On pourra présenter le tube modèle à l’enfant et l’aider à nommer l’algorithme composé par les perles/ billes. Il devra ensuite rechercher le tube présentant le même algorithme parmi les 4 autres tubes.

Selon l’âge et les réussites de l’enfant, on pourra augmenter le nombre de tubes.

 

3. Le jeu des chaussettes (tri, concentration)

Cette activité de tri développe la concentration.

Seuls 3 paniers (ou boîtes), une dizaine de paires de chaussettes et des pinces à linge sont nécessaires à ce petit jeu.

Les chaussettes dépareillées seront placées dans le premier panier et les pinces à linge dans le deuxième panier.

L’enfant aura la tâche de retrouver les paires de chaussettes qui vont ensemble. Une fois les 2 chaussettes trouvées, il les accrochera avec une pince à linge et les déposera dans le troisième panier.

activités simples à faire soi même montessori

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Ces 3 activités sont extraites du livre Montessori à la maison – 80 jeux pédagogiques à réaliser soi-même. Delphine Gilles Cotte, éducatrice Montessori, a écrit ce livre pour les parents, les assistantes maternelles, les enseignants et même les personnes âgées qui ont besoin d’activités stimulant leurs fonctions exécutives. Elle a tenu à proposer des activités respectant les principes de la pédagogie Montessori pour les enfants de moins de 6 ans en adaptant le matériel pour le rendre accessible, facile à fabriquer et à utiliser au quotidien. Delphine Gilles Cotte consacre plusieurs pages à introduire et expliquer les grands principes de la pédagogie Montessori (le rôle de l’adulte, la liberté et la discipline, l’importance de l’ordre…).

Montessori à la maison (éditions Eyrolles) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur Internet.

Commander Montessori à la maison – 80 jeux pédagogiques à réaliser soi-même sur Amazon.

préparation geste écriture dumont

La préparation du geste d’écriture par Danièle Dumont (son importance et des exercices ludiques)

La préparation du geste d’écriture par Danièle Dumont (son importance et des exercices ludiques)

Afin de travailler efficacement le geste d’écriture (et éviter de devoir passer par des exercices de remédiation en CP ou plus tard), Danièle Dumont, docteur en sciences du langage et auteure de Enseigner à l’école primaire – Le geste d’écriture, insiste sur l’importance d’une préparation au geste d’écriture à travers des activités sur le mouvement, l’espace et la forme. Les mauvaises tenues du crayon peuvent se prendre tôt et résister ensuite à la remédiation, ce qui pose problème quand “je n’aime pas écrire” devient “je n’aime pas apprendre”.

Danièle Dumont propose en maternelle de :

  • multiplier les jeux de doigts

Dans son livre, elle propose par exemple plusieurs comptines pour apprendre le nom des doigts. Elle propose également de travailler la motricité de l’index par la peinture à doigt.

  • travailler sur la mobilité, l’agilité de la main et des doigts

  • multiplier les activités motrices

Pour Danièle Dumont, les exercices de motricités sont primordiaux dès la petite section car l’activité motrice et les manipulations précèdent les apprentissages plus symboliques.

Ainsi, elle préconise des activités d’alignement, de rangement, de classement (avec des cubes en bois par exemple). Elle insiste également sur les activités de latéralisation.

  • préparer au lignage des cahiers

Quelques exemples d’activités ludiques de préparation à l’horizontalité de la ligne et la régularité des espaces à proposer aux enfants de 3/5 ans :

  • la disposition de cubes en ligne et régulièrement espacés pour faire slalomer une moto ou un bonhomme sur des rollers,
  • l’alignement des éléphants (en jouets ou en images) qui vont au lac à la queue leu leu,
  • l’alignement de voitures arrêtées au feu rouge (elles se suivent mais ne se touchent pas, elles ne doivent pas être trop espacées « sinon le conducteur suivant va klaxonner », elles doivent être bien alignées « sinon elles gênent les voitures qui viennent en sens inverse »…).

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Pour aller plus loin : Enseigner à l’école primaire – Le geste d’écriture éd. 2016 de Danièle Dumont (édition Hatier) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander Enseigner à l’école primaire – Le geste d’écriture sur Amazon.

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Le jeu sert les fonctions de l’éducation !

Pourquoi les enfants jouent-ils ?

L’éducation la plus efficace est celle au cours de laquelle l’enfant peut jouer au milieu de belles choses. – Platon

Peter Gray, professeur de psychologie au Boston College, estime que les enfants sont conduits à jouer par leur instinct. La nature humaine veut que les enfants jouent.

Dans ce cas, la question devient : Pourquoi la nature humaine veut-elle que les enfants jouent ?

Au cours de notre évolution en tant qu’espèce, la sélection naturelle a sélectionné ce type d’activités pour créer des connexions neuronales nécessaires aux apprentissages.

Le jeu, et particulièrement le jeu social entre enfants de tous âges, est le moyen que la nature a trouvé pour s’assurer que les enfants vont pratiquer et apprendre les compétences, les valeurs et les connaissances qu’ils ont besoin d’acquérir pour devenir des adultes.

Pour Peter Gray, le jeu libre est au cœur du développement des enfants.

Le jeu sert les fonctions de l’éducation. – Peter Gray

 

Peter Gray et André Stern se rejoignent sur ce point : il n’existe pas de dispositif plus adapté pour l’apprentissage que le jeu.

Il n’y a rien de mieux pour apprendre que le jeu. – André Stern

 

C’est à travers le jeu que les enfants apprennent qu’ils sont capables de contrôler leur vie, qu’ils expérimentent ce contrôle. Par sa nature même, le jeu développe

  • la coopération,
  • les relations complémentaires,
  • la prise de décision,
  • l’autonomie personnelle,
  • l’intelligence émotionnelle.

Les jeux moteurs (toboggan, vélo, ballon) sont les meilleurs supports des interactions entre enfants vers 3/4 ans. Un peu plus tard, il y a confrontations de points de vue, échanges de connaissances dans les jeux d’imitation. Les jeux symboliques collectifs sont des temps forts de la sociabilisation et de la construction des premières amitiésLes jeux de manipulation (puzzles, encastrement) incitent quant à eux plutôt au jeux individuels et au développement des fonctions exécutives.

Par ailleurs, Lawrence Cohen écrit : “Le jeu est le moyen dont disposent les enfants pour s’exprimer, eux et leurs émotions

citation jeu enfant

 

D’un point de vue biologique, le jeu est le moyen par lequel la nature s’assure que les jeunes mammifères, dont les petits d’homme, acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour devenir des adultes. – Dr Peter Gray

Si on enlève le jeu libre et auto dirigé aux enfants, on les prive de la possibilité de :

  • apprendre ce dont ils ont besoin pour vivre (lire, écrire, compter aussi bien que les rôles sociaux, les gestes du quotidien…)
  • utiliser les outils de la culture dans laquelle ils baignent
  • comprendre que le monde n’est pas si effrayant que ça
  • éprouver de la joie et de la fierté
  • faire « comme si » et de s’échapper de la réalité par l’imaginaire
  • se frotter aux autres
  • confronter des points de vue
  • pratiquer l’empathie
  • surmonter leur narcissisme
  • créer et innover
  • libérer les émotions et guérir les blessures émotionnelles

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Peter Gray est l’auteur du livre Libre pour apprendre (Coédition Actes Sud).

Commander Libre pour apprendre sur Amazon.

Source (vidéo en anglais non sous titrée) :

comment-developper-le-langage-des-enfants-de-deux-ans

Comment et pourquoi développer et soutenir le langage des enfants de 2/3 ans ?

Comment et pourquoi développer et soutenir le langage des enfants de 2/3 ans ?

Vers l’âge de 2/3 ans, les enfants entrent dans une phase caractérisée par la “soif de parler“. C’est à peu près à cet âge qu’ils se rendent compte que tout objet, tout animal, toute personne, toute fonction portent des noms et qu’ils peuvent les apprendre. Connaître le nom des choses qui les entourent est un moment de découverte puissant pour les enfants de cet âge-là.

Les mots permettent aux humains d’intérioriser leur univers. C’est par les mots que nous pouvons manipuler mentalement les objets sans avoir à les toucher ni même à les voir. Les mots permettent une prise sur le monde que les autres espèces vivantes ne possèdent pas.

Le Dr Dodson relate une expérience dans son livre “Tout se joue avant 6 ans”* : un couple de psychologues a adopté un singe et l’ont élevé en même temps que leur fille. Jusqu’à ses deux ans, la petite fille s’est révélée moins habile et moins “intelligente” que le singe (notamment pour attraper des objets).

Mais, à partir de deux ans, elle dépassa le jeune singe par son adresse et sa maîtrise. Les deux psychologues en ont déduit que c’est précisément l’acquisition du langage qui a permis à leur fille d’intérioriser et de conceptualiser le monde tandis que le singe en était incapable.

Entre 2 et 3 ans, un enfant va alors expérimenter les prémices du raisonnement logique et de la prévision d’un futur proche. Son imagination va suivre les progrès de sa vie mentale : ses jeux et ses interactions vont s’en trouver modifier. “Et ça,qu’est-ce que c’est ?” sera la question type.

Le Dr Dodson conseille aux parents (dans la mesure du possible !) de répondre à toutes les questions de l’enfant dans cette phase-là. C’est par ce biais que les parents aideront leur enfant à développer son langage, son vocabulaire, sa puissance de raisonnement et son intelligence en général.

vocabulaire enfants

 

 

Les paroles : des moyens puissants pour être compris

Plus proche de nous (le livre du Dr Dodson date des années 70), Alain Bentolila, linguiste, estime que :

La langue est faite pour parler à des gens qui ne me ressemblent pas, qui ne pensent pas comme moi, qui ne croient pas au même dieu et qui n’ont pas les mêmes convictions.

La langue sert à franchir une distance significative afin de transmettre des informations à des personnes qui ignorent qui je suis et ce que je pense.

Il estime que la richesse de la langue et du vocabulaire sont des moyens puissants pour être compris au mieux par des interlocuteurs avec qui on a peu de choses en commun. Il insiste alors sur l’importance que revêt l’apprentissage du vocabulaire pour les enfants :

Les enfants doivent être formés à ajuster leur discours ou leur texte selon le degré de connivence qui caractérise leur rapport à l’autre. Et pour pouvoir s’ajuster, il faut avoir recours à un plein “sac” de moyens linguistiques.

Quand parler est un défi, il faut puiser dans les mots rares, justes, adaptés.

Quand on dit des évidences ou des banalités, on se contente de mots plus flous.

Une tâche incombe alors aux parents et aux enseignants : apprendre à l’enfant à ne pas se contenter de gestes ou d’un charabia compréhensible seulement par les proches. Selon le linguiste, “Je t’aime et je n’ai pas compris ce que tu veux me dire” est un service à rendre aux enfants. L’enfant est alors invité à reformuler avec ses mots, des mots au plus proche de ses intentions et les parents peuvent être force de proposition pour l’aider à préciser sa pensée.

 

La deuxième naissance : la mise au monde linguistique !

Alain Bentolila parle de deuxième naissance : la mise au monde linguistique.

Chaque fois qu’à la maison ou à l’école on renonce à l’explication pour l’imprécision, chaque fois que l’on privilégie la connivence contre la distance, chaque fois que l’on préfère le préjugé à la découverte, on affaiblit le pouvoir d’ouverture, d’explication paisible et de critique lucide de la langue.

Cela passe également par le fait de surveiller son propre langage et c’est loin d’être toujours évident ! Les enfants ont tendance à copier nos mauvaises habitudes (la faute aux neurones miroirs 🙂 ).

Dans l’idéal, évitons de désigner les objets par des « ça », des « trucs » ou des « machins ». Appelons les objets et les gens par leurs noms. Cela est également valable pour les « ouai », les « nan » et les « s’cuse » (je parle par expérience… quand ma fille revient de chez son père, je vois une vraie différence dans sa manière de parler : l’imprégnation a un effet immédiat !).

le verbe c'est l'autre citation bentolila

 

 

Un lien entre mauvaise maîtrise de la langue et violence ?

La thèse d’Alain Bentolila est que le fait de ne pas pouvoir mettre en mots sa pensée pour l’autre conduit à des passages à l’acte violents. Il explique la violence des jeunes de quartiers sensibles par leur incapacité à transformer pacifiquement le monde et les autres par la force des mots. Il emploie le terme de “langue illettrée” : moins une personne a de mots à sa disposition, plus elle risque de parler par l’action et la violence.

La vraie violence se nourrit de l’impossibilité à convaincre, de l’impossibilité d’expliquer. La vraie violence est muette.

Bien que cette thèse soit réfutée par de nombreux scientifiques, qui estiment que la seule pauvreté du vocabulaire n’explique pas toutes les violences dans les milieux sensibles, il semblerait que la richesse du vocabulaire soit un atout à cultiver chez nos enfants !

 

A lire pour aller plus loin :

10 petits jeux pour enrichir le vocabulaire des enfants (4/5 ans)

Des pistes pour favoriser le développement de la pensée des enfants 

Pourquoi il est essentiel de lire des livres aux tout-petits

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Sources :

Entretien avec Alain Bentolila – L’école des parents Janvier/Février 2011

“Tout se joue avant 6 ans” – Dr Fitzhugh Dodson (* Je ne recommande pas l’achat de ce livre qui se révèle clairement dépassé, sexiste et homophobe. En revanche, je retiens quelques passages intéressants dont celui auquel je fais référence ici. Si jamais vous le trouvez d’occasion – c’est mon cas, je l’ai payé 0,99€ -, cela vaudra peut-être le coup de satisfaire votre curiosité mais ce n’est pas un achat indispensable.)

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Le jeu de la boîte à chaussures pour développer l’attention et apprendre à poser des questions ouvertes

Le jeu de la boîte à chaussures pour développer l’attention et apprendre à poser des questions ouvertes

Le jeu de la boîte à chaussures est un jeu auquel on pourra jouer avec des enfants de 4 à 7 ans (idéal en classe de moyenne et grande sections lors de rituels matinaux par exemple).

Matériel :

  • une boîte à chaussures bien fermée avec un élastique
  • des éléments de la vie courante (ampoule, crayon, rouleau de Scotch, petite bouteille, vis, boutons, téléphone…)

le jeu de la boîte à chaussures et questions ouvertes

Déroulement :

1. Vous cachez un objet dans la boîte à chaussures. Vous pouvez commencer par cacher des objets facilement reconnaissables (comme une balle car elle roule et le bruit est identifiable pour les enfants).

le jeu de la boîte à chaussures et questions ouvertes

2. Vous annoncez aux enfants que vous avez caché un objet dedans et qu’ils devront le deviner en vous posant des questions. Si les enfants sont jeunes (moins de 5 ans) ou si c’est la première fois que vous jouez, vous pouvez préciser d’où est tiré cet objet (du salon, de la salle de bain, de leurs jouets, de la salle de classe…).

3. Faites passer la boîte à chaussures parmi tous les enfants qui joueront au jeu de la boîte à chaussures. Mettez-les bien en garde : personne ne regarde à l’intérieur de la boîte mais ils peuvent secouer la boîte pour entendre le bruit que fait l’objet et avoir une idée de son poids.

4. Vous avez deux possibilités ensuite :

    • soit vous laissez les enfants vous poser des questions spontanément (cela fonctionne bien au delà de 5 ans ),
    • soit vous donnez des exemples de questions pour qu’ils les reprennent (par exemple , à quoi ça sert ? en quelle matière est-ce ?).

Normalement, les enfants devraient commencer par poser des questions fermées (dont la réponse est oui ou non) et proposer des noms d’objets directement :

      • est-ce que c’est fragile ?
      • est-ce que ça sert à écrire ?
      • est-ce que c’est un taille-crayon/ un bonbon/ une balle… ?

5. Amenez doucement les enfants à vous poser plutôt des questions ouvertes en leur précisant que vous ne répondrez pas aux questions qui demandent pour réponse oui ou non.
Expliquez-leur que les questions ouvertes leur permettront de collecter plus de réponses. Donnez-leur des exemples :

      • de quelle couleur est cet objet ? au lieu de Est-ce vert/ rouge/ jaune… ?
      • qui s’en sert ? ou quand s’en sert-on ? au lieu de Est-ce qu’on s’en sert dans la classe/ à table… ?
      • à quoi ça sert ? au lieu de Est-ce que ça sert à jouer/ manger/ travailler… ?

Compétences travaillées

Ce jeu va permettre de :

  • Travailler la découverte du monde

Les enfants devront faire des déductions à partir du poids des objets, de leur bruit à l’intérieur de la boîte. Ils sont obligés de réfléchir aux matières qu’ils connaissent, aux fonctions des objets qui les entourent, de se rappeler les couleurs qu’ils connaissent.

  • Développer l’attention et la mémorisation

Les enfants devront faire attention aux questions des autres enfants et mémoriser les réponses déjà données.

  • Apprendre à formuler des questions ouvertes

L’objectif est que les enfants comprennent :

    • l’intérêt des questions ouvertes. Audrey Akoun et Isabelle Pailleau dans Apprendre autrement avec la pédagogie positive affirment qu’une question ouverte va permettre au cerveau d’ouvrir une réflexion qui fournit suffisamment d’informations pour accéder à une réponse.
    • les mots à utiliser pour commencer leurs questions (Comment ? Qui ? Quoi ? Combien ? Où ? Quand ? Pourquoi ? Quel(le) ? En quoi ?… ).
mind map des questions ouvertes
Mind map des questions ouvertes. Extrait du livre Apprendre autrement avec la pédagogie positive d’Audrey Akoun et Isabelle Pailleau

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5 jeux pour l’éducation sensorielle des jeunes enfants

5 jeux pour l’éducation sensorielle des jeunes enfants

Les jeux de Kim, inspirés par l’histoire de Rudyard Kipling, permettent de développer les fonctions exécutives : l’acuité des sens, la capacité d’observation, l’attention et la mémoire.

Or toutes ces compétences sont des piliers des apprentissages et permettent aux enfants d’atteindre les objectifs qu’ils se donnent dans la vie.

Voici 5 variations inspirées par les jeux de Kim qui participent à l’éducation sensorielle des jeunes enfants (à partir de 3/4 ans) :

 

1. Kim du toucher : identifier un objet les yeux fermés

Matériel : des objets usuels choisis au hasard (couverts, pommes de pin, coquilles d’escargot, gommes, crayons, stylos, livres, animaux en plastique…), un grand morceau de tissu

Jeu : Les objets sont cachés sous le tissu. En palpant à travers le tissu, les enfants doivent identifier les objets qu’ils touchent.

Variante : les yeux bandés ou les mains dans le dos, les enfants identifient les objets qu’on placera directement dans leurs mains les uns après les autres. Il est possible de jouer sur la température, la taille, la texture (exemples : sable humide, semoule, glaçon, pièce de monnaie passée au frigo ou tenues au chaud dans nos mains, bogue de chataigne…)

2. Kim de l’ouïe : identifier des sons

Matériel : des objets usuels choisis au hasard, un paravent ou un rideau occultant

Jeu : Derrière le paravent ou le rideau, les enfants devront identifier les bruits et les sons produits par les objets (exemples : verser de l’eau, froisser une feuille de papier craft, casser une noix, planter un clou, croquer une carotte, ouvrir et fermer une boite, la sonnerie du minuteur…)

jeux de kim
Illustration : Animer un anniversaire d’enfant

3. Kim du goût : identifier ce que l’on mange

Matériel : ramequins, aliments (confiture de différents goûts, miels de différentes origines, jus de différents fruits…), une petite cuillère par joueur, un foulard par joueur

Jeu : Chaque enfant, les yeux bandés, goûte un peu de chaque aliment contenu dans les ramequins et tente de les identifier.

Variantes :

– on peut demander aux enfants de se pincer le nez

– on peut jouer sur la température des aliments (un même aliment est proposé chaud, glacé, tiède)

 

4. Kim de l’odorat : identifier des odeurs différentes

Matériel : des pots (type petits pots de bébé, yaourts en verre ou en grès…) avec des couvercles troués, des choses à sentir (café en poudre, épice, herbe fraichement coupée, citron, encens, colle…)

Jeu : Les enfants sentiront les odeurs à travers les trous et doivent identifier les différentes odeurs venant des objets déposés dans les pots fermés.

5. Kim du fond du tiroir : mémoriser le maximum d’objets

Matériel : 10 à 15 objets usuels choisis au hasard (clés, bougies, bouchons, timbre, stylo, billes…), un tiroir (ou un tissu, une boite en carton)

Jeu : Disposez quelques objets (en fonction de l’âge des enfants et de leur capacité à mémoriser) dans le fond du tiroir sans les superposer, de manière à ce que les enfants puissent tous les voir nettement. A défaut, les disposer sur une table.

Ouvrez le tiroir devant les enfants pendant 1 minute en leur demandant de bien mémoriser tous les objets avant que vous ne le refermiez. Après l’avoir fermé, demandez-leur de réciter le maximum d’objets. A défaut, recouvrir les objets avec un tissu ou une boite en carton.

jeux de kim
Illustration : Animer un anniversaire d’enfant

Jeux inspirés du livre Animer un anniversaire d’enfants de Pierre Lecarme

 

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Mon enfant ne veut pas aller à l’école : comment faire ?

Mon enfant ne veut pas aller à l’école : comment faire ?

Les médias traitent de plus en plus de phobie scolaire, les nouveaux rythmes sont accusés de fatiguer les enfants, les critiques principales faites à l’école concernent la pratique enseignante jugée trop magistrale, les devoirs sont souvent sources de crispation dans les familles. Combien d’enfants pleurent à l’idée d’aller à l’école tous les matins ? Combien se rendent malades avant les contrôles ? Combien se plaignent de ne pas pouvoir aller aux toilettes quand ils le veulent ou d’être privés de récréation pour telle ou telle raison ?

Comment alors gérer le rejet de l’école et aider nos enfants à mieux vivre leur scolarité ?

Je vous livre plusieurs idées tirées de :

  • mon expérience d’enseignement et de maman d’une petite fille qui n’aime pas l’école,
  • discussions menées avec d’autres mamans d’enfants n’aimant pas l’école,
  • mes différentes lectures sur le thème de l’éducation.

J’espère que vous y trouverez quelques pistes concrètes pour vous aider au quotidien, bien qu je ne prétende pas faire le tour exhaustif de la question.

 

1. Identifier ce qui bloque à l’école

Vous pouvez essayer de comprendre ce qui bloque votre enfant : est-ce les notes ? les punitions ? les autres enfants ? A-t-elle/il le droit d’aller aux toilettes ou boire quand il/elle a besoin ? Est-ce de la fatigue ? un manque de confiance en lui ? Est-il/elle victime de racket ou de harcèlement ?

Vous pouvez poser des questions de curiosité et reformuler les propos de l’enfant jusqu’à ce qu’il mette en mots les situations précises sources de stress et de souffrance.

  • Que s’est-il passé ?
  • A ton avis, qu’est-ce qui provoque cette situation ?
  • Quelle pourrait être la solution ?

Passer par le jeu peut également être un moyen d’aider les enfants à faire ressortir ce qui les tracasse (surtout avec les plus jeunes qui n’ont pas toujours les mots pour exprimer ce qu’ils pensent ou ressentent). Vous pouvez par exemple proposer à l’enfant de jouer avec des personnages (poupées, Lego, Playmobil…) et mimer un enfant qui ne veut pas aller à l’école. L’enfant pourra jouer le rôle du parent ou de l’enseignant(e). Selon la tournure que prend le jeu, vous réussirez probablement à mettre le doigt sur les points de blocage et de souffrance.

Selon ce qui ressort, vous pouvez prendre rendez-vous avec l’enseignant et établir avec lui les solutions adéquates. Le plus important est de ne pas négliger, nier ou ignorer les émotions de l’enfant.

Vous pouvez consulter les textes de loi au préalable (la privation de récréation est par exemple interdite, de même que les devoirs écrits au primaire).

 

Voici quelques points qui reviennent fréquemment dans les raisons qui entrainent de la souffrance à l’idée d’aller à l’école ;

Angoisse de séparation et trop plein d’émotions ?

Pour les enfants, et notamment les plus jeunes en maternelle, la séparation avec les parents peut être difficile. Pour rendre cette séparation plus facile, vous pouvez instaurer des petits rituels au moment de le quitter :

  • “déposer” un bisou dans chaque poche pour qu’il puisse les ressortir quand il en a besoin,
  • laisser un objet/bout de tissu avec notre odeur dans la trousse/ le sac de l’enfant,
  • trouver un objet rassurant (un caillou que vous ramasserez lors d’une balade par exemple) que l’enfant pourra mettre dans sa poche et toucher, manipuler quand il aura besoin de penser à vous et aux bons moments passés ensemble (vous trouverez un article traitant du caillou magique à ce lien),
  • dessiner un cœur, un smiley ou un autre symbole de l’amour que vous portez à votre enfant au creux de sa main ou sur une partie de son corps qu’il pourra regarder discrètement quand il en ressentira le besoin (vous trouverez des exemples à ce lien).

souffrance à l'école

Si votre enfant est particulièrement angoissé, vous pouvez aussi lui proposer des exercices de relaxation, de pleine conscience et/ou de sophrologie (voir cet article : 4 mouvements de respiration et de bien-être pour les enfants et leurs parents)

 

Manque de confiance en soi ?

Si votre enfant manque de confiance en lui, peut-être pouvez-vous lui dire des phrases d‘encouragement, voire les afficher dans sa chambre ?

Je vous en propose plusieurs dans cet article : La meilleure façon d’encourager et de valoriser !

Les enfants ont besoin de connaître des situations de réussite pour asseoir la confiance dans leurs capacités. Si votre enfant paraît complètement démotivé(e), vous pouvez lui proposer des activités dans-lesquelles il/elle pourra exprimer ses talents :

  • jouer à des jeux de société,
  • pratiquer une activité sportive,
  • participer à des jeux de coopération dans lequel il sentira qu’on a besoin de lui pour réussir,
  • faire preuve de créativité, créer à travers des activités artistiques ou créatives,
  • s’occuper d’un animal de compagnie,
  • jouer à des jeux vidéos,
  • aider un plus jeune dans ses devoirs…

Et dans tous les cas, encouragez-le, valorisez ses réussites, ses efforts, son travail.

 

Le cauchemar des devoirs ?

Il est nécessaire d’aménager une période de détente avant de s’attaquer aux devoirs. Cette période de détente peut se faire en famille (ou du moins avec un parent disponible et pourquoi pas les frères et soeurs) : chacun pourra en profiter pour raconter ses petits malheurs et petits bonheurs du quotidien. Pendant ce moment de tranquillité et de partage, l’enfant évacuera ses tensions, se sentira écouté et important. Il sera alors plus à même de reprendre le travail. Ce temps de détente pourra inclure un temps de jeu libre et de défoulement.

Une étude a montré que bouger aide à apprendre. Les enfants qui font au moins une heure d’activité physique après l’école améliorent leurs capacités d’attention et d’apprentissage, selon une étude américaine parue dans Pediatrics. Les enfants qui ont bougé après l’école ont amélioré plusieurs de leurs capacités :

  • concentration,
  • abstraction des distractions,
  • passer d’une tâche cognitive à une autre.

Si les devoirs sont sources de tension, le livre Apprendre autrement avec la pédagogie positive pourra aussi vous donner des outils concrets pour aider votre enfant à mieux apprendre.apprendre autrement avec la pédagogie positive

 

Pour aller plus loin sur le sujet des devoirs, je vous propose de lire ces articles :

 

Une question de vocabulaire : positivons !

Et si vous remplaciez certaines expressions à connotations négatives par des expressions à connotations positives ? Positivons, les enfants suivront :-).

Travaille bien” devient “Apprends bien” : on va à l’école pour apprendre avant de travailler, on peut très bien apprendre en s’amusant, en jouant !

Bon courage” devient “Bonne journée, amuse-toi bien !

Les “problèmes” de mathématiques deviennent des “jeux” ou des “énigmes

 

2. “Moi aussi…” : souvenirs personnels, partage d’expériences et anecdotes parentales

Un matin sur le chemin de l’école alors que ma fille ne voulait pas y aller, je lui ai raconté des souvenirs personnels et j’ai partagé avec elle ce que moi, j’aimais à l’école à son âge.

Je lui ai dit que :

  • j’aimais consoler les enfants qui étaient tristes à l’école quand j’avais son âge (ma mère me raconte souvent cette histoire-là 🙂 ),
  • j’y ai connu ma meilleure amie (qu’on voit souvent et qu’elle apprécie beaucoup),
  • j’y ai rencontré son papa (et oui, au primaire !),
  • j’ai aimé apprendre à lire car je pouvais lire tous les livres qui m’intéressaient toute seule,
  • j’aimais quand on faisait de la danse avec la maîtresse.

J’ai donc attaché des souvenirs positifs à l’école, qui plus est qui ont encore un impact positif dans ma vie actuelle des années après.

rejet de l'école partage experience personnelle

Ma fille a eu l’air étonné et en même temps a été très réceptive à mes anecdotes : elle m’a posé des questions à propos de ma scolarité et a complètement oublié qu’elle n’avait pas envie d’aller à l’école !

Cela peut aussi être intéressant dans le cas où votre enfant rejette l’école de mener une réflexion sur les matières que vous n’aimiez pas vous-même à l’époque et sur la manière dont vous avez réussi à surmonter ces moments désagréables. Il suffira peut-être pour le réconforter de :

  • partager avec votre enfant des souvenirs et des expériences personnelles,
  • lui expliquer qu’il vous est déjà arrivé de ressentir la même chose que lui,
  • lui montrer comment vous avez fait face quand vous étiez dans son cas.

 

3. Des livres pour surmonter le rejet de l’école

Pour les plus jeunes, vous pouvez lire des livres qui serviront de médiateurs comme  “L’école de Léon“, “Je veux pas aller à l’école“, “Calinours va à l’école“, “L’école ça sert à quoi ?“, “Pop à l’école“, “P’tit Loup rentre à l’école” ou encore “Je veux pas y aller“, “Bienvenue dans mon école“, “Ma maîtresse est un monstre” pour les plus grands.

Bienvenue dans mon école” est un tour du monde sur le thème de l’école : 22 écoles du monde entier y sont présentées par des enfants de tous les horizons. L’occasion de découvrir que l’école est différente d’un pays à l’autre et d’ouvrir un débat avec vos enfants sur ce que devrait être l’école, sur les avantages et les inconvénients de l’école en France.

bienvenue dans mon école bangladesh
L’école au Bangladesh
 bienvenue dans mon école liban
L’école au Liban

 

 

 

 

 

 

 

 

Le livre “Ma maîtresse est un monstre” permet également de désamorcer des relations tendues entre l’enfant et son enseignant. Un jeune garçon, Robert, qui considère sa maîtresse Mme Quincampoix comme un grand monstre vert va apprendre à la connaître en dehors de l’école. Dans le parc, Robert sauve le chapeau préféré de Mme Quincampoix. Elle considère alors le garçon comme son héros. Robert décide de lui montrer son endroit préféré dans le parc et Mme Quincampoix a une idée : ils vont lancer des avions en papier ! Ce livre touchant pourra être l’occasion d’expliquer à votre enfant que derrière chaque enseignant se trouve une personne humaine avec ses qualités et ses défauts et qu’il suffit parfois d’un mot ou d’un geste amical pour transformer un monstre apparent en personne attentive. Quoiqu’il en soit, ce livre pourra servir de support pour inciter la parole de l’enfant et lui permettre d’exprimer ses émotions négatives.

ma maîtresse est un monstre

livre-ecole“20 bonnes raisons d’aller à l’école” prend le parti de l’humour. Le livre commence avec cette phrase : Si je n’allais pas à l’école, je ne saurais ni lire ni écrire… puis enchaîne sur des conséquences en chaîne toutes plus loufoques les unes que les autres. Si je ne savais pas lire, je confondrais les étiquettes des bouteilles de shampoing et de soda, alors je ferais des bulles en parlant, alors je m’envolerais au-dessus de la maison, alors le vent m’emporterait loin de chez moi… Et si ma bulle éclatait, je pourrais tomber sur des pirates… jusqu’à ce qu’une pluie de météorites s’abatte sur la Terre !

Mais ça, c’est pas possible.

Finalement, ne pas aller à l’école, c’est prendre pas mal de risques !

Conclusion : il vaut peut-être mieux que j’aille à l’école :-).

 

4. Que faire concernant le temps de présence en classe ?

Si mon enfant s’ennuie ?

Si votre enfant s’ennuie pendant la classe, vous pouvez peut-être lui proposer d’imaginer dans sa tête

  • des histoires ou des exemples de phrases pour illustrer la leçon,
  • des images mentales à partir de ce que l’enseignant raconte.

Il ou elle pourrait aussi essayer de visualiser des mind maps dans son esprit au fur et à mesure que l’enseignant déroule la leçon.

S’il ou elle a fini les exercices avant tous les autres, proposez-lui de créer une histoire à partir des phrases exemples de l’exercice ou des jeux à partir des chiffres.

Peut-être pouvez-vous inciter votre enfant à plus participer à l’oral, à poser des questions qui l’intéressent pour aller plus loin dans le cours avec l’enseignant, à recréer de l’intérêt pour lui (et pour ses camarades par la même occasion).

 

Si mon enfant ne tient pas en place ?

Certains enfants (et c’est le cas de ma fille) n’arrivent pas à tenir assis toute la journée. Sans forcément parler de trouble de l’attention ou d’hyperactivité, il est difficile pour les enfants de rester en place plusieurs heures d’affilée.

Plusieurs pistes sont envisageables :

  • Organiser un environnement de travail propice à la concentration sans « distracteurs »: le bureau ne doit pas être face à une fenêtre ou à une myriade de photos/posters, la porte de la chambre plutôt fermée lorsqu’il travaille.
  • Permettre à l’enfant d’apprendre ses leçons debout ou en marchant si cela l’aide (l’agitation stimule « l’éveil cérébral » et favorise la concentration).
  • Surveiller son hygiène de vie (activité physique suffisante, alimentation équilibrée, éviter les écrans le soir)

 

Quel partenariat avec l’enseignant ?

Dans cette situation, un rendez-vous pour discuter avec l’enseignant est une bonne idée. Vous pouvez commencer par lui exposer la situation, le laisser vous expliquer comment il gère sa classe puis lui proposer quelques suggestions pour que votre enfant s’ennuie moins ou puisse libérer son énergie. A vous de voir bien sûr si l’enseignant semble réceptif et comment vous pouvez tourner vos phrases pour ne pas vous “braquer” mutuellement : les suggestions sous forme de questions paraîtront moins brutales.

A cette occasion, demandez-lui si votre enfant peut proposer des exposés de temps en temps sur un thème de son choix (à étendre à toute la classe pour que chaque élève partage un sujet qui l’a intéressé).

Vous pouvez peut-être aussi voir avec l’enseignant s’il peut introduire des cahiers d’autonomie avec des activités plus ludiques pour les élèves qui ont fini leurs exercices plus tôt (ex : des sudokus, des mandalas, des anti coloriages, des mots mêlés, des charades…).

Peut-être que l’enseignant serait d’accord pour que votre enfant amène un livre de la maison à lire s’il a fini ses exercices avant les autres.

Pour les enfants qui ne tiennent pas en place, voir avec l’enseignant s’il serait d’accord pour charger l’enfant de certains services qui lui permettraient de se lever régulièrement en classe, pour permettre à l’enfant d’amener un fidget ou une balle à malaxer, pour aménager la chaise de l’enfant pour qu’il puisse se balancer sans gêner ses camarades (par exemple, des balles de tennis coupées sous les pieds pour amortir le bruit)…

>>>Plus d’idées ici.

 

5. Des apprentissages au service d’un projet

Les enfants apprennent mieux quand les apprentissages sont au service d’un projet :

  • Peut-être demander à votre enfant quel est son projet professionnel et en quoi ce qu’il ou elle fait en ce moment à l’école sert ce projet.
  • Si cela lui parait trop vague ou trop lointain, alors essayez de trouver un projet ensemble : ce peut être de raconter en détail ce qu’il ou elle fait à l’école pour
    • correspondre avec un enfant de son âge dans un autre pays,
    • écrire le livre de sa vie ( vous pouvez lui dire « comme Anne Franck » par exemple),
    • le raconter à un enfant plus jeune que lui ou elle (petit frère/ petite sœur/ petits cousins…).

Vous pouvez aussi proposer à votre enfant d’aider les élèves en difficulté de sa classe (avec l’accord de l’enseignant). Cela l’aiderait à être plus attentif/ve, à mieux comprendre avec le projet de réexpliquer à ses camarades, à se sentir utile.

Pour ne pas avoir l’impression de travailler dans le “vague”, vous pouvez également aider votre enfant à donner une direction à ses efforts sous forme de contrat :

  • déterminer des objectifs à atteindre (atteignables et réaliste selon la méthode du kaizen),
    • Ces objectifs ne doivent pas nécessairement concerner des notes minimum à atteindre. Cela peut être d’augmenter d’un point sa note à la prochaine dictée (valorisation des progrès), de réciter sa poésie avec une mise en scène de son choix devant toute la famille au prochain repas, de pouvoir vous réexpliquer sa leçon de maths en moins de deux minutes chrono (l’obligeant à comprendre et à synthétiser), d’inventer une histoire à partir d’une liste de mots à apprendre…
  • écrire ces objectifs sur un carnet-contrat,
  • faire évoluer les objectifs pour qu’ils restent motivants.

Le but est de faire comprendre à l’enfant que les apprentissages peuvent lui servir à n’importe quel moment de sa vie, qu’ils peuvent lui donner accès à des jeux, à de nouvelles responsabilités au quotidien (payer le pain en calculant la monnaie par exemple), à des discussions nouvelles avec ses parents ou d’autres personnes, qu’il pourra lui-même apprendre quelque chose à quelqu’un d’autre et en retirer de la fierté.

Le travail sur les rêves des enfants, sur la découverte de leur “Elément” (selon la formule de Ken Robinson), de leurs forces et de leurs talents, de leurs formes d’intelligence est un pilier pour leur réussite et leur bonheur.

apprendre avec les intelligences multiples

 

6. Consacrer du temps et de l’attention à l’enfant en souffrance à l’école

D’après le témoignage d’enseignants, les enfants qui supportent le moins bien l’école (surtout en maternelle) sont ceux qui passent le plus de temps en collectivité.

Les enfants ont besoin de bien s’attacher pour pouvoir se détacher. Un enfant dont le “réservoir émotionnel” est vide sera d’autant plus réticent à se séparer de vous. Pour expliquer l’attachement des enfants aux parents, Lawrence Cohen, psychologue américain, utilise l’image du réservoir d’amour à remplir chaque fois qu’il se vide. La figure primaire d’attachement de l’enfant est la station d’essence auprès de laquelle l’enfant a besoin de s’approvisionner. C’est auprès d’elle qu’il revient entre deux excursions dans le monde extérieur.

Le réservoir de l’enfant est vidé par la faim, la fatigue, l’isolement, la séparation, le stress, les disputes, des blessures, des écorchures… Et une personne dont le réservoir affectif est vide aura tendance à être plus sensible, à chercher de l’affection et de l’attention par des moyens plus ou moins efficaces, à être plus irritable, moins coopérative.

On peut utiliser cette image avec les enfants et leur demander à certains moments de la journée à quel niveau est leur réservoir. Cela pourrait devenir une sorte de rituel : « comment est le niveau de ton réservoir en ce moment/ ce soir ? ». On pourra également veiller à ce que le réservoir affectif de l’enfant soit rempli à bloc chaque matin avant le départ à l’école.

Plusieurs manières sont envisageables pour remplir le réservoir affectif d’un enfant :

  • des mots gentils (“je t’aime tel.le que tu es”, “je crois en toi”, “je resterai toujours près de toi à t’encourager et te soutenir quand c’est difficile”, “tu as les ressources en toi pour réussir”, “tu es unique”…)
  • des gestes tendres (massage, câlins, clins d’œil, surprises…)
  • des jeux ensemble (cela nous est arrivé plusieurs fois de jouer à des jeux avec ma fille sur le chemin de l’école)
  • des livres lus (là encore, il m’arrive de prendre un livre et de le lire sur le chemin)
  • des moments partagés sans stress ni “dépêche-toi” (le temps et l’attention étant les deux choses qu’on a le plus de mal à donner aux enfants…)
  • des plages de temps planifiées pour du temps d’attention exclusive (l’attention est un pur acte d’amour).

Un livre que nous avons beaucoup apprécié à la maison et qui aide à “remplir le réservoir” :

As-tu rempli un seau aujourd’hui ? : un guide du bonheur quotidien pour enfants

 

7. Penser à d’autres manières d’apprendre 

Peut-être pourriez-vous envisager une scolarisation dans une école privée type Montessori, Freinet, Steiner-Waldorf ou encore Sudbury (bien que ce choix pose des questions financières et géographiques) ?

Le livre Montessori, Freinet, Steiner… une école différente pour mon enfant pourra vous aider dans le choix de l’école si vous décidez de vous engager dans cette voie.

 

Et pourquoi ne pas penser à l’instruction en famille si votre organisation familiale le permet ? Je vous propose de regarder cette vidéo pour “démystifier” ce que certains appellent encore “l’école à la maison”.

N’oubliez pas que l’école n’est pas obligatoire, seule l’instruction l’est (et seulement à partir de 6 ans en France : l’école maternelle n’est en aucune manière une obligation !).

 

8. Stimuler la soif d’apprendre hors des murs de l’école

Vous pouvez aussi inciter votre enfant à apprendre par lui-même afin qu’il ne perdre pas le goût d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses, qu’il ne perde pas sa curiosité naturelle.

Encouragez-le à apprendre dans toutes les situations :

  • écrans (télés, internet, jeux vidéos, cinéma…),
  • vie associative,
  • voyages,
  • musique et chant,
  • cuisine, bricolage, jardinage,
  • lecture et culture (visite de musée, d’expo…) ,
  • développement personnel (yoga, méditation, écriture, théâtre).

Les connaissances qu’il pourra acquérir par ce biais pourront être réinvesties dans ses apprentissages scolaires afin de leur redonner de la saveur, de les illustrer, de les faire vivre dans le monde présent de l’enfant, de les appliquer utilement.

Apprendre, ce n’est pas simplement accumuler des savoirs du passé, c’est aussi une promesse pour demain.

9. Donner des outils à l’enfant pour mieux gérer son stress

Des techniques de pleine conscience peuvent être utilisées aussi bien à la maison qu’en classe quand l’enfant sent une bouffée d’angoisse monter en lui.

La méditation de pleine conscience permet de donner aux enfants stressés des outils pour réguler eux-mêmes leur stress et leur état émotionnel. La méditation soulage les symptômes de l’anxiété.

Les livres Calme et attentif comme une grenouille (de 5 à 12 ans) et Tout est là, juste là (pour les enfants plus grands et les ados) proposent des exercices simples et brefs pour aider les enfants à réguler leur état de stress.

Par ailleurs, les petits stress quotidiens renforcent les émotions négatives des enfants. Une organisation différente le matin pourra éviter une bouffée de stress à toute la famille avant de prendre le chemin de l’école. Cela passe peut-être aussi par le fait d’alléger l’emploi du temps des enfants : moins d’activités extra scolaires, plus de temps non structuré et plus de jeu libre…

 

10. Aider efficacement un enfant victime de harcèlement

J’aime beaucoup l’approche non conventionnelle d’Emmanuelle Piquet. Elle propose de donner des ressources pour agir à celui/celle qui souffre (la victime harcelée) plutôt que chercher à intervenir en tant qu’adulte pour sanctionner le harceleur.

Si cette approche vous intéresse, elle a publié un livre qui donne des pistes pour outiller les enfants vulnérables au niveau relationnel :

Te laisse pas faire ! : Aider son enfant face au harcèlement à l’école

 

 

………………………………………………………………………………………………………………………………..

Toutes ces propositions ne sont que quelques pistes pas toujours envisageables selon votre organisation je le conçois. J’espère que vous trouverez malgré tout des points d’appui pour avancer au quotidien avec vos enfants en souffrance à l’école.

Si votre enfant est en grande souffrance à l’école, qu’il rejette violemment l’école, qu’il se rend littéralement malade ou perd l’appétit, que vous le sentez déprimé, il souffre peut-être de phobie scolaire. Consulter un professionnel peut dans ce cas s’avérer nécessaire.

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A la découverte de la pédagogie Reggio : une approche globale de l’enfant pour cultiver la créativité et la pensée divergente

A la découverte de la pédagogie Reggio : une approche globale de l’enfant pour cultiver la créativité et la pensée divergente

J’avais envie de parler aujourd’hui d’une pédagogie qui est de plus en plus connue et qui gagne à être encore plus démocratisée. Il s’agit de la pédagogie Reggio.

Je ne me prétends pas spécialiste et je vous parlerai que de ce que j’en ai compris. J’ai proposé à ma fille des activités inspirées par cette pédagogie (et surtout ce que j’en ai compris et retenu). Je ne prétends donc ni à une présentation exhaustive, ni à une parfaite compréhension mais simplement à un partage d’activités qui m’ont été inspirées par ce que j’ai lu ou vu sur le sujet.

REGGIO

Les grands principes de la pédagogie Reggio

Cette pédagogie est à prendre comme une expérience plutôt qu’une pédagogie figée. La pédagogie Reggio tire son nom d’une ville italienne Reggio Emilia et le fondateur de ce modèle éducatif est Loris Malaguzzi.

Comme point de départ, Malaguzzi s’est posé une question difficile: quelle image ai-je de l’enfant ? Lui-même définit l’enfant comme plein de richesses et de ressources dès la naissance. Les enfants sont tous doués, créatifs, inventifs et possèdent tous un potentiel extraordinaire qui ne cessera jamais d’étonner les adultes. C’est donc une vision profondément optimiste qui guide la pédagogie Reggio.

La pédagogie Reggio s’appuie sur ces grands principes :

  • écoute et relations humaines

  • environnement

La richesse et la diversité de l’environnement passent par l’introduction de nombreux matériels, de diverses techniques et de la pensée simultanée des mains et du cerveau. L’environnement est un enseignant à part entière.

  • transgression

Douter des vérités les plus rigides qui freinent la possibilité de penser différemment et cultiver l’imagination sont deux idées maîtresses.

  • esthétisme

La pédagogie de Malaguzzi est aussi esthétique en raison de sa capacité de révélation, de sa capacité de montrer l’essentiel sous des angles nouveaux, en rapprochant des éléments apparemment éloignés.

  • 100 langages

Les racines de la connaissance sont multiples, le processus d’apprentissage n’est pas linéaire, la réalité présente de nombreux avantages, et les choses “dansent ensemble”. Tous les langages possèdent leur propre capacité expressive. Il n’y a pas de hiérarchie dans les langages (écriture, peinture, théâtre, photographie, parole, marionnette…)

  • complexité

Les connexions ne sont pas nécessairement données, l’individu doit les fabriquer ou les vivre et, ce faisant, apprendre. La création de connexions est le souci principal. Les images, les langages du son, de l’odeur, de la lumière et du toucher renforcent la perception de la connexion entre toutes choses.

  • espérance et foi en l’avenir

L’avenir est plein de possibilités. Quelque chose d’inattendu, de surprenant, de provocant, va découler des connexions que l’on crée.

  • processus 

Au lieu de considérer uniquement le résultat final d’une oeuvre, la pédagogie Reggio s’intéresse également aux processus créatifs. Les deux s’entrelacent et participent à l’invention créative.

activités reggio

 

Une pédagogie de la créativité

Invitations et provocations

En pédagogie Reggio, on peut laisser libre cours aux expérimentations des enfants, leur proposer des invitations (des provocations) ou les accompagner en fonction de leurs demandes.

Ce qui me plait particulièrement dans cette approche est la notion d’invitation ou de provocation : on invite l’enfant à créer en mettant à sa disposition des objets, du matériel pour provoquer des pensées, des questions, des discussions, des intérêts ou encore des idées. L’objectif des provocations est d’inviter les enfants à explorer le matériel et à s’exprimer. Les provocations peuvent être présentées de manière très simple (juste une photo ou un objet posés sur une table) ou plus élaborée (par exemple, une table sur laquelle sont posés des matériaux recyclés à côté d’un livre sur les robots et un schéma pour fabriquer un robot à partir de matériel recyclé par exemple). L’important est que les provocations soient présentées de manière attractive, en insistant sur la beauté de la chose.

Elles doivent demeurer ouvertes et sujettes à exploration, à une utilisation libre : si l’enfant ne suit pas l’objectif qu’on avait prévu en mettant en place la provocation, ce n’est pas grave. Il aura quand même fait un apprentissage, une création, une découverte… pas celle qu’on avait prévu mais celle qui l’intéressait lui :-).

 

Les 100 langages

J’aime aussi l’idée des 100 langages et de comprendre les choses dans leur complexité, sans “saucissonage”.

C’est pour cette raison qu’on propose de mélanger les approches, les matériaux, les textures.

Par exemple, j’avais proposé une séance d’argile à ma fille. Je lui avais mis à disposition une boule d’argile en lui disant qu’elle pouvait m’en redemander si besoin. J’avais également mis à sa disposition plusieurs bols avec divers éléments : un bol avec des pièces de 1 centime, un bol avec des pics en bois, un bol avec des grains de maïs et des clous de girofle, un bol avec des bouts de branche de sapin… Elle était libre de choisir ce qu’elle voulait parmi ces propositions.argile reggio

Après plusieurs constructions qu’elle a faites et défaites (j’ai à peine eu le temps de les prendre en photo), elle m’a demandé à quoi servait l’argile à l’origine. Je lui ai donc expliqué que cela pouvait servir à fabriquer de la vaisselle, comme des verres, des vases ou des assiettes. Elle a alors voulu faire des verres et des vases. Elle a ensuite choisi de les faire sécher pour pouvoir les peindre le lendemain… elle en a même offerte un à sa copine pour son anniversaire ! Un vrai cadeau original et fait maison :-).

argile reggio

Un coin Reggio en classe ou à la maison

A la maison, j’ai installé une petite table qui servira aux activités inspirées par Reggio.

pédagogie reggio

J’y ai installé un miroir, une table lumineuse faite maison (avec une boite en plastique et une guirlande en LED à l’intérieur) et des bocaux contenants des “loose parts” (marrons, châtaignes, glands, galets, pierres polies, perles transparentes, billes d’eau, grains de maïs, plumes…).

Les “loose parts” sont des pièces détachées ou des pièces libres qu’on laisse à la disposition des enfants. Elles peuvent prendre de nombreux aspects (naturels – pierres, graviers, sable, bout de bois, corde, coquillage…- mais aussi objets recyclés, bâtons de glace, rouleaux de papier toilette, couvercles…). L’objectif des loose parts est d’engager la créativité naturelle et l’inventivité des enfants.

Tous les enfants sont créatifs et curieux, c’est la raison pour laquelle l’environnement doit leur laisser l’opportunité d’exercer cette créativité et cette curiosité. Expérimenter, construire, bricoler, inventer, jouer, créer , manipuler, réinventer, déconstruire, développer tout un petit monde : telles sont les possibilités infinies offertes aux enfants par des loose parts en libre accès.

Ma fille m’a par exemple surprise quand elle a mis des billes d’eau colorées dans les coques de gland et les châtaignes creuses pour faire des bateaux ;-). C’était beau et ingénieux !

reggio

 

La lumière et les miroirs sont des composantes importantes dans cette pédagogie. Une ombre projetée n’est pas qu’une ombre, c’est tout un mystère, c’est une invitation à se poser des questions, à confronter des interprétations. C’est une pratique courante en pédagogie Reggio de dessiner des ombres par terre par exemple.

Les classes inspirées par la pédagogie Reggio disposent souvent de tables lumineuses et de matériel transparent ou translucide.

pédagogie reggio

J’ai également un plus grand miroir sur lequel ma fille peut jouer et même écrire avec des feutres à la craie.

miroir reggio

Des enseignants (de maternelle essentiellement) proposent des activités et des aménagements inspirés de la pédagogie Reggio en classe. En voici quelques exemples :

reggio à l'école

reggio en classe

Dans le poème qui suit, Loris Malaguzzi souligne  l’importance de la multiplicité des langages des enfants :

L’enfant est fait de cent.
L’enfant a cent langages
cent mains et cent pensées
cent façons de penser
de jouer, de parler,
cent toujours cent
cent façons d’écouter
d’étonner et d’aimer
cent joies pour
chanter et comprendre
cent mondes à découvrir
cent mondes à inventer
cent mondes à rêver.

L’enfant a cent langages
(et puis cent cent cent cent)
mais on lui en vole 99.

Ecole et culture
séparent tête et corps.
On lui dit de :
penser sans les mains
faire sans la tête
écouter sans parler
comprendre sans joie
aimer et s’étonner
à Pâques et Noël uniquement.
On lui dit de :
découvrir le monde
qui existe déjà
et sur cent
on lui en vole 99.
On lui dit que :
le jeu et le travail
la réalité et la fantaisie
la science et l’imagination
le ciel et la terre
la raison et le rêve
sont des choses qui
ne vont pas ensemble.

En somme, lui dit-on,
le cent n’existe pas.
L’enfant dit cependant :
le cent est bel et bien.

……………………………………………………………………………………..

Source : REGGIO EMILIA 40 ans de pédagogie alternative

 

Si vous souhaitez aller plus loin dans la découverte de cette pédagogie, je vous invite à regarder des tableaux sur Pinterest, à suivre des blogs dédiés (comme celui-ci ou celui-là) ou encore à lire des articles (ici ou ici) ou des ouvrages à ce sujet (en français : Pédagogie à Reggio Emilia, cité d’or de Loris Malaguzzi, d’autres existent en anglais).