Les troubles dys : ressources pour mieux comprendre la dyslexie

Les troubles dys : ressources pour mieux comprendre la dyslexie

Une vidéo de l’INSERM pour mieux comprendre la dyslexie.

Témoignages de personnes impactées

  • paroles de parents

C’est l’enseignant.e qui avertit le plus souvent les parents qui sont orientés vers une consultation avec un.e orthophoniste pour poser un diagnostic (un rendez-vous chez l’orthophoniste se fait avec une ordonnance médicale).

  • paroles de chercheurs

La dyslexie de développement concernant 5% des enfants d’âge scolaire.  les chercheurs définissent les enfants porteurs de la dyslexie de développement comme des enfants ayant eu des opportunités de scolarisation adéquate, qui n’ont pas de trouble de l’intelligence (pas de déficit intellectuel global avec chiffrage du QI supérieur à 70) ni de troubles neurologiques ou sensoriels repérables (troubles de l’audition ou de la vue par exemple). On reste dyslexique toute la vie mais cette dyslexie a un impact variable en fonction des expériences de vie.

  • l’orthophoniste, le professionnel de référence

Les orthophonistes sont les acteurs essentiels de la rééducation des troubles du langage écrit. D’autres acteurs paramédicaux interviennent pour d’autres difficultés qui peuvent parfois également toucher les enfants dyslexiques (par exemples les psychomotriciens ou les ergothérapeutes pour les troubles du graphisme).

3 théories pour expliquer la dyslexie

  • la théorie phonologique : des anomalies du traitement phonologique

Les anomalies du traitement phonologique sont une constante présente la plupart du temps chez les enfants dyslexiques.  Il s’agit d’une difficulté dans la représentation et la manipulation des sons de la parole. Dès que nous lisons,  une région cérébrale située dans le cortex de l’hémisphère gauche met en connexion 3 aires : une impliquée dans la vision, une spécialisé dans la prononciation et l’articulation,  une autre dans le lexique mental. Selon la théorie phonologique, la dyslexie est définie comme un trouble du traitement des sons qui perturbe l’acquisition du langage écrit.

  • la théorie visuelle : l’hypothèse de la fenêtre attentive

La seconde hypothèse est celle d’un trouble visuel. La lecture demande un effort cognitif plus important car il doit mettre ce qu’il lit dans sa mémoire en parcourant le mot de nombreuses fois. Cela entraîne des difficultés à identifier les mots et des oublis des mots lus au début d’un texte, sans parler de l’accès au sens des mots.

  • la théorie génétique

Il y a une contribution à la fois génétique et environnementale au risque de devenir dyslexique. L’environnement langagier dans lequel grandit l’enfant, la méthode d’apprentissage de la lecture, la langue maternelle de l’enfant (qui comporte plus ou moins de difficultés orthographiques) ont clairement une influence sur le risque de devenir ou non dyslexique.

La migration des neurones impliquée dans la dyslexie

Les neurones naissent dans une région cérébrale différence de celle à laquelle ils sont destinés.  Ils doivent donc migrer de la région de leur naissance à la région dans laquelle ils vont accomplir leurs fonctions.

Si ce processus est perturbé, la région cible dans le cortex est désorganisée, avec création d’amas de neurones et anomalies dans le plissement du cortex. Ces circuits désorganisés perturbent l’apprentissage de la lecture.

Recommandations

  • nécessité de repérer et diagnostiquer 

Avant la question QUI consulter, il est impératif de se poser la question QUAND. Pour lui, il est utile de proposer un bilan à un enfant en difficulté grave et durable dans un ou plusieurs apprentissages après avoir mis en place les aides habituelles prévues par le système éducatif (activités pédagogiques complémentaires par l’enseignant…).

Le terme générique de dyslexie regroupe une infinité d’enfants différents, tant sur le plan des fragilités psychologiques, que sur les plans des stratégies de compensation ou sur le plan de la sévérité du trouble. Pour autant, stimuler le langage oral leur sera bénéfique dans le sens où ils développeront leur vocabulaire lexical afin d’accéder à une meilleure compréhension de ce qu’ils lisent. Par ailleurs, le facteur clé est la quantité de lecture effectuée par l’enfant (qu’il soit dyslexique ou non).

Il est indispensable que les différents professionnels collaborent :

  • un médecin ou pédiatre (bien au fait des pathologies dys-) peut réaliser une synthèse des rendus écrits,
  • un psychologue peut écarter la déficience intellectuelle et proposer les premières hypothèses diagnostiques,
  • les professionnels de la rééducation (psychomotricien, ergothérapeute, orthoptiste, orthophoniste) établissent les critères de sévérité et de durabilité et confirment (ou infirment) les hypothèses diagnostiques.
quel professionnel pour quelle rééducation dys

Source : Dr Pouhet – Questions sur les dys (éditions Tom Pousse)

Une fois le diagnostic posé par un orthophoniste, il existe des méthodes de rééducation et d’entraînement pour accompagner les enfants dyslexiques que l’orthophoniste va pouvoir proposer à l’enfant. Cependant, ces méthodes ne “réparent” pas les anomalies de migration neuronale. Elles promeuvent une réorganisation du cerveau de l’enfant qui va lu permettre de récupérer en partie les fonctions cognitives déficitaires et d’utiliser de la meilleure manière les autres fonctions cognitives préservées pour arriver à faire la même chose d’une manière différente.

Une prise en charge dans un centre de référence est parfois nécessaire. L’intervention de plusieurs professionnels peut augmenter l’efficacité de l’accompagnement quand le trouble dyslexique est accompagné d’autres troubles dys (rôle du neuropsychologue de vérifier les autres fonctions cognitives en faisant passer certains bilans aidant au diagnostic d’autres troubles tels que le TDAH) et que les troubles impactent la santé mentale de l’enfant (rôle du psychologue clinicien). En effet, le vécu peut être plus lourd que le trouble lui-même.

Les autres professionnels para médicaux (psychomotriciens, ergothérapeutes)peuvent intervenir en complément de l’orthophoniste sur d’autres troubles associés (exemple : dyspraxie, trouble de la coordination oeil/ main).

  • adaptations en milieu scolaire

Des protocoles sont prévus pour les enfants porteurs de troubles dys à l’école en lien avec les professionnels médicaux et paramédicaux, l’équipe pédagogique et la maison du handicap.

Lire aussi : Comment choisir entre Un PPS, un PAP, un PPRE, ou un PAI

  • informer les professionnel et le public

Les familles et les enseignants ont besoin d’information et d’orientation. Les chercheurs dans le domaine biomédical, les orthophonistes, les psychologues et autres spécialistes du développement des fonctions cognitives ainsi que les équipes de l’Education Nationale (enseignants, médecins scolaires, psychologues scolaires) doivent apprendre à travailler ensemble.

Adresses des associations de parents :

Dyslexie-dysorthographie : APEDA France et APEDYS

 

Fédération Française des Dys : FFDYS

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Un livre utile, complet et rigoureux pour aller plus loin : Questions sur les Dys- : Des réponses du Dr Alain Pouhet (éditions Tom Pousse);

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