Comment ne pas être un prof idéal : un champ des possibles inexploré pour la gestion de classe

Comment ne pas être un prof idéal

: un champ des possibles inexploré pour la gestion de classe

ne pas être un prof idéal

Présentation de l’éditeur

comment ne pas etre un prof idealUn prof idéal s’adapte à chacun et ne laisse aucun élève au bord du chemin. Mais il finit également le programme. Un prof idéal est motivant et chaleureux, tout autant qu’exigeant et ferme. Un prof idéal sait se faire apprécier et dans le même temps respecter. Un prof idéal est donc un excellent candidat au burn-out.

Dans ce livre déculpabilisant, qui dépeint avec beaucoup de justesse, d’empathie et d’humour les situations problématiques les plus courantes – classes démobilisées, élèves perturbateurs, harcelés ou en échec, parents démunis ou agressifs… -, Emmanuelle Piquet propose des stratégies de résolution inédites.

Pour aider les enseignants à se libérer de la pression, à sortir des souffrances relationnelles et à retrouver à la fois de l’oxygène et de la souplesse.

 

 

Les points forts

Emmanuelle Piquet est psychopraticienne en thérapie brève et stratégique et intervient dans de nombreux établissements scolaires pour former des professionnels aux principes et aux outils de l’Ecole de Palo Alto.

Dans son ouvrage, elle s’appuie sur son expérience d’accompagnement de nombreux enseignants pour livrer quelques clés de gestion des situations problématiques (avec les élèves mais aussi avec les parents et les collègues).

Emmanuelle Piquet rappelle d’emblée combien le métier d’enseignant est difficile et que de nombreux facteurs peuvent venir perturber la vie d’une classe. Elle rappelle que, s’il y a bien un territoire où de nombreuses relations, toutes potentiellement problématiques s’entrecroisent, c’est bien celui de l’Éducation nationale. Par ailleurs, Emmanuelle Piquet invite les enseignants  à s’alléger d’objectifs inatteignables tels que “Ma classe doit être absolument silencieuse” .

 

Elle regrette que peu de solutions relationnelles apaisantes soient proposées aux enseignants en souffrance, pendant leur formation ou au cours de leur carrière, afin de faire face aux interactions dysfonctionnelles.

Emmanuelle Piquet a en effet constaté que ce ne sont pas uniquement les comportements perturbateurs des élèves qui ont une influence sur l’épuisement émotionnel de l’enseignant, mais également les stratégies mises en place pour les contenir (stratégies personnelles des enseignants ou bien stratégies élaborées et conseillées par la hiérarchie).

Les stratégies qu’Emmanuelle Piquet expose dans son livre reposent sur la notion de 180°. Or prendre un virage à 180 ° demande toujours beaucoup de courage. Cela nécessite notamment de se poser des questions clés :

  • Qui souffre ?

Il s’agit d’une question que les enseignants ne se posent pas systématiquement. Conséquemment, ils s’épuisent à tenter de faire changer des gens (= les élèves et/ou leurs parents) qui ne souffrent pas assez pour être tentés par le changement (parce que c’est la personne qui souffre, en l’occurrence l’enseignant, qui doit amorcer un changement).

  • Qu’est-ce qui  fera dire concrètement à la personne qui  souffre que son  problème est résolu  ?
  • Quelle est la vision du monde de la personne qui souffre  ?
  • Quelle est l’émotion que vous allez pouvoir mobiliser  ?
  • Quelles sont les tentatives de régulation en œuvre pour l’instant
  • Quel est le sens du virage à 180 degrés  ?

Une approche à 180° stoppe bien plus les solutions tentées qui maintiennent le problème que les problèmes eux-mêmes. C’est l’alimentation du problème qu’une personne qui souhaite amorcer un 180° face à une situation douloureuse va devoir stopper.

A cet effet, Emmanuelle Piquet propose plusieurs exemples pour transformer une injonction irréaliste en son contraire, sur le modèle du 180° :

-> «  Je dois motiver l’ensemble de ma classe à apprendre  » devient «  Chaque élève est responsable de son envie d’apprendre  ».

-> «  Je dois me faire accepter en tant qu’intellectuellement précoce  » devient «  J’ai d’autres caractéristiques intéressantes que ma précocité  ».

-> «  Vous devez me respecter  » devient «  Votre irrespect pourrait bien m’être très utile  ». (cet témoignage m’a beaucoup faite rire… j’imaginais bien les élèves tous la tête dans leurs sacs à jouer à l’autruche et l’enseignant se délecter de son 180° !)

->  «  Je dois protéger cet élève de l’hostilité des autres  » devient «  Comment outiller cet élève pour qu’il puisse se défendre  ?  ».

-> «  Tu dois t’impliquer à l’école, mais si tu ne le fais pas, je le ferai à ta place.  » devient  « Tu peux t’impliquer à l’école, ou pas ; en tout cas, je ne le ferai pas à ta place.  »

  • Quelle est l’action la mieux adaptée à la vision du monde de la  personne qui souffre, à  ses ressources  ?
  • Si vous étiez sûr.e, sans l’ombre d’un doute, que quoi que vous fassiez, quoi que vous mettiez en œuvre, vous ne parviendrez jamais à être un.e enseignant.e idéal.e, c’est-à-dire capable de s’adapter à la fois à chacun et à tous, que feriez-vous en classe  ?  que diriez-vous aux élèves ? et aux parents ?

 

Emmanuelle Piquet insiste sur le fait que chaque situation relationnelle problématique est unique et les solutions à y apporter sont forcément spécifiques. Son livre n’est donc pas un mode d’emploi, mais plutôt d’une liste de situations problématiques vécues et auxquelles des solutions ont été apportées dans la “vraie” vie. Chaque enseignant pourra, ou pas, y piocher des idées si enseigner devient synonyme de souffrance.

Ainsi, Emmanuelle Piquet expose de nombreux cas (et leurs solutions) que tous les enseignants ou presque ont connu au cours de leur carrière dont voici un aperçu :

  • une enseignante en burn out à force de différencier pour chacun de ses élèves et qui a fini par se mettre à dos les élèves et leurs parents (qui estimaient qu’elle en faisait trop quand les enfants de ces parents n’avaient pas le droit à un traitement “de faveur” ou qui estimaient qu’elle n’en faisait pas assez quand les enfants de ces parents étaient en difficulté d’apprentissage);
  • une professeure des écoles démunie face à un élève ingérable, qui se lève en classe, rampe sous les chaises et les tables, qui rote et qui pète en plein cours;
  • une jeune enseignante en SEGPA  dont les élèves disent des jurons en classe, chahutent et quittent la classe sans prévenir;
  • une stagiaire en ESPE qui voudrait agir contre la harcèlement d’une petite fille;
  • un professeur principal qui voudrait aider une lycéenne à dépasser son blocage à l’oral;
  • le cas d’une grand mère tellement dévouée à son petit-fils qu’elle le prend en charge, lui laissant peu de chance de développer son autonomie.

Chaque cas est raconté du point de vue de la thérapeute et les solutions sont suggérées selon l’approche du 180°. Ce qui est particulièrement intéressant est que les réticences des protagonistes sont relatées, mais également les mises en pratique des solutions (avec leur lot de tâtonnements parfois).

Ce livre va donc à contre courant des solutions usuellement proposées pour la gestion de classe mais colle au plus près de la réalité et peut ouvrir un champ des possibles jusque là inexploré par bon nombre d’enseignants.

L’autrice ne manquant pas d’humour, cet ouvrage se lit avec délice !

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Comment ne pas être un prof idéal de Emmanuelle Piquet (éditions Payot ) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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