La Justice Réparatrice, une solution alternative aux punitions en classe

La Justice Réparatrice, une solution alternative aux punitions en classe

La Justice Réparatrice alternative aux punitions en classe

Les principes de la Justice Réparatrice

Les trois idées directrices de la Justice Réparatrice sont :

  1. les besoins des victimes doivent être pris en compte  ;
  2. l’acteur doit être encouragé à prendre sa responsabilité, comprendre l’impact de ses actions et prendre des mesures pour réparer le dommage infligé autant qu’il est possible  ;
  3. ceux qui ont eu à souffrir d’un acte malveillant doivent être intégrés au processus de résolution du dommage.

Un changement de paradigme par-rapport à la justice répressive et à la discipline punitive

La justice restaurative  ou réparatrice (JR) cherche à mettre en relation tous les acteurs d’un conflit, délit ou agression  : auteurs, victimes, personnes présentes ou absentes mais touchées par l’acte ou ses conséquences, pour que soient «  dits  » et «  entendus  » tous les faits et toutes les émotions.

La préoccupation première de la JR est la victime et ensuite l’auteur. Lorsqu’il y a un problème entre des personnes, un dépassement de règles, un délit, un crime, en JR la chose la plus importante n’est pas de dire   à l’auteur  : «  tu n’as pas respecté les règles  » ou  : «  tu as enfreint la loi  », mais de prendre soin de la victime en priorité  ; de s’enquérir de ses blessures tout d’abord, puis de se demander ensuite à qui incombe la réparation.

On dit  : Que s’est-il passé  ? Qui a été blessé et comment  ? Et qui d’autres  ? Qui est responsable de cette réparation  ? Et finalement, Qu’est-ce qu’il faut faire pour que cela se passe mieux dans le futur  ?

il n’y a pas d’autre solution pour l’auteur de savoir de quelle manière réparer les dommages qu’en entendant la victime exprimer ses émotions et ses besoins. Personne ne peut réparer la blessure de quelqu’un sans l’entendre.

Avec l’aide de personnes ressources (en classe, ce sera l’enseignant), la JR vise à à ce que la victime d’un méfait trouve des réponses à ses questions et à ses besoins. L’auteur, après avoir pris conscience des conséquences de son comportement et avoir réparé les dommages avec le soutien de la collectivité, retrouve sa place.

Le changement de paradigme se trouve ici : personne ne recherche la souffrance de personne à travers la punition, mais tout le monde a pour objectif une résolution du problème qui ancre le sentiment de justice et de sécurité au sein du collectif.

5 questions restauratives à poser dans le cadre d’une recherche de réparation

A celui ou celle qui a causé un tort

  • Que s’est-il passé  ?
  • À quoi pensais-tu à ce moment-là
  • Qu’en penses-tu maintenant  ?
  • Qui a été affecté par ce que tu as fait  ? De quelle façon  ?
  • Que peux-tu faire pour que   les   choses s’arrangent  ?

A celui ou celle qui a subi un tort

  • Que s’est-il passé  ?
  • Qu’as-tu pensé à ce moment-là  ?
  • Qu’en penses-tu maintenant  ?
  • Qu’est-ce qui a été le plus dur pour   toi  ?
  • Selon toi, que doit-il se passer maintenant pour que les choses s’arrangent  ?

Les difficultés d’introduire des pratiques de Justice Réparatrice en classe

Les trois obstacles principaux

Remettre en cause ses habitudes pédagogiques demande un certain courage tout comme la mise en place des pratiques de justice restaurative.

La justice réparatrice ou restaurative représentant un changement de paradigme, de nombreux obstacles se dressent sur son introduction dans les écoles :

  • même en étant convaincus par la pertinence d’une approche non punitive, nous ne sommes pas toujours équipés pour une pratique efficace
  • les collègues et la hiérarchie peuvent se montrer sceptiques, saboter les tentatives et alimenter l’ambiance punitive en continuant à recourir à la discipline répressive
  • les élèves eux-mêmes sont habitués à vivre dans un système hiérarchique et  quand on leur demande comment réagir face à un mauvais comportement, ils sont souvent les premiers à parler de punitions et de fermeté.

Ainsi, s’attarder sur les conséquences néfastes des punitions, sur le ressenti d’injustice et l’inutilité de telles pratiques (les punis le sont rarement une seule fois, prouvant bien que la punition n’empêche pas la répétition) sera sûrement nécessaire, auprès des adultes comme des enfants/ adolescents.

Commencer commencer, même si tout n’est pas parfait ?

Un cercle de quelques minutes suffit pour introduire la Justice Réparatrice en classe.

Hélène van Dijk, présidente de l’Association Question de justice et spécialiste de la Justice Réparatrice, propose un petit exercice pour introduire la notion de réparation dans les classes :

Après avoir expliqué que vous faites cet exercice pour mieux connaître vos élèves, demandez à chacun de terminer la phrase suivant (oralement ou par écrit)  : «  Je ressens de l’injustice quand…  »

Puis de faire la même chose avec cette phrase-ci : «  Quand je suis témoin d’injustice, je…  ».

Après un échange sur les réponses, la conclusion sera que, généralement, nous avons le sentiment que justice a été rendue quand nous nous sentons aussi bien traités les uns et les autres, que notre affaire s’est réglée de manière équitable et que nos émotions ont été entendues et validées, sans être contre dits ou réduits au silence par des arguments d’autorité.

La «  recherche de solutions  » en discipline positive en est une illustration parfaite : [La gestion de classe avec la discipline positive] Comment trouver des solutions et passer des accords avec les élèves ?

Il est possible d’expliquer ensuite aux élève que , quand les sentiments ont été exprimés et compris par les autres, la douleur s’apaise.

Ainsi, choisir de nourrir un rapprochement, une réconciliation sincère avec l’autre, comme avec soi-même, est un soulagement pour toutes les personnes impliquées (auteur, victime, témoins et même tous les autres membres du collectif même non impliqués). Cette «  réparation  », cette «  restauration  » a aussi un effet sur le mental de celui qui aide à régler des conflits extérieurs (à savoir l’enseignant !).

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Source : L’impasse de la punition à l’école : Des solutions alternatives en classe de Eric Debarbieux (éditions Armand Colin). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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