Education émotionnelle et relationnelle : 3 manières d’aider les enfants à réguler leur impulsivité

Education émotionnelle et relationnelle : 3 manières d’aider les enfants à réguler leur impulsivité

3 manières d'aider les enfants à réguler leur impulsivité

Il est possible d’outiller les enfants avec des stratégies de régulation de leur impulsivité sans passer par des punitions ou des interventions coercitives. Eduquer est synonyme d’enseigner, non pas de punir. Je vous propose 3 jeux d’auto-régulation qui peuvent être proposés aux enfants dès 4 ans afin de tempérer leur impulsivité et mieux vivre leurs relations avec les autres.

1.Stop et Réfléchis : est-ce que ce que je m’apprête à faire va améliorer les choses ou les empirer ? 

Il est possible d’inviter les enfants à faire des pauses avant d’agir et à utiliser ces temps de pause pour se poser une question simple : est-ce que ce que je m’apprête à faire va améliorer les choses ou les empirer ? Nous pouvons convenir d’un signal avec les enfants afin de leur rappeler ce temps de pause : cela peut être la prononciation des mots “Stop et réfléchis” ou un signe de la main. Avant que l’enfant ne soit capable de se demander lui-même si les choses vont empirer ou s’améliorer, l’adulte peut lui poser directement la question.

L’idée est que les enfants réalisent par eux-mêmes que ce qu’ils s’apprêtent à faire est une mauvaise idée et, avec la pratique, ils deviendront capables de se poser la question mentalement avant d’agir ou de parler afin d’adapter leur comportement.

 

2. Une signalisation Stop/ Moins fort/ Encore 

Une manière d’apprendre aux enfants à réguler leur impulsivité est de convenir d’une signalisation graduelle qui indique quand le comportement est OK, quand le comportement a besoin d’être tempéré et quand le comportement doit cesser. Cela peut passer par des mots et un panneau du type feux de circulation. 

Il arrive que les enfants soient tellement excités, tellement pleins d’énergie ou tellement jeunes qu’ils ne peuvent tout simplement pas réguler leurs émotions sans aide. Un enfant de 3 ou 4 ans qui arrive dans la cour de récréation et bouscule ses camardes pour monter sur le toboggan ne le fait pas par méchanceté mais a besoin du soutien d’un adulte pour apprendre à adopter un comportement socialement approprié. Plutôt que dire à cet enfant “calme toi” (ou, pire, le punir et l’isoler), nous pouvons commencer par reconnaître son enthousiasme et son énergie débordante : “Wow, tu es plein d’énergie aujourd’hui et tu as vraiment envie de faire du toboggan.  J’ai l’impression que cette énergie a besoin d’être évacuée !” Dans un deuxième temps, nous pouvons utiliser la référence aux feux de signalisation pour indiquer que son enthousiasme a besoin d’être modéré dans la zone du toboggan : “L’aire de jeu est une zone Orange, ça veut dire qu’il faut ralentir. Montre moi comment tu fais pour ralentir.” Il est possible de rediriger le comportement de l’enfant vers une autre activité : “Tu peux courir dans la zone goudronnée, c’est une zone Verte.”

Réguler l’impulsivité est un processus qui prend du temps et la signalétique des feux de circulation représente un support visuel utile. Il est possible d’entraîner les enfants à ralentir en dehors de situations “chaudes” mais lors de séances dédiées. On découpera un rond rouge, un rond orange et un rond vert dans du carton puis on demandera aux enfants de courir en montrant le rond vert, puis de ralentir en montrant le rond orange et enfin de s’arrêter en montrant le rond rouge. Le feu rouge signifie stop, comme pour les voitures ! On pourra conserver les cartons à portée de main en classe ou lors des récréations pour les montrer en fonction des besoins rencontrés.

 

3.La bulle personnelle 

Chaque humain a une tolérance plus ou moins grande à la proximité physique d’autres êtres humains. Certains enfants impulsifs peuvent avoir du mal à comprendre et respecter ce besoin de distance physique car ils ont une tolérance à la proximité physique très grande. Une image peut les aider à appréhender ce concept et à faire preuve de moins de maladresse avec les autres : les bulles personnelles. On pourra leur expliquer que leurs camarades (et lui même) ont tous une bulle autour d’eux : certaines bulles sont plus grandes que d’autres car chacun a besoin de plus ou moins d’espace personnel. La taille de la bulle peut d’ailleurs changer selon les activités et les liens qui unissent les personnes. Par exemple, une mère et son enfant vont plus facilement se rapprocher qu’un élève et son enseignant; à la piscine, chacun a besoin de plus d’espace pour ne pas gêner les autres. Quand une personne se rapproche trop d’une autre, elle éclate la bulle de l’autre et cela peut rendre ce dernier irritable, triste ou même méchant parfois.

On pourra proposer une activité aux enfants pour illustrer cette idée avec des cerceaux de différente taille. Chaque enfant du groupe va choisir un cerceau qui symbolise l’espace personnel dont il a besoin pour se sentir bien et à l’intérieur duquel personne ne doit pénétrer. Il tiendra ce cerveau avec ses mains au niveau de sa taille et les enfants sont invités à marcher et se rencontrer sans jamais cogner leurs cerceaux. Le cerceau représente la distance physique d’un individu que les autres doivent respecter lors de leurs interactions avec lui.

Ainsi, il est possible de faire référence à cette notion quand on s’aperçoit qu’un enfant est insistant avec d’autres et lui rappeler qu’il est sur le point de faire éclater leur bulle.

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