Des règles simples de présentation pour aider la lecture des élèves dyslexiques (et des autres)

Des règles simples de présentation pour les élèves dyslexiques (et les autres)

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La simplification et l’allégement visuel de la tâche sont un soulagement pour les élèves dys car cela réduit l’impression de complexité. Dans son livre Une école sans échec : l’enfant en difficulté et les sciences cognitives, Hervé Glasel liste quelques règles simples qui peuvent soulager un élève dyslexique, en particulier lors de la prise d’information par la lecture.

Séparer le texte des images, tableaux, cartes, et schémas. Hervé Glasel explique qu’il vaut mieux éviter de mélanger les informations de nature différente (par exemple, le texte sur la page de droite, les images sur la page de gauche, ou bien cacher les images sous un cache blanc). Les présenter séparément soulage l’élève car il n’a plus besoin d’extraire celle dont il a besoin d’un fatras de données annexes.

Prévoir une police de taille suffisante (16 à 18). Agrandir la police permet de rendre les caractères saillants et bien contrastés, et évite l’effet de densité de l’information dans la page. Cela aide l’élève à traiter les informations textuelles.

Renoncer aux italiques, qui modifient trop l’aspect visuel des caractères.

Choisir des polices standard, qui ne déforment pas les lettres telles qu’elles ont été apprises initialement par les enfants. Les polices traditionnelles sont à privilégier car elles ne demandent pas à traiter des caractères inhabituels ou trop différents de ceux de l’écriture cursive tels que le a. À défaut, cela rajouterait un coût supplémentaire de traitement de caractères nouveaux dont on peut soulager l’enfant. Les polices à empattement (Century, Times New Roman, par exemple) sont à éviter, au profit d’Arial, Comic Sans MS, Tahoma, Century Gothic, Calibri. Lexia, Ankida et Tiresias sont à privilégier.

Appliquer un interlignage aéré (1,5).

Justifier le texte à gauche seulement.

Utiliser des marqueurs visuels simples et toujours identiques. Par exemple, les titres pourront être systématiquement en rouge. Les mots importants seront surlignés en jaune. En effet, le contraste noir sur jaune est meilleur pour la rétine que le contraste noir sur blanc.

L’allégement de la structure visuelle soulage réellement la première étape de la lecture. Toutefois, cela n’est pas toujours suffisant quand le texte à lire est long ou que l’enfant connaît une grande fatigue. La technologie peut venir pallier cette limite.

Le retour vocal quand l’aménagement de la présentation ne suffit pas

Hervé Glasel rappelle que la quasi totalité des ordinateurs disposent aujourd’hui d’un logiciel de retour vocal. Le retour vocal consiste à demander à l’ordinateur de lire lui-même le texte qui apparaît à l’écran. Si les supports pédagogiques adaptés sont disponibles en version électronique, l’élève peut ouvrir son ordinateur, sa tablette ou son smartphone pour faire lire le support sur lequel on lui demande de travailler. La lecture par l’élève est remplacée par une lecture synthétique, qui renvoie l’image sonore du mot. L’avantage du retour vocal est qu’il permettra de donner la bonne image sonore du mot, ce qui enrichira la voie d’adressage, au lieu de laisser s’installer des erreurs difficiles à corriger par la suite.

Une idée reçue au sujet du retour vocal est que l’élève est encouragé à la paresse et que, s’il ne s’entraîne jamais, il ne pourra pas progresser en lecture. Pourtant, il enrichit au contraire la voie lexicale, la voie rapide de lecture et celle qui permet d’accéder le plus souvent au sens. Le retour vocal est un des outils de l’indépendance à terme des enfants dyslexiques.

Un des inconvénients du retour vocal est que la lecture d’un texte long peut s’avérer monotone. La voix peut être métallique, le ton n’est pas mis, alors même que la prosodie, le timbre, l’enveloppe rythmique et émotionnelle du langage sont des indices importants pour comprendre le contenu de ce qui est dit. En particulier, ces indices sont cruciaux dans l’interprétation de l’implicite et du second degré.

En ce qui concerne les livres (essais, romans, nouvelles), il existe des solutions afin que l’élève accède seul au texte. Il peut utiliser la version vocale ou audio book d’une œuvre disponible en version audio lue par un professionnel humain, comédien par exemple.

L’objectif de ce type de travail demandé en classe est d’exercer la capacité à comprendre un texte sophistiqué et à analyser une oeuvre, d’enrichir la culture générale, et d’approfondir la réflexion. Le fait de passer par une version vocale est au service de cet objectif pédagogique et ne nuit pas à la connaissance d’un texte sophistiqué, bien au contraire. Si l’élève n’a pas accès à ce type d’outil facilitateur, alors celui-ci ne peut pas saisir le texte de manière audible et utilisable, dans toute sa richesse et sa complexité, trop occupé à déchiffrer et empêché par la double tâche cognitive.

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Source : Une école sans échec : l‘enfant en difficulté et les sciences cognitives de Hervé Glasel (éditions Odile Jacob). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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