encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

6 manières d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

Comment aider les enfants qui se découragent face aux difficultés ?

Carol Dweck est psychologue, spécialisée dans les questions de motivation chez les enfants. Elle propose une manière d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés fondée sur l’état d’esprit en développement.

Pour elle, le plus important est d’insister sur la notion de “pas encore” : une notion qui n’est pas encore acquise signifie que l’enfant est encore en train d’apprendre, qu’il est sur le chemin. Carol Dweck appelle cela le “pouvoir du bientôt“.

 

2 réactions possibles des enfants face aux défis et aux difficultés

1. “J’adore les défis” : un état d’esprit en expansion

Les enfants qui se réjouissent face à l’idée de relever des défis savent que leurs capacités peuvent être développées et que leur intelligence n’est pas figée. Ils ont un “état d’esprit en expansion”, ils sont orientés vers le “bientôt”.

Ces enfants vont s’impliquer dans les problèmes qui se présentent à eux : ils vont traiter les erreurs, apprendre à partir de celles-ci et les corriger.

 

2. “C’est une catastrophe, je ne vais jamais y arriver” : la tyrannie du maintenant

Les enfants qui paniquent devant les défis et les difficultés ont une perspective figée de l’intelligence. Ils sont pris au piège de la tyrannie du maintenant.

Face aux difficultés, ces enfants vont fuir : ils vont soit tricher (plutôt que réviser plus ou différemment) ou alors chercher quelqu’un de moins bon qu’eux (pour se rassurer sur leur propre valeur).

Les enfants pris au piège dans la tyrannie du maintenant ne vont pas même pas chercher à se confronter à l’erreur. Des scanners de leur cerveau ont montré que l’activité cérébrale est nulle face à un problème qui leur semble inatteignable.

6 manières d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

  • 1. Encourager plutôt que complimenter

On évitera de complimenter l’intelligence ou les talents mais on mettra l’accent sur le processus dans lequel les enfants se sont engagés :

– les efforts
– l’implication
– la concentration
– la persévérance
– les progrès

“Ta réussite est la consécration de tous tes efforts”, “C’est l’aboutissement d’heures et d’heures de travail”, “Tu as gagné 3 points par-rapport au dernier contrôle”, “C’était difficile et tu as continué malgré tout”, “Tu as donné le meilleur de toi-même et tu vas continuer de progresser”…

30 propositions pour encourager efficacement les enfants :

30 propositions pour encourager efficacement

  • 2. Porter l’attention sur la méthode et la stratégie mises en place

On pourra demander à l’enfant comment il a fait pour trouver et décrire comment il s’y est pris, détailler les étapes de sa réflexion et les allers retours pour arriver à la solution.

 

  • 3. Utiliser des mots “magiques” : bientôt, pas encore, pour le moment

Dire “Tu n’y arrives pas encore“, “Tu vas bientôt y arriver”, “Tu ne comprends pas pour le moment” donne de l’assurance aux enfants car ils ouvrent une voie vers l’avenir.

 

  • 4. Expliquer le fonctionnement du cerveau pour changer l’état d’esprit des enfants

On peut expliquer aux enfants que leur cerveau est plastique. Chaque fois qu’ils apprennent quelque chose, les neurones dans leur cerveau créent plus de connexions et plus fortes . A force de connexions, ils deviennent plus intelligents.

On pourra alors leur faire comprendre que leurs efforts finiront par payer :

Tes efforts créent des connexions entre tes neurones et ces connexions plus fortes et plus nombreuses, c’est ce qui te rend plus intelligent.

Plus tu travailles, plus tu mets de chances de ton côté.

 

  • 5. Avoir des attentes positives envers les enfants

Les attentes que nous avons envers les enfants modifient nos comportements envers eux. Or la manière dont nous traitons les enfants influencent sur le comportement de ces derniers. Les comportements (négatifs mais aussi positifs) s’auto-renforcent à l’aide d’étiquettes.

Lire cet article sur le rôle de nos attentes dans l’éducation des enfants (et notamment le mécanisme de l’effet Pygmalion).

 

  • 6. Éviter le piège du “c’est facile, tu verras”

On croit généralement encourager nos enfants en leur disant qu’une chose est facile. Pour nous, cela revient à leur dire que les choses sont à leur portée, que nous les savons capables de le faire à l’avance et que nous leur faisons confiance.

Or cela peut se retourner contre eux.

  • S’ils réussissent à faire quelque chose de facile, ils n’en retireront aucun mérite.
  • S’ils ne réussissent pas, ils se sentiront nuls car ils n’auront même pas été capables d’exécuter une chose communément admise comme simple.

On peut essayer de remplacer « C’est facile ! » par l’inverse : « Ce n’est pas facile ! » ou « Ça peut être difficile !« . Le message change alors de sens :

  • en cas de réussite, l’enfant est empli de fierté : »J’ai réussi quelque chose de difficile ! »
  • en cas d’échec, cette pensée peut le consoler : « J’ai raté mais c’était difficile. » Dans ce cas, on incitera l’enfant à recommencer avec des phrases motivantes du type « On ne peut pas s’améliorer tant qu’on n’a pas fait un premier pas. Le 40ème essai sera meilleur que le premier. Tu vas continuer à t’améliorer grâce à l’habitude et l’expérience. »

 

Il ne s’agit pas pour autant de dire que tout est difficile au risque de décourager l’enfant et de lui donner l’impression que le monde est inabordable. Mais plutôt de dire qu’une chose PEUT être difficile.

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Inspiration : Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite de Carol Dweck (Editions Mardaga).

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10 questions clés pour stimuler les apprentissages des enfants (et des ados)

10 questions clés pour stimuler les apprentissages des enfants (et des ados)

Ces dix questions ont un vrai pouvoir pour améliorer les apprentissages des enfants et des adolescents car elles les invitent à :

  • réfléchir sur ce qu’ils ont appris,
  • structurer et verbaliser leurs pensées,
  • revivre les émotions positives qui ont accompagné les apprentissages pour mieux les ancrer,
  • créer des nouvelles habitudes cognitives (prendre du recul sur les apprentissages, s’interroger sur comment et pourquoi apprendre…),
  • faire émerger de nouvelles idées par associations d’idées (en stimulant la pensée en arborescence),
  • donner du sens aux apprentissages (à quoi cette compétence/ ce savoir pourront servir dans le futur ?),
  • se décentrer (comment je me perçois moi-même, comment je serais perçu.e si je me regardais de l’extérieur, comment les autres me perçoivent…),
  • faire preuve d’analyse et d’esprit critique, développer leur pensée,
  • dépasser la peur de l’erreur,
  • trouver des solutions à leurs difficultés.

 

Ces questions peuvent être posées à des enfants à partir de 6/7 ans.

1.Qu’est-ce qui t’a surpris.e aujourd’hui ? Pourquoi ?

 

2.Quelle est la chose la plus importante que tu ais apprise aujourd’hui ? Qu’est-ce qui te fait dire cela ?

 

3.Sur quel sujet as-tu envie d’en apprendre plus ? Pourquoi ?

 

4.Quand as-tu fait preuve de créativité ? Qu’est-ce qui t’a poussé.e à faire preuve de créativité ?

 

5.Qu’est-ce qui a éveillé ta curiosité aujourd’hui ? Qu’est-ce que cela a changé dans la manière d’apprendre les choses ?

 

6.Quand t’es-tu senti.e à ton top aujourd’hui ? Qu’est-ce qui t’as fait te sentir bien  ?

 

7.Qu’est-ce que tu aimerais faire/ apprendre demain ? Pourquoi ?

 

8.Qu’est-ce que tu as envie de faire avec ce que tu as appris aujourd’hui/ cette semaine ?

 

9. Quelle a été ta plus grande erreur ? Qu’est-ce que tu en as appris ?

 

10. Qu’est-ce qui a été le plus difficile ? Comment as-tu (ou vas-tu) surmonter cette difficulté ?

 

Lire aussi : Une nouvelle psychologie de la réussite avec l’état d’esprit en développement 

instaurer état d'esprit en développement enfant

10 questions pour instaurer un état d’esprit en développement chez les enfants

L’état d’esprit en développement : une définition

Carol Dweck est chercheuse dans le domaine de la personnalité, de la psychologie sociale et du développement. Elle a écrit le livre Changer d’état d’esprit dans lequel elle distingue l’état d’esprit fixe de l’état d’esprit en développement. Les capacités et les talents ne suffisent pas pour atteindre des objectifs, notre état d’esprit a un impact capital sur la réussite dans nos vies. Le plus important pour relever des défis et réussir est d’aborder la vie et les apprentissages avec un état d’esprit en développement.

L’état d’esprit de développement est basé sur la croyance que vos qualités fondamentales sont des choses que vous pouvez cultiver par vos efforts. Bien que les gens puissent être différents de beaucoup de façons – de par leurs talents et aptitudes initiales, leurs intérêts, ou leur tempérament -, chacun peut changer et se développer par le travail et l’expérience. – Carol Dweck

10 questions pour instaurer un état d’esprit en développement chez les enfants

  1. Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui qui t’a fait beaucoup réfléchir ?
  2. Quelle est la plus grosse difficulté que tu as rencontrée ?
  3. Que peux-tu apprendre de celle-ci ?
  4. Quelle stratégie as-tu ou vas-tu utiliser pour y faire face ?
  5. Quelle erreur as-tu faite dont tu pourrais apprendre quelque chose ?
  6. Comment t’y prendras-tu la prochaine fois pour éviter que cela ne se reproduise ?
  7. Sur quoi as-tu travaillé dur aujourd’hui ?
  8. Qu’est-ce que tu vas faire pour te défier toi-même aujourd’hui ?
  9. Que peux-tu faire pour améliorer tes performances ?
  10. Que peux-tu faire pour améliorer ton talent ?

Pour aller plus loin : 7 clés pour la réussite de tous les enfants avec l’état d’esprit en développement

 

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3 propositions pour favoriser les efforts et la prise de risque dans les apprentissages chez les enfants

3 propositions pour favoriser les efforts et la prise de risque dans les apprentissages chez les enfants

Dans la conférence Tedx ci dessous (en anglais), Rami Mahmoud, enseignant, traite de la peur de l’échec et de la prise de risques à l’école. Rami Mahmoud propose 3 choses à faire en tant qu’adultes côtoyant des enfants pour favoriser les efforts et la prise de risque dans les apprentissages :

1. Offrir un environnement adapté

Pour qu’un enfant (et même un adulte) accepte de prendre des risques même face à une situation comportant une forte probabilité d’échouer, il est nécessaire de préparer l’environnement et de diminuer les dommages possibles à long terme.

Rami Mahmoud donne l’exemple d’un salto qu’il a fait dans une salle de gym. Bien qu’il n’ait jamais pratiqué la gym de sa vie auparavant, il a accepté de tenter l’expérience pour une seule et unique raison : il savait qu’il ne se ferait pas mal du fait de la réception en mousse. Il n’aurait jamais osé le faire sur un sol en dur. Et dans ce cas, qui aurait osé le traiter de paresseux ?

Plus les situations seront adaptées à la prise de risque mesurée, plus les enfants oseront et moins ils auront peur de l’échec. Il s’agit de ne pas proposer des choses trop difficiles et de proposer un apprentissage progressif pour ne jamais placer les enfants devant une difficulté qu’ils ne pourraient pas surmonter. Les difficultés sont abordées une à une.

Cela passe aussi par l’aspect pratique de l’environnement : des éléments à portée de main, des outils adaptés à la taille des enfants, un environnement organisé et rangé…

 

2. Valoriser les efforts, le processus, la manière de faire, les progrès

Mettre l’accent sur le travail fourni permet de faire comprendre à l’enfant qu’il a le pouvoir de progresser, même si le résultat final est en dessous des attentes.

>>>Lire : La meilleure façon d’encourager et de valoriser

 

3. Inciter les enfants à prendre des risques et à accepter l’idée d’échouer

Ne faites jamais pour un enfant ce qu’il est capable de faire seul. – Maria Montessori

Cela peut passer par habituer l’enfant à se poser des questions du type

  • “Quel a été mon rôle dans cet échec ?”,
  • “Qu’est-ce qui est de ma responsabilité ?”,
  • “Qu’est ce que je peux contrôler ?”,
  • “Qu’aurais-je pu faire différemment ?”,
  • “Qu’est-ce que je peux apprendre de cet échec ?”

Rami Mahmoud considère que nous vivons dans une société de “satisfaction immédiate”. Il ne parle pas seulement de la profusion d’informations sur Internet mais aussi de la façon dont les parents se substituent à leurs enfants quand des efforts leur sont demandés, dont ils font à leur place.

Rami Mahmoud y voit deux effets pervers :

  • dévaluation de la notion d’efforts

Ces enfants reçoivent le message selon-lequel quel que soit l’effort consenti, tout le monde reçoit la même récompense.

  • élimination des occasions de connaître l’échec

Les enfants sont capables de comprendre les défis qu’ils doivent relever, de ne pas s’arrêter au premier obstacle venu, de surmonter des obstacles plutôt que de se décourager, d’apprendre de leurs erreurs et échecs. Pour ce faire, les adultes ne doivent pas empêcher les enfants de faire leurs propres expériences (par exemple, en désignant systématiquement un coupable ou un bouc émissaire responsable de l’échec de l’enfant, en trouvant des excuses aux enfants).

On peut apprendre aux enfants à raisonner en termes de progrès et de croissance pour identifier leurs propres limites et surtout les surmonter. On rejoint ici la notion d’état d’esprit de développement développée par Carol Dweck (à découvrir ici et ici).

Cela peut passer par plusieurs actions en classe et à la maison :

  • Encourager avec sagesse, sans récompenser l’intelligence ou le talent 

Louer le processus, les efforts, les stratégies, la concentration, la persévérance et les progrès.

Enseigner que chaque fois qu’on sort de notre zone de confort pour apprendre quelque chose de nouveau et difficile, les neurones dans le cerveau créent plus de connections, plus fortes et à force de connections, on devient plus intelligent.

  • Valoriser les efforts et les erreurs

L’effort et la difficulté sont synonymes de connexions entre les neurones, de connexions plus fortes. C’est précisément ce qui rend plus intelligent. Se tromper et travailler dur deviennent donc positifs : on ne nait pas intelligent, il n’y a pas les bons et les mauvais d’un côté. Tout le monde peut apprendre et s’améliorer avec des efforts et du travail. Les “pas encore” et les “bientôt” battent en brèche les fatalismes !

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Source (en anglais) :


 

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