dépasser peur de l'erreur

35 phrases puissantes à partager avec les enfants pour dépasser la peur de l’échec et de l’erreur

35 phrases puissantes à partager avec les enfants pour dépasser la peur de l’échec et de l’erreur

Les enfants avec l’état d’esprit fixe veulent s’assurer qu’ils réussissent. Les gens intelligents devraient toujours réussir. Mais pour des enfants avec l’état d’esprit de développement, le succès concerne le développement personnel. Il porte sur le fait de devenir plus intelligent. – Carol Dweck

 

Insister sur le temps que prennent les apprentissages

Sois patient(e), l’apprentissage demande beaucoup de temps et de pratique.

Cette étape demande beaucoup d’adaptation et d’apprentissage. Cela peut prendre du temps avant que tu commences à prendre du plaisir à consentir des efforts.

Quelles compétences n’avais-tu pas la semaine dernière/ le mois dernier/ l’année dernière et que tu as aujourd’hui grâce à la pratique que tu y as consacrée ?

Cela prend du temps pour que le potentiel fleurisse. Tu n’as pas besoin d’être parfait(e) tout de suite.

 

L’inévitable place de l’erreur dans les apprentissages

Les échecs sont instructifs : ils sont un appel à s’améliorer et apprendre.

Ton travail est d’apprendre à partir de tes erreurs et de tes échecs, et même des critiques qu’on t’adresse.

Qu’as-tu appris aujourd’hui ?

Quelle erreur as-tu faite aujourd’hui ? Qu’en as-tu appris ?

Tu n’as pas en train d’échouer, tu es en train d’apprendre.

Cet échec représente un défi et une opportunité. Comment vas-tu t’y prendre pour en tirer profit ?

L’échec peut être douloureux mais il ne te définit pas. C’est un problème auquel il faut faire face, qu’il faut traiter et duquel il faut apprendre. Une action (j’ai échoué) n’est pas une identité (je suis nul(le)).

Tu peux toujours apprendre de tes erreurs, sauf si tu les nies et que tu les attribues à des causalités externes.

 

La compétition doit se faire seulement contre soi-même 

Cela ne doit pas te gêner de perdre tant que tu vois une amélioration ou que tu sens que tu as fait aussi bien que tu pouvais.

La réussite personnelle, c’est faire tout son possible pour devenir meilleur(e).

Donne toi à fond et sois fier(e) de la manière dont tu t’accroches.

Etre le/la meilleur(e) que tu puisses être, c’est encore le plus important.

Si tu sais que tu as donné tout ce que tu pouvais, tu seras toujours un(e) gagnant(e).

Allume le feu en toi-même et cherche toujours à t’améliorer.

Tu peux prendre plaisir dans le simple fait de progresser.

 

Pas d’apprentissage sans efforts

Certains ne veulent pas se préparer mais juste performer, être meilleur que les autres. D’autres personnes veulent d’abord s’entraîner des centaines de fois. Tu peux être dans le deuxième groupe.

Tes efforts, ton travail sont une raison d’être fier(e).

Tu peux aimer réussir et gagner, mais ce qui doit le plus compter pour toi, c’est l’effort que tu consens même quand tu échoues ou perds.

A quoi as-tu consacré des efforts aujourd’hui ?

L’effort est précisément ce qui te rend intelligent(e) ou doué(e).

Les qualités humaines, telles que les compétences intellectuelles, peuvent être cultivées par l’effort.

L’échec n’est pas le signe d’un manque d’intelligence mais c’est un manque d’expérience qui peut être surmonté par du travail, des efforts et de la motivation.

 

Le pouvoir personnel et la responsabilité individuelle dans le processus d’apprentissage

Tu as le contrôle de tes capacités et de ta motivation.

Tu n’es pas déterminé(e) par le fait d’avoir gagné ou perdu. Tu peux aller de l’avant avec ce que tu as.

Vas y, fais en sorte que ça se réalise, développe tes connaissances et poursuis ton rêve.

Ne te préoccupe pas tant d’être intelligent(e) et d’éviter les échecs. Cela peut devenir auto destructeur. Commence à étudier et continue à t’améliorer.

Pense à ton objectif et à ce que tu pourrais faire pour le garder en vue : quelles mesures peux-tu prendre pour t’aider à réussir ? quelles informations pourrais-tu recueillir pour apprendre à partir de cette expérience ?

Des plans concrets concernant quand, et comment tu vas faire quelque chose amène à des niveaux de persévérance vraiment élevés qui, évidemment, augmentent les chances de réussite.

Le résultat à un test n’a pas le pouvoir de te définir.

Tu peux apprécier ce que tu fais indépendamment des résultats. Et en même temps, s’attaquer à des problèmes, planifier de nouvelles solutions, travailler sur des questions importantes permet d’améliorer tes résultats.

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Source : Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite de Carol Dweck (éditions Mardaga). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Commander Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite sur Amazon.


Durant ses nombreuses années de recherche en psychologie, Carol Dweck (professeur à l’université Stanford) a découvert l’existence de deux états d’esprit bien distincts.

Pensez-vous que votre intelligence est une donnée innée, que vous ne pouvez pas vraiment modifier ? Pensez-vous ne pas pouvoir changer les composantes essentielles de votre personnalité ? Si vous avez répondu «oui», il est fort probable que vous ayez un état d’esprit fixe. Ou bien pensez-vous plutôt que, peu importe votre niveau d’intelligence, il vous est possible de l’améliorer ? De modifier certains aspects de votre personnalité ? Oui ? Vous avez alors certainement un état d’esprit de développement.

À partir de cette distinction en apparence toute simple, Carol Dweck nous montre que, seuls, les capacités et le talent ne suffisent pas, mais que l’état d’esprit a un impact capital sur la réussite de notre vie. Le plus important pour relever et réussir des défis est de les aborder avec un état d’esprit de développement. Et Carol Dweck va vous montrer comment. Sur base de résultats de recherche, d’anecdotes de la vie quotidienne et d’éléments biographiques de personnalités célèbres, la chercheuse américaine applique sa méthode aux diverses facettes de l’existence (éducation, relations sociales et amoureuses, sport, monde des affaires).

Forte d’une solide expérience scientifique et universitaire, Carol Dweck nous offre non seulement une conception novatrice de ce qui nous mène à la réussite ou nous empêche de nous développer, mais également des pistes très concrètes pour mettre ces idées en pratique dans notre propre vie.

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encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

6 manières d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

Comment aider les enfants qui se découragent face aux difficultés ?

Carol Dweck est psychologue, spécialisée dans les questions de motivation chez les enfants. Elle propose une manière d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés fondée sur l’état d’esprit en développement.

Pour elle, le plus important est d’insister sur la notion de “pas encore” : une notion qui n’est pas encore acquise signifie que l’enfant est encore en train d’apprendre, qu’il est sur le chemin. Carol Dweck appelle cela le “pouvoir du bientôt“.

 

2 réactions possibles des enfants face aux défis et aux difficultés

1. “J’adore les défis” : un état d’esprit en expansion

Les enfants qui se réjouissent face à l’idée de relever des défis savent que leurs capacités peuvent être développées et que leur intelligence n’est pas figée. Ils ont un “état d’esprit en expansion”, ils sont orientés vers le “bientôt”.

Ces enfants vont s’impliquer dans les problèmes qui se présentent à eux : ils vont traiter les erreurs, apprendre à partir de celles-ci et les corriger.

 

2. “C’est une catastrophe, je ne vais jamais y arriver” : la tyrannie du maintenant

Les enfants qui paniquent devant les défis et les difficultés ont une perspective figée de l’intelligence. Ils sont pris au piège de la tyrannie du maintenant.

Face aux difficultés, ces enfants vont fuir : ils vont soit tricher (plutôt que réviser plus ou différemment) ou alors chercher quelqu’un de moins bon qu’eux (pour se rassurer sur leur propre valeur).

Les enfants pris au piège dans la tyrannie du maintenant ne vont pas même pas chercher à se confronter à l’erreur. Des scanners de leur cerveau ont montré que l’activité cérébrale est nulle face à un problème qui leur semble inatteignable.

6 manières d’encourager les enfants qui abandonnent face aux difficultés

  • 1. Encourager plutôt que complimenter

On évitera de complimenter l’intelligence ou les talents mais on mettra l’accent sur le processus dans lequel les enfants se sont engagés :

– les efforts
– l’implication
– la concentration
– la persévérance
– les progrès

“Ta réussite est la consécration de tous tes efforts”, “C’est l’aboutissement d’heures et d’heures de travail”, “Tu as gagné 3 points par-rapport au dernier contrôle”, “C’était difficile et tu as continué malgré tout”, “Tu as donné le meilleur de toi-même et tu vas continuer de progresser”…

30 propositions pour encourager efficacement les enfants :

30 propositions pour encourager efficacement

  • 2. Porter l’attention sur la méthode et la stratégie mises en place

On pourra demander à l’enfant comment il a fait pour trouver et décrire comment il s’y est pris, détailler les étapes de sa réflexion et les allers retours pour arriver à la solution.

 

  • 3. Utiliser des mots “magiques” : bientôt, pas encore, pour le moment

Dire “Tu n’y arrives pas encore“, “Tu vas bientôt y arriver”, “Tu ne comprends pas pour le moment” donne de l’assurance aux enfants car ils ouvrent une voie vers l’avenir.

 

  • 4. Expliquer le fonctionnement du cerveau pour changer l’état d’esprit des enfants

On peut expliquer aux enfants que leur cerveau est plastique. Chaque fois qu’ils apprennent quelque chose, les neurones dans leur cerveau créent plus de connexions et plus fortes . A force de connexions, ils deviennent plus intelligents.

On pourra alors leur faire comprendre que leurs efforts finiront par payer :

Tes efforts créent des connexions entre tes neurones et ces connexions plus fortes et plus nombreuses, c’est ce qui te rend plus intelligent.

Plus tu travailles, plus tu mets de chances de ton côté.

 

  • 5. Avoir des attentes positives envers les enfants

Les attentes que nous avons envers les enfants modifient nos comportements envers eux. Or la manière dont nous traitons les enfants influencent sur le comportement de ces derniers. Les comportements (négatifs mais aussi positifs) s’auto-renforcent à l’aide d’étiquettes.

Lire cet article sur le rôle de nos attentes dans l’éducation des enfants (et notamment le mécanisme de l’effet Pygmalion).

 

  • 6. Éviter le piège du “c’est facile, tu verras”

On croit généralement encourager nos enfants en leur disant qu’une chose est facile. Pour nous, cela revient à leur dire que les choses sont à leur portée, que nous les savons capables de le faire à l’avance et que nous leur faisons confiance.

Or cela peut se retourner contre eux.

  • S’ils réussissent à faire quelque chose de facile, ils n’en retireront aucun mérite.
  • S’ils ne réussissent pas, ils se sentiront nuls car ils n’auront même pas été capables d’exécuter une chose communément admise comme simple.

On peut essayer de remplacer « C’est facile ! » par l’inverse : « Ce n’est pas facile ! » ou « Ça peut être difficile !« . Le message change alors de sens :

  • en cas de réussite, l’enfant est empli de fierté : »J’ai réussi quelque chose de difficile ! »
  • en cas d’échec, cette pensée peut le consoler : « J’ai raté mais c’était difficile. » Dans ce cas, on incitera l’enfant à recommencer avec des phrases motivantes du type « On ne peut pas s’améliorer tant qu’on n’a pas fait un premier pas. Le 40ème essai sera meilleur que le premier. Tu vas continuer à t’améliorer grâce à l’habitude et l’expérience. »

 

Il ne s’agit pas pour autant de dire que tout est difficile au risque de décourager l’enfant et de lui donner l’impression que le monde est inabordable. Mais plutôt de dire qu’une chose PEUT être difficile.

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Inspiration : Changer d’état d’esprit : Une nouvelle psychologie de la réussite de Carol Dweck (Editions Mardaga).

pre-requis-pour-apprendre

Des pré-requis pour apprendre ? La place de l’erreur, une bonne estime de soi, la peur d’apprendre

Apprendre, une alchimie complexe !

mais qu'est ce qui l'empêche de réussirÉtymologiquement, apprendre signifie “prendre en soi”. Jeanne Siaud-Facchin écrit que apprendre suppose qu’il existe un “objet” extérieur, un “objet de connaissance” à l’extérieur de soi et que nous devons mettre en marche des mécanismes pour s’approprier ce savoir externe.

Apprendre est un verbe et suppose donc un mouvement, une action.

Selon Jeanne Siaud-Facchin, apprendre correspond à une démarche intellectuelle active face à un savoir nouveau. L’apprentissage consiste à s’approprier ce savoir en mettant en jeu différents mécanismes :

  • l’analyse
  • la compréhension
  • la mémorisation

Pour parvenir à l’acquisition et la maîtrise de la connaissance nouvelle (le savoir), il faut avoir :

  • la volonté d’apprendre (et pas seulement de savoir : passer du désir de savoir au désir d’apprendre n’est pas si aisé)
  • l’envie d’apprendre (le désir et la motivation qui poussent à se mettre en mouvement et à faire des efforts)
  • la représentation claire de l’objectif à atteindre (la capacité à se projeter et à s’imaginer comment sera utilisé le savoir, quel projet ou quel besoin il servira)

Apprendre est donc une alchimie complexe :

  1. Accepter de ne pas savoir (qui renvoie à l’estime de soi, l’image qu’on a de nous et la valeur que nous nous attribuons)
  2. Activer ce que l’on sait déjà, faire des liens et confronter la connaissance nouvelle aux savoirs déjà intégrés (qui renvoie à la mémoire)
  3. Inhiber ce qui ne convient plus demandant des repères internes stables et d’être bien dans sa tête (qui renvoie à la confiance en soi et à la capacité d’accepter les erreurs, les échecs)
  4. Être acteur du processus, s’approprier les connaissances au service d’un objectif, d’un projet, d’un rêve (c’est dans la poursuite de nos projets réels, personnels et choisis librement qu’on développe le plus de compétences : je ne sais pas comment je vais faire mais je vais le faire !)

On est obligé d’apprendre (même si ce n’est pas toujours ce que les autres voudraient qu’on apprenne !). Le cerveau ne peut pas s’empêcher d’apprendre. Il ne sait rien faire d’autre, il est programmé pour cela. Tout le monde apprend, tout le temps (même si le contenu de cet apprentissage n’est pas toujours ce que l’enseignant, les parents, le patron ou la société attendent qu’on apprenne…).

 

Des pré requis pour apprendre ?

Pour apprendre, il faut accepter de ne pas savoir :

  • Apprendre suppose la capacité de tolérer la frustration : ne pas tout savoir et ne pas tout savoir tout de suite
  • Apprendre suppose d’avoir confiance en soi pour ne pas se sentir menacé dans cette situation transitoire que constitue la situation d’apprentissage, c’est-à-dire accepter de ne pas savoir pour acquérir la compétence ou connaissance nouvelle
  • Apprendre suppose de pouvoir supporter ce sentiment passager d’incompétence
  • Apprendre suppose de prendre le risque d’être confronté à ses limites, de ne pas y arriver. Et de l’accepter.
  • Apprendre est une démarche qui peut aussi être douloureuse.
  • Apprendre, c’est faire preuve de courage.

 

La place de l’erreur

Apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe ! C’est parce que je me trompe que je suis en train d’apprendre. Les erreurs sont des leviers de progression.

L’erreur n’est pas seulement l’effet de l’ignorance, de l’incertitude, du hasard […] , mais l’effet d’une connaissance antérieure, qui avait son intérêt, ses succès, et qui, maintenant, se révèle fausse ou simplement inadaptée. – G. Brousseau (didacticien des mathématiques)

Si les enfants considèrent les erreurs comme des marques de faiblesse, alors ils auront tendance à se sentir inadéquats et découragés alors qu’intégrer les erreurs dans le processus d’apprentissage permet de les assumer et d’en faire un exercice enrichissant : “Je me demande ce que je vais apprendre de cette erreur.”

 

Une bonne estime de soi

L’estime en soi est à mettre en rapport avec la valeur que nous nous accordons. L’estime de soi est synonyme d’image de soi. Elle est le résultat d’une évaluation que nous faisons de nous-mêmes, de nos actions.

On reconnait l’estime de soi saine et épanouie au sentiment d’être bien avec soi-même, d’harmonie avec soi. Une bonne estime de soi produit une énergie constructive qui permet à la personne de s’ouvrir à la nouveauté, à l’inconnu, à l’autre. On accepte plus facilement les difficultés, les obstacles, les critiques quand on a une bonne image de soi.

 

La peur d’apprendre

enfants empêchés de penserPour apprendre dans le cadre scolaire, les enfants ont besoin de compétences dites instrumentales (comme la mémorisation du son des lettres ou le repérage dans l’espace de sa feuille) et de compétences dites comportementales (comme rester assis sur sa chaise ou savoir se concentrer sur un texte).

Serge Boimare, ancien enseignant et psychopédagogue va plus loin : ces compétences sont nécessaires, mais pas suffisantes. Un enfant a besoin d’un monde interne riche et fiable quand il apprend car apprendre est une épreuve.

Le monde interne a deux fonctions :

  • alimenter les capacités réflexives (produire des images, du sens, des connexions),
  • relayer les capacités réflexives (raconter, expliquer, argumenter, structurer).

Serge Boimare propose d’expliquer une partie de l’échec scolaire par une mauvaise qualité du monde interne qui entraîne des stratégies d’évitement de penser. Selon lui, l’empêchement de penser touche environ 15% des élèves de l’école française. Il voit deux grandes raisons à cette mauvaise qualité du monde interne de ces enfants :

  • sa fragilité (dû notamment à une incapacité à se remettre en cause, à reporter systématiquement sur l’autre ce qui leur arrive de mauvais ou de décevant et à différer ses désirs),
  • sa pauvreté (dû notamment à un manque d’interactions langagières).

Comme ces enfants manquent de points d’appui internes, ils sont incapables de différer leur satisfaction et de supporter le doute. C’est seulement en les aidant à construire un monde interne sécurisé et enrichi que Serge Boimare estime que ces enfants empêchés de penser pourront résister à la frustration et à l’inquiétude imposées par le fonctionnement intellectuel.

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Sources :

poser-des-questions-reussite-enfants

L’art de poser des questions aux enfants : s’appuyer sur les réussites pour dépasser la peur de l’échec et analyser ses erreurs

L’art de poser des questions aux enfants : s’appuyer sur les réussites pour dépasser la peur de l’échec et analyser ses erreurs

30 questions à poser aux enfants pour mieux gérer les échecs (et s’appuyer sur les réussites pour dépasser la peur de l’erreur) :

S’appuyer sur les réussites…

Qu’est-ce que tu sais bien faire et que tu aimes faire ?

Comment l’as-tu appris ?

Depuis quand sais-tu le faire ?

Quels obstacles as-tu surmontés ?

Quels efforts as-tu déployer ?

A qui as-tu demandé de l’aide pour l’apprendre ?

Combien de temps cela t’a-t-il pris pour y arriver ? Combien de temps t’es-tu entraîné.e ?

De quoi es-tu particulièrement fier(e) ?

Combien de fois as-tu échoué/ raté ?

Comment est-ce que tu pourrais encore t’améliorer ?

 

…. pour dépasser la peur de l’échec…

Qu’est-ce que tu ne sais pas encore faire et que tu aimerais savoir faire ?

Qu’est-ce que tu sais déjà faire et qui pourrait te servir ?

Qu’est-ce que tu peux faire pour t’en rapprocher un peu plus ?

Quels seraient les obstacles qui pourraient t’en empêcher ?

A qui pourrais-tu demander de l’aide ?

Quelles stratégies connais-tu que tu pourrais appliquer ?

Comment font les autres ? Comment peux-tu utiliser leurs stratégies ?

De quoi as-tu besoin pour t’entraîner ?

De combien d’essais penses-tu avoir besoin ?

Quand penses-tu pouvoir y arriver ?

Que feras-tu si c’est difficile ?

 

… et analyser ses erreurs !

Quelle a été ta plus grosses erreur (de la journée/ semaine/ mois…) ?

Est-ce que tu as vraiment fait de ton mieux ?

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

Quels ont été les obstacles ?

De quoi aurais-tu eu besoin ?

Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?

Qu’est-ce que tu as appris de cette erreur ?

Qu’est-ce que tu vas changer la prochaine fois ?

Comment peux-tu t’améliorer ?

Que feras-tu si tu échoues à nouveau ?

 

 

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Comment apprendre ? A partir des erreurs !, nous dit cette enseignante

Comment apprendre ? A partir de ses erreurs !

Dans cette vidéo TED, Diana Laufenberg, enseignante américaine, explique que permettre aux enfants d’échouer est une partie intégrante du processus d’apprentissage. 

La pire chose à dire aux enfants est de leur dire de ne jamais se tromper.

Leur demander d’avoir toujours la bonne réponse ne leur permet pas d’apprendre. 

Cocher la bonne réponse à un QCM, ce n’est pas apprendre.

La culture de la réponse unique ne permet pas de former des individus capables de répondre aux défis de demain.

 

Lire aussi : Comment pratiquer l’évaluation positive (à l’école et à la maison) ?

4 conséquences néfastes de la peur de l’échec (et comment les surmonter)

4 conséquences néfastes de la peur de l’échec (et comment les surmonter)

1. L’intolérance

Nous gagnerions à enseigner à nos enfants qu’il existe autant de normes que de cultures. Ce qui est vrai ou juste peut ne pas l’être dans une autre culture, dans une autre langue.

7-savoirs-necessaires-a-leducation-du-futur

2. La mauvaise estime de soi

Dans son TedX, Mme Bondel regrette que sa fille répétait souvent au sujet de l’école “Je suis fatiguée d’avoir peur de me tromper”. A 9 ans, elle avait déjà l’impression que ça ne servait à rien d’essayer de changer les choses. Un déclic a eu lieu quand une amie lui a dit :” Je ne comprends pas, tu avais pourtant de bonnes notes dans ton autre école avant.”

Le travail pour se convaincre qu’on est capable de réussir (enfant ou adulte) est long et nécessite un déclic. Ce déclic, cette prise de conscience peut passer par la valorisation :

>>>Pour aller plus loin : L’extraordinaire pouvoir de croire qu’on peut s’améliorer : quand un “pas encore” change la vie !

 

3. La manque d’autonomie

A l’école, un adulte (l’enseignant) contrôle toujours le travail en fin de chaîne.

On peut donner la possibilité aux enfants de détecter leurs erreurs tous seuls et de les corriger, pour comprendre, pour progresser, pour se faire plaisir.

>>>Pour aller plus loin : Comment pratiquer l’évaluation positive (à l’école et à la maison) ?

 

4. Le manque de persévérance

Les enfants peuvent apprendre à surmonter leurs échecs, à en faire des forces, des points d’appui pour recommencer différemment. Les enfants ont le droit de se tromper, ils en ont même le devoir !

>>>Pour aller plus loin : Une nouvelle psychologie de la réussite : 7 clés pour la réussite de tous les enfants !

 

 

 

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ennemis cerveau apprend

4 ennemis majeurs du cerveau à éviter quand on apprend

4 ennemis majeurs du cerveau à éviter quand on apprend

4 ennemis majeurs du cerveau sont à éviter quand on apprend. Face à ces ennemis, le cerveau perd ses moyens. Plusieurs processus nécessaires à l’apprentissage en sont affectés : la créativité, la mémorisation, la compréhension.

1. L’absence de sentiment de sécurité (physique et émotionnelle)

Le besoin de sécurité physique et émotionnelle fait partie des besoins psychologiques et émotionnels des enfants. Faire peur à l’enfant est pourtant encore courant :

  • moquerie et humiliation,
  • mépris,
  • menaces,
  • chantage,
  • cri,
  • exigences qui ne respectent pas la réalité du stade de développement de l’enfant,
  • règles fluctuantes, non claires,
  • le retrait d’amour, d’affection,
  • l’isolement et l’exclusion (du groupe classe, de la famille),
  • violence (physique ou verbale).

A l’école, les interrogations surprises, les menaces de zéro ou de colle, l’obligation d’aller au tableau sont vécues comme des menaces diffuses et mettent les enfants en grande insécurité.

 

2. La peur de l’erreur

La peur de l’erreur est très fréquente à l’école et source de stress intense. Créer une atmosphère d’apprentissage où les erreurs font partie de la démarche d’apprendre aidera les enfants à prendre confiance en eux.

Les erreur sont un outil de travail et servent à progresser. Apprendre consiste justement à analyser ses erreurs pour en comprendre la cause, à les corriger à partir de cette compréhension avant de pouvoir avancer dans la compréhension.

On peut proposer aux enfants une vision positive de l’erreur et insister sur la valeur des efforts, du travail, du processus pour pousser les enfants à persévérer.

citation sur les erreurs

 

3. L’anxiété et le stress

Les capacités d’apprentissage des enfants dépendent grandement de leur état émotionnel. Il s’agit de leur apprendre à passer d’un état émotionnel défavorable aux apprentissages à un état favorable.

Plusieurs manières de se reconcentrer et de se calmer peuvent être proposées à l’enfant :

  • faire une pause pour parler d’un sujet qui le motive et réveille des émotions positives,
  • pratiquer des exercices simples de relaxation, de respiration ou de yoga,
  • faire preuve d’humour (raconter des blagues, faire des grimaces, une séance de yoga du rire),
  • proposer une activité créative,
  • colorier un mandala de l’extérieur vers l’intérieur,
  • boire un verre d’eau,
  • changer de lieu,…

Pour en savoir plus sur le stress chez l’enfant, je vous propose de lire ce dossier complet : Quand le stress bloque les apprentissages, comment en réduire le niveau ?

 

4. Le découragement : “Je n’y arriverai jamais”

Face à un enfant découragé, on peut être tenté de l’encourager maladroitement : “C’est facile, tu verras !”.

Pour nous, cela revient à lui dire que les choses sont à sa portée, que nous le savons capable de le faire à l’avance et que nous lui faisons confiance. Pourtant, cela peut se retourner contre l’enfant. Si celui-ci réussit à faire quelque chose de facile, il n’en retirera aucun mérite. S’il ne réussit pas, il se sentira nul car il n’aura même pas été capable d’exécuter une chose communément admise comme simple.

On peut essayer de remplacer « C’est facile ! » par l’inverse : « Ce n’est pas facile ! » ou « Ça peut être difficile ! ». Le message change alors de sens :

  • en cas de réussite, l’enfant est empli de fierté : »J’ai réussi quelque chose de difficile ! »
  • en cas d’échec, cette pensée peut le consoler : « J’ai raté mais c’était difficile. «

L’idée est de faire comprendre à l’enfant que tout est question de temps et que les apprentissages ne sont pas une course à la performance. Une manière d’encourager efficacement un enfant découragé serait de reformuler sa phrase par : “Tu n’y arrives pas ENCORE !”. C’est ce qu’on appelle le “growth mindset” et qu’on peut cultiver chez les enfants : apprendre à parler, à penser et à se penser dans un esprit de croissance.

Il ne faut jamais oublier que l’intelligence est incroyablement plastique, qu’un mauvais élève peut devenir bon en l’espace de quelques mois quand il est dans un milieu secure. Or, plus un système est rigide – et le nôtre l’est – moins il tient compte de cette plasticité de l’intelligence. – Boris Cyrulnik

 

La culture de l’état d’esprit de développement peut passer par plusieurs points :

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Sources :
J’aide mon enfant à mieux apprendre de Bruno Hourst
Donner l’envie d’apprendre de Alain Sotto et Varinia Oberto


faciliter les apprentissages

6 moteurs pour faciliter les apprentissages

6 moteurs pour faciliter les apprentissages

Je vais développer cette notion de facilitateurs d’apprentissage :

  1. La richesses des interactions sociales et de l’environnement,
  2. Les histoires (“story telling”),
  3. Les jeux,
  4. Les projets personnels et porteurs de sens,
  5. Faire,
  6. La redéfinition des échecs et des erreurs.

 

N°1. La richesse des interactions sociales et de l’environnement

Les adultes entourant les enfants doivent être bienveillants : des aidants et non des juges.

Tous capables, c’est déterminant !

Les adultes aidant le développement des enfants ne peuvent pas être des juges, des censeurs. Une personne qui évaluerait, qui ferait des remarques (comme « mais tu ne sais pas encore ça!) est la dernière personne à qui les enfants voudraient demander de l’aide. Ils se sentent plutôt nerveux, angoissés, et même stressés, au contact de ce type de personnes.

Les adultes bienveillants, qui n’émettent pas de jugement en fonction de normes, de paliers par âge, sont ceux vers lesquels les enfants pourront se tourner en cas de difficultés, et auxquels ils pourront se confier : « Je ne sais pas du tout comment faire. Je me suis trompé. J’ai besoin d’aide. »

Le « mélange » d’enfants de tous âges profitent aussi bien aux petits qu’aux grands.

Peter Gray, auteur de Free to learn, milite en faveur de classes mixtes, dans lesquels des enfants de tous âges se cotoyeraient.

Les enfants d’un même âge n’ont pas forcément grand chose à s’apprendre mutuellement. Les interactions sont plus riches quand les écarts d’âge sont plus grands.

L’immersion dans un groupe est bénéfique quand ce groupe est une communauté stable et démocratique.

Les enfants ont besoin de reconnaissance et d’appartenance : les communautés dans lesquelles chaque enfant sait que ses idées et ses actions sont prises en compte et débattues par les autres membres de sa communauté comblent ces deux besoins fondamentaux. Les enfants se sentent à la fois responsables d’eux mêmes mais aussi des autres. Ils apprennent à s’auto gérer, à établir des règles en fonction des besoins de chacun et des problèmes rencontrés au fur et à mesure qu’ils émergent dans la vie en collectivité. Les interactions façonnent le fonctionnement de la communauté.

Des “réseaux sociaux” d’apprentissage

Laurène Castor, créatrice du blog Edutopies et fondatrice de la New World University, parle de “réseaux sociaux” : les communautés dont on fait partie, les associations qu’on a intégrées, la famille et les amis, les réunions et conférences auxquelles on assiste, les groupes de pairs, les interactions avec des personnes d’horizons et surtout d’âges divers…

Ces “réseaux sociaux” ont plusieurs avantages quand on parle d’apprentissages :

  • stimuler le partage autour d’intérêts communs
  • enseigner aux autres permet de mieux apprendre soi-même
  • apprendre par observation et imitation

 

N°2. Des histoires

Laurène Castor parle de “story telling”:

  • jouer avec l’imaginaire,
  • replacer une information dans un contexte narratif,
  • provoquer des images et des films mentaux,
  • ressentir des émotions,
  • s’identifier avec les personnages,
  • suivre leurs aventures,
  • être captivé.

Les histoires participent à enregistrer profondément les informations dans la mémoire.

C’est ainsi que de nombreuses méthodes pédagogiques s’appuient sur les histoires pour rendre des notions plus faciles et ludiques :

– La méthode Multimalin en mathématique : apprendre les tables de multiplication grâce à de petites histoires

technique de mémorisation des tables de multiplication

 

– La méthode des Alphas pour apprendre à lire à partir de personnages à manipuler mis en scène dans un dessin animé et des aventures. Les Alphas sont des figurines qui ont la forme des lettres et qui ont une raison de faire le son de la lettre (par exemple la fusée a une forme de F et fait le son fffff dans le dessin animé).

coffret des alphasla planète des alphas

Hugo et les rois Etre et Avoir pour apprendre la grammaire et l’orthographe

apprendre grammaire et orthographe

N°3. Des jeux

Les jeux stimulent la stratégie, l’imagination, la créativité et la construction d’un autre possible.

Laurène Castor parle de jeux au sens général :

  • les jeux libres et non guidés,
  • les jeux à visée pédagogique pour stimuler une ou plusieurs compétences/connaissances,
  • les jeux pour développer les fonctions exécutives des enfants,
  • les jeux de société à règles,
  • jeux vidéos,
  • sports,
  • jeux de cartes…

Pour Peter Gray, les temps de jeux, d’exploration et de poursuite des centres d’intérêt propres doivent être illimités. Le jeu libre, non structuré, auto guidé est au coeur du développement de l’enfant. Quand Peter Gray dit « illimité », il l’entend au sens propre : bien plus qu’une heure par jour ou même que trois heures par semaine. Essayer différentes choses, tester des hypothèses, s’entrainer, faire, défaire et refaire, tout cela demande du temps.

Trouver sa passion, la pratiquer, la creuser, l’enrichir, requiert du temps non contraint, non borné.

Il est impossible d’interrompre des activités par des sonneries et de décider pour les autres comment ils vont occuper leur temps tout en s’attendant à ce qu’ils trouvent leur élément, à ce qu’ils apportent leur talent au monde pour faire une différence positive.

 

N°4. Des projets réels et personnels, porteurs de sens

Tous les apprentissages, c’est pour vivre !

Les projets réels sont les objectifs qu’on se fixe et qui nous stimulent, ce qu’on entreprend par motivation personnelle. Ils peuvent prendre de nombreuses formes :

  • un stage,
  • une compétition,
  • quelque chose à construire,
  • un record à battre,
  • un livre à écrire,

C’est dans la poursuite de nos projets réels, personnels, porteurs de sens et choisis librement qu’on développe le plus de compétences : je ne sais pas comment je vais faire mais je vais le faire !

Ce qui a du sens est ce qui nous fait du bien, ce qui nous est favorable et agréable. Cette recherche et cette application de projets personnels porteurs de sens nécessitent de pouvoir compter sur notre “boussole intérieure” : je sais exactement ce qui est juste pour moi à ce moment-là. L’école a tendance à couper de l’instinct naturel d’apprendre et de cette “boussole intérieure” car le temps et l’espace y sont contraints.

L’éducation consiste alors à libérer le potentiel créateur de chacun d’entre nous, à libérer nos âmes d’enfant et à mettre tout notre possible dans nos projets.

 

N°5. Faire

On pourrait affirmer que la seule manière d’apprendre, c’est de faire ! Il y a quatre paliers quand nous apprenons :

  • être inconsciemment incompétent (je ne sais pas que je ne sais pas)
  • être consciemment incompétent (je sais que je ne sais pas)
  • être consciemment compétent (je sais que je sais)
  • être inconsciemment compétent (je ne sais pas que je sais) car le savoir est automatisé à force d’entrainement et de répétition.

Prendre conscience de ce qui ne va pas, du manque (de compétence ou de connaissance) déclenche la recherche et l’apprentissage. L’apprentissage est efficace seulement quand ce déclenchement est personnel : qu’est-ce qui est bon/juste/agréable pour moi ? qu’est-ce qui me manque pour atteindre ce qui est bon/juste/agréable pour moi ?

Les humains (et les enfants humains) apprennent en faisant : pour apprendre à faire quelque chose, je dois faire ce que je ne sais pas faire pour apprendre à le faire. Et ils le font d’autant plus et mieux quand ils sont enthousiasmés et motivés (on revient au point n°4 précédent).

 

N°6. Une redéfinition des échecs et des erreurs

La connexion, les histoires, les jeux et les projets sont des moteurs pour apprendre et permettent l’affirmation de soi.

Pour autant, les apprentissages ne sont pas faciles : il y aura toujours des erreurs, des échecs, des obstacles et des sources de stress sur le chemin. Apprendre nécessite d’accepter l’incertitude et la remise en question, l’invalidation de certains croyances.

Quand les facilitateurs de l’apprentissage sont là, le “fun” est plus fort que la “souffrance” car ils stimulent le courage, la remise en question, la connaissance de soi et des autres, l’épanouissement personnel. Pour autant, personne n’a dit que le bonheur est confortable !

Toutes les personnes qui ont créé quelque chose l’ont fait parce qu’elles ont senti qu’elles n’avaient pas le choix, qu’elles devaient le faire : elles ont été poussées par quelque chose qui les anime et les motive, même si elles étaient tiraillées par la peur et le stress.

 

Il est donc vital de prendre garde à l’école et à la maison à ne pas “confisquer” ce droit à apprendre naturellement du fait de l’espace et du temps contraints, de la peur (décevoir, échouer, se tromper, ne pas être à la hauteur, ne pas pouvoir accéder au niveau supérieur…), de la soumission à un enseignant.

 

L’alternative à l’éducation, c’est l’apprendre ! – Jean-Pierre Lepri (enseignant français, auteur de La fin de l’éducation)

 

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pratiquer évaluation positive

Comment pratiquer l’évaluation positive (à l’école et à la maison) ?

Pourquoi l’évaluation positive ?

L’évaluation positive se fonde sur plusieurs piliers :

  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress et le sentiment d’impuissance inutilement. Les punitions sont néfastes aux apprentissages.
  • La motivation et les encouragements stimulent l’apprentissage. Les meilleurs encouragements résident dans le regard bienveillant des autres et la conscience de progresser, ils ne sont pas synonymes de récompenses.

 

6 manière de pratiquer l’évaluation positive (à l’école et à la maison)

1. Utiliser des encouragements positifs

Valoriser les mots qui sont écrits correctement (« je vois tel et tel mots/ je lis 14 mots écrits sans faute »).

Valoriser le processus (« Tu as écrit une phrase entière/ un paragraphe entier/ X lignes tout seul ! »).

Valoriser les progrès (« ça y est, tu sais écrire tel mot tout seul »).

 

Décrire ce que l’on voit

Tu as l’air satisfait(e)/ content(e)/ fier(e) de ton travail.

Tu as écris toutes les lettres de l’alphabet/ tu connais toute ta table de 6/ tu as écrit 4 mots sans erreurs…

Regarde toutes ces additions justes/ je compte 5 lignes sans erreurs…

Tu sais écrire tel mot avec la bonne orthographe/ tu sais compter jusqu’à 70 tout seul…

 

Remarquer les efforts et le travail de l’enfant

Cela a dû te demander beaucoup de concentration de…

Cela t’a demandé des heures d’efforts de…

C’est la première fois que tu… : quels progrès !

C’est beaucoup de travail de…

Cela a dû être difficile de… Montre moi ce qui a été le plus difficile.

 

Valoriser ce qui est fait correctement

Cela peut passer en tant qu’enseignants ou parents par le fait d’entourer les réponses correctes, de pointer les bonnes réponses, de compter le nombre de réponses justes…

 

2. Considérer les enfants comme des « traqueurs d’erreurs »

Faire comprendre à l’enfant qu’il peut se faire confiance

Tu as un doute sur l’orthographe de ce mot ? Ecris toutes les orthographes auxquelles tu penses et choisis celle que tu « sens », qui te « parle » le plus.

On dirait que tu as vraiment travaillé dur pour tout faire correctement. Je viens de remarquer quelque chose. On dirait qu’une erreur s’est glissée dans ton travail. Voyons si tu peux la trouver tout(e) seul(e).

Mon petit œil voit une erreur : une petite erreur comme celle là ne peut pas t’échapper encore longtemps !

Tu as trouvé l’erreur !

Cette lettre ressemble beaucoup à cette autre lettre et tu l’as trouvée quand même. Tu es un vrai traqueur d’erreurs.

Tu t’es corrigé(e) tout(e) seul(e) !

Tu es maintenant capable de…

Si l’enfant ne trouve pas, on peut montrer l’endroit de manière de plus en plus précise (paragraphe, puis ligne, puis mot…) où se cache l’erreur.

 

Favoriser l’auto correction

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.

Il est souvent possible de proposer des exercices ou des activités auto correctives aux enfants.

Au delà du simple corrigé étapes par étapes à disposition, voici quelques exemples d’activités auto correctrices astucieuses et inspirantes :

Source : blog l'école des amours
Source : blog école des amours (http://ecoledesamours.blogspot.fr/2014_12_01_archive.html)

 

jeu pour compter d'inspiration Montessori
Jeu pour compter d’inspiration Montessori

3. Engager l’intelligence des enfants

Ne pas corriger mais laisser l’enfant réfléchir à des alternatives

Je n’arrive pas à te relire. Qu’as-tu voulu écrire ?

Je suis perplexe car je ne trouve pas la même réponse que toi. Comment pouvons-nous faire pour être sûrs de trouver une même réponse correcte ?

Est-ce que tu es d’accord/ tu as besoin que je t’explique comment je m’y suis pris moi ?

On peut ici donner des outils à l’enfant :

  • quelles sont les ressources à disposition (leçons de l’école, rédaction précédente, dictionnaire, Bescherelle, Internet, exercices corrigés…) ?
  • auprès de quelles personnes ressources trouver des informations utiles (papa, maman, papi, l’enseignant, le grand frère ou la grande sœur, les copains…) ?
  • quelle démarche adopter (expérimentale…) ?

 

Apprendre, c’est comprendre pourquoi on se trompe.

 

Inciter l’enfant à se poser des questions

Comment tu t’y es pris ?

Par quoi as-tu commencé ?

Qu’est-ce que tu as fait dans ta tête ?

A quelle leçon/ à quel autre exercice cela te fait-il penser ?

Comment aurais-tu pu faire différemment ?

Qu’est-ce que tu as appris de nouveau ?

 

Faire des suggestions sans juger bien ou mal/ correct ou incorrect

Par analogie – « on écrit le son [eau] dans marteau comme dans bateau ».

En utilisant les familles de mots – « il y a un [t] à la fin de chat car on peut former des mots à partir de chat dans lesquels on entend la lettre muette, comme chaton ou chatte ».

 

En identifiant les raisons de l’erreur – «tu as mis un “s” à la fin de “ils manges” car tu as identifié le pluriel du sujet “ils”. Tu as pensé que “manges” est un adjectif car on met on S à la fin des adjectifs au pluriel. Pourtant, “mange” n’est pas un adjectif. Quelle est la nature de ce mot ? Quelle est alors la règle qui s’applique ?».

 

Il n’y a pas d’erreur bête, il n’y a que des erreurs intelligentes

 

4. Insister sur l’apprentissage réalisé et la prochaine fois

Tu sais comment faire maintenant./ Tu sauras faire la prochaine fois.

La prochaine fois que tu seras dans cette situation, tu sauras à quoi faire attention/ tu sauras quelles questions te poser.

Fais/ écris/ calcule XX… Maintenant, fais/ écris/ calcule XY… Est-ce que tu vois la différence entre les deux ? Regarde là et là. Maintenant, tu connais la différence et tu sais comment faire.

 

5. Faire comprendre à l’enfant que les adultes aussi font erreurs

L’apprentissage est progressif, cela prend du temps. Quand on est adulte, on a parfois oublié qu’on faisait des erreurs enfants.

L’automatisation ne peut se faire qu’avec de l’entrainement.

Les adultes aussi font des ratures et des erreurs d’orthographe. Ils hésitent, rayent, se trompent, se corrigent avant d’arriver à une version finale.

 

6. Avoir une vision positive de l’erreur

Tu t’es trompé. C’est fantastique ! Qu’apprends-tu de cette erreur ?

Tu n’y arrives PAS ENCORE.

J’ai confiance en ton intelligence.

Ne dis pas « si j’y arrive » mais « quand j’y arriverai ».

J’ai confiance en toi. Quand tu seras prêt(e), tu…

Je sais que tu trouveras un jour les ressources en toi pour…

On apprend dans l’action, pas dans la tête. On ne peut pas s’améliorer tant qu’on n’a pas fait un premier pas. La 40ème essai sera meilleur que le premier. Tu vas continuer à t’améliorer grâce à l’habitude, l’expérience et au retour des gens qui t’entourent.

Pour aller plus loin : 20 phrases à dire à nos enfants pour surmonter leur peur de l’échec.

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apprentissage neurosciences

4 piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences (ou comprendre comment nous apprenons)

4 piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences (ou comprendre comment nous apprenons)

D’après Stanislas Dehaene, psychologue cognitif, neuroscientifique et professeur au Collège de France, les neurosciences cognitives ont identifié au moins quatre facteurs qui déterminent la vitesse et la facilité d’apprentissage.

piliers de l'apprentissage

 

1. L’attention

Le rôle de l’attention et ses pièges

L’attention est la capacité que nous avons à nous ouvrir à la réalité : l’attention ouvre notre esprit. Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, auteurs de La pédagogie positive, la définissent comme

Le mouvement cérébral qui va nous permettre d’orienter notre action en fonction d’un objectif, d’un centre d’intérêt… Grâce à elle, nous captons, par nos cinq sens, les différentes informations en provenance soit de notre environnement, soit de notre ressenti émotionnel ou psychologique.

 

Stanislas Dehaene ajoute que l’attention sert à sélectionner les informations et elle facilite l’apprentissage.

Mais l’attention peut être sélective. Nous apprenons et mémorisons en fonction d’un projet de mémorisation et tous les stimulii non pertinents dans le cadre de ce projet sont évacués par le cerveau, ils deviennent littéralement invisibles. Même s’ils sont visibles, leur traitement est différé du fait d’un goulot d’étranglement dans le cerveau. La vidéo du « gorille invisible » illustre parfaitement ce mécanisme :

Quelles conséquences pour l’enseignement ?

La tâche la plus important des enseignants est de canaliser et captiver, à chaque instant, l’attention de l’enfant.
L’enseignant doit veiller à créer des matériaux attrayants mais qui ne distraient pas l’enfant de sa tâche principale, notamment en ne créant pas de double tâche.

L’ “effet maître” consiste à bien orienter l’attention des apprenants et donc à bien définir la tâche en question.

Il est possible d’entraîner les enfants à rester concentré en présence d’une distraction, à savoir résister à un conflit interne. Stanislas Dehaene cite plusieurs types d’activités qui participent au renforcement des capacités d’attention :

 

 

2. L’engagement actif

Stanislas Dehaene écrit :

Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il ne sait pas

Une étude scientifique a montré que le nombre de tests via des exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures passées à étudier.

L’enfant sera d’autant plus actif et engagé quand il aura envie de faire l’action. Cette envie est déclenchée quand l’activité lui plaît, qu’elle importe pour lui, qu’il y voit un intérêt personnel, qu’elle fait sens… et non pas parce qu’il y est contraint par un intervenant extérieur.

 

 

3. Le retour d’information

Un retour d’information efficace est immédiat

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.

Les erreurs sont positives et sources d’apprentissage. Elles sont normales dans le processus d’apprentissage car elles expriment à la fois la représentation mentale que l’élève se fait d’une notion ou d’une action et un obstacle à repérer avant de le dépasser.

Gaston Bachelard (philosophe des sciences) disait :

On connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant les connaissances mal faites, en surmontant ce qui ,dans l’esprit même, fait obstacle.

 

Le rôle fondamental de l’erreur

Stanislas Dehaene ajoute que l’apprentissage se déclenche lorsqu’un signal d’erreur montre que la prédiction générée par notre cerveau n’est pas parfaite. Il ne peut pas exister d’apprentissage quand tout est parfaitement prévisible.

Les neurosciences démontrent donc que :

  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance inutilement. Les punitions et la méthode autoritaire sont néfastes aux apprentissages.
  • La motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage. Les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser, ils ne sont pas synonymes de récompenses.

 

 

4. La consolidation

Répétition et automatisation

L’automatisation des connaissances est essentielle. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient, avec effort à un traitement automatisé, inconscient.

Lors d’un nouvel apprentissage, notre cerveau a recours à un traitement explicite, c’est-à-dire une situation, ou plutôt un stade où le cortex préfrontal est fortement mobilisé par l’attention. Pour en savoir plus sur le cortex préfrontal et le fonctionnement du cerveau, je vous invite à regarder cette vidéo :

 

Le point culminant d’un apprentissage est le” transfert de l’explicite vers l’implicite” : c’est l’automatisation des connaissances et procédures. Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement. Elle permet de libérer de l’espace dans le cortex préfrontal afin d’absorber de nouveaux apprentissages.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

  • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
  • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

Il est nécessaire de distribuer l’apprentissage tous les jours !

 

L’importance du sommeil

Stanislas Dehaene insiste sur le rôle joué par le sommeil dans cette phase de répétition et de consolidation. Il affirme qu’après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore

  • la mémoire
  • la généralisation
  • la découverte de régularités

L’amélioration du sommeil peut être une intervention très efficace pour remédier à des troubles de l’apprentissage. Plus de détail dans cet article : Questions que vous vous posez peut-être sur le sommeil de votre enfant.

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Source : Les grands principes de l’apprentissage par Stanislas Dehaene

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