Les cinq critères de la discipline positive à l’école (prévention, intervention et réparation sans punition)

Les cinq critères de la discipline positive à l’école (prévention, intervention et réparation sans punition)

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La discipline positive est une discipline qui vise à enseigner les compétences sociales, émotionnelles et civiques des élèves plutôt qu’à contrôler leurs comportements. Elle propose trois dimensions  : la prévention, l’intervention et la réparation. – Armelle Martin et Béatrice Sabaté

Armelle Martin et Béatrice Sabaté, toutes deux formatrices en discipline positive, animent des ateliers de formation auprès d’enseignants de tous niveaux (élémentaire, collège et lycée). Dans le livre L’impasse de la punition à l’école, elles exposent les cinq critères de la discipline positive à l’école.

1. La discipline positive aide l’élève à développer son sentiment d’être en lien (appartenir et contribuer).

La discipline positive inclue des temps d’activités pour créer du lien et construire un collectif dans lequel chacun peut trouver sa place et développer ses contributions dans une ambiance apaisés.

Une enseignante dans une classe de CM2 française a par exemple mis en place des «  rencontres expresses  » pour créer du lien entre les élèves de sa classe, à raison de trois ou quatre fois par semaine (ou lorsque l’enseignante le juge utile). Les élèves ont pris l’habitude de se rencontrer en binôme quelques minutes pour échanger une humeur du jour, une chose qu’ils ont fait pendant le week-end, ce dont ils se souviennent du cours de grammaire de la veille, ou pour se réciter la conjugaison d’un verbe ou une table de multiplication.

Pour aller plus loin : 3 jeux de coopération pour les enfants et adolescents

 

2.La discipline positive à l’école s’appuie sur la notion de de respect mutuel et d’encouragement (fermeté et bienveillance simultanément) .

La fermeté est le respect de soi, de l’adulte et du cadre dont il est garant, de la situation.

La bienveillance est le respect du monde de l’autre, de l’enfant qui se sent alors compris et pris en compte.

Ainsi, la recherche de solutions et les temps d’échange sont des outils importants de la discipline positive en classe.

L’encouragement favorise l’émergence du sentiment d’être capable et de la croyance de l’enfant comme quoi «  je suis capable…  », «  j’ai une influence sur ce qui m’arrive…  ». L’encouragement s’intéresse à la progression, à la contribution au collectif et aide les élèves à identifier leurs forces.

 

3.La discipline positive enseigne les compétences sociales, émotionnelles et civiques utiles pour soi et pour le collectif

Les compétences sociales, émotionnelles et civiques recouvrent notamment le respect, l’autonomie, l’autodiscipline, le sens des responsabilités, le plaisir d’apprendre, la coopération ou encore la résolution de problèmes.

Ces compétences visent à construire un groupe dans lequel chaque élève trouve sa juste place. Il s’agit d’une logique de prévention.

Armelle Martin et Béatrice Sabaté insistent sur le développement du sentiment d’appartenance par le biais des contributions apportées par chacun.

Les jeunes d’aujourd’hui à qui l’on reproche parfois d’être passifs dans leurs apprentissages, voire désengagés, sont appelés à s’impliquer dans les recherches de solutions qui les aideront à devenir autonomes, responsables, proactifs dans leurs différents contextes de vie tout en tendant, avec respect, vers davantage d’égalité sociale. Il ne s’agit pas de trouver des solutions pour eux mais avec eux. En termes d’implication, ça fait toute la différence.

Pour aller plus loin : Cultiver les apprentissages sociaux et émotionnels : des outils de promotion de la santé à l’école

 

4.La discipline positive se veut efficace à long terme.

En discipline positive, les incidents sont envisagés comme des opportunités d’apprentissage ouvrant le champ de la recherche de solutions.

La discipline positive rejette la punition parce que, même si les punitions mettent fin immédiatement à un comportement inapproprié, elles s’inscrivent dans le court terme et n’enseignent rien. En effet,  punir les comportements inappropriés n’enseigne pas les compétences psychosociales utiles aux jeunes pour apprendre à faire différemment.

Punir conduit à la rébellion, au ressentiment, au retrait et à l’envie de revanche. Le risque est alors d’encourager le sentiment d’injustice des élèves punis, cette violence faisant à son tour le lit de la violence.

Quand une intervention et un recadrage sont nécessaires, la discipline positive se place dans une logique de justice restaurative dans laquelle le stop qu’il faut poser s’accompagne d’une action éducative et réparatrice.

Pour aller plus loin : Guide complet et gratuit pour une justice préventive et restaurative à l’école

 

5.La discipline positive invite l’élève à découvrir ce dont il est capable.

Être permissif et placer l’élève au centre de toutes les attentions ne développent pas le sentiment d’être capable, pas plus que d’être autoritaire en soumettant l’élève aux décisions unilatérales de l’adulte. – Martin et Sabaté

Aider les élèves à découvrir ce dont ils sont capables, c’est :

  • célébrer la progression, les efforts et le processus (plutôt que le résultat et la note),
  • fixer des objectifs intermédiaires (voir l’approche des “petits pas“),
  • partir des forces de chaque élève (voir les cartes des forces :  cartes forces)
  • valoriser les compétences socio-émotionnelles,
  • envisager les erreurs comme des opportunités d’apprentissage (“tu t’es trompé ? c’est formidable ! que vas-tu en apprendre ?”) .

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Source : L’impasse de la punition à l’école : Des solutions alternatives en classe de Eric Debarbieux (éditions  Armand Colin). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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