Accord du participe passé en français : comment accorder se tromper ?

Accord du participe passé en français : comment accorder se tromper ?

Une stratégie utile à connaître pour l’accord du participe passé en français consiste à accorder seulement si on sait de quoi on parle au moment où on écrit. 

Par exemple, dans la phrase “Il aime tellement les oranges qu’il les a mangées.“, on accorde le participe passé “mangées” avec le COD car on sait que l’action de manger concerne les oranges (nom féminin au pluriel donc terminaison en ées).

À l’inverse, dans la phrase “Il a mangé les oranges.”, on n’accorde pas le participe passé “mangé” car on ne sait pas encore ce que l’action de manger concerne au moment d’écrire le participe passé.

Cette stratégie fonctionne avec les verbes pronominaux. Par exemple, dans la phrase “Elles se sont mutuellement coiffées.”, on écrit “coiffées” avec la terminaison ées car on sait que l’action de coiffer concerne le pronom “elles”.

À l’inverse, dans la phrase “Elles se sont coiffé les cheveux.“, on écrit “coiffé” sans accorder car, au moment d’écrire coiffé, on ne sait pas encore de quoi on parle.

Cela fonctionne pour d’autres tournures de phrases : 

  • Les cheveux qu’elles se sont coiffés : sait-on de quoi on parle quand on écrit le participe passé ? Sur quoi l’action de coiffer porte-t-elle ? On sait qu’elles coiffent les cheveux donc on accorde le participe passé avec le groupe nominal “les cheveux” au masculin pluriel (-és).
  • Elles ont coiffé leurs cheveux. : sait-on de quoi on parle quand on écrit le participe passé ? Sur quoi l’action de coiffer porte-t-elle ? On ne sait pas sur quoi l’action de coiffer porte quand on écrit le participe passé. On n’accorde pas le participe passé.

Cette technique nécessite de s’arrêter juste après le participe passé : si on sait de quoi on parle, on accorde.

accord du participe passé en français

Il est possible de raconter la petite histoire à l’origine de cette règle : il fut un temps où tous les participes passés étaient accordés. Mais les scribes du temps jadis ont trouvé fatigant de devoir revenir en arrière pour accorder avec le nom quand celui-ci est écrit après le participe passé. Nous devons donc cette règle d’accord à leur relative paresse. La logique veut qu’on accorde seulement quand on sait déjà de quoi on parle au moment du geste d’écriture.

On remarque que, dans cette manière d’aborder l’accord des participes passés, il n’y a pas besoin de connaître la notion de COD, ni de différencier les auxiliaires être et avoir : la règle fonctionne dans tous les cas.

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Pour aller plus loin : 100 idées pour enseigner la grammaire autrement de Brigitte Mahillon et France Tillieu (éditions Tom Pousse).

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