Les tableaux de comportements à l’école : néfastes pour les apprentissages (scolaires et relationnels) des élèves

Les tableaux de comportements à l’école : néfastes pour les apprentissages (scolaires et relationnels) des élèves

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Dans de nombreuses classes, on trouve affichés des tableaux de comportement sous différentes formes (clés, soleil, pétales ou encore fusée du comportement, système de croix…). Le comportement des enfants est affiché selon s’ils se comportent bien ou mal (ils ont une croix ou changent de couleur/ de niveaux selon le nombre de “méfaits et, à chaque nombre de croix ou à chaque niveau, correspond une sanction ou un privilège).

Les tableaux de comportement sont souvent proposés comme une alternative aux méthodes plus répressives (comme les lignes à copier ou la privation de récréation ou de sport – cela étant interdit en France). Pourtant, ces différentes approches cohabitent souvent et s’inscrivent toujours dans un système punition/ récompense, néfastes aux apprentissages.

Quelle que soit leur forme, les tableaux de comportement visent à sanctionner les comportements des élèves à l’école mais n’ont aucun contenu didactique, sinon celui d’apprendre à être puni selon le jugement de l’adulte. Ils ne fournissent pourtant pas les compétences émotionnelles et relationnelles nécessaires pour apprendre quoi faire et comment le faire afin de vivre pacifiquement dans un groupe et de “travailler” (les tableaux de comportement comportant souvent des catégories en lien avec le soin et la quantité de travail fourni).

Ces outils ne sont ni plus ni moins que des moyens sophistiqués de réprimer des comportements jugés indésirables sans chercher à enseigner quoi que ce soit aux enfants si ce n’est la rancoeur (contre l’adulte qui est vu comme injuste), la honte (de se faire afficher comme insuffisant et incompétent en public), le déni du sens de la responsabilité individuelle (accuser les autres et ne pas reconnaître ses erreurs) ou les cachotteries (“pas vu, pas pris”). Il s’agit ici d’éducation par la peur et, par effet pervers, certains enfants y trouvent même de la fierté à travers le rôle du caïd ou du rigolo de service. Ainsi, les enfants n’apprennent ni à coopérer, ni à respecter les règles parce qu’elles sont bonnes pour les groupe, ni à co-construire les règles (et les faire évoluer en fonction des besoins) mais viennent à l’école avec la boule au ventre ou avec l’envie de transgresser pour se conformer à leur rôle.

Les tableaux de comportement sont également sources d’insécurité parce que l’adulte, selon son niveau de fatigue ou de stress, peut sanctionner (ou non) une même action d’un jour sur l’autre. Par ailleurs, les croix et changements de couleur peuvent être contestés par les élèves entraînant des justifications inutiles dégradant le lien adulte/ enfant.

Enfin, ce sont toujours les mêmes enfants qui sont “dans le rouge” ou qui cumulent les croix (et les mêmes qui sont dans le vert et n’ont jamais de croix). Cela démontre bien qu’il n’y a aucun apprentissage effectué suite à la mise en place de ce type d’outils. Peut-être que ce n’est pas tant des tableaux de comportement qui seraient utiles mais un changement de paradigme sur la relation adulte/ enfant et sur l’aménagement de l’environnement (quel aménagement pour favoriser l’auto discipline ?).

[Ces outils] sont non seulement inefficaces mais surtout d’une violence psychologique qui enferme l’enfant dans une résonance émotionnelle toxique : se soumettre (tristesse), se rebeller (colère), s’extraire (peur), se taire (honte)… Pour les enfants dont les comportements adéquats sont déjà acquis, rien dans ces outils ne permet d’évoluer : ils sont récompensés par absence de punition, pour quelque chose qu’ils savent déjà et, en cas d’accident de parcours, ils sont rétrogradés (ce qui démontre, si besoin est, l’incongruité pédagogique de l’outil). Pour les enfants qui ne réussissent pas à répondre aux attentes de l’enseignant en termes de comportements, les brimades associées à la sanction creusent l’écart plutôt que de le réduire. – Laurence Dudek

L’utilisation des tableaux de comportement est d’autant plus contre productive qu’il existe quantité d’autres approches sans récompense ni punition pour instaurer un climat de classe favorisant la coopération, l’acquisition de compétences émotionnelles et les apprentissages.

En voici quelques exemples en lien avec la discipline :

Et d’autres exemples en lien avec les compétences pour apprendre à apprendre et à se concentrer :

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Pour aller plus loin : Une éducation bienveillante et efficace ! de Laurence Dudek (éditions First). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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